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ARCHIVÉE: Prix International du Courage au Féminin

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Remise du Prix International du Courage au Féminin
de Reporters sans frontières et Radio-Canada
International à Ingrid Betancourt

Montréal, le jeudi 24 septembre 2009

Le courage n’a pas de sexe.

Mais, ne nous le cachons pas, la violation des droits fondamentaux de la personne s’accorde le plus souvent au féminin.

Et dans des conditions d’extrême précarité, alors que les forces de la violence et de la destruction semblent triompher des forces de la création, des femmes d’un courage, d’une audace et d’un entêtement remarquables, bravent l’interdit, dénoncent l’injustice et tiennent tête aux individus, aux institutions et aux régimes qui les méprisent, les oppressent, les exploitent et voudraient les réduire au silence.

Beaucoup, hélas, le payent de leur vie.

Je pense à ces chercheuses de vérité qui, par la force de leurs idées et de leurs mots, et contre l’ignorance et la bêtise, témoignent de situations inacceptables et font changer les mentalités.

Melissa Fung de la CBC, présente ici ce soir, vous en êtes certainement une.

Je pense à ces guérisseuses des premiers peuples d’Amérique, qui pansent les blessures de l’âme, et elles sont nombreuses, et qui remplacent les cercles de l’exclusion et de l’oppression par les cercles du partage, du dialogue et de la guérison. Il faut les entendre.

Je pense à ces résistantes qui, en Afghanistan, d’où je reviens, ont libéré leur tête de sous la burka qui les enténébrait et m’ont regardée droit dans les yeux en me disant que leur marche vers la liberté serait longue et pénible, mais qu’elle était irréversible pour elles-mêmes et pour leurs filles.

Je pense à ces audacieuses qui, au Mali, ont décrété en ma présence que la pratique des mutilations génitales féminines doit cesser et qu’il est fini le temps où les traditions s’exerçaient au détriment des uns et avec la complicité des autres.

Je pense à ces justicières qui, comme Bernadette Ntumba de la République démocratique du Congo, dénoncent les sévices graves exercés sur des filles, des sœurs et des mères et qui m’ont appris la démence d’ « une guerre qui finit dans le ventre des femmes ».

Je pense à ces opposantes irréductibles, comme Aung San Suu Kyi, qui dénoncent la peur, « la peur, dit-elle, qui nous fait condamner comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine ».

Et je pense à ces survivantes comme Ingrid Betancourt, qui trouvent en elles la force de se reconstruire après des années de réclusion et de sévices.

Ingrid Betancourt, leader, dont la libération a allumé en nous une étincelle d’espoir et qui nous permet aujourd’hui de croire qu’il ne faut jamais désespérer.

Ingrid Betancourt, courageuse, que nous avons accompagnée en pensées et en gestes pendant toute sa captivité, que l’on pense aux journalistes qui ont répercuté le message de ses enfants, aux citoyennes et citoyens qui ont envoyé quantité de lettres et apposé leur signature sur les pétitions, sans oublier les parlementaires qui ont exercé leur influence pour faire valoir l’urgence d’agir. 

Ingrid Betancourt, battante, pour qui nous avons craint le pire pendant toutes ces années, et qui se tient devant nous aujourd’hui, bien vivante et plus déterminée que jamais à se battre pour que tous les autres otages soient enfin libérés.

Ingrid Betancourt, permettez que je vous dise notre joie de vous accueillir parmi nous et de vous rendre un vibrant hommage par la création de ce prix du courage au féminin.

Nous savons que dans cette nouvelle croisade que vous menez, le chemin sera parsemé d’embûches.

Il vous reste encore à panser toutes ces blessures que vous avez subies et à trouver la force — et nous ne doutons pas que vous l’ayez — la force de vaincre le mur de l’indifférence, la force de vaincre les résistances, le fatalisme, le sentiment d’impuissance face au sort de tous vos compagnons d’infortune que vous voulez voir et revoir libres! Enfin libres!

Sachez que nous sommes avec vous, solidaires aujourd’hui comme hier.

Merci, Ingrid Betancourt, merci de nous rappeler que rien n’est jamais perdu et qu’en chaque épreuve réside une possibilité de se réinventer et de repenser le monde dans un nouvel esprit de solidarité.

Merci.