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Nouvelles

Discours liminaire lors du 27e dîner annuel de la Fondation Boursiers Loran

Toronto (Ontario), le vendredi 5 février 2016

 

SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS

Quel plaisir d’être ici avec autant de passionnés de l’apprentissage!

Pour reprendre les mots du président Kennedy : c’est la réunion la plus extraordinaire de talents et de savoir qui soit depuis que Thomas Jefferson a dîné seul à la Maison Blanche!

En tant que participants et champions du programme des boursiers Loran, vous faites partie de quelque chose de très spécial. Vous vous êtes démarqués par votre caractère, votre altruisme et votre leadership.

Bravo à tous!

La Fondation des boursiers Loran appuie l’apprentissage au Canada de bien des façons. Je tiens à remercier et à féliciter tous les bénévoles, les donateurs et les bienfaiteurs qui sont ici ce soir.

Sans vous, rien de tout cela ne serait possible.

Comme vous regardez tous vers l’avenir, je me concentrerai sur trois thèmes. Je sais qu’ils ont été essentiels à mon succès. Je parle :

  1. d’un esprit ouvert;

  2. de la résilience;

  3. et de la capacité à synthétiser l’information et les idées.

Parlons d’abord de l’importance cruciale d’avoir un esprit ouvert.

Comme le veut le dicton, l’esprit, comme le parachute, fonctionne mieux quand il est ouvert!

Quand j’étais étudiant, j’ai vécu une expérience qui m’a fait réaliser que nous apprenons mieux avec un esprit ouvert. C’est comme si une lumière s’était s’allumée dans mon cerveau!

Que s’est-il passé? Je suivais un cours d’histoire américaine intellectuelle de première année à Harvard avec le professeur Fleming — un enseignant réputé et remarquable.

Lorsque le professeur Fleming nous a remis le programme, j’ai cherché le titre du manuel sur l’histoire intellectuelle que nous allions utiliser.

J’étais un étudiant enthousiaste et j’avais hâte de m’y mettre. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de manuel.

Le professeur avait plutôt prévu différentes lectures, dans différents ouvrages, chacune ayant une perspective unique sur l’histoire concernée.

Consciencieusement, j’ai résumé chaque article et livre, pour me rendre compte qu’ils interprétaient tous l’histoire différemment.

J’ai demandé au professeur Fleming quelle interprétation était la bonne, laquelle était vraie.

« Aucune, peut-être », m’a-t-il répondu.

C’est à ce moment-là que la lumière s’est allumée!

C’est en gardant l’esprit ouvert et en étudiant les diverses perspectives et interprétations d’un problème que nous nous rapprochons de la vérité. Cette leçon a été précieuse pour moi.

Je vous parlerai maintenant de mon deuxième thème, la résilience, et de son importance pour votre succès.

On dit souvent que seuls les plus forts survivent. En réalité, c’est faux. Darwin savait que ce sont les plus résilients qui survivent et qui prospèrent. Être fort, ça ne suffit pas.

Je reviens à mes études à Harvard et à l’un des aspects positifs de l’enseignement là-bas, c’est-à-dire l’obligation de s’inscrire à des cours en dehors de notre domaine d’expertise. Je sais que c’est la norme de nos jours, mais, à l’époque, c’était une révélation.

J’étudiais en droit, mais certains de mes apprentissages les plus utiles sont provenus de domaines complètement différents.

Il y avait un cours sur la science de la vie, un sur l’étude du Nouveau Testament et un autre sur l’introduction à la musique classique, qui me passionne encore aujourd’hui.

Ces trois cours m’ont obligé à sortir de ma zone de confort. Depuis, j’essaie de me rappeler qu’il est essentiel de sortir de sa zone de confort et de relever de nouveaux défis pour s’épanouir.

Ce sont des choses que vous savez d’instinct. C’est pourquoi vous appuyez ce programme, que vous y participez ou vous y avez déjà participé. Vous avez pris des risques judicieux, vous vous êtes concentrés sur les résultats et vous avez servi vos communautés.

Cela prend du courage et de la détermination. Pour réussir, il faut de la résilience.

Finalement, j’aimerais parler de la capacité à synthétiser de l’information et des perspectives complexes et à atteindre des résultats.

Il serait peut-être préférable d’illustrer ce que j’avance avec une anecdote.

Je suis certain que beaucoup d’entre vous ont entendu parler de Malcolm Gladwell, qui a écrit The Tipping Point et d’autres livres instructifs.

Quand j’étais président de l’Université de Waterloo, M. Gladwell est venu parler aux étudiants des caractéristiques décisives d’une organisation moderne.

Il nous a parlé de sa visite à CAE, une entreprise spécialisée dans la modélisation, la simulation et la formation des pilotes.

Durant sa visite, il a vu une démonstration du simulateur de vol perfectionné développé par l’entreprise. Dans le scénario d’urgence qu’il a observé, l’avion connaissait une panne de moteur.

Deux pilotes en formation participaient à la simulation. M. Gladwell les a observés attentivement pour voir comment ils géraient la situation.

Il a remarqué trois choses :

  1. Les pilotes se sont divisé les responsabilités du cockpit et ont rapidement échangé l’information pertinente. De cette façon, ils ont converti des données objectives en connaissances applicables.

  2. Ce besoin critique d’échanger de l’information rapidement et fidèlement exigeait une communication transparente.

  3. Il y avait une absence totale de hiérarchie entre eux alors qu’ils travaillaient pour ramener l’avion en sécurité.

Les leçons qu’on peut en tirer sont simples, mais profondes : répartissez les tâches et les responsabilités; travaillez ensemble, sans égard à votre rang dans la hiérarchie.

Je pense que c’est une bonne recette pour réussir dans le monde d’aujourd’hui. Nous vivons à une époque complexe, qui évolue rapidement et qui est marquée par une arrivée massive d’information, des problèmes à régler et des possibilités à saisir.

Ces aptitudes et ces qualités — l’ouverture d’esprit, la résilience et la capacité à synthétiser et à diffuser de l’information complexe — seront utiles aux boursiers Loran et à chacun de nous dans les années à venir.

Félicitations à ceux qui participent à ce programme remarquable, qui l’appuient ou qui encouragent et forment la prochaine génération de dirigeants canadiens. Et merci encore de soutenir l’apprentissage au pays.

Je vous souhaite une magnifique soirée!