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Nouvelles

Déjeuner d’affaires sur l’innovation canadienne avec des chefs d’entreprise (Palo Alto, Californie)

Palo Alto (Californie), le jeudi 1er mai 2014

 

Je vous remercie de m’avoir accueilli si chaleureusement et de m’avoir invité à venir vous parler aujourd’hui. Quel plaisir de rencontrer autant d’amis et partenaires du Canada ici, à Silicon Valley.

En tant que gouverneur général, je suis privilégié de représenter le Canada à l’étranger et de communiquer les aspirations et le grand potentiel des Canadiens en cette époque palpitante, stimulante et, par-dessus tout, trépidante.

Bien entendu, Silicon Valley est le plus important centre de haute technologie au monde. Un écosystème d’innovation absolument remarquable s’est implanté ici, favorisant des synergies entre ses nombreux acteurs, dont des universités de renommée mondiale, des sociétés de capital-risque de premier plan, plus de 60 incubateurs et accélérateurs d’entreprises, des fondations subventionnaires et une communauté entrepreneuriale dynamique.

Le succès de Silicon Valley démontre bien la valeur de la collaboration entre les établissements de recherche et les entreprises.

Avant de devenir gouverneur général, j’ai été président d’université pendant 27 ans, d’abord à McGill, puis à Waterloo, deux universités qui ont souligné l’importance de l’éducation internationale.

Par exemple, de nombreux diplômés de Waterloo et d’autres universités canadiennes travaillent maintenant soit ici, à Silicon Valley, dans une autre région de la Californie ou ailleurs aux États-Unis.

On ne considère pas la présence d’autant de travailleurs qualifiés aux États-Unis comme un « exode des cerveaux », mais plutôt comme un regroupement des cerveaux qui renforce nos deux pays. Nous le voyons notamment dans le nombre croissant de compagnies américaines de haute technologie qui s’établissent au Canada pour exploiter le bassin de talent remarquable de notre pays. Cela se reflète aussi dans le nombre élevé de diplômés d’excellents établissements américains qui mènent des carrières stimulantes au Canada. C’est ce que j’appelle la diplomatie du savoir, qui renforce la santé des deux nations par la collaboration et l’échange de talents.

Au cours des deux dernières années seulement, les nouveaux investissements ou les expansions annoncés par Cisco, Industrial Light & Magic, Twitter, Google, Square et bien d’autres ont validé la thèse voulant que le Canada produise des talents de calibre mondial.

J’aimerais expliquer brièvement ce qui fait du Canada un si bon partenaire en Amérique dans le domaine de la diplomatie du savoir.

D’abord, laissez-moi vous parler d’un livre que vous connaissez peut-être et qui s’intitule Why Nations Fail. Écrit conjointement par Daron Acemoglu, du MIT, et James A. Robinson, de l’Université Harvard, ce livre met l’accent sur l’importance de l’égalité ou de « l’inclusivité » dans l’atteinte de la prospérité. Il existe une connexion canadienne importante entre le Canada et ce livre, puisqu’il a été produit par le Programme d’économie mondiale de l’Institut canadien de recherches avancées — une institution qui réunit de nombreux universitaires canadiens et étrangers et qui compte plusieurs lauréats américains du prix Nobel au sein de son comité consultatif.

Why Nations Fail examine un thème principal, à savoir que les sociétés qui ont des économies et des politiques inclusives prospèrent et se consolident, tandis que les sociétés extractives s’affaiblissent.

Je cite :

« Les institutions économiques inclusives créent des marchés inclusifs qui non seulement donnent aux gens la liberté de poursuivre la vocation qui correspond le mieux à leurs talents, mais qui assure les conditions équitables leur permettant de le faire. Les personnes qui ont de bonnes idées pourront démarrer des entreprises, les travailleurs choisiront des activités qui favorisent leur productivité, et les compagnies moins efficaces seront remplacées par celles qui le sont davantage. » [traduction]

Je vous nommerai quelques-uns des éléments qui font du Canada une société particulièrement inclusive et un adepte efficace de la diplomatie du savoir.

  1. Une importance historique accordée à l’égalité des chances, et une volonté de voir l’égalité des chances et l’excellence comme des qualités non pas concurrentielles, mais synergiques.

  2. Un système d’éducation public qui a permis à 51 % de la population de poursuivre des études collégiales ou universitaires, le taux le plus élevé de tous les pays de l’OCDE. Le Canada possède le plus haut taux d’inscription dans les établissements postsecondaires au monde. Les élèves des écoles primaires canadiennes devancent tous les pays anglophones dans les classements de l’OCDE.

