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Nouvelles

Discours à la Faculté des mines de l’Université nationale d’Antioquia

Medellín (Colombie), le vendredi 5 décembre 2014

 

Je suis ravi d’être ici aujourd’hui dans cette magnifique université, qui a joué un rôle important dans l’histoire de la Colombie, et de visiter plus particulièrement la Faculté des mines.

Il s’agit de ma première visite en Colombie, et j’ai le privilège d’être accompagné d’une délégation de Canadiens talentueux, dont un bon nombre mènent des activités de sensibilisation et d’innovation en lien avec le secteur minier.

Comme vous le savez, le secteur du pétrole et du gaz et le secteur minier occupent une place importante au Canada, comme c’est aussi le cas en Colombie.

Je suis né à Sudbury, en Ontario, une communauté minière canadienne bien connue que l’on surnomme la « ville du nickel » en raison de ses gisements de minerai de renommée mondiale.

Le secteur de l’extraction minière a été essentiel à la vitalité de Sudbury tout au long du XXe siècle et, encore à ce jour, il demeure un élément crucial de son économie. On pourrait en dire autant d’un bon nombre de collectivités canadiennes et de notre pays dans son ensemble. Par exemple, je me suis récemment rendu dans un important complexe novateur d’extraction de minerai de fer à Fermont, au Québec, où travaillent environ 1 500 Canadiens — un nombre considérable compte tenu du fait qu’il s’agit d’une région essentiellement rurale.

Ces projets d’exploitation des ressources sont essentiels à l’économie du Canada et au bien-être d’un très grand nombre de personnes et de ménages. En matière d’extraction minière, les Canadiens ont appris certaines leçons à la fois difficiles et précieuses, mais, aujourd’hui, c’est de l’importance du développement durable dont je veux vous entretenir.

Qu’entend-on par développement durable? On trouve plusieurs définitions, mais la plus fréquemment citée est celle qu’en donne la Commission mondiale sur l’environnement et le développement — la Commission Brundtland de 1987 — dans ce qu’on appelle communément le rapport Brundtland.

À titre d’étudiants et de gestionnaires des ressources naturelles de la Colombie, je suis persuadé que chacun d’entre vous connaît bien ce rapport, lequel définit le développement durable comme le « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

En théorie, le concept de développement durable est suffisamment clair, mais en pratique, il pose un défi de taille.

Il s’agit là d’un défi que nous devons tous relever, et les Canadiens sont déterminés à y répondre, et ce, tant dans notre pays qu’à l’étranger.

Ce qui nous mène à la question suivante : comment répondre à la fois aux besoins de la génération actuelle qu’à ceux des générations à venir?

À mon avis, la réponse à cette question se trouve dans une approche à l’égard de la mise en valeur des ressources qui se fonde sur un esprit de partenariat et de collaboration entre toutes les personnes qui participent à un projet donné et qui sont touchées par celui-ci.

Essentiellement, l’objectif du développement durable est l’atteinte d’un équilibre.

Les besoins des collectivités locales, des régions et du pays dans son ensemble doivent soigneusement être soupesés et équilibrés. Il ne s’agit pas ici d’une balançoire à bascule, où lorsqu’un côté monte, l’autre descend. En effet, il faut plutôt voir cet enjeu comme boîte de vitesse synchronisée, où les pièces s’imbriquent les unes dans les autres afin de propulser un tout.

Il faut trouver un équilibre entre les besoins d’une économie prospère et ceux d’un environnement sain.

Les besoins de l’industrie, du gouvernement et de la société civile doivent tous être considérés comme des priorités.

Il faut trouver un équilibre entre les besoins des gens qui vivent aujourd’hui et ceux des générations futures, c’est-à-dire ceux de nos petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Lorsque survient un déséquilibre entre ces besoins, il ne peut pas être question de développement durable. Dans le monde d’aujourd’hui, à la fois complexe, interconnecté et en perpétuel changement, il n’est pas responsable de privilégier les besoins d’un groupe aux dépens de ceux d’un autre; cette façon de faire ne peut pas avoir un effet durable.

Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de trouver la bonne chose à faire, mais bien la plus sensée.

En tant que gouverneur général du Canada, je consacre mon mandat à créer un monde averti, bienveillant et juste. Le développement durable n’était-il pas justement synonyme « d’averti et de bienveillant »?

J’estime que les succès du Canada en tant que société sont attribuables à la détermination des Canadiens de vouloir trouver un équilibre entre des intérêts conflictuels par égard pour la prospérité, l’équité et la durabilité.

Les impératifs du développement durable ont donné lieu à un code de conduite entre les sociétés qui exploitent des ressources appelé « responsabilité sociale d’entreprise » ou RSE.

Au sujet des activités menées à l’extérieur du pays, le Canada s’attend à ce que les sociétés canadiennes affichent une RSE, c’est-à-dire qu’elles se conforment aux lois et aux normes internationales, qu’elles mènent des activités transparentes en consultation avec les gouvernements et les collectivités locales hôtes, et qu’elles élaborent et mettent en œuvre des pratiques exemplaires.

Le mois dernier, le Canada a annoncé qu’il renforcerait son engagement en faveur de la responsabilité sociale d’entreprise à l’étranger. En effet, on entend accroître le soutien des initiatives liées à la RSE auprès des entreprises canadiennes et des collectivités locales, et imposer des sanctions aux sociétés qui ne respectent pas les pratiques exemplaires. Ainsi, le gouvernement envoie un message fort : le Canada s’attend à ce que les sociétés canadiennes mènent des activités de façon attentionnée et juste envers les collectivités locales et les pays hôtes.

Le Canada cherche également à devenir un chef de file mondial au chapitre des initiatives d’exploitation minière écologiques, lesquelles visent à minimiser l’empreinte écologique des activités minières, à mettre en place des pratiques novatrices de gestion des déchets, à améliorer les processus de fermeture de mines et les technologies de remise en état, et à mettre en place des pratiques de gestion des risques touchant les écosystèmes.

Le Canada et les sociétés canadiennes prennent également part à un certain nombre d’initiatives novatrices en lien avec la RSE, ici, en Colombie. Il s’agit notamment d’activités portant sur le renforcement de la sécurité et des droits de la personne, le soutien aux exploitations minières artisanales, l’amélioration de la formation et des infrastructures, et la promotion de la culture et de l’engagement communautaire.

En définitive, toutes ces activités visent à favoriser le développement durable. Ensemble, les Canadiens et les Colombiens ont réalisé d’énormes progrès, mais il reste encore beaucoup à faire.

Le Canada aide les étudiants colombiens à acquérir des compétences, à décrocher des emplois bien rémunérés et à être compétitifs en cette ère de mondialisation.

Et en ce qui a trait à l’extraction minière et à l’exploitation d’autres ressources, les possibilités sont grandes pour nos deux pays.

Je suis convaincu que le Canada et la Colombie peuvent devenir des chefs de file au sein des Amériques, ainsi qu’à l’échelle mondiale, en matière d’exploitation durable des ressources.

Nous pouvons trouver un équilibre, et nous le devons, pour le bien de la génération actuelle de Colombiens et de Canadiens, et de celles futures.

En tant qu’étudiants dans le domaine de l’exploitation minière et des ressources naturelles, vous jouerez un rôle central dans le cadre de ces efforts. À tous et à toutes, je souhaite le meilleur des succès dans votre importante entreprise.

Merci.