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Nouvelles

Discours et discussion entre experts sur l’éducation à l’Université pontificale catholique du Chili

Santiago (Chili), le mardi 2 décembre 2014

 

Je tiens d’abord à vous remercier de nous accueillir si chaleureusement dans cet établissement d’enseignement. J’aimerais aussi vous remercier de m’avoir décerné la médaille Monsignor Larraín Gandarillas. Quel témoignage magnifique de l’amitié et des relations entre nos deux pays!

Où que j’aille dans le monde, toutes les fois où j’entre dans un établissement d’enseignement comme celui-ci, je me sens comme chez moi. Nous tous, dans cette salle, sommes déterminés à donner aux étudiants les meilleures chances de succès dans la vie et surtout sur la scène mondiale. Mais quel est le meilleur moyen d’y parvenir? Comment pouvons‑nous élargir la coopération entre le Canada et le Chili?

Je vois les relations internationales comme un triangle qui comporte trois points clés : l’éducation, l’innovation et le commerce. Les points s’influencent les uns les autres, s’entrecoupent et se renforcent.

En termes simples, pour le Canada et le Chili, cela signifie que lorsque nous réunissons les conditions nécessaires au succès des trois éléments, et lorsque nous faisons en sorte de réussir ensemble, nous enrichissons la vie de nos deux peuples.

En fait, le lien entre l’éducation, l’innovation et le commerce forme un continuum qui peut s’avérer bénéfique pour l’apprentissage. L’éducation renforce notre capacité à innover et notre esprit d’entreprise. Grâce à elle, nous sommes davantage tournés vers l’extérieur et plus attrayants pour la communauté internationale. Et, dans la foulée, nous sommes mieux placés pour accroître l’étendue et la portée de notre secteur de l’enseignement et de l’apprentissage, ce qui, à de multiples égards, renforce notre société.

L’essentiel ici réside dans la collaboration, et il existe de nombreux domaines où nous pouvons faire plus.

Permettez-moi de parler d’abord de l’éducation.

La signature d’ententes entre nos établissements d’enseignement constitue l’un de nos modes de collaboration les plus importants.

Depuis 1995, l’Université pontificale catholique du Chili a déjà signé près de 20 ententes avec des établissements d’enseignement de tout le Canada, si bien que plus de 500 étudiants des deux pays ont pu participer à des échanges jusqu’ici.

Dans une perspective plus générale, il convient de noter l’existence de plus de 120 ententes entre nos deux pays sur des questions qui vont des échanges d’étudiants et de professeurs à la coopération universitaire. Grâce à ces ententes, près de 900 étudiants ont pu poursuivre des études à l’étranger.

De plus, l’année dernière, plus de 500 étudiants chiliens étudiaient au Canada, dans le cadre de programmes à long et à court terme et, dans les dernières années, quelque 50 étudiants canadiens par année ont participé à des programmes d’échange d’étudiants au Chili.

Ces chiffres me réjouissent, car ils témoignent d’une réalité toute simple : plus les pays parviennent à se comprendre, et plus ils apprennent les uns des autres, plus leurs relations se renforcent.

Or, il est possible de faire beaucoup plus dans ce domaine. S’il y a 500 étudiants chiliens au Canada en ce moment, pourquoi pas 1000? Et si 50 Canadiens font des échanges au Chili chaque année, pourquoi ne seraient-ils pas 100? Voire plus?

Pour cela, il faut élargir nos liens existants et encourager les jeunes à poursuivre des études à l’étranger. Qui plus est, nous devons accroître nos liens en matière de recherche, puisque cela a aussi pour avantage d’augmenter nos connaissances.

Et il est possible de mettre en commun de nombreuses choses, en innovation, et, plus spécifiquement, dans le domaine des sciences et de la technologie.

Le Canada souhaite augmenter le nombre de projets de recherche conjoints avec le Chili, et nous disposons de l’infrastructure et du capital humain nécessaires pour apporter une contribution importante au sein de la communauté internationale.

À titre d’exemple, les chercheurs universitaires canadiens publient une multitude d’articles scientifiques, et leurs travaux sont de grande qualité. En 2010, et cela même si les Canadiens ne représentent que 0,5 % de la population mondiale, le Canada a été la source de 4,4 % des publications sur les sciences naturelles et l’ingénierie dans le monde.

En termes absolus, notre pays se classe au huitième rang mondial en ce domaine, juste derrière des pays beaucoup plus peuplés. C’est donc dire que, par habitant, il arrive presque en première place.

Le Canada souhaite également de plus en plus collaborer par-delà les frontières. En 1980, 14,3 % des articles scientifiques canadiens avaient été rédigés avec la collaboration de chercheurs d’autres pays. En 2007, ce chiffre était passé à 44,9 %, ce qui équivaut à presque la moitié de toutes nos publications scientifiques. C’est là un fait d’une importance cruciale.

