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ARCHIVÉE: Doctorat honorifique du Collège militaire royal

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Remise d’un doctorat honorifique du Collège militaire royal

Kingston, le jeudi 20 mai 2010

Avant de commencer, j’aimerais que nous prenions le temps de nous recueillir et de saluer la mémoire du colonel Geoff Parker du Royal Canadian Regiment, qui a trouvé la mort lors de l’attentat-suicide, au cœur de la capitale afghane, Kaboul, il y a deux jours. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière qu’a connue l’OTAN à Kaboul, cette année, tuant et blessant des dizaines de soldats et de civils. Le colonel Parker, comme vous le savez, avait un lien particulier avec le CMR, puisqu’il avait obtenu deux maîtrises de votre institution.

Nous ne l’oublierons jamais.

Recueillons-nous à sa mémoire.

Sachez que c’est avec fierté et humilité que je reçois ce grade honorifique d’une institution aussi ancienne et aussi réputée que le Collège militaire royal du Canada.

Sise sur un site magnifique et chargé d’histoire, cette institution est non seulement un haut lieu de l’instruction militaire, mais un fleuron de l’enseignement supérieur et de la recherche au Canada grâce, notamment, à l’excellence de son personnel militaire et civil.

Plusieurs des militaires et des aides de camp qui m’appuient dans mes fonctions, comme le major Chantale Brais, qui est à mes côtés aujourd’hui, ainsi que le lieutenant‑colonel Jean-François Simard qui m’accompagne aussi aujourd’hui, sont d’anciens élèves officiers et ont étudié ici.

Et c’est avec émotion qu’ils se souviennent de leurs années au collège et des professeurs et supérieurs qui ont marqué leur parcours et leur vie.

Ils me parlent de la camaraderie qui rend l’aventure inoubliable, de l’insistance sur le bilinguisme et de la place accordée aux femmes. Ils me parlent aussi de l’entraînement rude, des activités sportives et scolaires exigeantes, et surtout, de l’immense sentiment de satisfaction et de fierté d’avoir tout donné et d’avoir réussi.

Dès mon arrivée dans ce lieu où toute une jeunesse s’efforce chaque jour de se surpasser en endurance, en connaissance et en mérite, j’ai compris la profondeur de votre engagement et des liens qui vous unissent après ces quatre années d’apprentissage d’une rare intensité.

J’ai conscience de me trouver aujourd’hui en présence de jeunes femmes et de jeunes hommes qui satisfont aux normes académiques, physiques et militaires les plus élevées. En présence également de leaders qui porteront sur leurs épaules le poids du commandement et qui devront mener par l’exemple, en paroles et en gestes… en français et en anglais.

Durant mon inspection de la garde d’honneur ce matin, ceux et celles à qui j’ai eu l’occasion de parler ont exprimé leur fierté à l’égard de cette institution et leur désir de représenter le Canada et la perspective canadienne dans toute sa richesse.

Vous n’avez certes pas choisi la voie de la facilité, et la vie qui vous attend à l’extérieur de cette enceinte n’en sera pas moins difficile.

Vous ferez face à des situations extrêmement tendues et complexes.

Vous devrez faire passer les intérêts des autres avant les vôtres. Et parfois, la vie des autres avant la vôtre.

Celle des femmes et des hommes qui seront sous votre direction. Celle également des civils — femmes, hommes, jeunes et enfants — que vous assisterez au cours de vos missions.

Vous êtes appelés à perpétuer une tradition fondée sur la vérité, le devoir et la vaillance, comme l’évoque la devise de votre collège.

Ce sont des valeurs nobles, au sens le plus pur, parce qu’elles font appel à ce qu’il y a de meilleur en nous.

Ce sont des valeurs qu’ont incarnées, à mes yeux, et de façon admirable, les militaires que j’ai eu le privilège de côtoyer et de voir à l’œuvre à titre de commandante en chef depuis le début de mon mandat, il y aura bientôt cinq ans.

À commencer par les anciens combattants autochtones que j’ai accompagnés lors d’une tournée spirituelle en Europe en 2005, entre autres au Cimetière de guerre canadien de Bény-sur-Mer où reposent tant de nos soldats canadiens.

Je pense aussi aux nombreux militaires, d’hier et d’aujourd’hui, de tous les grades et de tous les services, dont j’ai reconnu l’engagement, la bravoure, la vaillance, l’altruisme, le mérite et, dans certains cas, le sacrifice, à l’occasion de cérémonies officielles.

Je revois également toutes celles et tous ceux que j’ai tenu à saluer sur les bases navales et miliaires où je me suis rendue à l’occasion de visites régionales au pays.

