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ARCHIVÉE: Repas communautaire à l’occasion de la Journée nationale des Autochtones

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Repas communautaire à l’occasion de la Journée nationale des Autochtones

Mashteuiatsh (Québec), le dimanche 21 juin 2009

C’est pour moi-même, mon mari Jean-Daniel Lafond et notre fille Marie-Éden, un grand plaisir et un honneur insigne, que de partager ce repas avec la communauté de Mashteuiatsh, peuple autochtone de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

C’est l’une de mes premières visites en région au Québec, hors des centres urbains de Montréal et de Québec, et je tenais à l’effectuer chez vous qui, comme j’aime à le répéter aussi souvent que je le peux, représentez nos racines les plus profondes en terre d’Amérique.

Je suis d’autant plus fière d’être parmi vous aujourd’hui en cette Journée nationale des autochtones.

C’est ma façon, comme je l’ai fait à Fort Simpson, aux Territoires du Nord-Ouest en 2006, à Whitehorse, au Yukon, en 2007, et à la conférence de l’Association des femmes autochtones du Québec, à Wendake, en 2008, de célébrer la contribution inestimable des peuples autochtones à notre histoire, à notre originalité et à nos projets d’avenir.

Depuis ma nomination au poste de gouverneur général du Canada, j’ai rencontré des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes, des communautés inuit, métisse et des Premières nations à la grandeur de notre territoire.

J’étais d’ailleurs récemment dans le Grand Nord et l’Arctique, où l’occasion m’a été donnée d’honorer les traditions et de témoigner des réalisations du peuple inuit qui enrichissent notre territoire depuis des millénaires et imprègnent notre âme nationale.

De la même façon, comme je l’ai appris avec émotion dans votre musée amérindien, vos ancêtres les Tshishennuatsh ont pénétré le cœur du bouclier canadien libéré des glaces il y a six mille ans et ont parcouru ce territoire par les chemins d’eau qui se jettent dans le Saguenay et le Pekuakami, le lac plat, rebaptisé lac Saint-Jean par le père Jean Dequen en 1647.

Ils ont alors jeté les bases d’une civilisation dont nous sommes toutes et tous les héritiers, des millénaires plus tard.

J’estime que les cultures autochtones sont la part la plus ancienne et la plus précieuse de notre patrimoine collectif, et constituent le fondement même de l’identité de chacune et de chacun de nous.

Votre compréhension et conception du territoire, qui inclut toutes les formes de vie, forêts, rivières, montagnes, lacs, plantes, roches et animaux, sont une leçon magistrale que l’humanité entière aurait intérêt à méditer, particulièrement en ces temps marqués par l’érosion de l’environnement, l’exploitation cupide de nos ressources et l’irrespect pour le souffle vital qui anime notre monde.

Je dirais même que cette liberté, que les explorateurs européens ont trouvé ici et que des gens venus de tous les horizons trouvent encore comme la promesse d’un meilleur avenir, commence avec ces grands espaces, ces eaux majestueuses et ces terres généreuses dont vous, les peuples autochtones, nous avez transmis l’esprit et le génie.

Vous êtes celles et ceux, par la voix de vos ancêtres que vous perpétuez, qui nous avez appris à nous enraciner sur ce continent.

Je ne l’oublie pas. Nous sommes plusieurs à ne pas l’oublier.

Votre message est porteur d’espoir et je veux qu’il rejoigne le plus grand nombre.

Sachez que j’accompagnerai du mieux que je le pourrai votre volonté de préserver pour les générations à venir votre patrimoine irremplaçable, de même que vos efforts valeureux pour que chacune et chacun de vos enfants atteigne son plein potentiel et ait les moyens de participer à part entière au développement de vos communautés et à la prospérité nationale.

C’est une promesse que je vous fais. Et la femme qui se tient devant vous connaît les affres de l’oppression et de l’intolérance.

Mais le temps est venu, me semble-t-il, de construire ensemble une histoire qui sache enfin nous rassembler et nous ressembler.

Dussions-nous, pour y arriver, mettre en lumière nos zones d’ombres et réparer les injustices que fomentent l’incompréhension, l’indifférence, la peur et l’ignorance.

Établir la vérité correspond à briser les solitudes entre nous, que trop d’oublis ont accentuées, et dont nous avons parfois tendance à restreindre la portée au profit des uns et au détriment des autres.

Je participais, le 11 juin dernier, en compagnie de plusieurs autochtones, à une discussion qui visait à rappeler les paroles de contrition et de profond regret prononcées il y un an, dans l’enceinte du Parlement du Canada, et adressées aux anciens élèves des écoles résidentielles.

Ces paroles nées de l’indignation, comme je l’ai dit alors et je le répète devant vous, répercutaient un chapitre douloureux et infâme de notre histoire, au cours duquel des enfants autochtones ont été dépouillés de leurs cultures et de leurs langues, et des non autochtones ont été du fait dépossédés d’un héritage riche parmi les plus riches des Amériques et du monde.

Quand le présent ne reconnaît pas les torts du passé, oserais-je dire, le futur se venge.

Or, nommer l’injustice, en reconnaître les outrages sans ménagement, c’est déjà franchir un grand pas.

C’est faire ensemble le vœu de combler le fossé que des années d’injustice ont creusé entre nous, pour ensuite mieux cheminer ensemble vers la réconciliation.

C’est faire le choix d’ouvrir nos yeux, nos cœurs et nos esprits à de nouvelles possibilités.

C’est dire haut et fort que personne d’entre nous n’accepte qu’un des leurs soit exclu des livres d’histoire ni de notre mémoire.

Chers amis, en cette Journée nationale des autochtones, que j’ai le privilège de vivre en votre compagnie, mon vœu le plus cher est que nous préparions ensemble un nouveau chapitre de notre histoire où chacune et chacun d’entre nous se reconnaîtra et reconnaîtra que notre force vient de notre rencontre.

Une rencontre, selon la si belle image de la poétesse innu Rita Mestokosho, qui n’empêcherait plus « la terre d’expirer le doux parfum de la liberté », et grâce à laquelle notre plus grande fierté serait la solidarité entre nous.

Une solidarité comme celle que vous, gens de Mashteuiatsh et de Roberval, avez construite et qui est à la fois un modèle et une promesse d’espoir pour toutes les communautés du Canada et du monde, en quête de façons plus harmonieuses de partager notre plus grande richesse, la vie dans toutes ses dimensions.

Nous avons tant appris de vous.

C’est avec vous que nous voulons refaire le monde.

Merci de votre accueil chaleureux, et longue vie à la communauté de Mashteuiatsh!