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Nouvelles

Doctorat honorifique du Technion-Israel Institute of Technology (Haifa, Israël)

Haïfa, Israël, le jeudi 3 novembre 2016

 

Quel plaisir de revenir au Technion – Israel Institute of Technology, ici à Haïfa, et de vous retrouver tous aujourd’hui.

Merci de me faire l’honneur de me remettre ce doctorat. Je l’accepte au nom du peuple canadien.

Je suis très fier de la collaboration en matière d’innovation qui existe entre Canada et Israël. Ce fut un privilège pour moi d’y prendre part pendant le temps que j’ai passé à l’Université de Waterloo et, avant cela, à l’Université McGill, et je conserve d’excellents souvenirs de notre collaboration.

Je suis également très heureux d’être le premier gouverneur général du Canada à diriger une visite d’État en Israël. Nous sommes ici avec une délégation de Canadiens d’exception qui partagent mon souhait de renforcer les liens pluridimensionnels entre nos deux pays.

La relation entre le Canada et Israël est exceptionnelle. Elle comprend des volets économiques, culturels, scientifiques, politiques et stratégiques, qui sont tous profondément ancrés dans nos liens de peuple à peuple.

Et, de plus en plus, notre partenariat est défini par l’innovation, qui fait partie de mes priorités à titre de gouverneur général.

Je sais qu’il s’agit également d’une priorité pour le Technion, et c’est votre raison d’être.

J’aimerais aussi ajouter un autre intérêt commun : la diversité.

Plus tôt, j’ai participé à une discussion sur la diversité étudiante au sein de cet établissement et, dans mon intervention d’aujourd’hui, j’aimerais souligner la convergence de la diversité et de l’innovation. J’aimerais ensuite mettre l’accent sur les possibilités de collaboration entre le Canada et Israël.

J’aborderai trois points.

Tout d’abord, la façon dont la diversité et l’innovation se renforcent mutuellement.

Puis, les forces particulières d’Israël et du Canada.

Enfin, la façon dont nous pouvons tirer parti d’un partenariat amélioré.

Commençons par ceci :

Je suis convaincu que l’avenir appartient à ceux qui épousent la diversité et fondent une culture de l’innovation de portée mondiale.

Selon moi, l’innovation est à la fois un processus économique et social, un moyen d’améliorer la productivité et de trouver des méthodes d’organisation et d’exploitation plus efficaces à titre de société.

Il s’agit de trouver de nouvelles façons de faire les choses et de créer de la valeur.

Le rythme du changement et les nombreuses difficultés auxquelles notre monde fait face en sont la preuve indéniable : nous devons trouver de nouvelles façons de faire les choses et nous devons axer nos économies sur la création de valeur.

Autrement dit, si le changement est la nouvelle constante, l’innovation est le nouvel impératif.

Vous le savez tous très bien, donc je ne m’éterniserai pas.

Mais qu’en est-il de la diversité?

Dans un monde interconnecté en évolution rapide, la diversité est une grande force.

Pensez simplement à la course aux talents. Elle est devenue mondiale. Comme d’autres l’ont mentionné, les adolescents d’Afrique équipés de téléphones intelligents et d’Internet ont plus de renseignements au bout de leurs doigts que le président des États-Unis il y a 15 ans.

Pensez à ce que cela signifie.

Grâce à la technologie numérique et à la naissance du village mondial, nous ne sommes plus limités à notre communauté ou notre nation quand nous apprenons ou nous recherchons des talents. Et les pays et les établissements qui sont diversifiés et tournés vers l’extérieur bénéficieront d’un avantage naturel dans la recherche de talents et de marchés à l’étranger.

Réfléchissez, par exemple, à la façon dont la diversité peut nous aider à accéder aux marchés et aux talents mondiaux. Pensez au bassin de talents que nous pouvons commencer à exploiter lorsque la population d’un pays comme le Canada parle plus de 200 langues et déclare provenir de plus de 200 ethnies différentes.

Le Technion considère évidemment que la diversité est une force. Il s’agit d’un microcosme de diversité et c’est également l’épicentre de la mentalité de démarrage d’Israël. Il existe ici une importante convergence entre la diversité et l’innovation, qui explique en partie votre réussite à l’échelle mondiale.

Voilà qui m’amène à mon deuxième point : les forces particulières d’Israël et du Canada.

J’ai déjà mentionné la réussite exceptionnelle de l’Université dans l’innovation. On pourrait en dire autant d’Israël en tant que nation.

Depuis près de 70 ans, les Israéliens prouvent au monde qu’ils peuvent rivaliser avec les meilleurs. Israël est devenu une nation d’innovation et d’entreprises en démarrage par nécessité. Les Israéliens avaient besoin de nourriture, donc ils ont transformé des terres arides en terres arables. Ils avaient besoin d’eau potable, donc ils ont développé les meilleures pratiques de conservation, de recyclage et de recréation de l’eau au monde. Ils avaient besoin d’être compétitifs, donc ils ont créé une riche capacité de recherche et de développement qui est l’envie de nombreux pays dans le monde.

Et j’en passe. J’aimerais juste ajouter qu’Israël comprend également très bien la nécessité d’être connectée au monde à titre de nation axée sur l’apprentissage et l’innovation.

