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Nouvelles

Discours liminaire à l’occasion du forum économique des Grands Lacs sur l’effet des Grands Lacs : l’innovation et l’excellence dans cette région

Chicago (Illinois), le mardi 28 avril 2015

 

Je vous remercie de votre amabilité. Je me réjouis d’être ici, à Chicago, pour participer à cet important nouveau forum.

Je connais beaucoup de personnes qui ont travaillé très fort pour mettre sur pied le Conseil des Grands Lacs. Permettez-moi de mentionner tout particulièrement le président et directeur général du Conseil, Mark Fisher, l’ambassadeur canadien, Gary Doer, l’ancien ambassadeur des États-Unis au Canada, David Jacobson, et l’ambassadeur américain actuel, Bruce A. Heyman.

Nous avons besoin d’une telle vision et collaboration dans la région des Grands Lacs et dans la relation globale entre nos deux pays. Le Conseil est un modèle et une inspiration. Je tiens à féliciter chacun de vous et à vous remercier de ce que vous avez accompli.

Je me sens chez moi ici, puisque je suis natif des Grands Lacs, ayant grandi à Sault Ste. Marie, en Ontario, sur les rives de la rivière Ste-Marie.

Bien entendu, Sault Ste. Marie est une importante plaque tournante des Grands Lacs, située entre les lacs Supérieur et Huron, à la frontière canado-américaine. Les Grands Lacs ont joué un rôle crucial dans l’histoire de ma famille.

Ma mère était originaire de Soo, au Michigan, et mon grand-père a travaillé comme éclusier, du côté du Michigan, le long de la rivière Ste-Marie.

Construites au 19e siècle, les écluses sont une merveille d’ingénierie et un symbole remarquable de la relation canado-américaine.

Tout comme les Grands Lacs eux-mêmes!

Ces eaux et les collectivités environnantes revêtent une importance aussi fondamentale pour l’histoire du Canada que celle des États-Unis.

Aujourd’hui, la région des Grands Lacs continue d’être importante pour notre bien-être collectif.

C’est vrai à la fois du point de vue économique et environnemental parce que, dans un monde où l’eau douce est une ressource de plus en plus précieuse, on ne peut séparer l’environnement de l’économie.

C’est pourquoi il est important de collaborer par le truchement d’organismes tels que la Commission mixte internationale.

C’est pourquoi nous devons également continuer d’en arriver à des consensus au moyen d’ententes comme l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs.

Afin de pousser l’idée d’« écosystème » encore plus loin, j’aimerais dire à quel point il est absolument crucial que nous pensions et agissions en tant que région à tous les égards, non seulement au plan environnemental, mais aussi aux niveaux économique et social.

Pourquoi?

Parce qu’il devient de plus en plus évident que les régions seront des facteurs clés de notre bien‑être et de notre prospérité au cours des prochaines années. Et elles le sont déjà.

Pourquoi les régions sont-elles importantes?

Elles sont importantes parce que, malgré notre capacité de communiquer instantanément partout dans le monde, le talent et le capital ont toujours besoin d’un chez-soi. Et aussi parce qu’elles tendent encore à former des grappes ou des « écosystèmes d’innovation », comme on les appelle parfois.

La création de grappes d’innovation peut conduire à toutes sortes de bonnes choses.

Sans l’ombre d’un doute, la région des Grands Lacs est un écosystème au sens environnemental du terme. Alors, pourquoi ne pas considérer la région comme un écosystème quand vient le temps d’apprendre, d’innover et de prospérer tous ensemble?

Elle compte déjà parmi les régions économiques les plus importantes en Amérique du Nord. En ce sens, les chiffres sont vraiment impressionnants.

La région des Grands Lacs et du Saint-Laurent possède un produit intérieur brut de 5,5 billions de dollars, ce qui correspondrait, si elle formait son propre pays, à la troisième plus grande économie au monde.

Près de 40 pour cent du commerce de marchandises entre le Canada et les États-Unis a lieu dans la région, créant ainsi environ 30 pour cent de notre main-d’œuvre combinée. Une grande partie de notre commerce est composée de produits intermédiaires mis en marché dans des chaînes d’approvisionnement intégrées. Souvent, des centaines d’entreprises des deux côtés de la frontière contribuent aux composantes d’un seul produit.

La région est aussi un centre d’apprentissage sur le continent. Elle abrite 19 des 100 plus grandes universités au monde, en plus de représenter environ le quart des budgets de recherche et développement aux États-Unis et près des trois quarts des budgets consacrés à la recherche et au développement au Canada.

Seulement ici, à Chicago, les échanges commerciaux avec le Canada représentent un pourcentage considérable.

L’État de l’Illinois est la troisième destination des exportations du Canada dans le monde.

Quelque 40 000 Canadiens vivent et travaillent dans les États de l’Illinois, du Wisconsin et du Missouri.

Je pourrais continuer ainsi, mais je crois que nous pouvons dire avec certitude que de très grandes choses se produisent ici.

Les questions que je vous pose sont les suivantes. Comment pouvons-nous mettre à profit une telle réussite afin de créer une région encore plus dynamique, durable et compétitive dans le monde au cours du XXIe siècle?

Comment pouvons-nous promouvoir le bien commun ensemble?

Ce sont là de grandes questions, mais je suis certain d’une chose : nous pouvons seulement y arriver en travaillant ensemble, intelligemment.

