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Nouvelles

ARCHIVÉE: Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean
Discours à l’occasion d’une réception offerte par l’ambassadeur du Canada en République slovaque

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Bratislava, le vendredi 28 novembre 2008

Les cultures du monde sont l’expression de métissages.

L’anthropologue Claude Lévi-Strauss, dont c’est le centième anniversaire aujourd’hui même, écrit que les cultures résultent « de brassages, d’emprunts, de mélanges, qui n’ont cessé de se produire, bien que sur des rythmes différents, depuis l’origine des temps ».

Les cultures nous parlent de proximités et de voyages, de différences et de rencontres, d’originalité et d’universalité.

Les cultures ont ouvert les frontières bien avant les marchés, au rythme de la curiosité de femmes et d’hommes appelés à explorer le monde.

Les cultures redéfinissent le monde comme un décloisonnement de la pensée plutôt que comme l’aplatissement des idées.

Les cultures conjurent toutes les censures au nom de la seule liberté d’inventer.

Les cultures font coïncider en un seul lieu l’appartenance à une terre où l’on a appris à nommer le monde et le goût de l’éloignement qui élargit nos horizons.

Les cultures sont la revanche du corps  et des sens sur la tyrannie des systèmes, quels qu’ils soient.

Les cultures sont toujours porteuses de formes et de sens, même lorsqu’elles ébranlent nos certitudes et malmènent les traditions.

Oui, les cultures sont la part idéale de l’expérience humaine.

Comme je l’affirmais il y a deux jours, à l’occasion du dîner offert en notre honneur par le président de la Slovaquie, les cultures sont le plus puissant vecteur des civilisations, surtout en cette période où la standardisation des modes d’expression et la barbarie de la pensée unique nous guettent.

En ces temps d’incertitude de toutes sortes, les cultures nous rappellent qu’il est toujours possible de réinventer le monde, comme il a toujours été possible aux artistes d’insuffler à la matière l’élan de la création.

Les cultures nous rapprochent beaucoup plus qu’elles nous séparent et par les interrogations et les émotions qu’elles suscitent, elles font de nous des sœurs et des frères du genre humain.

Mon mari, le philosophe et cinéaste Jean-Daniel Lafond, et moi-même en avons la conviction : les cultures parlent une langue qui transcende toutes les barrières qu’on voudrait ériger entre nous et font appel à ce qu’il y a de plus profondément humain en chacune et chacun d’entre nous.

C’est pourquoi nous sommes si enchantés d’être parmi vous aujourd’hui pour célébrer par la culture tout ce qui nous rapproche les uns des autres, et pour remercier de tout cœur la troupe de ballet de la Slovaquie de nous en donner une aussi belle illustration, sur une musique de l’un des plus  grands compositeurs canadiens, André Mathieu.

Merci mille fois aux artistes et à vous toutes et tous de croire, avec nous, que la marche du monde ne se poursuivra qu’à la croisée des rencontres, comme celle qu’il nous est donné de vivre ce soir.