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Nouvelles

Dîner des PDG canadiens de la conférence internationale du Milken Institute (Los Angeles, Californie)

Los Angeles (Californie), le lundi 28 avril 2014

 

Je suis heureux d’être ici ce soir en votre compagnie. Merci, Monsieur Villeneuve, de nous recevoir ici, à la résidence officielle du Canada.

Si je suis à Los Angeles cette semaine, c’est entre autres pour participer à la conférence internationale Milken, dans laquelle le Canada joue un rôle important.

J’aimerais remercier et féliciter le personnel du consulat général du Canada à Los Angeles pour avoir élargi la participation du Canada à cette conférence au cours des sept dernières années. Grâce à ses efforts, les entreprises canadiennes ont plus d’occasions d’exercer leur influence aux côtés des plus grands noms de l’économie américaine.

Je suis impatient de participer aux débats qui auront lieu demain et de rencontrer les Canadiens et les Américains qui collaborent à ce succès.

Les personnes qui se joignent à nous ce soir sont des chefs de file au Canada et aux États‑Unis. Vous provenez d’endroits et de domaines différents, mais vous êtes tous dévoués à la même cause : la croissance du commerce et des investissements entre le Canada et les États‑Unis.

Une soirée comme celle‑ci — ou plutôt, une conférence comme celle‑ci — est une excellente occasion d’entamer le dialogue. Après tout, même l’avènement d’outils de communication modernes et sophistiqués ne peut remplacer une discussion en face à face.

Et nous avons tant de choses à discuter.

En tant que principaux dirigeants d’entreprise au Canada et aux États‑Unis, vous savez à quel point le commerce est prospère entre nos deux pays. Bien que vous connaissiez peut‑être déjà ces chiffres, j’aimerais en souligner quelques‑uns :

  • La relation commerciale bilatérale Canada/États‑Unis représente plus de deux milliards de dollars par jour.
  • Plus de huit millions d’emplois américains dépendent du commerce entre le Canada et les États‑Unis.
  • Ici, en Californie, le commerce bilatéral en 2013 s’élevait à 43,1 milliards de dollars; le Canada est le deuxième marché d’exportation en importance de l’État.
  • La Californie consomme beaucoup d’aliments et d’énergie provenant du Canada, en plus d’accéder à un grand nombre de ses technologies.
  • Plus d’un million de Canadiens vivent, travaillent et prospèrent dans tous les secteurs économiques de la Californie — y compris, si je peux me le permettre, étant donné la proximité d’Hollywood, quelques‑uns des acteurs, réalisateurs, producteurs et experts techniques phares de notre temps.

Ces chiffres sont tout simplement stupéfiants. Cela démontre à quel point nos économies sont devenues interconnectées et qu’il est important pour nous de réussir ensemble, et pas seulement individuellement. Tant de personnes dans nos deux pays comptent sur notre étroite amitié, et la Californie est l’un des États les plus importants où cette relation est favorisée.

Cependant, ces chiffres encourageants ne devraient pas nous inciter à relâcher nos efforts. Il existe tellement de façons de poursuivre notre collaboration.

Alors, de quelle façon le Canada peut‑il contribuer?

Permettez‑moi d’énumérer quelques‑unes des raisons qui font du Canada un pays où il est particulièrement agréable de vivre, étudier, travailler et faire des affaires.

  1. Une importance historique accordée à l’égalité des chances, et une volonté de voir l’égalité des chances et l’excellence comme des qualités non pas en concurrence, mais synergiques.

  2. Un système d’éducation public qui a permis à 51 % de la population de poursuivre des études collégiales ou universitaires, le taux le plus élevé de tous les pays de l’OCDE. Le Canada possède le plus haut taux de participation aux études postsecondaires au monde. Les élèves des écoles primaires canadiennes devancent tous les pays anglophones dans les classements de l’OCDE.

  3. Nous comptons trois universités parmi les 40 meilleures au monde selon le classement du Times Higher Education.

  4. Les chercheurs des universités canadiennes publient beaucoup et leurs recherches sont de haute qualité. En 2010, avec une part de seulement 0,5 % de la population mondiale, le Canada comptait 4,4 % des publications en sciences naturelles et en ingénierie, nous plaçant huitièmes au monde, en chiffres absolus. Et nous sommes d’étroits collaborateurs : près de la moitié des articles de sciences et d’ingénierie rédigés par des Canadiens était des co‑publications internationales, et près de la moitié de ces projets collaboratifs internationaux impliquaient des confrères américains.

