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ARCHIVÉE: Médaille du sacrifice

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Cérémonie inaugurale de la Médaille du sacrifice

Rideau Hall, le lundi 9 novembre 2009

Lorsque les forces alliées et ennemies ont déclaré l’Armistice, il y a plus de 90 ans, les populations du monde entier ont poussé un soupir de soulagement.

Elles avaient payé un si lourd tribut. Les morts et les blessés, tant militaires que civils, se comptaient par milliers; des fils et des filles, des pères, des mères, des enfants pour lesquels tant de larmes ont été versées.

Et voilà qu’aujourd’hui, après un siècle qui fut l’un des plus meurtriers de notre histoire, et alors que nous venons à peine d’entrer dans un nouveau millénaire, le Canada se voit à nouveau contraint de faire face à la pénible réalité d’un conflit armé, cette fois-ci aux côtés de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan.

Et c’est sans compter toutes les zones de tension où les troupes canadiennes sont déployées.

Oui, la liberté est à reconquérir, sans cesse et toujours.

Il y a quelques semaines, je suis retournée en Afghanistan pour la seconde fois depuis le début de mon mandat en tant que gouverneure générale et commandante en chef du Canada.

Je vous ai vus à l’œuvre, vous qui vous efforcez d’assurer la sécurité et la stabilité dans cette région du monde aux prises avec la violence, l’oppression et la misère.

Je vous ai écoutés me parler de votre vie là-bas, de votre vision des choses, de vos valeurs, de vos espoirs, de vos doutes aussi.

Je connais les conditions périlleuses dans lesquelles vous travaillez et les risques énormes auxquels vous êtes exposés.

Je sais aussi la profondeur de votre engagement et la solidité des liens qui vous unissent, à la vie, à la mort. Pour vous, abandonner votre mission ou votre peloton n’est pas une option.

Ainsi, malgré tout ce que vous laissez derrière — familles, amours, amis —, malgré les risques que vous encourez, malgré les difficultés, voire les moments de découragement parfois, jamais il ne vous viendrait à l’esprit de considérer comme un sacrifice votre engagement dans les Forces et dans les missions qui vous sont confiées.

Servir votre pays est pour vous un devoir, un privilège, un honneur.

Or, que ce soit dans le cadre de vos fonctions ici, au Canada, ou ailleurs, ou dans le feu de l’action, alors que vous étiez la cible des hostilités, votre vie a basculé, de même que celle de vos camarades et des personnes que vous aimez.

Certains ont été atteints dans leur corps; d’autres dans leur âme.

La moitié d’entre vous n’est plus là pour en témoigner.

Vous avez consenti d’inimaginables sacrifices au nom de la justice et de la liberté.

Vos familles également. Nous ne le soulignerons jamais assez.

D’ailleurs, je reconnais ici bien des visages. J’ai rencontré plusieurs d’entre vous sur le tarmac, à la base militaire de Trenton. Vous avez accepté que je vous accompagne dans le deuil que vous traversiez, et je vous en remercie.

Nombre d’entre vous m’avez confié votre douleur. Une douleur qui, bien qu’elle s’atténue avec le temps, ne vous quittera jamais.

Plusieurs, aussi, m’ont parlé de la fierté qu’ils éprouvaient pour l’être cher qu’ils ont perdu en Afghanistan.

Cette douleur, cette fierté, sachez que les Canadiennes et les Canadiens les partagent avec vous.

Vous n’êtes pas seuls.

Et vous qui avez été blessés non plus.

Nous savons ce qu’il vous en coûte.

Votre sacrifice s’inscrit dans notre grand livre d’histoire.

Pour vous comme pour nous, la vie est précieuse et mérite d’être défendue, respectée, célébrée.

À titre de commandante en chef, je m’incline devant vous pour vous témoigner tout mon respect et toute ma gratitude.