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ARCHIVÉE: Journées du réseau français dans le monde 2010 à Paris

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Journées du réseau français dans le monde 2010 -
Première séance plénière intitulée « Haïti se relève »

Paris, le mardi 20 juillet 2010

Je tiens d’abord à vous dire combien il m’importait de me retrouver aujourd’hui devant vous et avec vous, pour ces Journées du réseau français dans le monde 2010 auxquelles je remercie infiniment les autorités françaises de m’avoir conviée. 

L’occasion nous est donnée de réfléchir ensemble, en cette première séance plénière intitulée « Haïti se relève », à la situation alarmante qui prévaut dans ce pays depuis le terrible séisme qui l’a frappé en janvier dernier. 

Haïti s’en relève-t-il ? Non, pour le moment, Haïti ne s’en relève pas. 

La situation est d’autant plus grave que le tremblement de terre, d’une rare violence, n’a fait que creuser davantage le fond de toutes les misères dont la  population haïtienne était déjà et depuis trop longtemps, lourdement accablée. 

Elle est aujourd’hui plus  ébranlée et plus désoeuvrée que jamais cette population, dont on a coutume de noter la résilience, choc après choc, comme s’il s’agissait là d’un trait historique héréditaire, pour ne pas dire identitaire, donc comme s’il ne pouvait en être autrement. 

Le « choc » du 12 janvier 2010, à 16 heures 53 minutes, est venu cependant porter un coup fatal à l’espérance… 

L’espérance, qui est depuis toujours une règle de vie pour le peuple haïtien « sans dimanche au bout de ses peines » selon l’expression du poète et écrivain René Depestre.

L’espérance,  même quand elle ne tient qu’à un fil. 

L’espérance, même quand ce fil continue de s’user sans pourtant se rompre. 

Qu’on se le dise, Haïti ne parviendra pas à se relever sans l’esprit de solidarité qui a prévalu dans les moments qui ont suivi la catastrophe.

Alors que les images tragiques et insoutenables de souffrance, de destruction et de dévastation déferlaient en continu, des semaines durant, sur tous les écrans de la planète, les secours sont arrivés de partout. Le monde entier a immédiatement réagi. Les États-Unis, le Canada et la France, en tête. 

J’ai d’ailleurs été très touchée de voir défiler, pour le 14 juillet, des membres de ces équipes françaises qui ont participé, avec énormément de savoir-faire, aux opérations d’urgence en Haïti. Ces équipes remarquablement animées d’un grand sens du devoir d’assister une population affligée, en toute fraternité et avec compassion. 

Plusieurs sont encore sur le terrain. J’en profite pour saluer ici même leur mérite. Bravo! 

De la même façon, au Canada, nous avons collectivement et unanimement refusé l’indifférence face au sort de nos sœurs et de nos frères d’Haïti. 

Les Canadiennes et les Canadiens, du simple citoyen aux différents paliers de gouvernement, des institutions aux associations, au secteur privé, ont répondu à l’appel pressant et continuent de faire preuve d’une générosité exemplaire pour soutenir les efforts de reconstruction. 

Car, à la question brûlante, en ces jours de grand ébranlement, « quoi faire et comment faire pour relever un pays entier des décombres ? » la réponse la plus immédiate, et certainement la plus prometteuse, est de continuer de témoigner d’une solidarité inébranlable. Par nos paroles et par des actions  concertées, coordonnées, rigoureuses, ciblées et responsables avec un grand objectif : « renverser la spirale de vulnérabilité » selon la formule on ne peut plus juste du Plan d’action pour le relèvement et le développement national d’Haïti. 

À la conférence internationale des pays donateurs, tenue aux Nations Unies le 31 mars dernier et dont le Canada était l’un des coorganisateurs, après avoir accueilli le 25 janvier à Montréal la Conférence ministérielle préparatoire sur Haïti, le gouvernement haïtien, la société civile haïtienne et la communauté internationale ont convenu d’une approche globale. 