  5. Un pays officiellement bilingue avec une tradition multiculturelle. Plus de langues sont activement parlées à Toronto que dans n’importe qu’elle autre ville du monde.

  6. Nos plus grandes villes sont régulièrement classées parmi celles où il fait le mieux vivre selon les organismes de l’ONU.

  7. La forte mobilité sociale. Une étude de l’OCDE évaluant si, dans les pays membres, les enfants dépassaient le niveau d’études de leurs parents a révélé que, pour 80 % des meilleurs étudiants, le Canada se classait au premier rang.

  8. Un régime parlementaire de Westminster et un système bancaire à charte fédérale qui produit en général des politiques économiques et sociales stables et progressives, et le meilleur système bancaire au monde.

Je n’énumère pas ces faits par vantardise, mais plutôt pour renforcer notre avantage mondial.

Permettez‑moi de revenir un peu à nos écoles postsecondaires.

L’éducation est très importante pour moi, en particulier l’équilibre entre l’éducation et l’excellence.

Selon un rapport publié par Statistiques Canada en 2011, les dépenses moyennes d’un foyer canadien pour l’éducation postsecondaire étaient de 4 674 $, considérant que les provinces paient entre la moitié et 70 % des financements d’une université. Grâce à des frais de scolarité abordables, des bourses et des programmes d’aide aux étudiants, le Canada fait tout son possible pour s’assurer que les jeunes Canadiens auront l’expérience et les connaissances dont ils ont besoin pour s’affirmer.

Nous voulons partager ces forces avec les autres pays, ce que nous faisons déjà. Et nous le faisons bien. En fait, le Canada est le pays qui reçoit le plus d’immigrants au monde. En 2012, le Canada a accepté plus de 250 000 résidents permanents, qui se sont ajoutés aux plus de 35 millions d’habitants. Et c’est sans tenir compte du million de résidents temporaires et plus, dont plus de 300 000 étaient des étudiants étrangers.

Il faut aussi considérer que la moitié des immigrants au Canada ont obtenu, ou obtiendront, au moins un diplôme de premier cycle.

Nous développons cette capacité d’apprentissage autant pour notre bien que pour celui du monde, et nous le faisons en collaboration avec tous les secteurs de la société, y compris les entreprises comme celles que vous représentez.

Permettez‑moi de vous donner un exemple.

Pendant de nombreuses et merveilleuses années, j’ai eu le privilège d’être le principal de l’Université McGill, à Montréal. L’un des projets sur lesquels j’ai travaillé avait pour but d’aider à mettre en place un programme coopératif de maîtrise professionnelle à temps partiel en ingénierie.

Le programme a été établi avec la contribution de cinq autres universités régionales et de l’industrie de l’aérospatiale locale, qui nous avaient présenté une problématique afin de mettre le projet en branle : en l’absence d’un nombre suffisant d’employés canadiens qualifiés, les entreprises ont été obligées de recruter à l’étranger.

De plus, après avoir acquis une expérience précieuse au Québec, bon nombre de ces travailleurs étrangers sont retournés dans leur pays ou sont allés travailler ailleurs, laissant derrière eux une pénurie constante de travailleurs pour le secteur canadien de l’aérospatiale.

La solution a consisté à former au Canada une main‑d’œuvre en mesure de pourvoir ces postes. Après avoir fixé cet objectif, nous avons travaillé à sa réalisation en communiquant en permanence et en collaborant étroitement. Ce projet s’est avéré essentiel à la réussite remarquable de l’industrie aérospatiale au Québec. Ce partenariat a été fait avec des noms familiers de l’industrie, dont Bombardier, Pratt & Whitney, l’ACG et Air Canada, pour ne citer qu’eux. Je compare ce type de collaboration à un peloton dans les courses cyclistes.

Lorsque je parle de la chaîne d’approvisionnement intellectuel du Canada, cet exemple illustre parfaitement ce que je veux dire : des personnes avec des compétences et de l’expérience qui transforment des idées en mesures concrètes. Les Canadiens font office de liens partout dans cette chaîne; de la conception à la production, de la commercialisation à la vente, de la recherche à l’innovation.

