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Nouvelles

ARCHIVÉE: Prix Michener pour le journalisme

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Remise du Prix Michener pour le journalisme

Rideau Hall, le jeudi 27 mai 2010

Je tiens avant toute chose à porter à votre attention que le corps du cavalier Larry Rudd était rapatrié aujourd’hui, à 14 h 30, à la base militaire de Trenton. Des obligations incontournables m’ont retenue à Ottawa à l’occasion de la visite du président mexicain, Felipe Calderón. Mais je voulais commencer cette cérémonie en rappelant le lourd tribut des Forces canadiennes, qui mènent avec courage et générosité, une difficile mission au nom des valeurs de justice, d’équité et de liberté, qui sont si chères aux Canadiennes et aux Canadiens. Je voulais également exprimer mes condoléances à la famille et aux proches de Larry Rudd.

Je demande que l’on observe une minute de silence à sa mémoire.

Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même sommes très heureux de vous accueillir ce soir à Rideau Hall pour célébrer l’excellence journalistique au Canada, trois semaines après avoir souligné la Journée mondiale de la liberté de la presse, instaurée en 1993 par l’Assemblée générale des Nations Unies, pour affirmer l’importance d’une presse libre pour le développement et la préservation de la démocratie.

Or, le mois dernier, dans le cadre d’une visite d’État au Sénégal, au Centre d’études des sciences techniques de l’information, créé par Léopold Sédar Senghor en 1965 avec le soutien de l’Unesco et du Canada, je rappelais que les droits de la personne ne sont respectés que dans la mesure où ils sont connus.  Ce n’est pas là, disais-je, la moindre tâche des journalistes.

Senghor estimait à juste titre que le rôle des journalistes est crucial car il voyait en elles et en eux des gardiennes et des gardiens de la démocratie et des vigies de la liberté civique.

C’est dans cet esprit que le journalisme prend tout son sens à mes yeux et suppose une éthique rigoureuse de responsabilité citoyenne.

Vous qui êtes de la profession le savez autant que moi : le journalisme sert à cultiver la clairvoyance, à nourrir la vigilance et à dénoncer les pratiques qui nous empêchent d’aspirer au mieux-être collectif, ou qui abusent de notre confiance.

Je demeure persuadée que c’est une profession qui doit livrer un combat de tous les instants et de tous les milieux contre l’indifférence, contre le sentiment d’impuissance, contre l’ignorance.

Il est un verbe, que j’affectionne particulièrement, et qui me semble résumer à lui seul l’idéal journalistique, à plus forte raison en ce monde de plus en plus complexe où nous sommes assaillis continuellement et en direct par toutes sortes d’informations.

Il s’agit du verbe élucider, dont l’étymologie littéralement lumineuse, signifie « rendre clair ».

Nul doute que c’est ce souci de clarté qui conduit à la vérité que le Prix Michener, du nom de mon prédécesseur, associe à la liberté, conformément à sa devise : « La vérité au service de la liberté ».

En effet, le journalisme n’a de pouvoir véritable que lorsqu’il se met au service des faits qui mènent à la vérité. Alors seulement il parvient à toucher le cœur et à ouvrir l’esprit de façon à agir sur nous en profondeur.

C’est ce même objectif que se sont fixés les six finalistes que nous honorons aujourd’hui.

Qu’il s’agisse de jeter un regard critique sur l’industrie de la construction au Québec, de mieux cerner la responsabilité policière dans le système de justice, de dénoncer la mauvaise gestion du plus grand contrat jamais octroyé par la ville de Montréal, de retracer l’histoire d’un citoyen canadien empêché de rentrer au pays, d’interroger le processus de sélection des jurés lors de jugements d’actes criminels, ou de rendre compte de la condition insalubre de logements destinés aux Premières Nations de l’île de Vancouver, tous ces reportages et articles ont pour but ultime d’entraîner un changement dans notre société pour le bien de l’ensemble.

Je vous félicite pour votre engagement remarquable à l’égard de la profession et de vos compatriotes.

Je félicite également Julie Ireton, récipiendaire de la bourse Michener-Deacon 2010, dont le champ d’investigation portera sur les défis auxquels fait face la Fonction publique du Canada.

Enfin, c’est avec beaucoup d’émotion, après avoir assisté à son rapatriement à Trenton, que je me joins à la Fondation Michener pour rendre hommage, à titre posthume, à la journaliste Michelle Lang, qui a perdu la vie le 30 décembre 2009, aux côtés de quatre soldats canadiens alors qu’ils effectuaient une sortie dans les environs de Kandahar.

Michelle Lang avait à cœur de témoigner des efforts déployés par les Forces canadiennes en vue d’améliorer au jour le jour la sécurité de la population afghane, et elle entendait s’attarder aux changements apportés par la présence militaire dans cette région trouble du monde.

Grâce à Michelle Lang, grâce au travail reconnu des finalistes du Prix Michener, et grâce à la détermination de tant de journalistes qui pratiquent avec conviction, rigueur et dans l’intérêt public cette profession que j’aime, nous sommes davantage en mesure de participer, avec lucidité, encore ce mot, et sensibilité, à l’évolution du monde que nous voulons meilleur parce que plus solidaire.

À toutes et à tous, je dis merci de tout cœur.