Et le Chili publie de plus en plus d’ouvrages avec la collaboration du Canada. Entre 2003 et 2012, en ce qui concerne la recherche en sciences naturelles et en ingénierie, le nombre de publications conjointes a augmenté de 561 p. 100, de sorte que celles‑ci sont passées de 57 à 377.

De plus, en 2013, le Chili était le 22e partenaire international du Canada pour ce qui est du nombre total d’articles conjoints sur les sciences naturelles et l’ingénierie. Or, c’est la croissance annuelle de notre collaboration bilatérale qui s’avère peut-être la plus remarquable, puisqu’elle a été de plus de 7 % entre 1996 et 2013 : le pourcentage le plus élevé parmi tous les partenaires du Canada.

Et ce n’est là qu’un exemple de nos progrès, réalisés grâce au soutien d’établissements comme celui-ci et à des investissements en science et technologie. Ils sont très encourageants, et nous devrions les considérer non pas comme un aboutissement, mais plutôt comme une étape. Nous pouvons accomplir beaucoup plus ensemble, et nous le ferons.

Permettez‑moi maintenant de parler brièvement de nos échanges commerciaux et de nos investissements.

Pour faire court, depuis la signature de l’Accord de libre‑échange entre le Canada et le Chili, en 1997, ces échanges ont plus que triplé. Le Canada est également le troisième investisseur étranger au Chili, le premier investisseur dans le secteur chilien des mines ainsi que la source la plus importante de nouveaux investissements dans ce pays.

Mais surtout, nous utilisons nos échanges commerciaux et nos investissements pour promouvoir notre approche collaborative.

L’investissement de 7,9 millions de dollars dans le Grand interféromètre millimétrique d’Atacama, par la Fondation canadienne pour l’innovation, en est un exemple. Cet interféromètre a été inauguré l’année dernière et des radioastronomes canadiens auront accès au télescope, de manière à faire progresser notre connaissance de l’univers même.

Je suis convaincu que, au titre du Protocole d’entente de 2008 sur la science, la technologie et innovation, et du plan d’action convenu l’année dernière, nous continuerons à trouver des moyens d’investir et de favoriser l’entrepreneuriat, de façon à soutenir nos secteurs de l’innovation et de l’apprentissage. 

Comme nous pouvons le voir, l’éducation, l’innovation et le commerce sont inextricablement liés, et les occasions d’élargir nos relations dans l’ensemble de ces trois domaines ne manquent pas.

S’il faut le faire, c’est pour le bien‑être à long terme de nos deux pays. Et nous pouvons le faire en mettant en commun nos idées.

J’ai souvent parlé de la diplomatie du savoir, c’est‑à‑dire la capacité de transmettre les connaissances par‑delà les frontières et les disciplines.

Dans le monde d’aujourd’hui, ce type d’échange s’avère essentiel.

En cette ère de mondialisation, les pays se distingueront par leur capacité à développer et à faire progresser leurs connaissances ainsi qu’à utiliser ce nouvel atout comme un tremplin vers le succès.

De plus, aucun argument ne milite contre la collaboration. Au contraire, les communications sont plus rapides, faciles et économiques que jamais, et nous devons tirer parti de l’ère dans laquelle nous vivons, caractérisée par des possibilités, des changements et des risques importants à l’échelle internationale.

Nous devons élargir le champ de nos connaissances ainsi que nos modes d’apprentissage et de partage du savoir.

Les nouvelles découvertes ont rarement lieu en vase clos, comme cela a pu être le cas il y a une génération à peine. À la place, elles sont plus souvent le résultat d’une collaboration entre des établissements d’enseignement et des centres de recherche, le secteur privé et des gouvernements, et, de plus en plus entre les pays.

Les Canadiens et les Chiliens doivent collaborer, apprendre les uns des autres, faire ce qu’ils peuvent pour promouvoir une plus grande mobilité, pas seulement des produits, mais aussi des personnes et des idées.

Notre bien‑être collectif sera tributaire de notre capacité à promouvoir l’autonomisation du plus grand nombre possible de citoyens, pour qu’ils réalisent leur potentiel et contribuent aux sociétés dans lesquelles nous vivons.

C’est un domaine où vous pouvez tous apporter une contribution utile.

Grâce à l’éducation, à l’innovation, au commerce et à la diplomatie du savoir, nous pouvons tirer parti du potentiel des relations entre nos deux pays dans tous les domaines des échanges universitaires. De cette façon, nous contribuons à créer une véritable économie mondiale du savoir, dans laquelle les gens peuvent réussir et réaliser leur potentiel.

Je vous adresse, à tous, mes vœux de plein succès alors que vous continuez d’aider vos étudiants et vos pays à se bâtir un avenir le plus prometteur possible.

Merci.