Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Nouvelle & événements
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Nouvelles

ARCHIVÉE: Dîner d’État en l’honneur de Leurs Majestés l’empereur et l’impératrice du Japon

Information archivée dans le Web

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette information dans tout autre format de rechange par contactez webmestre@gg.ca.

 

Dîner d’État en l’honneur de Leurs Majestés l’empereur et l’impératrice du Japon

Rideau Hall, le lundi 6 juillet 2009

Dans un roman qui a inspiré une coproduction cinématographique récente entre le Canada, l’Italie et le Japon, à la question de la situation géographique du Japon, un personnage lève une canne de jonc dans les airs et répond évasivement : « Par là, toujours tout droit (…).  Jusqu’à la fin du monde ».

Il s’agit, bien sûr, de Soie, mis en images par le cinéaste canadien François Girard, adapté d’un roman italien signé Alessandro Baricco, et tourné en partie au Japon.

Or, pour moi comme pour plusieurs de mes concitoyennes et concitoyens, le Japon est à la fois au bout du monde et un pays voisin, séparé de nous par le plus vaste de tous les océans, le Pacifique.

C’est justement lorsque les voies maritimes des paquebots se sont ouvertes que nos peuples ont cherché davantage à se connaître. 

Nous célébrons cette année le 80e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et le Canada.  En 1928, en effet, le Japon a établi sa légation ici même, à Ottawa, et en 1929, le Canada inaugurait son premier bureau diplomatique à Tokyo.

C’était la première fois qu’un drapeau canadien était hissé dans un pays asiatique.

Le peuple canadien ne pouvait espérer un honneur plus élevé que la venue au Canada de Leurs Majestés l’empereur et l’impératrice du Japon pour marquer cette date importante dans l’histoire de nos deux pays.

De même que pour souligner la profondeur et la solidité de nos liens qui ont eu raison des conflits et de l’intolérance qui ont assombri le siècle dernier.

Mais, comme le dit si joliment un proverbe japonais, sur un cerisier mort, on ne trouve pas de fleurs. 

Et elles sont nombreuses les fleurs de l’amitié et de la solidarité qui ont éclos entre nous, depuis l’arrivée de deux prêtres canadiens au Japon en 1873 et de la venue, en 1877, à New Westminster, en Colombie-Britannique, de Manzo Nagano, le premier immigrant japonais connu au Canada.

Sachez que le peuple canadien, dont quelque 100 000 citoyennes et citoyens sont de souche japonaise, est infiniment touché par votre visite en notre pays qui, nous le savons, ne vous est pas étranger.

Car, en 1953, alors qu’Il était prince héritier, Sa Majesté l’empereur a fait escale au Canada, en route vers le Royaume-Uni pour assister au couronnement d’Élizabeth II.

C’est, me dit-on, à Victoria, chez nous, que Sa Majesté a séjourné pour la première fois à l’extérieur de son Japon natal. 

Notre vœu le plus cher est qu’aux souvenirs qu’a gardés Sa Majesté de ce premier voyage au Canada s’ajouteront ceux qu’Elle s’apprête à récolter au cours des prochains jours et qu’ils seront pour Elle et son épouse autant de sources de bonheur.

D’autant que cette année marque également le cinquantième anniversaire de mariage du couple impérial et le vingtième anniversaire de l’accession au trône impérial.

Mon prédécesseur, le très honorable Ramon John Hnatyshyn, avait d’ailleurs assisté à la cérémonie du couronnement de Sa Majesté l’empereur.

Nous nous réjouissons de commémorer ces dates historiques en présence de Leurs Majestés, et nous souhaitons de tout cœur qu’Elles sentiront l’amitié du peuple canadien tout au long de Leur traversée de notre pays.

Cette amitié repose non seulement sur la vitalité des échanges commerciaux, académiques et culturels entre nos peuples, mais aussi sur une même approche multilatérale que nos deux pays privilégient et qui se fondent sur des valeurs communes de justice, d’équité et de liberté.

