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Nouvelles

Allocution et discussion à l’occasion du 2e sommet sur les compétences et l’éducation postsecondaire

Toronto (Ontario), le jeudi 6 novembre 2014

 

SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS

Je vous remercie de votre accueil chaleureux. Je suis heureux d’être ici pour vous parler de compétences et d’éducation postsecondaire.

J’aimerais remercier le Centre for Skills and Post-Secondary Education du Conference Board du Canada d’avoir organisé ce sommet. Les compétences spécialisées et une éducation de qualité sont essentielles à la productivité, à la croissance économique et à la concurrence du Canada, ainsi qu’à notre capacité à innover.

Mes récentes visites en Pologne, aux Pays‑Bas et en Belgique m’ont rappelé que le Canada se mêle à la crème de la crème sur la scène internationale en ce qui concerne les compétences et l’éducation.

À l’ère de la mondialisation, tous les Canadiens doivent travailler ensemble pour aborder cet enjeu d’importance. J’aimerais donc vous remercier de consacrer votre attention à cette question.

L’apprentissage et l’innovation figurent parmi les priorités de mon mandat, et j’ai eu la chance d’assister à plusieurs rencontres sur les compétences et l’éducation postsecondaire. J’aimerais donc vous faire part de mes réflexions sur la situation.

Premièrement, nous avons un problème culturel avec l’innovation dans les entreprises canadiennes, comme l’a souligné Peter Nicholson dans un rapport sur la question réalisé pour le Conseil des académies canadiennes.

Selon M. Nicholson, des analyses à long terme effectuées par Statistique Canada et l’OCDE démontrent que la croissance relativement faible de la productivité au Canada résulte d’une fragile « productivité multifactorielle », une mesure qui indique l’efficacité avec laquelle la main-d’œuvre et les capitaux interagissent dans l’économie.

Il écrit :

« Le taux de croissance de la PM sur des périodes suffisamment longues est principalement le reflet de la contribution de l’innovation au sein même des entreprises à la croissance de la productivité de la main-d’œuvre — y compris à l’amélioration de l’organisation du travail et des modèles d’entreprise, à l’efficacité de l’incorporation des nouvelles technologies, à la rentabilité de la recherche et développement (R&D) et dans les améliorations qui s’appuient sur les observations judicieuses des entrepreneurs. »

Il conclut : « La faiblesse de la croissance de la productivité multifactorielle au Canada indique que le retard du pays dans la croissance de la productivité est en grande partie attribuable au faible niveau d’innovation au sein des entreprises. »

Il nous recommande surtout de bien ancrer la culture d’innovation au sein de chaque entreprise pour que celles-ci considèrent l’innovation comme un élément essentiel de leur quotidien.

Notre deuxième problème, c’est que le Canada ne se compare pas aux États-Unis en ce qui concerne les niveaux de scolarité de sa main‑d’œuvre. Pour citer le rapport Canada’s Innovation Imperative, publié par Roger Martin et l’Institute for Competiveness and Prosperity :

« Les Canadiens ont, en moyenne, un niveau de scolarité moins élevé que les Américains. C’est particulièrement vrai chez les diplômés universitaires. En ajustant le niveau de scolarité au Canada en fonction de celui des États‑Unis, et en assurant l’uniformité des salaires à chaque niveau, on augmenterait la productivité du Canada de 1 900 $ par habitant. » [traduction]

Fait encore plus révélateur, c’est qu’il estime que les dirigeants canadiens ont de moins grandes attentes que leurs homologues américains. Par exemple, un diplôme d’études secondaires est suffisant au Canada dans les cas où les États-Unis exigent un diplôme collégial; ou alors un diplôme de premier cycle suffit ici quand on demande une maîtrise aux États-Unis; ou on accepte une maîtrise chez nous alors qu’il faut un doctorat chez nos voisins.

Cela pose un problème puisque, pour tout un éventail de raisons, le faible niveau de scolarité affaiblit notre productivité.

Tout en gardant ces points et d’autres questions connexes à l’esprit, il faut songer à ce que nous allons faire. J’aimerais aborder trois grands thèmes avec vous aujourd’hui :

  • le contexte;
  • la collaboration;
  • les attentes.

