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Nouvelles

Discours liminaire devant le World Affairs Council d’Atlanta : La Géorgie au cœur de nos pensées

Atlanta (Géorgie), le mercredi 25 mai 2016

 

Merci de vos bons mots et de votre accueil chaleureux.

Nous sommes arrivés hier et avons vite constaté que les gens d’Atlanta sont d’un naturel chaleureux!

Évidemment, le Sud est réputé pour son hospitalité, mais il se distingue aussi comme une plaque tournante dynamique pour l’innovation, la recherche, l’éducation et les affaires.

Comme Atalante — la déesse rapide avec qui la ville partage son nom — vous avez pris les devants en cette ère de changement!

Comment faites-vous?

Vous misez notamment sur l’esprit d’innovation et de collaboration qui existe ici. Ce rassemblement de dirigeants organisé par le World Affairs Council of Atlanta et ses partenaires — la Technology Association, la Metro Atlanta Chamber et Georgia Tech — témoigne bien de cet esprit.

Aujourd’hui, à Tech Square, j’ai vu la créativité et le dynamisme derrière votre succès, dans des entreprises en démarrage et un programme de codage innovateur pour les jeunes d’Atlanta mal servis.

L’an dernier, le consulat général du Canada s’est associé à des groupes éducatifs d’Atlanta pour célébrer les programmes de technologie, de génie et de mathématiques destinés aux filles et pour réunir des jeunes femmes de la Géorgie et du Canada par vidéoconférence. Elles ont ainsi pu apprendre les unes des autres, et je tiens à féliciter toutes les personnes qui ont participé à cette belle initiative.

C’est avec le thème des partenariats transfrontaliers en tête que j’entame mon allocution aujourd’hui, et avec trois objectifs.

Premièrement, je souhaite parler de notre capacité à renforcer le partenariat en innovation entre le Canada et la Géorgie.

Deuxièmement, j’aimerais vous expliquer pourquoi le Canada est un excellent partenaire en innovation et comment nous pouvons utiliser l’apprentissage pour renforcer ce partenariat.

Troisièmement, j’aimerais vous encourager à vous associer à des compagnies canadiennes pour innover.

Par la suite, j’aimerais connaître vos idées et vos questions sur les façons de promouvoir notre collaboration.

Mais, d’abord, laissez-moi vous dire toute mon admiration pour l’amitié précieuse qui unit le Canada et les États-Unis.

Selon moi, il n’y a pas d’autres nations dans le monde qui ont tant profité de leur collaboration.

C’est certainement vrai du point de vue canadien.

Ma famille est un bon exemple.

J’ai grandi à Sault Ste. Marie, en Ontario. Ma mère est née de l’autre côté de la frontière, à Sault Ste. Marie, au Michigan, et mon grand-père travaillait comme éclusier sur la rivière Ste‑Marie.

Ces écluses sont une merveille d’ingénierie. Elles ont été construites au 19e siècle, et je les vois comme un symbole de la relation canado-américaine.

Comme ces voies navigables, nos deux pays sont séparés, mais parallèles, et nous travaillons ensemble dans notre intérêt mutuel. Nos liens de peuple à peuple, nos rapports économiques et culturels ainsi que nos partenariats politiques et militaires ne sont que quelques exemples de tout ce qui nous unit.

La relation entre le Canada et la Géorgie est une composante essentielle de ce tableau.

Je m’explique.

Le Canada est le principal marché d’exportation de la Géorgie et sa cinquième plus grande source d’importations.

Le Canada est le troisième partenaire commercial en importance de la Géorgie; la valeur des biens et services qu’ils ont échangés en 2015 totalisait 10,6 milliards de dollars.

En ce qui concerne les investissements, le Canada a plus de 250 entreprises qui exercent leurs activités en Géorgie et qui, ensemble, emploient plus de 10 000 personnes.

Selon une étude commandée par le gouvernement du Canada, plus de 330 000 emplois en Géorgie dépendent du commerce et de l’investissement avec le Canada.

Pensez-y une minute!

Pour donner un exemple notable récent, prenons Delta Air Lines, qui a acheté 75 avions C Series de la compagnie Bombardier, située à Montréal. Et cette commande prévoit une option pour 50 appareils de plus.

Quelles nouvelles excitantes! L’an dernier, le président de Delta, Ed Bastian, expliquait que la turbosoufflante à réducteur du C Series est la première grande innovation depuis la révolution de la structure composite du fuselage d’un avion du Boeing 787.

Il ne s’agit là que d’un exemple d’une relation fondée sur l’échange de biens et de services, l’investissement et un intérêt commun pour les nouvelles industries en expansion liées aux soins de santé, à la technologie propre, à la finance, à la cybersécurité et aux partenariats publics-privés.

Et nous ne parlons pas de nos nombreux liens de peuple à peuple, ni de nos échanges culturels et d’étudiants.

Vous voyez ce que je veux dire : la relation Canada-Géorgie se porte très bien.

Malgré cela, nous pouvons aller encore plus loin en tant que partenaires, en particulier dans les sphères de l’innovation et de l’apprentissage.

Nous avons beaucoup à gagner de telles avancées.

Cela m’amène à mon deuxième point : pourquoi le Canada est un excellent partenaire en innovation pour la Géorgie et en quoi l’apprentissage est essentiel au renforcement de notre partenariat.