Le Japon représente le troisième marché en importance pour l’exportation de biens canadiens et le quatrième marché d’importation de marchandises pour le Canada.

Les gouvernements de nos deux pays ont d’ailleurs convenu, en janvier 2008, dans le cadre de la réunion du Comité économique mixte canado-japonais, d’explorer de nouvelles possibilités d’accroître la coopération en matière de commerce et d’investissement.

Il existe en outre des programmes qui favorisent les échanges interpersonnels et qui permettent aux Japonais et aux Japonaises, de même qu’aux Canadiennes et aux Canadiens, d’acquérir une expérience de travail dans l’un ou l’autre pays.

Et comment passer sous silence la fascination qu’exerce la civilisation japonaise sur certains de nos artistes les plus illustres, comme l’homme de théâtre Robert Lepage.

Je suis tout aussi heureuse d’apprendre qu’il y a actuellement sept centres ou programmes d’études canadiennes au sein de diverses universités japonaises.

Les signes de culture et de curiosité intellectuelle que nourrissent et s’échangent les peuples du monde permettent, me semble-t-il, de revitaliser le dialogue des civilisations, au-delà de nos différences et de nous-mêmes, et de laisser des traces qui perdurent.

C’est grâce à ces signes qu’il nous est permis de ne pas penser que « la vie est éphémère en voyant un éclair! », pour reprendre la belle image de Bashô, dont nous sommes si nombreux à apprécier les haïkus.

Nul doute que le Canada et le Japon sont d’inébranlables partenaires au sein de nombreux organismes multilatéraux, dont le G8, l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique, et l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Nous manifestons partout dans le monde une même volonté de promouvoir la collaboration, au moyen d’institutions comme les Nations Unies, de même que d’accroître la sécurité, comme en témoigne l’engagement du Japon en Afghanistan.

Enfin, s’il fallait une autre preuve de l’ampleur et de la diversité de nos liens, j’ajouterai que plus de 70 municipalités canadiennes et japonaises sont jumelées, et qu’il existe même un jumelage entre l’Alberta et l’Hokkaido.

C’est dans un même esprit d’ouverture et de solidarité que le Canada s’apprête à accueillir à Vancouver, en février et mars 2010, les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

Le Canada et le Japon partagent cette expérience unique, que l’on songe à Sapporo en 1972, à Calgary en 1988, à Nagano en 1998, qui furent les derniers Jeux d’hiver du XXe siècle, et nous comptons sur nos amis japonais pour faire de cette rencontre exceptionnelle une célébration de l’hiver, de l’excellence sportive et de la fraternité.

En ces temps d’incertitude, où le monde peut sembler en crise, tellement les enjeux comme l’érosion de l’environnement, les soubresauts de l’économie et l’irrespect de la dignité humaine nous préoccupent toutes et tous, il importe de faire front commun.

Comme vous le disiez si bien, Votre Majesté, dans Votre message du Nouvel An, et je Vous cite : « J’espère que ces personnes pourront surmonter ces difficultés en faisant appel à leur sagesse, en s’appuyant sur leurs relations et en s’aidant les unes les autres. ».

Nous faisons nôtres, Votre Majesté, ces voeux de solidarité que vous exprimiez si justement.

Et, pour y arriver, il nous importe de multiplier les occasions d’échanges entre femmes, hommes et jeunes de ce monde pour que s’élève, haut et fort, une parole commune à tous et qui serait rien de moins qu’une parole humaine.

Une parole qui, si vous me permettez une image sylvestre, serait aussi vénérable que cet arbre, le cryptomeria japonica, qui pousse dans l’île japonaise de Yakusima et qui aurait 7 200 ans, selon l’écologiste canadien d’origine japonaise et membre de l’Ordre du Canada, David Suzuki, et aussi verte que ces jeunes pousses qui renouvellent nos printemps et notre monde. 

Longue vie à l’amitié entre le Japon et le Canada!  Longue vie à Leurs Majestés l’empereur et l’impératrice du Japon!