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ARCHIVÉE: Année internationale de la jeunesse - Dialogue jeunesse

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Dialogue jeunesse à l’occasion de l’Année internationale de la jeunesse

Rideau Hall, le mardi 10 août 2010

Comment allez-vous?

Quelle belle façon de célébrer toutes et tous ensemble l’Année internationale de la jeunesse et de l’inaugurer avec les voix réunies de jeunes dans un émouvant chant algonquin qui rend hommage aux premiers peuples, gardiens de cette terre sacrée depuis des millénaires.  

Merci infiniment pour cette chanson.

Permettez-moi tout d’abord de vous dire à quel point je suis heureuse de vous accueillir ici à Rideau Hall, votre maison, la maison des Canadiennes et des Canadiens sans distinction, et à quel point je suis touchée de voir que vous avez répondu en grand nombre à mon invitation.

Au cours des cinq dernières années, j’ai eu l’immense privilège de traverser le Canada pour y découvrir la passion qui fait battre le cœur des Canadiennes et des Canadiens.

Partout où je suis allée, j’ai découvert tant de femmes et d’hommes qui œuvrent avec engagement à améliorer le sort de leurs communautés et les conditions de vie de l’ensemble de la société.

En vérité, il était clair dès le départ que les Canadiennes et les Canadiens sont des gens de cœur. Nous ne sommes pas indifférents. La compassion est l’une de nos caractéristiques les plus distinctives.

Savez-vous ce qui m’a également frappée?

Eh bien, ce fut de découvrir comment des jeunes, de tous les milieux, ravivent à leur façon le grand esprit d’altruisme et de réciprocité qui façonne notre vie citoyenne collective depuis des décennies.

Soyons clairs : j’ai vu cet esprit en action, dans les plus petites comme dans les plus grandes agglomérations.

Car je cherchais à engager les jeunes Canadiennes et Canadiens dans leur propre milieu, même si cela nécessitait que je visite certains endroits considérés comme « névralgiques », là où s’aventurent rarement nos élus.

Pour ce faire, j’ai rencontré de jeunes Canadiennes et Canadiens dans des galeries graffiti, des communautés autochtones, des centres parascolaires, des clubs de garçons et de filles, des studios d’enregistrement, des refuges pour jeunes sans abri, des écoles secondaires, des universités et même une prison. Oui, j’ai bien dit une prison!

Car je suis convaincue que l’espoir peut être semé partout, et que chacune et chacun, oui chacune et chacun, a droit à une seconde chance.

C’est pourquoi je voulais rejoindre les jeunes de tous les milieux et pourquoi, à deux reprises, j’ai choisi de passer du temps avec de jeunes détenus dans un dialogue sur le changement social et la responsabilité personnelle.

Je vous assure que la lueur d’espoir qui brillait dans leurs yeux m’a remplie d’optimisme.

Car cela était significatif de l’importance de renforcer le lien social et de l’urgence de ramener vers nous celles et ceux qui ont choisi de vivre dans le danger et le désespoir. Je sais que vous, jeunes et engagés, pouvez faire une différence à cet égard!

Partout où je suis allée comme 27e gouverneur général du Canada, j’ai été enthousiasmée par la force de vos idées, par votre volonté de prendre des risques et par votre capacité de rêver et de transformer ce que d’aucuns croient impossible, en une réalité tangible et efficace.

Dans un monde qui veut nous faire croire qu’il est impossible de tracer notre destinée, votre capacité de passer des mots à l’action fait renaître l’espoir dans la vie de millions de gens au Canada et ailleurs dans le monde.

C’est la raison pour laquelle j’ai estimé qu’il était important de valider les initiatives des jeunes partout où je le pouvais.

Pour vous avoir vus à l’œuvre, je sais que vos efforts sont la promesse d’une société meilleure.

Quant à votre capacité d’innovation et de créativité, elle ne cesse jamais de m’étonner.

Je suis toujours émerveillée, par exemple, de voir comment vous utilisez les arts, la culture et les nouvelles technologies comme outils pour améliorer votre milieu, pour échanger des pratiques exemplaires et pour bâtir de nouveaux réseaux constructifs et créateurs.

Je sais que certains qualifient vos idées d’utopiques ou d’idéalistes, avec un soupçon de condescendance. Eh bien, prenez-le comme un compliment, et prouvez-leur le contraire.

Pourquoi?

Parce que sous-estimer les jeunes et ce que vous avez à offrir, c’est ignorer une vérité indéniable : dans toutes les révolutions et tous les tournants décisifs dans l’histoire, les jeunes ont toujours été des catalyseurs de changement et de renouveau.

Pensons à l’effondrement du mur de Berlin, à la révolution orange en Ukraine, à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, et  même à l’élection du premier président afro-américain des États-Unis.

Nous avons besoin d’idéaux.

Pour nous aider à rêver d’un monde meilleur et pour nous inciter à agir, chacun à sa façon, un pas à la fois.

Chaque geste compte.

Et chaque action est importante.

Je vous demanderais donc de ne pas vous laisser intimider par les idées fausses et les doutes de certaines personnes.

