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Nouvelles

Allocution sur la collaboration en matière de recherche à l’Indian Institute of Technology Bombay (Mumbai, Inde)

Mumbai, Inde, le vendredi 28 février 2014

 

Je suis ravi d’être en Inde pour vous parler de la prochaine génération de dirigeants, dans ce pays-ci et au Canada.

Permettez-moi d’abord de vous situer en contexte. Comme vous le savez peut-être, j’ai été professeur et administrateur d’université presque toute ma vie. Il s’agit de ma quatrième visite en Inde au cours des dix dernières années. En tant que président de l’Université de Waterloo, j’ai eu maintes occasions de signer des ententes de partenariat avec les instituts indiens de technologie (IIT). En fait, cette institution collabore avec bon nombre des meilleures écoles de notre pays.

En 2005, j’ai eu le plaisir de prendre la parole devant les membres de l’association des anciens étudiants des IIT au Canada.

Vous me pardonnerez si je reprends les propos que j’avais alors formulés : « Le meilleur instrument de transfert de technologie est sans doute une bonne paire de souliers qui nous permet de véhiculer toute cette propriété intellectuelle que recèlent nos cerveaux et qui peut accomplir des merveilles. »

Près de dix ans plus tard, me voici à nouveau en Inde, dans cette salle remplie d’une nouvelle génération d’innovateurs et de leaders qui a déjà fait des choses remarquables, à en juger par ce que j’ai pu constater jusqu’à présent.

L’Inde est un des pays qui a le mieux réussi à exploiter le grand potentiel intellectuel de sa population. Quelle sera la prochaine étape?

Comment le Canada et l’Inde peuvent-ils utiliser les relations fructueuses qu’ils entretiennent déjà pour créer un milieu hautement propice à l’innovation?

La réponse, à mon sens, est la collaboration. Laissez-moi remonter dans le temps.

Dans l’Europe du 16e siècle, l’invention de la presse écrite a changé le cours de l’histoire de la civilisation occidentale.

Ce qui est peut-être moins connu, c’est la mesure dans laquelle la presse écrite a été le fruit d’une collaboration. Jamais elle n’aurait pu voir le jour sans le concours de gens innovateurs dont les efforts réunis ont permis qu’elle devienne réalité.

Il y a eu Johannes Gutenberg, Martin Luther et Frederick the Wise, électeur de Saxe – appelons-les John, Martin et Fred. Ensemble, ils ont transformé la société féodale de l’époque.

John a inventé la presse écrite – la technologie – vers 1450, mais il a rapidement fait faillite. Grâce aux écrits de Martin, qui a traduit la bible – le contenu si vous voulez – trois quarts de siècle plus tard, et grâce à l’appui de Fred, qui est intervenu en faveur de Martin auprès de Rome, l’attention de l’Europe de l’Ouest s’est tournée véritablement vers la presse écrite avec le déclenchement de la révolution culturelle protestante.

Fait intéressant à noter : l’âge de la presse écrite est arrivé sur le tard en Europe. En effet, dès le 3e siècle, les Coréens disposaient de caractères d’imprimerie mobiles, et Marco Polo avait vu, en 1215, des livres imprimés en Chine. Mais ces civilisations n’avaient que John. Il y manquait l'apport d’un Martin et d’un Fred. Autrement dit, la contribution de ces trois hommes a été nécessaire pour faire connaître la presse écrite, qui est à l’origine de la tradition d’apprentissage par la lecture, la pensée critique et la discussion, et de la transformation du rôle de l’individu au sein de la société.

Pourquoi, me direz-vous, vous ai-je raconté cette histoire?

Parce que la création d’une réelle culture d’innovation exige de la communication et du travail concerté. La presse écrite a eu besoin de John, Martin et Fred pour fleurir. Le Canada a besoin de l’Inde pour réussir, tout comme l’Inde a besoin du Canada pour son succès. En collaborant, nous nous renforçons mutuellement.

Et je crois que chacun de vous personnifie l’une des façons dont nous pouvons accroître cette collaboration, à savoir l’éducation.

L’Inde se distingue déjà dans le domaine de l’apprentissage. Votre institution en est la preuve. Le Canada, et je parle par expérience, compte quelques-uns des meilleurs établissements universitaires et collégiaux au monde, qui ont une riche tradition de coopération avec d’autres. Avec l’Inde seulement, ils ont signé plus de 400 accords de coopération.

Ces accords permettent à nos deux pays de travailler ensemble de façons singulières. Ils partagent les connaissances de part et d’autre, participent à des projets de recherche, et multiplient les échanges de spécialistes et d’étudiants.

De nombreux Indiens ont choisi le Canada comme première destination pour l’éducation internationale. En 2012, plus de 13 000 étudiants sont venus au Canada pour leurs études — une augmentation de près de 500 pour cent par rapport aux cinq années précédentes. Et les Canadiens profitent des possibilités offertes par les établissements d’enseignement en Inde.

Même si vous choisissez d’étudier chez vous, vous serez nombreux, après vos études, à vous diriger vers d’autres horizons pour apporter vos contributions non seulement à l’Inde, mais aussi au reste du monde. Certains parmi vous pourraient même aboutir au Canada!

Tout ceci est le résultat direct de la mondialisation.

Notre quête d’apprentissage et de partage transgresse les disciplines et les frontières. Nous pratiquons ce que je me plais à appeler la « diplomatie du savoir ». Nous pouvons tous être des ambassadeurs et des hauts-commissaires de ce type d’échange diplomatique.

Nous ne perdrons pas nos connaissances et nos talents au profit de l’autre pays; plutôt, nous ferons circuler conjointement et librement les innovations de chacun.

Ici, vous apprenez à développer non seulement votre sens critique, mais aussi des idées qui deviendront économiquement viables et fructueuses.

Les connaissances que vous aurez acquises pourront être appliquées ailleurs. Votre expertise est déjà inestimable.

Vous êtes des leaders dans les domaines de l’innovation et de l’entrepreneurship, et je souhaite que vous partagiez vos idées et vos réussites avec le Canada, tout comme les Canadiens veulent partager leurs succès et leur créativité avec l’Inde.

Ensemble, nous pouvons bâtir un monde plus fort, plus ingénieux et plus humain.

Merci.