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ARCHIVÉE: Cérémonie d’investiture dans l’Ordre du Canada

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Cérémonie d’investiture dans l’Ordre du Canada

Rideau Hall, le vendredi 18 juin 2010

S’il est une fonction qui me tient à cœur à titre de gouverneur général du Canada, c’est bien celle qui consiste à rendre hommage à des femmes et à des hommes dont la créativité, l’audace, l’engagement, la ténacité et le savoir sont notre plus grande richesse en ce pays.

Vous savez, la cérémonie d’aujourd’hui coïncide avec la réouverture officielle de l’une des salles patrimoniales de Rideau Hall, la Salle de la tente. Nombre d’entre vous participerez ce soir à cette inauguration, et je m’en réjouis.

À force de vivre et de travailler dans cette résidence où nous sommes réunis ce matin et où, comme vous pouvez le constater, notre passé est partout présent sous nos yeux, j’ai de plus en plus conscience que nous nous inscrivons dans l’histoire et que celle-ci continue d’exister par-delà le temps de nos vies.  

L’histoire est faite de toutes ces rencontres et de tous ces traits de civilisation qui nous unissent.

La salle de bal où nous sommes en ce moment rassemble des signes de ce riche héritage que nous avons en partage.

Voyez ce tableau, né de la générosité et du talent de l’un de nos plus grands peintres, Norval Morrisseau, issu de la fière nation ojibway.

Cette œuvre monumentale ouvre une fenêtre sur la sensibilité, la spiritualité et le rapport au monde de nos concitoyens et concitoyennes autochtones qui sont nos racines les plus profondes en cette terre immense qu’est le Canada.

Voyez maintenant comment cette œuvre qui nous surplombe instaure un dialogue avec ce lieu d’une architecture européenne, de même qu’avec le portrait très personnel et très émouvant de Sa Majesté la reine Élizabeth II et du duc d’Édimbourg, réalisé par le célèbre peintre québécois Jean Paul Lemieux.

Cette toile, que nous saluons du regard en quittant la pièce, en attendant la venue du couple royal, avec, en arrière plan, le Parlement, parle de l’édification de notre système politique.

Et dès qu’on ouvre la porte qui mène à la Salle de réception, les œuvres de l’artiste d’origine ukrainienne, William Kurelek, nous accueillent et évoquent l’expérience commune à tant d’immigrants venus ici en quête d’une vie meilleure.

Mis en présence les uns des autres, ces signes sont autant de rappels du parcours qui nous caractérise. 

Oui, nous poursuivons à notre manière l’œuvre de celles et de ceux qui nous ont précédés.

Et cette œuvre que nous aurons enrichie de nos idées, de nos convictions, de nos découvertes, de nos engagements, de notre vie en somme, se prolongera en celles et en ceux qui viendront après nous, sous d’autres formes, en d’autre temps. 

C’est ainsi que l’humanité progresse et sème des promesses de jours meilleurs.

Nous saluons l’immense talent de Maureen Forester, nommée en 1967 compagnon de l’Ordre du Canada. Madame Forester de sa voix chaude, puissante et magistrale aura été une de nos grandes ambassadrices de par le monde. Elle nous a quittés mercredi à l’âge de 79 ans mais nos cœurs ne cesseront de vibrer à l’entendre.

Les temps passent, les temps changent, mais ce qui demeure, c’est notre rêve d’un pays à la mesure de nos aspirations, comme l’évoque si justement la devise de l’Ordre du Canada, Desiderantes meliorem patriam, qui signifie « Ils veulent une patrie meilleure ».

Et à quoi ressemble ce pays dont nous rêvons? Vos champs d’action et d’engagement nous permettent de le dessiner.

Nous rêvons d’un pays où la différence des uns est une richesse pour les autres.

Nous rêvons d’un pays où les intérêts individuels embrassent ceux du plus grand nombre.

Nous rêvons d’un pays où femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, autochtones et non-autochtones, sont à égalité, en droits et en possibilités.

Nous rêvons d’un pays où la recherche, les progrès scientifiques et technologiques sont au service de l’humain et de son mieux-être.

Nous rêvons d’un pays qui reconnaît le rôle essentiel, voire vital, de nos artistes et ce supplément d’âme qu’ils apportent à notre société.

Un pays qui cherche à se dépasser dans tous les domaines.

Un pays, enfin, où les solitudes, celles dont j’ai tant parlé et qui condamnent encore trop d’entre nous à la détresse et à l’exclusion, tomberaient pour faire place à des espaces de partage, de solidarité et de compassion. 

Un pays synonyme d’espoir pour le monde entier.

Grâce à vous, nous avons la conviction que ce pays n’est pas une utopie.

Qu’il est un idéal.

Un idéal auquel nous sommes toutes et tous libres d’aspirer.

À condition d’y apporter le meilleur de nous-mêmes et de chercher par tous les moyens à améliorer le sort de nos semblables, comme vous nous le rappelez si éloquemment aujourd’hui.

L’éventail de vos disciplines est large, mais ce qui pourtant vous rassemble, c’est l’esprit créatif et combatif qui alimente votre volonté de participer à la marche de l’humanité et de laisser une trace de votre passage dans le monde.

J’estime que la force de l’histoire tient aussi à la possibilité qu’elle nous donne de reconnaître votre contribution.

À vous qui rejoignez ce panthéon de l’excellence qu’est l’Ordre du Canada, je dis merci, merci du fond du cœur d’être qui vous êtes et pour chacun des gestes que vous posez.

Le Canada, sachez-le, ne serait pas ce qu’il est sans vous.