 Outre la nécessité des mesures d’urgence — procurer nourriture et eau potable, relocaliser les populations sinistrées, ériger des abris temporaires et empêcher la propagation de maladies à l’approche de la saison des pluies qui menace gravement le million de personnes toujours réfugiées sous des tentes — il faut aussi et tout autant, que la reconstruction, certains parlent même de la refondation d’Haïti, se réalise comme une mise à l’épreuve de nos façons de faire habituelles. 

Le temps est, je crois, venu de rompre avec la logique de l’assistance qui a transformé Haïti en un vaste laboratoire de toutes les expériences, de tous les essais et de toutes les erreurs de l’aide, d’une somme de stratégies lacunaires qui n’ont jamais rien donné, rien produit, rien réalisé de réellement durable. 

Or, qui dit solidarité, dit coopération, dans un esprit de partenariat avec l’État haïtien, avec la société civile haïtienne, partant d’une approche systématique et continue qui permette de combler les vides, redresser la barre, arriver à des résultats tangibles et pérenniser les acquis.   

Et, notre attention doit être sans défaillance. 

Il faut faire en sorte, et avec une vigilance de tous les instants, que le bien commun triomphe des intérêts personnels ou particuliers, et cela, dans l’intérêt supérieur de la population haïtienne. 

Il faut, ni plus ni moins, miser sur un cadre de développement économique et social où la dignité humaine est au cœur de tous les systèmes, de toutes les stratégies d’intervention, de tous les efforts collectifs. 

Il faut une nouvelle éthique du partage. 

Les 8 et 9 mars derniers, j’étais en Haïti pour constater l’ampleur des dégâts, mais surtout pour mieux comprendre, pour entendre, pour réconforter aussi une population on ne peut plus éprouvée et en retour lui dire qu’elle n’est pas seule. En ma qualité de gouverneure générale et commandante en chef du Canada, je me devais également de voir l’impact de l’aide apportée par les Forces canadiennes qui ont réussi, entre autres choses et en un temps record, à monter deux hôpitaux d’extrême urgence, hors de Port-au-Prince, dans des localités lourdement dévastées où les secours tardaient à arriver, et ont pu ainsi soigner, opérer, sauver plus de 10 000 patients.   

Il me semblait essentiel, d’autre part, d’identifier des axes d’intervention prioritaires pour la suite, pour la reconstruction, en concertation non seulement avec les autorités et les représentants de l’État haïtien, mais aussi et beaucoup avec la société civile haïtienne. 

Au nombre des rencontres réalisées durant ces deux jours, permettez que je vous dise d’abord un mot de ce 8 mars célébré aux côtés des femmes d’Haïti. Des femmes dont le courage, l’organisation, l’inventivité et la conviction sont parmi les principaux atouts de ce pays, et sans lesquelles nulle reconstruction, nulle refondation, ne me semble pensable, voire possible. 

Alors qu’on en attendait tout au plus 400, tant circuler dans Port-au-Prince et les environs était difficile, voire cauchemardesque, elles ont été plus de 4 000 femmes à m’accueillir dans la toute petite cour intérieure de ce qui reste des bâtiments du ministère de la Condition féminine. 

Elles avaient besoin de se rassembler et elles voulaient être entendues : pour que la vie triomphe encore une fois de tous les malheurs, disaient-elles, nous sommes toujours debout et bien vivantes. 

Et leur cri du cœur était d’autant plus émouvant qu’elles étaient toutes en deuil. En deuil de nombreux être chers. En deuil de plusieurs de leurs consoeurs, vaillantes et infatigables figures de proue de la lutte pour la défense des droits des femmes en Haïti et du combat pour une société plus juste. 

Il faut voir et savoir avec quelle audace, quelle ténacité, quelle force et à grand renfort d’imagination les femmes haïtiennes trouvent des solutions aux enjeux sociaux les plus criants sur le terrain. 