D’abord, nous devons reconnaître que la disponibilité (ou le manque) de travailleurs et d’innovateurs qualifiés se produit à plus grande échelle, dans un cadre qui exige une réflexion stratégique et une perspective d’ensemble en ce qui concerne la résolution de problèmes.

En d’autres mots, nous devons adopter une approche écosystémique pour favoriser l’innovation et stimuler la prospérité au Canada.

De plus, comme l’ont indiqué les auteurs du rapport biennal sur l’état des lieux publié par le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation, les affaires, les connaissances et des gens de talent forment les trois principaux piliers sur lesquels repose l’écosystème de STI du Canada.

Voilà qui décrit notre contexte. Il se caractérise par une forte interdépendance et donc par la nécessité d’établir un dialogue et une collaboration continus.

Laissez-moi quitter le royaume de la théorie et vous donner un exemple concret, tiré de ma propre expérience, du pouvoir de la collaboration. Il s’agit du deuxième thème que je veux aborder aujourd’hui.

Pendant de nombreuses et merveilleuses années, j’ai eu le privilège de remplir les fonctions de principal de l’Université McGill à Montréal. L’un des projets auquel j’ai travaillé consistait à contribuer à la création d’un programme professionnel de maîtrise en génie.

Le programme a été établi avec la contribution de cinq autres universités régionales et de l’industrie de l’aérospatiale locale, qui nous avait exposé un problème particulier au moment de mettre les choses en branle : en l’absence d’un nombre suffisant d’employés canadiens qualifiés, les entreprises sont obligées de recruter à l’étranger. De plus, après avoir acquis une expérience précieuse au Québec, bon nombre de ces travailleurs étrangers retournent dans leur pays ou partent travailler ailleurs, laissant derrière eux une pénurie constante de travailleurs pour le secteur canadien de l’aérospatiale.

La solution a consisté à former une main‑d’œuvre au Canada en mesure de pourvoir ces postes. Après avoir fixé cet objectif, nous avons travaillé à sa réalisation en communiquant en permanence et en collaborant étroitement.

Ce projet s’est avéré essentiel à la réussite remarquable de l’industrie québécoise de l’aérospatiale.

Cet exemple de réussite m’amène à mon troisième et dernier thème : la nécessité d’entretenir des attentes élevées, envers soi-même et envers les autres.

Qu’est-ce que je veux dire par là? Si nous acceptons que les affaires, les connaissances et les gens de talent forment le fondement de notre écosystème de STI, nous nous devons d’avoir des attentes élevées envers les entreprises et les établissements d’enseignement canadiens, envers leurs capacités d’innover et de doter les gens des compétences essentielles à leur réussite.

À leur tour, les enseignants et les employeurs se doivent d’avoir des attentes élevées les uns envers les autres.

De ce que j’ai pu constater, quand on s’attend à ce que les gens fassent de leur mieux, c’est ce qu’on obtient.

Le Canada a des forces considérables dans le domaine de l’éducation postsecondaire, y compris en recherche axée sur la découverte, comme en témoigne la fréquence à laquelle les recherches universitaires canadiennes sont citées.

Les Canadiens sont aussi parmi les peuples les plus instruits au monde, quand on regarde leurs titres de compétence, et nous avons un système de collèges et d’universités très solide et complet.

Mais nous pouvons faire mieux dans d’autres domaines, notamment en appliquant nos connaissances au moyen de l’innovation et de la commercialisation; en associant les compétences aux besoins en emploi; et en soutenant les gens des secteurs sous-représentés de la société dans leurs efforts pour améliorer leurs compétences et leurs qualifications.

En examinant lucidement les forces et le contexte actuel du Canada, et en travaillant dans un esprit de collaboration, nous pouvons améliorer nos résultats sur le plan des compétences et de l’éducation.

Si nous voulons que le Canada continue de s’épanouir en tant que société intelligente, bienveillante et prospère au XXIe siècle, nous devons relever ce défi et collaborer dans un esprit de bonne volonté pour le bien-être commun.

En vous adressant mes meilleurs vœux de réussite, je vous remercie de m’avoir prêté votre attention.

Merci.