J’estime que ce sont les établissements d’enseignement comme Georgia Tech et ses homologues canadiens qui nous aideront à atteindre le niveau suivant en matière de collaboration.

Je reviens à Bombardier, de Montréal, et puiserai dans mes expériences personnelles pour illustrer comment l’apprentissage et l’innovation se renforcent mutuellement.

Pendant plusieurs merveilleuses années, j’ai eu le privilège d’être le président de l’Université McGill, à Montréal. Dans le cadre de mes fonctions, j’ai notamment travaillé à la mise en œuvre d’un programme de maîtrise professionnel en ingénierie.

Le programme a été développé de concert avec cinq autres universités de la région et l’industrie aérospatiale locale, pour trouver une solution à un problème précis : étant donné le nombre insuffisant d’employés canadiens qualifiés, les entreprises étaient contraintes de recruter des candidats talentueux à l’étranger.

Or, après avoir acquis une expérience de travail précieuse au Québec, bon nombre de ces employés étrangers retournaient dans leur pays ou ailleurs, de sorte que le secteur de l’aérospatiale faisait face à un manque chronique de travailleurs qualifiés.

Il n’y avait qu’une solution possible : former des Canadiens qui auraient les compétences voulues pour occuper ces postes. Une fois cet objectif établi, nous avons travaillé à sa réalisation en maintenant une communication constante et une étroite coopération.

Ce projet s’est avéré un élément clé de la réussite remarquable de l’industrie québécoise de l’aérospatiale.

Cette expérience a démontré que les établissements d’enseignement, l’industrie et les entreprises d’une région ainsi que la communauté peuvent travailler ensemble pour résoudre des problèmes et créer de la prospérité.

Une collaboration semblable entre le milieu universitaire, la communauté et le milieu des affaires a été établie à Waterloo, le berceau de BlackBerry et là où j’ai été président de l’Université de Waterloo, de 1999 à 2010.

C’est un peu ce que je vois ici, à Atlanta, avec Tech Square qui réunit tous ces joueurs dans un même milieu. Vous avez beaucoup de chance d’être au cœur d’autant de créativité et d’innovation. Nous pouvons apprendre de vos réussites.

Ce processus de collaboration par l’entremise des établissements d’enseignement, des communautés et des innovateurs peut être appliqué au-delà de nos frontières internationales, au profit du Canada et de la Géorgie.

Il y a déjà une collaboration précieuse dans le domaine de l’innovation entre les Canadiens et les Géorgiens.

Alors, comment faire pour atteindre le niveau suivant?

Laissez-moi vous parler des avantages qu’il y a à travailler avec le Canada.

Les Canadiens sont d’excellents collaborateurs, et ce, pour de nombreuses raisons, mais je ne vous en donnerai que cinq :

Premièrement, les Canadiens croient fermement à l’importance de travailler ensemble et d’apprendre les uns des autres. Cette croyance a été acquise il y a longtemps, par nécessité; la survie des premiers colons européens dépendait uniquement de leur volonté à travailler avec les peuples autochtones et à apprendre d’eux.

Deuxièmement, le Canada a tenté d’offrir une éducation de qualité plus abordable pour tous. C’est ainsi qu’il a aidé des générations de Canadiens à surmonter les barrières comme la discrimination, la pauvreté et l’immobilité sociale.

Nous avons tenté d’offrir des conditions équitables parce que c’est la chose intelligente et avertie à faire, mais aussi pour élargir notre bassin de talents.

Troisièmement, le Canada a combiné avec succès l’accessibilité de l’éducation et l’excellence. Il ne s’agit pas de choisir entre l’un ou l’autre, mais plutôt d’avoir les deux. 

Quatrièmement, nous encourageons les néo‑Canadiens à conserver et à célébrer leur culture et leur langue, tout en embrassant les plus belles valeurs du Canada. Cette approche favorise l’harmonie sociale et fait du Canada un pays plus ouvert sur l’extérieur et plus mondialisé.

Cinquièmement, dans les dernières années, le Canada a considérablement investi dans la recherche et l’innovation, dans des secteurs aussi variés que les technologies de l’information et des communications, l’énergie, les sciences de la vie et l’environnement.

Je vous incite tous à profiter de l’ouverture et de l’innovation qui existent chez les Canadiens et à travailler pour renforcer et formaliser les partenariats entre le Canada et la Géorgie. Je vous incite à intensifier les échanges dans le domaine de l’innovation et à explorer les possibilités d’apprendre et d’accroître les avantages mutuels.

Permettez-moi de terminer en vous décrivant comment nous pouvons innover et apprendre ensemble, en empruntant une image formulée par le troisième président des États‑Unis, Thomas Jefferson.

Le président Jefferson a utilisé l’image d’une bougie qui brûle pour illustrer la valeur des connaissances, soit l’illumination, et l’importance de transmettre le savoir et d’apprendre.

La bougie est non seulement un symbole d’illumination, mais également de transmission du savoir d’une personne à une autre. Nous pourrions aussi dire d’un pays à l’autre.

Il est primordial de ne pas oublier que lorsque vous allumez votre bougie à partir de la mienne, mon éclairage ne diminue pas pour autant. Au contraire, il devient plus vif.

Le partage des connaissances nous éclaire collectivement et nous rend meilleurs.

La Géorgie est très présente dans l’esprit des Canadiens ces jours-ci, alors profitons-en pour travailler ensemble et renforcer cette relation importante. Apprenons ensemble et innovons ensemble.

Merci.