C’est ce qui me fait fermement croire que la société civile constitue le socle le plus solide d’un développement humain et durable en Haïti. Il faut en tenir compte, autrement, rien ne saurait aboutir. 

Permettez que j’insiste. Haïti ne se relèvera pas sans la participation pleine et entière des femmes, des hommes et des jeunes de ce pays. 

Haïti ne s’en sortira pas si l’on ne prend pas en considération les préoccupations, les perspectives, les initiatives, la créativité, la capacité de faire de toutes ces forces vives qui se doivent d’être incluses dans chaque action, chaque projet, comme jamais auparavant. 

J’aimerais partager avec vous trois observations qui relèvent de ce que nombre d’Haïtiennes et d’Haïtiens m’ont confié lors de cette visite et de ce que j’ai pu voir et vivre en parcourant les zones sinistrées, parmi les gravats et les abris de fortune où la vie cherche par tous les moyens à s’organiser autour et en dépit du chaos. 

La première observation porte sur l’éducation comme vecteur essentiel de développement. 

Je pense souvent à cette petite fille, debout devant moi dans la poussière des décombres, et qui voulait surtout savoir où et quand reprendraient les classes. Il m’est impossible d’oublier aussi ces adolescents, rendus inconsolables par la mort de plusieurs de leurs camarades et de leurs professeurs, qui m’ont dit toute leur inquiétude de ne pas pouvoir poursuivre leurs études. 

Ce souci d’enfants pour leur école et pour l’instruction, m’a rappelé avec force qu’être solidaire d’Haïti, aider ce pays et redonner espoir à sa population, c’est prioriser l’éducation.  

Tous les représentants de ce secteur névralgique rencontrés sur place me l’ont aussi dit avec insistance en me faisant le bilan des pertes au niveau humain et au niveau des infrastructures.

Un bilan terrible et bouleversant : des milliers d’élèves, des centaines de professeurs et des centaines de cadres ont péri; plus de 89 % des écoles et des institutions d’enseignement et de formation, dont deux universités à Port-au-Prince, ont été détruites sous la violence des secousses. 

Et la principale préoccupation, quand on sait à quel point les besoins au cours des prochaines années seront énormes, est de s’assurer d’une relève apte à répondre aux défis, nombreux et complexes, de la reconstruction. 

D’où l’importance d’investir et d’agir au niveau de l’éducation de base, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur.    

D’où la pertinence d’aider Haïti à se doter enfin, à l’échelle du pays, d’un système éducatif universel, accessible et de qualité. 

D’où l’urgence de soutenir, notamment, le Plan d’opération pour 2010-2020 des dispositions de scolarisation obligatoire et gratuite des enfants, plan élaboré puis revu en mai dernier par l’État haïtien à la lumière de la situation qui prévaut depuis le tremblement de terre. 

Plus d’un demi-million d’enfants ne sont pas scolarisés en Haïti. Et rien dans le Plan d’opération en question n’a été laissé au hasard : du renforcement de la gouvernance du secteur éducatif au niveau local; à l’organisation de l’offre scolaire et de l’accueil des enfants; aux programmes d’études; à la reconstruction selon les normes parasismiques des écoles fondamentales détruites ainsi que celles grièvement endommagées; à la construction de nouvelles écoles publiques dans les sections communales non encore pourvues; à la qualification des enseignants et directeurs d’école; à l’évaluation des besoins sur l’ensemble du territoire et l’estimation des coûts.    

Certes, l’éducation est nécessaire à tout pays axé sur la croissance, mais elle l’est aussi et d’autant plus pour tout pays qui cherche à se relever du pire. Quand tout semble perdu, quand il faut tout recommencer, l’accès à l’éducation représente une aube nouvelle. 