Dans le monde d’aujourd’hui, les économies régionales sont nourries par une mobilisation profonde. Il est crucial de maintenir la présence d’industries diversifiées, ainsi que de chaînes d’approvisionnement et de réseaux de recherche et d’investissement axés sur la collaboration.

La clé du succès – plus facile à dire qu’à faire – consiste à exploiter nos forces régionales, à les amplifier en misant sur la création de connaissances et de valeurs, et à les exporter dans le monde.

Un document important, publié par le Mowat Centre for Policy Innovation et l’École de politique publique et de gouvernance de l’Université de Toronto, a exploré l’idée du « siècle des Grands Lacs ».

Les auteurs ont écrit ceci :

« La région doit entreprendre un virement intellectuel historique. Il faut cesser de penser que les Canadiens et les Américains réalisent des choses ensemble pour le marché nord-américain, mais plutôt reconnaître qu’ils ont des produits et des services que le reste du monde veut et comprendre la meilleure façon de les offrir. »

L’idée n’est pas nouvelle, mais elle n’en demeure pas moins vraie. Bien sûr, il existe des défis à relever, dont la réalité d’une frontière internationale, des différences réglementaires et des fluctuations monétaires, pour ne nommer que ceux-là.

Mais les possibilités sont si grandes. Il s’agit des Grands Lacs, après tout! De grandes choses peuvent se produire ici!

Ce matin, j’ai visité l’incubateur MATTER qui a été la plaque tournante de 1871 entreprises en démarrage dans le secteur des soins de santé. J’ai eu un aperçu des relations qui prospèrent entre les écosystèmes axés sur l’innovation et l’accélération du Canada et de la région de Chicago. J’ai été impressionné par ce que j’ai vu. Une telle coopération mérite notre soutien et nos encouragements.

Le savoir n’a pas de frontières. Les chercheurs et les établissements d’enseignement canadiens et américains sont très doués pour travailler ensemble. Nous pouvons tous nous inspirer d’eux.

J’ai rencontré également ce matin des dirigeants universitaires de la région pour discuter de ce que nous pouvons faire de plus afin de collaborer dans le secteur de la recherche et des études supérieures.

Ayant consacré la majeure partie de ma carrière à l’administration universitaire, je sais que, bien que de nombreux établissements américains de la région aient établi des liens avec leurs homologues canadiens, de telles relations n’ont pas encore atteint leur plein potentiel.

J’ai également hâte de rencontrer des représentants de certaines fondations philanthropiques plus tard cet après-midi. Bon nombre d’entre elles collaborent déjà avec des fondations canadiennes. Je vois de grandes possibilités dans l’établissement de liens transfrontaliers encore plus profonds.

Voilà autant d’éléments qui nous rappellent que le Canada et les États-Unis démontrent depuis longtemps une volonté et une capacité de travailler ensemble. Et cela est particulièrement le cas dans la région des Grands Lacs.

Nous sommes sur la bonne voie. Nous devons poursuivre nos efforts et renforcer nos partenariats. Notre champ d’intérêt doit être la frontière que nous partageons, qui revêt une importance considérable à la fois pour le Canada et les États-Unis.

De quelle importance parlons-nous?

En fait, on estime que des biens et des services totalisant plus de 2 milliards de dollars américains traversent la frontière canado‑américaine chaque jour.

Cela correspond à 1,4 million de dollars chaque minute! Les relations commerciales bilatérales les plus importantes sur Terre!

Il ne fait aucun doute qu’il est essentiel de maintenir une circulation efficace tout en assurant la sécurité et l’intégrité de notre frontière commune.

Ce sont là des enjeux de taille le long de notre frontière commune, et les défis sont particulièrement considérables dans la région des Grands Lacs, où beaucoup de nos échanges surviennent sur l’eau et au-dessus de l’eau. La rivière Détroit, la rivière Niagara, le fleuve Saint‑Laurent et les Grands Lacs posent tous des défis en matière de sécurité frontalière. Nous devons unir nos efforts et prendre les mesures appropriées.

Le nouveau programme canado-américain Shiprider est un exemple éloquent de notre collaboration. Dans le cadre du projet, la Gendarmerie royale du Canada, la Garde côtière des États-Unis et d’autres services de police binationaux travaillent ensemble sur les mêmes navires dans la région de Détroit-Windsor.

Il faut miser davantage sur ce type de collaboration judicieuse et créative.

Permettez-moi de conclure en vous rappelant le titre que j’ai choisi : « L’effet des Grands Lacs ».

Chacun d’entre vous connaît le phénomène météorologique appelé « effet de lac ». Les habitants de Chicago le connaissent! Les dictionnaires le définissent comme l’effet d’un grand lac sur les systèmes météorologiques.

Nous devons créer notre propre « effet de lac » métaphorique dans la région. Non pas un effet météorologique – nous en avons assez comme ça! –, mais plutôt une culture de collaboration plus forte et plus dynamique, capable d’exploiter les forces et les caractéristiques particulières de notre grande région afin de créer de nouvelles possibilités.

Créons un « effet des Grands Lacs » pouvant faire passer le travail que nous réalisons ici au niveau suivant.

C’est le défi que je vous lance!

Que le Conseil de la région des Grands Lacs puisse poursuivre son important travail encore longtemps!

Je m’arrête maintenant pour que nous puissions discuter de ce qui doit être fait et de la manière d’aller de l’avant.

Je vous remercie de votre attention.