Dans ce cas, l’investissement de temps et d’argent vient de secteurs qui ont constaté un besoin et qui ont créé une solution aux côtés des universités. C’est ce type d’investissement qui nous a permis de rester puissants et compétitifs.

Et nous pouvons voir que cela porte concrètement ses fruits pour nos deux pays. Par exemple, il y a à peine deux semaines, la capsule Dragon de SpaceX a atterri avec succès à la Station spatiale internationale grâce à l’assistance du Canadarm2. Pensez‑y un moment : la technologie canadienne prêtant main‑forte — presque littéralement — à la connaissance et l’ingéniosité américaines.

Ce type de collaboration mène aux échanges de capitaux à l’international auxquels je faisais référence plus tôt : il ne s’agit pas que de partager nos ressources à l’étranger, mais aussi d’échanger des connaissances, des pratiques exemplaires et des possibilités d’investissement qui s’avéreront mutuellement avantageuses.

Et, comme vous le savez, il y a une demande mondiale pour cette expertise.

Ce n’est pas un hasard si le Canada a été capable de résister à la récente crise économique et de devenir un redoutable concurrent. Non seulement les Canadiens possèdent des compétences et du talent, mais nous nous sommes aussi montrés résistants lors des périodes difficiles. Cette réussite a beaucoup attiré l’attention.

Par exemple, la solidité de notre système bancaire et de notre économie, dont j’ai parlé précédemment, a donné l’impulsion à la Banque d’Angleterre d’engager Mark Carney au poste de gouverneur, après qu’il a joué avec succès le même rôle auprès de la Banque du Canada.

Permettez‑moi de vous donner d’autres indicateurs de notre atout compétitif, ainsi que des raisons qui font du Canada un pays idéal où faire des affaires.

Selon la Banque mondiale, le Canada est l’endroit parmi les pays du G7 où il est le plus facile de démarrer une entreprise. De plus, notre croissance sur le plan des investissements dans les entreprises a été la plus solide au cours des récentes récessions et reprises économiques. Le faible taux de chômage, l’environnement d’affaires chaleureux, l’environnement d’innovation en croissance et la capacité d’assimilation font en sorte qu’il n’y a pas meilleur moment pour investir au Canada.

Je terminerai en vous donnant un exemple de l’une des meilleures raisons d’investir dans l’avenir du Canada.

Alex Deans a 16 ans, il vient de Windsor, en Ontario, et il a récemment été nommé « futur chef de file du Canada pour 2014 » par le magazine MacLean. Il est fasciné par la science et les nouvelles technologies (entre autres) et possède un désir inné d’aider les autres.

Alex a développé iAid, un outil de navigation qui se sert de capteurs ultrasoniques et de leviers de commande pour aider les personnes ayant une déficience visuelle. Il s’agit d’un exploit si impressionnant qu’il a été choisi pour être l’un des représentants du Canada à la foire internationale Intel sur les sciences et l’ingénierie qui se tiendra ici, à Los Angeles, dans quelques semaines.

Pourquoi vous dire cela? Parce qu’il y a ici quelqu’un qui pourrait dans le futur fournir l’appui qui permettrait à Alex, ou à d’autres Canadiens comme lui, de continuer à développer de nouvelles façons d’améliorer la qualité de la vie dans le monde.

Lorsque vous investissez dans des gens comme Alex, dans notre éducation ou dans le Canada, nous en récoltons tous les fruits.

Michael Milken, dont cette conférence porte le nom, a dit un jour : « Nous ne pouvons pas avoir un système d’entreprises privées fort sans une société solide; nous sommes tous concernés par le succès ou l’échec de l’autre. » [traduction]

Le Canada a créé un pays axé sur l’extérieur, qui s’efforce constamment d’encourager la collaboration dans tous les domaines, et qui possède le bassin de talents et les configurations de réseau nécessaires pour assurer les progrès continus de nos deux pays.

J’espère que d’ici la fin de ma visite aux États-Unis, j’aurai transmis mon message, à savoir à quel point il est important de collaborer; c’est à la fois intelligent et nécessaire.

Je vous souhaite à tous une merveilleuse soirée et je vous recommande de continuer à trouver des façons de réinventer ou renouveler notre étroite amitié. Nous pouvons en faire tellement plus. Explorons ensemble toutes les voies du succès.

Merci.