L’évidence refait surface sous le ciel d’Haïti. Alors que le peuple de Saint-Domingue s’affranchissait de l’esclavage et consacrait en 1804 la République d’Haïti, première république noire à voir le jour, l’éducation était d’ores et déjà au cœur de la première constitution de l’État haïtien, celle du 27 juin 1805. 

Pas d’émancipation possible ni réelle liberté sans l’acquisition de savoirs et de connaissances pour ces hommes et ces femmes dépossédés, des siècles durant, de leur humanité, de leurs liens ancestraux, de leurs noms, de leur mémoire, de leurs langues, de leurs histoires. 

L’être haïtien, qui a dû se forger pour mieux renaître à lui-même, est pétri de cette soif de dire, de nommer, de s’instruire, de s’affirmer et de créer. 

Le foisonnement de la création artistique haïtienne en témoigne. Les arts et la culture participent pleinement à l’éducation, voire à la vie quotidienne en Haïti, comme une ressource essentielle. 

Quelle tristesse que tous ces sites patrimoniaux et historiques soient complètement détruits! Privée de tous ces repères qui ont cimenté l’identité haïtienne, la population en est profondément atteinte. 

Les artistes, les créateurs sont à pied d’œuvre avec les moyens du bord, pour rassembler, répertorier, classer, sauvegarder, protéger et participer ainsi pleinement aux efforts collectifs nécessaires pour que l’âme du pays soit restaurée. 

Tout au long de son histoire, face à l’épreuve, la population haïtienne a toujours trouvé dans la création, dans toutes les formes d’expression artistique et culturelle, les chants, la danse, les rythmes, la poésie, la peinture, la sculpture, un espace de recueillement pour mieux se ressaisir. 

Durant les longues nuits sans plus de lieux pour s’abriter, dans la douleur, les angoisses et la peur de nouvelles secousses, des chants s’élevaient de plusieurs secteurs de la ville qui, en choeur, se répondaient pour déjouer le malheur. 

Aujourd’hui, comme hier dans les plantations : l’art permet de résister et de vaincre la pulsion de mort. 

Haïti a aussi besoin de ses forces créatrices pour se relever. 

Ma deuxième observation porte sur l’intégration des régions dans la stratégie nationale de reconstruction. 

Il est beaucoup question de décentralisation, de déconcentration des ressources et des pouvoirs, de décongestionnement de la capitale dangereusement surpeuplée par l’exode rural. Donc, non seulement est-il urgent de relocaliser des populations de Port-au-Prince et d’autres localités sinistrées, mais aussi de repenser la gouvernance. Toutes ces prises de conscience ont redonné aux régions et au milieu rural d’Haïti, disons-le franchement, longtemps laissés-pour-compte par la capitale, un rôle vital dans le plan de relèvement national. 

Il faut en effet que les régions d’Haïti puissent participer à part entière au développement de l’ensemble du pays, dans tous les domaines, tant économiques, qu’éducatifs, scientifiques, culturels et environnementaux. 

Seule une approche décentralisée peut être fructueuse, à court, à moyen et à long terme. 

Les représentants de la société civile que j’ai rencontrés à Port-au-Prince, Léogane et Jacmel, s’entendent tous pour dire qu’il est impérieux de renforcer les capacités locales, et par un nouveau réseau routier de connecter et de décloisonner les régions; ils évoquent la construction de « villages de vie » avec des infrastructures, des services, des opportunités de travail et de développement économique et social; ils insistent sur l’importance de soutenir le savoir-faire des petits paysans ainsi que la production agricole de façon à contrer l’insécurité alimentaire; ils considèrent urgent de mettre de l’avant des mesures de protection environnementale pour freiner notamment le processus tragique d’érosion des terres. 

Pour tout cela et pour permettre une juste répartition des terres, il est urgent de réaliser un cadastre national qui définira les droits de propriété, les règles et les normes d’occupation. 

J’ouvre ici une parenthèse.