Il s’agit de forces exceptionnelles dont le Canada et de nombreux autres pays peuvent s’inspirer.

Quelles sont les forces du Canada?

Il y en a beaucoup. Comme je l’ai dit, le Canada a une société très diversifiée et prospère. Nous sommes aussi en voie de bâtir une culture solide fondée sur l’apprentissage et l’innovation.

J’ai eu la chance de faire partie d’un écosystème d’innovation unique dans la région de Waterloo, qui héberge l’une des meilleures universités du Canada pour le génie, la science et l’entrepreneuriat. Cette région est à présent reliée à l’agglomération de Toronto, la plus grande ville du Canada, dont la population équivaut aux trois quarts de celle d’Israël, pour créer un couloir de l’innovation de 200 km de longueur. Il s’agit d’une étape passionnante pour cette région, qui a pour but de devenir un centre de l’innovation comparable aux meilleurs au monde.

Nous avons beaucoup de travail devant nous, mais nous faisons d’énormes progrès en matière de diversité et d’innovation. Par exemple : trente étudiants sont inscrits au programme de maîtrise de l’Institut Perimeter pour la physique théorique de Waterloo. Vingt-et-une nationalités du monde entier sont représentées.

Pensez-y un instant : 30 étudiants, 21 nationalités!

Soit dit en passant, je devrais souligner que le Britannique Duncan Haldane, qui occupe une chaire de chercheur invité à l’Institut Perimeter, a obtenu le mois dernier le prix Nobel de physique pour ses travaux sur les « phases topologiques de la matière ».

Si vous ne le savez pas déjà, le Canada entend être un symbole de l’apprentissage pour les talents du monde entier.

Le Canada se surpasse également pour ce qui est de l’obtention des meilleurs prix de recherche au monde. L’an dernier, 24 Canadiens ont gagné des prix prestigieux, y compris Arthur McDonald, lauréat du prix Nobel de physique de 2015, et James G. Arthur, lauréat du prix Wolf de mathématiques, qui est décerné par la Fondation Wolf d’Israël.

Les Canadiens sont également d’excellents collaborateurs internationaux. Près de la moitié des articles de chercheurs en sciences et en génie produits par des Canadiens sont des copublications internationales. Nos chercheurs comprennent le pouvoir de la collaboration internationale.

Une dernière statistique : le Canada est le sixième pays au monde pour ce qui est du nombre de chercheurs les plus cités, après des pays dont la population est bien supérieure. Le Canada est très populaire auprès des meilleurs talents, et nous obtenons des résultats supérieurs à la moyenne concernant le nombre de citations de recherches.

À quoi ressemblera la suite des choses?

Je suis convaincu que le Canada et Israël peuvent et doivent établir une relation d’innovation encore plus profonde et dynamique. Pensez à nos possibilités comme petits pays ayant de grandes idées.

Et quand je dis « petits », je veux bien sûr parler de notre population. Le Canada mesure près de dix millions de kilomètres carrés!

Les petits pays comme le Canada et Israël ont un rôle capital à jouer dans la promotion de l’innovation. Harold Innis, un des penseurs canadiens les plus originaux et influents, a suggéré que les nouvelles idées et technologies prennent plus facilement racine dans les régions dites marginales, parce que le statu quo est moins solidement incrusté.

Pensez à Florence, une ville comparativement petite à l’époque de la Renaissance, et à l’influence qu’elle a eue sur le cheminement de la civilisation occidentale

Je pense parfois que notre potentiel est comparable à celui d’Athènes à l’époque classique. Le Canada et Israël sont tous deux des nations exportatrices d’idées, d’apprentissage, de valeurs démocratiques, d’innovation, de talents et de culture, qui sont elles-mêmes très réceptives aux contributions et aux idées provenant de l’extérieur.

Ce qui est intéressant dans notre contexte actuel, c’est notre capacité accrue de collaborer à l’atteinte de cet objectif. Rien ne nous arrête.

Allons donc plus loin dans notre partenariat et repoussons les limites de notre collaboration.

Comme le veut l’adage, la forme la plus efficace de transfert de connaissances est une bonne paire de chaussures, en particulier si vous les portez lorsque vous réalisez des échanges, des stages et des partenariats. Quels autres modes de coopération pouvons-nous établir? Comment pouvons-nous améliorer notre collaboration? Comment pouvons-nous devenir des praticiens leaders de la diplomatie des connaissances?

Le principe de base de la réussite dans le monde d’aujourd’hui est que le bien-être d’une nation ou d’une communauté dépend dans une grande mesure de celle des autres. Voilà ce qu’est la vie dans un village mondial. Prenons exemple sur l’écologie et reconnaissons que nous sommes interdépendants à titre de membres de la communauté mondiale.

Il nous revient de trouver des façons d’échanger des connaissances et de collaborer à l’obtention d’avantages mutuels. Tirons pleinement parti des possibilités qui s’offrent à nous. Les scientifiques, les chercheurs, les professeurs, les étudiants, les innovateurs, les entrepreneurs et les dirigeants commerciaux peuvent tous tirer parti d’une collaboration accrue entre le Canada et Israël.

Notre défi est le suivant : bâtir quelque chose d’encore meilleur à partir d’une solide fondation.

Je vous remercie encore de ce grand honneur. Tous mes vœux de réussite.