Vous êtes déjà les leaders d’aujourd’hui, et c’est maintenant plus que jamais que nous devons entendre vos idées, que nous devons écouter vos points de vue, que nous devons vous inviter à la table de décision.

Votre vision est cruciale.

Votre capacité de penser à l’échelle planétaire et d’agir localement est essentielle.

Et votre capacité d’oser, votre capacité de briser les barrières sont un gage d’avenir pour notre pays et pour le futur du monde. 

Se priver de vos efforts et diminuer votre pouvoir d’agir, c’est se priver d’une ressource précieuse, voire essentielle.

En ce sens, je suis tellement ravie de pouvoir, cette année, me joindre aux Canadiennes et aux Canadiens d’un bout à l’autre du pays pour célébrer vos réalisations dans un esprit de solidarité entre les générations.

Le thème de cette année internationale de la jeunesse, le dialogue et la compréhension mutuelle, nous rappelle que nous devons comme société, être vigilants et agir sur ce qui nous divise en misant davantage sur nos aspirations communes et sur tout ce qui nous rassemble.

Voilà le message que je voulais livrer par ma devise « Briser les solitudes »— une devise qui est plus pertinente que jamais au moment où le monde peine à se relever d’une crise économique majeure qui risque de polariser davantage et d’élargir les fossés.

La survie de l’humanité repose sur notre volonté de nous défaire de la mentalité du « chacun pour soi, chacun pour son clan » et de revenir à des valeurs plus collectives.

Il est temps pour l’humanité d’adopter une éthique de partage.

Et j’estime que les Nations Unies appliquent tout à fait ce principe.

À cet égard, rien de mieux que de se tourner vers les jeunes pour obtenir leurs conseils.

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité, dans le cadre de ma série « On se parle? », inaugurer l’Année internationale de la jeunesse avec un Dialogue jeunesse sur les façons de faire de votre collectivité un lieu de vie qui réponde à vos besoins et qui soit plus apte à tenir compte de votre  désir d’amener des changements. 

Ce Dialogue jeunesse est en fait le premier d’une série de six que je tiendrai d’un bout à l’autre du Canada pour célébrer l’Année internationale de la jeunesse.

Il me tarde tout particulièrement de retourner dans le quartier Point Douglas à Winnipeg, où je serai à même de constater comment les mots des jeunes qui s’étaient exprimés lors d’un forum que j’y avais tenu en 2007, ont inspiré une communauté tout entière à reprendre en main leur quartier jusque là contrôlé par des gangs avec leurs armes et leur trafic de drogue. Depuis, le taux de criminalité a considérablement diminué.

Je suis convaincue que le modèle de Point Douglas pourrait être tout aussi efficace dans d’autres collectivités du Canada.

Aujourd’hui, toutefois, nous nous penchons sur la région de la capitale nationale.

J’ai toujours estimé, pour ma part, que notre capitale doit être une source d’inspiration en reflétant les valeurs mêmes qui nous tiennent à cœur d’un bout à l’autre du pays.

Le bilinguisme, la diversité, le développement humain, écologique et durable, l’apprentissage et l’innovation, la justice sociale ainsi que l’importance des arts et de la culture pour ancrer plus profondément notre identité, notre sentiment d’appartenance, notre citoyenneté.   

Je sais que vous les jeunes de la région avez la volonté de participer au rayonnement de toutes ces valeurs. 

Pour certaines et certains d’entre vous, ce n’est par notre première conversation. Au cours de plusieurs activités que j’ai tenues dans la région, j’ai entendu votre  message bien clairement : vous voulez faire partie des solutions et, en tant que citoyennes et citoyens engagés, vous avez beaucoup à offrir.

Après avoir entendu parler de vos préoccupations et de vos idées, j’ai cherché à réunir des acteurs clés de la région pour les amener à collaborer avec vous.

C’est la raison pour laquelle je suis si heureuse que la Commission de la capitale nationale se soit jointe à nous, c’est-à-dire monsieur Mills, madame Lemay, ainsi que d’autres intervenants.

Ils sont ici parce qu’ils savent et qu’ils croient que rien n’est possible sans votre participation.

J’ai également le plaisir de vous annoncer que ma nouvelle fondation, la Fondation Michaëlle Jean, aura son siège à Ottawa. Par le biais de cette fondation, j’ai l’intention de continuer à appuyer vos initiatives, qui contribuent à faire du Canada et du reste du monde un lieu où il fait bon vivre.

J’ai toujours cru au pouvoir du dialogue entre les générations pour arriver à des solutions viables et durables face aux problèmes les plus épineux.

Et c’est justement cet esprit de dialogue et de compréhension mutuelle que les Nations Unies ont voulu invoquer pour cette année spécialement dédiée à la force de la jeunesse.

Chers amis, il est maintenant temps pour vous de faire part de vos idées audacieuses.

De vos suggestions audacieuses.

De ne pas hésiter à exprimer votre désir de vous impliquer.

Le monde est derrière vous, et des décideurs sont ici pour vous écouter.

Ne ratez pas l’occasion. La parole est à vous!