Il y a à peine trois semaines, j’effectuais une visite de plusieurs jours en Chine. J’ai eu l’occasion de me rendre dans la province du Sichuan qui, en 2008, a aussi subi de lourds dommages et de nombreuses pertes lors d’un tremblement de terre qui a fait des dizaines de milliers de morts. La reconstruction prévue sur trois ans a été terminée de façon remarquable en deux ans. Le Canada y a en partie contribué. J’ai demandé aux Chinois quel a été l’élément déterminant de la qualité et de la rapidité des travaux. La réponse est venue confirmer mes propres convictions : impliquer la population. 

Il a été essentiel, m’ont-ils dit, de consulter les collectivités, de bâtir les plans et d’établir les besoins et les objectifs avec la population. La reconstruction doit être un chantier où l’on se demande tous ensemble où et comment on construit : du nettoyage des espaces à la gestion des déchets, aux canalisations, à la gestion de l’eau; de la construction de logements sociaux, de quartiers résidentiels sécuritaires à l’établissement du marché public dans un lieu propre, digne, abrité du soleil, avec des sanitaires; de la construction des écoles avec des aires de jeu, une médiathèque, une bibliothèque à la construction de cliniques médicales, de centres communautaires et d’artisanat, de jardin publics et ainsi de suite. 

La reconstruction doit créer du travail, tenir la population occupée, produire des occasions de développer des habilités, d’encourager des petites et moyennes entreprises, d’utiliser tous les savoir-faire, de cultiver la fierté et le sens de la communauté.

On envoie ainsi des signaux puissants et encourageants que les choses avancent, que tout le monde met l’épaule à la roue et qu’elle tourne, qu’on n’a pas fait pour eux, mais avec eux, et que ce qu’ils ont construit leur appartient et par conséquent qu’ils doivent le protéger. 

Ce que l’on produit par la même occasion c’est un projet commun, de la cohésion et davantage d’harmonie sociale. 

Ma troisième observation porte sur l’engagement des jeunes. Eh oui, je reviens volontairement à la jeunesse, parce que la majorité de la population haïtienne a moins de 20 ans! 

Nous avons la responsabilité d’engager cette jeunesse, nombreuse et volontaire, dans tous les efforts de reconstruction qui sont autant d’occasions d’apprentissages et d’ancrage d’une citoyenneté active et constructive.  

Mettre à contribution la jeunesse haïtienne c’est, en effet, renforcer son sentiment d’appartenance, reconnaître qu’elle fait partie des solutions et appuyer sa volonté d’agir. 

Quelle formidable énergie à canaliser! Et il le faut, avant que d’autres ne s’en chargent. Une jeunesse désespérée, sans but et habitée par un sentiment d’impasse, laminée par la pauvreté,  devient vite la proie du crime organisé et de tous ces trafiquants, tous ces prédateurs qui profitent de la misère humaine. Ce danger, on le sait, est réel et les conséquences désastreuses. 

Les jeunes d’Haïti, ils ont été nombreux à me le dire, ne veulent pas être de simples spectateurs, captifs d’un triste sort. Ils refusent d’être d’éternels assistés ou des laissés-pour-compte. Ils sont créatifs, ils ont énormément à offrir et non seulement pour demain, non seulement pour l’avenir, mais pour tout de suite, dès à présent. 

Il faut leur en donner la possibilité et dégager pour eux un vaste horizon d’opportunités. 

De la formation et du travail, des espaces de récréation et de création, des espaces de vie sains, dignes et sécuritaires : voilà ce qu’ils réclament. 

Chers amis, en terminant, je dirais qu’il faut soutenir et accompagner tous les espoirs, la volonté, et tous les efforts des Haïtiennes et des Haïtiens pour que le pays se relève. Nous devons réussir et montrer ce qu’il est possible d’accomplir lorsque nous choisissons de travailler ensemble. 

Je crois pour cela, que nous pouvons suivre le précepte du philosophe Gaston Bachelard, qui disait si justement, qu’« il faut que la volonté imagine trop pour réaliser assez ».