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Nouvelles

Congrès annuel 2014 du Bureau canadien de l’éducation internationale (BCEI)

Ottawa (Ontario), le jeudi 20 novembre 2014

 

Je vous remercie de votre accueil chaleureux. Je suis très heureux d’être avec vous ce matin.

Bien entendu, je crois fermement à l’importance de l’éducation internationale.

J’ai eu la chance d’étudier à l’étranger pendant plusieurs années, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les expériences acquises pendant que je vivais et étudiais dans un autre pays m’ont beaucoup servi. Mes cinq filles peuvent en dire autant, elles qui ont fait leurs premiers échanges à l’âge de 12 ans.

Elles sont à la fois de fières Canadiennes et des citoyennes du monde. Leur vécu a favorisé chez elles la tolérance, le respect de la diversité et de la différence, ainsi que la pensée critique, au sens noble du terme.

Depuis près d’un demi-siècle, le Bureau canadien de l’éducation internationale appuie cette forme d'apprentissage qui, de jour en jour, gagne en importance.

C’est pourquoi j’aimerais en profiter pour remercier le BCEI et chacun de vous pour tout ce que vous faites.

Mieux que quiconque, vous comprenez que dans notre monde de plus en plus complexe et mondialisé, le bien-être des nations se définit par leur capacité à se développer, à progresser et à favoriser l’échange de connaissances entre les pays et les disciplines.

Et, mieux que quiconque, vous avez compris que lorsque nous le faisons bien :

  • en misant sur l’expertise, la créativité, la collaboration et la communication;
  • en associant l’apprentissage et l’innovation à la connaissance, et ce, à tous les niveaux;
  • en nous aidant à comprendre qu’en fin de compte, il faut apprendre ensemble pour vivre ensemble; nos communautés, notre pays et le monde entier deviennent éclairés, nos économies et nos sociétés se renouvellent constamment, et la condition humaine s’améliore.

Karen McBride, la présidente talentueuse et dévouée du BCEI, est une dirigeante de la diplomatie du savoir. Elle a été membre de la délégation canadienne lors de diverses visites d’État et visites officielles, y compris lors de notre plus récent voyage en Pologne, aux Pays‑Bas et en Belgique.

Elle a apporté un soutien inestimable. Il est tellement important que nous nous engagions à l’échelle internationale sur les plans de l’apprentissage et de l’innovation.

Lorsqu’ils cherchent des idées et des points de vue, les plus brillants esprits regardent vers l’extérieur, dans d’autres communautés, d’autres pays, d’autres continents.

Par exemple, en Pologne, j’ai assisté à une rencontre à la Jagiellonian University, à Cracovie, là même où Nicolas Copernic a étudié durant plusieurs années avant de publier De revolutionibus orbium coelestium ou Des révolutions des orbes célestes, en 1543.

Ce qui continue de nous éclairer aujourd’hui, c’est de savoir que la révolution copernicienne s’est opérée au-delà des frontières, ce qui en fait un exemple de la diplomatie du savoir en action. Elle ne s’est achevée qu’une fois que les idées de Corpernic ont été testées, épurées et améliorées par une série de scientifiques, y compris Tycho Brahe au Danemark, Johannes Kepler en Allemagne, Galileo Galilei en Italie et, finalement, sir Isaac Newton en Angleterre. Corpernic a lui-même beaucoup appris des critiques du modèle ptolémaïque de l’univers formulées par le philosophe islamique Averroès, qui vivait à Cordoue, en Espagne.

Aujourd’hui, avec la mondialisation, la révolution Internet ainsi que la complexité et les coûts largement accrus de la recherche, il est de plus en plus avantageux d’aller au-delà des frontières pour travailler et apprendre.

Pour citer un exemple très contemporain venant de l’Europe, laissez-moi vous parler de ma visite en Belgique, lors de laquelle j’ai fait un arrêt fascinant à l’Interuniversity Microelectronics Centre, ou l’IMEC, un établissement de recherche mondial de premier plan en nanotechnologie et photovoltaïque. L’IMEC, qui accueille un grand nombre de chercheurs canadiens éminents, est situé à Louvain, en Belgique, mais a aussi des bureaux aux Pays‑Bas, à Taïwan, aux États-Unis, en Chine, en Inde et au Japon.

Ce centre à la fine pointe de la technologie obtient des résultats remarquables, en particulier dans les technologies de la santé. Nous pouvons tirer des leçons utiles de l’approche de l’IMEC, à savoir qu’il faut collaborer avec un grand nombre d’experts internationaux qui, dès leur arrivée, travaillent ensemble avec un dévouement remarquable pour faire avancer leurs recherches.

Cette approche est également hautement interdisciplinaire, car elle réunit des esprits brillants et diversifiés autour d’une cause commune. De plus, les objectifs de recherche sont clairement alignés avec les intérêts de la communauté et son amélioration, l’objectif étant de créer des communautés plus averties, mais aussi plus compatissantes et bienveillantes. Finalement, l’IMEC sert d’incubateur de petites entreprises et d’initiatives et fournit des ressources et un soutien inestimables lors de l’étape préliminaire essentielle de la recherche et du développement.

De telles histoires de collaboration et d’apprentissage m’inspirent, et c’est pourquoi je tiens à vous redire combien je me réjouis du leadership du BCEI dans la pratique de la diplomatie du savoir.

