Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Histoire
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Histoire

Jeanne Sauvé

La très honorable Jeanne Sauvé (1984-1990)

Crédit photo: © Collection de la Couronne, Division des résidences officielles, Commission de la capitale nationale

La longue et distinguée carrière de la très honorable Jeanne Sauvé est jalonnée de « premières » assez remarquables. À la Chambre des communes, elle est la première membre du Cabinet qui soit du Québec; elle est également la première femme élue Président de la Chambre des communes; elle ouvre la première garderie sur la Colline du Parlement; et elle est la première femme à servir comme gouverneur général.

Madame Sauvé défend avec ardeur les questions touchant la jeunesse et la paix dans le monde; la colombe, symbole de paix, est d'ailleurs l'un des éléments de ses armoiries. Bien avant son mandat vice-royal, elle travaille comme adjointe au directeur du Secrétariat à la jeunesse de l'UNESCO, agit comme secrétaire du comité canadien de l'Assemblée mondiale de la jeunesse et lance et anime un une tribune pour la jeunesse. À Rideau Hall, elle établit deux récompenses pour des étudiants désireux de faire carrière dans le domaine de l'enseignement spécial destiné aux enfants doués. À la fin de son mandat, elle instituera la Fondation Jeanne Sauvé pour la jeunesse qui se consacrera à la promotion de l'excellence chez les jeunes du Canada.

Les préoccupations de Madame Sauvé au sujet des jeunes et de la paix constituent deux des trois thèmes centraux de son mandat – le troisième étant l'unité nationale. Elle voyagera beaucoup, rendant ainsi accessible à tous les Canadiens son rôle de gouverneur général – symbole de notre identité commune. Dans son discours d'installation, elle mentionne la nécessité pour les Canadiens d'élargir le sens qu'ils donnent à leur nation et de devenir plus tolérants. « C'est le prix de notre bonheur, dit-elle, mais le bonheur ne résidera jamais dans l'esprit de ceux qui croient au « chacun pour soi ».

Durant le mandat de Madame Sauvé, l'Assemblée générale des Nations Unies a décrété l'année 1986 comme « Année internationale de la paix ». L'une des initiatives que développe alors le ministère des Affaires étrangères en collaboration avec d'autres partenaires est la publication d'un ouvrage intitulé Ma vision de la paix. Cet ouvrage, dont la préface est signée par Madame Sauvé, contient des essais rédigés par divers membres de l'Ordre du Canada, ainsi que les affiches et les essais gagnants d'un concours parrainé par l'Association des Nations Unies du Canada.

En 1986, Madame Sauvé accepte, au nom du « peuple canadien », la médaille Nansen, récompense internationale prestigieuse pour les oeuvres humanitaires qui est décernée en reconnaissance d'efforts importants et soutenus déployés au nom de réfugiés. C'était la première fois depuis la création de la médaille en 1954 que le haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés la remettait à une population toute entière. La médaille Nansen est conservée à Rideau Hall.

L'enthousiasme de Madame Sauvé pour l'importance que revêt le sport a donné lieu à l'établissement du Trophée Jeanne Sauvé pour le championnat mondial de hockey féminin sur gazon et la Coupe Jeanne Sauvé pour les championnes canadiennes de ringuette. Elle crée en outre le Prix Jeanne Sauvé de l'esprit sportif pour reconnaître les athlètes nationaux de sport amateur ayant donné le meilleur exemple d'esprit sportif et de non violence dans le sport. Elle encourage la sécurité dans la société au Canada en établissant le Prix du gouverneur général Service de la sécurité au travail.

Durant son mandat comme gouverneur général, Madame Sauvé effectue des visites d'État en Italie, au Vatican, en République populaire de Chine, en Thaïlande, où elle reçoit un doctorat honorifique en sciences politiques de l'Université de Chulalongkorn à Bangkok, et en France, où elle se voit décerner la Médaille de la Chancellerie des universités de Paris, La Sorbonne, Paris. Elle se rend également en Uruguay et au Brésil en visite d'État. En commémoration de sa visite au Brésil, la « Bourse commémorative du gouverneur général Jeanne Sauvé » sera établie pour récompenser, chaque année, un étudiant diplômé brésilien en Études canadiennes.

Madame Sauvé reçoit également un certain nombre de visiteurs distingués tels que la reine et le duc d'Édimbourg, la reine mère Elizabeth, le prince Andrew, le duc et la duchesse d'York, le roi Carl Gustaf de Suède, la reine Beatrix des Pays-Bas, le roi Hussein de Jordanie, le pape Jean-Paul II, le secrétaire général des N.-U. Javier Perez de Cuéllar, le président américain Ronald Reagan, le président français François Mitterrand, le président chinois Il Xiannian, le président roumain Nicolae Ceaucescu ainsi que les présidents d'Israël, de la Tanzanie, de l'Italie, de la République démocratique du Congo, de la République du Cameroun, de l'Islande et des Philippines. Également, en 1988, Madame Sauvé a rencontré Mêre Térésa de Calcutta à la Citadelle.

Elle reçoit également le prince Édouard, venu présenter les lettres patentes royales signées par Sa Majesté autorisant le rapatriement de l'autorité héraldique au Canada, ce qui permettra l'établissement de l'Autorité héraldique du Canada. En tant que chef de l'Autorité héraldique du Canada, le gouverneur général détient la prérogative de la Souveraine et autorise la création de nouvelles distinctions héraldiques sous forme d'armoiries, de drapeaux, d'insignes et autres emblèmes.

L'une de ses activités préférées est la fête de Noël organisée chaque année pour le Ottawa Boys and Girls Club et son équivalent francophone, le Patro d'Ottawa. En cette occasion, les enfants arrivent à Rideau Hall pour le déjeuner et pour la visite du Père Noël. Madame Sauvé accueille personnellement ses jeunes invités et porte un chapeau de fête en papier pour célébrer cette journée spéciale.

Durant le mandat de son épouse, M. Maurice Sauvé continue de mener ses propres occupations professionnelles tout en participant à de nombreuses activités culturelles canadiennes.

La vie avant et après Rideau Hall

Jeanne Mathilde Benoit fait ses études au couvent Notre-Dame du Rosaire à Ottawa, puis à l'Université d'Ottawa. Participant activement aux affaires étudiantes et politiques, elle devient la présidente nationale de la Jeunesse étudiante catholique à l'âge de 20 ans. Elle épouse l'honorable Maurice Sauvé le 24 septembre 1948 à l'église St-Jean Baptiste, à Ottawa. Un peu plus tard la même année, ils déménagent en Europe, où Madame Sauvé obtiendra un diplôme en civilisation française de l'Université de Paris. Le couple a un enfant.

Madame Sauvé est membre fondateur de l'Institut de recherche en sciences politiques, et sa carrière distinguée comme journaliste à la Société Radio-Canada s'étalera sur une vingtaine d'années. Elle est élue députée libérale du comté d'Ahunstic (Montréal) en 1972 et est nommée par la suite ministre d'État aux Sciences et à la technologie. Elle est réélue en juillet 1974, où elle se voit confier le portefeuille de l'environnement. Puis en 1975, elle est nommée ministre des Communications responsable des pays francophones au ministère des Affaires extérieures.

Après avoir terminé son mandat comme gouverneur général en 1990, Madame Sauvé et son conjoint prennent leur retraite et s'installent à Montréal, où elle s'emploie à faire valoir les intérêts de la Fondation Jeanne Sauvé. Trois ans plus tard, elle meurt à la suite d'une longue maladie, un an après la mort de son époux.