  3. Nous comptons trois universités parmi les 40 meilleures au monde selon le classement du Times Higher Education.

  4. Les chercheurs des universités canadiennes publient beaucoup et leurs recherches sont de haute qualité. En 2010, avec une part de seulement 0,5 % de la population mondiale, le Canada comptait 4,4 % des publications en sciences naturelles et en ingénierie, nous plaçant huitièmes au monde, en chiffres absolus. Et nous sommes d’étroits collaborateurs : une proportion de 48,8 % des articles de sciences et d’ingénierie rédigés par des Canadiens était des co‑publications internationales, et les chercheurs canadiens ont principalement collaboré avec leurs confrères américains (47,6 % des co‑publications canadiennes).

  5. Un pays officiellement bilingue avec une tradition multiculturelle. Plus de langues sont activement parlées à Toronto que dans n’importe qu’elle autre ville du monde.

  6. Nos plus grandes villes sont régulièrement classées parmi celles où il fait le mieux vivre selon les organismes de l’ONU.

  7. La forte mobilité sociale. Une étude de l’OCDE évaluant si, dans les pays membres, les enfants atteignaient ou dépassaient le niveau d’études de leurs parents a révélé que, pour 80 % des étudiants, le Canada se classait au premier rang.

  8. Un régime parlementaire de Westminster et un système bancaire à charte fédérale qui produit en général des politiques économiques et sociales stables et progressives, et le meilleur système bancaire au monde.

Je n’énumère pas ces faits par vantardise, mais plutôt pour illustrer les qualités inclusives cernées par Robinson et Acemoglu qui renforcent la diplomatie du savoir.

Bref, notre système d’éducation public est un constituant important de ce que j’aime appeler « le facteur de compétence canadien », qui fait de notre pays un partenaire si solide en apprentissage et innovation.

Mettons ces questions lointaines en contexte pour les gens d’ici, à Silicon Valley.

En tant qu’amis du Canada et membres de la communauté d’expatriés canadiens — y compris ceux d’entre vous qui font partie de C100 et du Digital Moose Lounge — vous comprenez les forces du Canada mieux que la plupart. Qui plus est, vous faites partie d’une culture qui aide les jeunes entreprises canadiennes par des programmes comme « 48hrs in the Valley » et « Accelerate Series » et par le soutien que vous apportez aux quatre accélérateurs technologiques canadiens exploités par le consulat général.

Le soutien offert à C100 s’est avéré essentiel puisqu’il a permis de changer la conversation au Canada. On m’a appris que C100, ses entreprises et ses membres fondateurs sont responsables d’investissements en capital-risque impliquant le Canada qui atteignent 800 millions de dollars. Le tout de la part d’une organisation qui a moins de quatre ans. Je sais que le cofondateur Chris Albinson viendra nous parler un peu plus tard, mais j’aimerais vous remercier de reconnaître ainsi l’excellence en entrepreneuriat du Canada.

Par votre appui, vous poursuivez d’une façon à la fois nouvelle et importante une grande tradition canadienne : l’entraide. Les services de mentorat que vous offrez à la prochaine génération d’innovateurs sont précieux et très appréciés.

De plus, votre soutien en dit long sur la force à l’échelle nationale des écosystèmes d’apprentissage et d’innovation du Canada. Notre pays est réputé pour ses solides universités et collèges, qui entretiennent tous des liens étroits avec leurs communautés et produisent des penseurs et des entrepreneurs exceptionnels dotés d’un potentiel d’envergure mondiale.

Je suis particulièrement encouragé de voir autant de jeunes Canadiens fonder des entreprises de haute technologie de renommée mondiale, comme Hoot Suite, Top Hat, Shopify et Thalmic Labs, pour ne nommer que celles-là.

Je suis aussi heureux de constater qu’un grand nombre d’innovateurs canadiens utilisent la technologie pour améliorer des vies. C’est important de le faire et de boucler ainsi le cercle vertueux de l’égalité et de l’excellence.

À l’ère de la mondialisation, il est impossible d’apprendre dans l’isolement, et la seule forme de prospérité durable est la prospérité collective. On ne mesure pas notre succès au nombre de milliardaires que nous produisons, mais plutôt à notre capacité d’utiliser l’apprentissage et l’innovation pour créer des sociétés plus averties et bienveillantes dont tous profiteront.

L’égalité est à l’excellence ce que l’apprentissage est à l’innovation. Voilà ce que j’appelle la voie de l’avenir du Canada.

Merci.