En outre, je garde un souvenir impérissable des militaires que je suis allée rencontrer à deux reprises, en 2007 et en 2009, sur les lieux de leur mission en Afghanistan, où certaines et certains d’entre vous serez peut-être appelés à vous rendre.

N’oublions pas que ces femmes et ces hommes ont quitté parents, enfants, conjoints et amis pour aller dans cette zone trouble du monde défendre l’idéal démocratique auquel toutes les populations devraient pouvoir aspirer.

Je les ai vus construire des infrastructures essentielles au développement que l’on voudrait durable dans ce pays de toutes les misères.

J’ai vu la complicité qu’ils ont su établir avec des enfants et des professeurs afghans dans de nombreuses écoles dans la province de Kandahar qu’ils ont aidé à construire et qu’ils alimentent en équipements.

J’ai pu constater la qualité du dialogue qu’ils ont noué avec des représentantes et des représentants de la société civile afghane lors de rencontres que j’ai tenues au sein de l’équipe de reconstruction provinciale à Kandahar.

Les défis sont de taille, la tâche est colossale, et chaque blessé, chaque perte est un coup porté en plein cœur.

J’ai tant de fois tenu dans mes bras et consolé des pères, des mères, des partenaires de vie, des enfants, des collègues qui avaient perdu là-bas un être cher et qui ont accepté que je les accompagne sur le tarmac à la base militaire de Trenton, comme je le ferai à la cérémonie de rapatriement qui se tiendra demain pour le colonel Geoff Parker aux côtés de sa famille, ses proches, ses amis, ses frères et ses sœurs d’armes.

D’ailleurs, sur toutes les bases militaires où je suis appelée à me rendre, je rencontre vos familles et je les écoute me parler de leur vie, de leurs défis et de leurs réalités. Et je vous avoue que j’ai le plus grand respect pour le support et la fierté qu’elles vous témoignent.

Vos familles consentent d’énormes sacrifices, et j’estime qu’on ne soulignera jamais assez leur contribution au succès des Forces et des missions qu’elles mènent ici et aux quatre coins du monde.

J’arrive justement d’une visite d’État en République démocratique du Congo, où des militaires canadiens œuvrent sans relâche et dans des conditions extrêmement difficiles au sein de la MONUC, pour pacifier cette région de l’Afrique où des groupes armés entretiennent un climat de terreur et se servent de violences sexuelles comme armes de guerre.

Quelques semaines plus tôt, j’étais en Haïti où les soldats canadiens, aux côtés d’organismes humanitaires et avec l’aide de la population, s’emploient à pallier le plus urgent après le séisme de janvier dernier, qui a dévasté et laissé en ruines des régions entières de l’île.

Je peux donc témoigner de la générosité de nos soldats, de leur courage et de leur volonté de contribuer au mieux-être des populations là où il est impérieux de rétablir et de maintenir la paix, d’apporter une assistance d’urgence et ou encore de participer à des efforts de reconstruction.

Les militaires canadiens travaillent avec amour. C’est ce que les Haïtiens que j’ai rencontrés sur place n’ont eu de cesse de me dire.

Et je peux affirmer aujourd’hui qu’il existe une relève de talent sur laquelle les Forces et le pays tout entier peuvent compter.

Vous assumerez des postes de décision, et j’ai confiance que vous offrirez un leadership solide et un appui indéfectible aux femmes et aux hommes que vous dirigerez.

Soyez une source d’inspiration pour les autres, comme l’ont été pour vous vos prédécesseurs.

Et que l’idéal de justice, de paix et de liberté qu’ils ont porté comme un flambeau, parfois même au péril de leur vie, nourrisse votre engagement et vous guide.

Si vous saviez à quel point je suis fière d’être votre commandante en chef et à quel point j’ai été honorée de revêtir à quelques reprises votre uniforme.

J’ai toujours pris très au sérieux les responsabilités qui m’incombent.

Je sais qu’on ne naît pas commandante en chef des Forces canadiennes. On le devient.

J’ai pu compter à cet égard sur les membres du Conseil des Forces armées, que j’ai rencontrés à plusieurs reprises, de même que sur deux chefs d’état-major de la Défense de grand mérite, le général Hillier et le général Natynczyk, pour m’appuyer, me conseiller, me guider.

Je les porte en haute estime et leur en suis des plus reconnaissantes.

À vous toutes et tous ici aujourd’hui qui recevez votre diplôme, je souhaite une carrière fructueuse, riche en défis et en accomplissements.

Et plus encore, une vie bien remplie, que vous contemplerez avec satisfaction, heureux que vous serez d’avoir apporté votre contribution à l’édification d’un monde pacifié, plus juste et plus humain.

Je vous remercie.