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Nouvelles

Cérémonie d’ouverture de la Journée d’éducation, Évènement national de l’Alberta, Commission de vérité et réconciliation

Edmonton, le jeudi 27 mars 2014

 

Je vous remercie de m’avoir invité à cet important rassemblement. C’est un honneur et un privilège d’être ici.

Permettez-moi de souligner que nous sommes sur le territoire traditionnel des Cris des plaines visés par le traité no 6.

Je ne sais trop comment commencer mon allocution ce matin.

Les pensionnats indiens seront à tout jamais parmi les pires injustices de l’histoire canadienne. Ils témoignent des torts profonds que nous pouvons causer lorsque l’inégalité, le paternalisme et le racisme prévalent sur notre sentiment commun d’humanité.

Ayant consacré la plus grande partie de ma vie professionnelle à l’éducation, je suis très troublé par le fait que le système des pensionnats indiens a trahi les principes fondamentaux de l’apprentissage.

En éducation, on ne devrait jamais exclure de cultures ni de points de vue. Au contraire, l’apprentissage devrait être synonyme de croissance et d’inclusivité, ainsi que de découverte de soi, des autres et du monde qui nous entoure. L’approche employée devrait prôner la diversité et le respect.

Les pensionnats indiens visaient à déposséder les Autochtones de leurs langues, leurs cultures et leur dignité. Les enfants ont été retirés de leurs familles et envoyés dans des écoles situées parfois loin de chez eux. De graves torts ont été causés à des milliers de gens ainsi qu’à leurs familles, leurs communautés et au pays tout entier.

Aujourd’hui, nous sommes réunis pour écouter les témoignages des survivants des pensionnats indiens, de leurs amis et parents, et des employés des pensionnats. Nous sommes réunis pour entendre la vérité de ceux qui ont connu les pensionnats.

Il est important de procéder ainsi. Avec l’autorisation des personnes concernées, les observations soumises à la Commission seront consignées dans un dossier permanent qui racontera l’histoire des pensionnats indiens et qui renseignera les Canadiens sur ce chapitre tragique de notre histoire.

Ces vérités s’inscriront dans l’effort visant à favoriser la guérison et la réconciliation au Canada.

Je sais que les travaux de la Commission sont loin d’être terminés, mais on ne saurait sous-estimer l’importance des récits rapportés ici, à Edmonton, et lors des évènements précédents tenus ailleurs au pays.

Comme Thomas King l’a écrit :

« Nous sommes nombreux à penser que l’histoire, c’est le passé. Faux. L’histoire, ce sont les histoires que nous racontons sur le passé. Et c’est tout. Des histoires. »

Pour cette raison, il est vital que nos histoires reflètent la diversité de nos expériences — même si ces expériences sont douloureuses et marquées par la tristesse et la colère.

Les personnes qui se lèvent aujourd’hui pour raconter leurs histoires, et celles qui ont fait de même lors d’autres évènements organisés au Canada, méritent notre respect et notre appréciation. Cela n’a rien de facile.

Permettez-moi de vous raconter une histoire qui me remplit d’espoir pour notre avenir commun.

Il y a quelques années, mon épouse, Sharon, et moi avons visité Resolute, au Nunavut. Pendant mon séjour, j’ai donné le départ de la Course Terry Fox. Je venais de tirer le coup de pistolet et je m’apprêtais à commencer la course lorsqu’un jeune garçon inuit s’est approché de moi et m’a demandé : « Vous êtes qui, au juste? »

Je lui ai dit que j’étais le gouverneur général.

Puis il m’a demandé : « Vous vous appelez comment, au juste? »

Je lui ai répondu que je m’appelais David.

Il a poursuivi : « Vous avez quel âge, au juste? »

J’ai souri et je lui ai dit que j’avais 70 ans.

Il a ensuite déclaré : « Eh bien, je ne pensais pas qu’il y avait des gens aussi vieux! »

Je vous raconte cette anecdote parce que, à une autre époque, ce jeune garçon curieux et énergétique doté d’un bon sens de l’humour aurait sans doute été envoyé dans un pensionnat. Heureusement, ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais cela fait réfléchir.

Nous n’effacerons jamais les torts du passé, mais nous pouvons travailler ensemble pour améliorer le sort des enfants de la génération actuelle et de celles qui suivront.

Nous le pouvons. Nous le devons.

Voilà pourquoi la réconciliation importe autant. Et comme vous le savez tous, il n’y aura pas de réconciliation tant que l’on ne saura pas exactement ce qui s’est produit, et pourquoi.

En découvrant notre histoire, nous apprenons à mieux nous connaître et nous réduisons les risques de reproduire aujourd’hui, dans une forme nouvelle, les terribles injustices du passé.

Je vous remercie une fois de plus de m’avoir invité à observer les procédures. Je ferai tout en mon pouvoir pour rendre hommage et justice aux témoignages que j’entendrai aujourd’hui.