J’aimerais maintenant vous parler de deux facteurs que j’ai observés chez les éducateurs et les innovateurs de premier plan, au Canada et à l’étranger : l’ambition et le désir d’exceller.

Je vous donnerai deux grandes raisons qui expliquent en quoi l’ambition et le désir d’exceller sont si importants pour l’apprentissage de nos jours.

Premièrement, à la lumière des défis pressants qui occupent notre monde, nous devons viser haut et appuyer les étudiants et les chercheurs qui veulent s’attaquer aux enjeux de taille les plus importants.

Et, si nous choisissons des sujets de haut niveau, nous devons également nous fixer des attentes élevées. Visons l’excellence. Soyons des dirigeants mondiaux à toutes les étapes du processus.

Deuxièmement, l’ambition et l’excellence comptent parce que rien n’attire mieux le talent et les ressources que le succès. Dans un environnement compétitif à l’échelle mondiale, un bilan ponctué par l’ambition et la réussite contribue fortement à assurer les succès futurs. C’est là l’exemple classique du cercle vertueux.

Dans l’environnement concurrentiel à l’échelle mondiale d’aujourd’hui, il n’est pas suffisant d’aspirer à être « bons ». Le Canada a la chance d’avoir des forces véritables en éducation. Cependant, en tant que société, nous faisons preuve d’une complaisance dangereuse sur le plan de l’apprentissage, y compris à l’échelle internationale. C’est pourquoi il est si important que nous montrions du leadership et visions l’excellence.

Qu’est-ce que j’entends par la « complaisance »? Laissez-moi vous l’expliquer en recourant au meilleur moyen que je connaisse : en racontant une histoire.

Cette histoire s’est déroulée il y a quelques années, avant que je devienne gouverneur général. Quelque chose de remarquable s’est alors produit en Ontario, dans le système d’éducation secondaire. Après un effort soutenu et concerté avec les élèves, les parents, les enseignants et les administrateurs, la province a réussi à faire passer le taux de diplômés du secondaire de 68 à 81 pour cent, en six années seulement.

Réfléchissons maintenant à ce que cela signifie du point de vue du potentiel humain.

Cette hausse de 13 pour cent signifie qu’il y a aujourd’hui des dizaines de milliers d’Ontariens de plus qui ont leur diplôme d’études secondaires. Imaginez à quel point ils ont amélioré leurs chances — ou, si vous préférez, à quel point leurs perspectives seraient plus sombres s’ils n’avaient pas décroché ce diplôme —, et ce, parce que nous avons eu la volonté collective de changer et d’améliorer nos salles de classe et nos écoles.

Songez à la portée de ce changement pour l’ensemble de notre société. Songez à la façon dont cela affecte la place du Canada dans le monde.

Lorsque ces chiffres ont été publiés, j’en ai été très heureux et cela m’a inspiré. Je me suis empressé de consulter les journaux, mais j’ai été déçu de constater que trois des quatre quotidiens de Toronto ne mentionnaient rien à ce sujet. Quant au quatrième, il avait inséré à la page huit quelques paragraphes sur cette histoire. Alors, qu’est-ce que j’ai fait? J’ai rédigé une lettre d’opinion que j’ai soumise à deux de ces quotidiens.

Mais mon article a été refusé par les deux journaux parce qu’il n’était apparemment pas « assez intéressant ».

Sachez que je suis bien conscient des pressions que subissent la presse écrite et les autres médias pour ce qui est de la matière à publier et des restrictions financières. J’ai également un grand respect pour la profession de journaliste, essentielle à toute société démocratique.

Si je vous ai raconté cette histoire, ce n’est pas pour attaquer les médias, mais plutôt pour montrer que cette mentalité de dire qu’une hausse de 13 pour cent de diplômés du secondaire en 6 ans n’est pas une nouvelle « suffisamment intéressante » n’est pas unique à une profession, puisque c’est la société tout entière qui risque de céder à la complaisance et de négliger l’importance critique de l’éducation secondaire.

Évidemment, nous savons qu’un diplôme d’études secondaires ne signifie plus automatiquement la fin de notre scolarité, mais que c’est souvent le tremplin vers les études collégiales ou universitaires et une vie d’apprentissage.

Cela dit, un diplôme d’études secondaires est plus valable que jamais, car c’est la base sur laquelle s’édifie une main-d’œuvre compétente et éduquée.

En adoptant une attitude qui favorise et célèbre l’apprentissage à toutes les étapes de la vie, de la petite enfance à l’école primaire et secondaire, et tout au long des études de premier et deuxième cycle universitaire, nous ferons du Canada un chef de file en matière d’éducation.

Nous devons manifester cette attitude à tous les niveaux de notre éducation, et nous devons célébrer nos succès. Ce faisant, nous prouverons au monde que le Canada attache de l’importance à l’apprentissage, qu’il fait preuve d’ambition dans son désir d’exceller et qu’il souhaite pratiquer la diplomatie du savoir avec d’autres nations et peuples.

Et c’est à nous, les dirigeants du monde de l’éducation, d’envoyer un message clair aux Canadiens, ainsi qu’aux étudiants et aux éducateurs du monde entier.

Transmettons au reste du monde notre désir d’exceller en éducation, au nom de notre avenir commun.

Je vous souhaite la meilleure des chances dans vos travaux importants.

Merci.