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Nouvelles

Discours liminaire à l’occasion de la 35e assemblée générale annuelle et conférence sur les politiques du Conseil commercial Canada-Chine (CCBC) (Beijing, China)

Beijing, Chine, le vendredi 18 octobre 2013

 

Je vous remercie de m’avoir invité à prendre la parole devant cette importante assemblée. Je suis ravi de vous voir tous réunis ici.

Permettez-moi tout d’abord de rendre hommage à Paul Desmarais, père, ce grand chef de file du milieu des affaires canadien qui a été un membre fondateur de ce groupe.

Il nous manquera. Veuillez vous joindre à moi pour un moment de silence en souvenir de notre ami et collègue.

Merci.

Comme vous le savez, j’ai eu l’occasion d’assister à votre assemblée annuelle l’année dernière, à Montréal, et j’apprécie l’invitation qui m’a été faite de me joindre à vous ici, à Beijing.

Je suis particulièrement heureux d’être en Chine pour cette occasion. Votre 35e assemblée générale annuelle est une étape importante qui nous rappelle que notre relation a un riche passé. Elle date même d’avant la révolution, avant la reconnaissance officielle de la République populaire de Chine que l’on connaît aujourd’hui.

Aujourd’hui, les relations entre le Canada et la Chine se trouvent de nouveau en transition. Cet automne, d’ailleurs, la présence canadienne en Chine est d’une ampleur sans précédent.

Comme l’a dit Son Excellence Zhang Junsai, ambassadeur de la Chine au Canada, peu de temps avant mon départ pour cette visite, « Cette année, l’automne en Chine est véritablement un automne canadien. »

Voyons un peu le nombre d’activités liées au Canada qui se déroulent en ce moment en Chine.

Outre la présente assemblée annuelle et vos précédentes conférences sur les politiques, les affaires et l’innovation, il y a en ce moment en Chine une importante délégation de la capitale du Canada, que dirige le maire d’Ottawa, Jim Watson.

La semaine dernière, par exemple, le ministre canadien du Commerce international Ed Fast s’est rendu en Chine pour promouvoir les échanges et les investissements bilatéraux. Et au cours des derniers jours, les ministres Baird et Oliver, qui sont aujourd’hui des nôtres, ont mené des programmes chargés en Chine.

Je tiens à vous dire également que je suis ravi d’assister à un concert de l’Orchestre du Centre national des Arts du Canada qui aura lieu demain soir, à Shanghai, dans le cadre de sa toute première tournée en Chine continentale. J’ai appris que le concert de l’orchestre qui a été présenté hier soir, ici à Beijing, était magnifique.

J’aurai en outre l’occasion d’inaugurer une fascinante exposition de photos, à Guangzhou, l’Exposition Barkerville, qui présente les histoires des premiers immigrants chinois au Canada, ceux qui étaient partis à Barkerville, en Colombie-Britannique pour prendre part à la ruée vers l’or.

Enfin, ma visite d’État à titre de gouverneur général du Canada fait, évidemment, partie de cet « automne canadien » en Chine.

Je suis fier de diriger une délégation de Canadiennes et de Canadiens qui rencontrent nos homologues chinois pour parler des possibilités d’accroître la prospérité et de renforcer l’éducation, la compréhension de nos cultures et l’innovation.

Dans cet esprit, j’aimerais souligner le parallèle frappant entre les objectifs généraux de ma visite d’État et le programme de cette année de votre assemblée générale annuelle.

En effet, vous reconnaissez également la nécessité d’adopter une vue d’ensemble, lorsqu’il s’agit des relations entre le Canada et la Chine.

Le thème de votre conférence souligne l’importance d’adopter une « démarche à multiples volets » en ce qui concerne la relation entre nos deux pays — une relation qui met, de part et d’autre, l’accent sur la diplomatie économique, la diplomatie du savoir, la diplomatie culturelle et la diplomatie énergétique.

Comme vous le savez, le Canada et la Chine connaissent une croissance remarquable de leur relation dans tous ses aspects, ce qui prouve que cette approche élargie est à la fois pertinente et appropriée au moment présent.

C’est une approche qui tient compte aussi de la transformation qui est en cours, non seulement dans la relation entre le Canada et la Chine, mais également au sein de nos pays respectifs.

Nous entendons souvent les gens dire que la Chine a beaucoup changé et qu’elle se réforme, mais il est rare d’entendre parler des grands changements qui ont cours au Canada. Il est évident que nos deux pays évoluent de plusieurs manières, ce qui signifie que, tout en cherchant à mieux nous connaître l’un et l’autre, nous ne devons pas négliger d’examiner clairement nos propres contextes nationaux en évolution.

Cela dit, il ne fait aucun doute que nos relations bilatérales sont diversifiées et s’accroissent sur plusieurs fronts.

Permettez-moi de souligner ici nos progrès dans quelques domaines précis : le commerce, l’éducation, la culture et l’innovation.

En ce qui a trait au commerce, par exemple, la Chine est maintenant le deuxième plus important partenaire commercial du Canada et son deuxième pays source de marchandises.

La relation bidirectionnelle entre le Canada et la Chine en matière d’investissements a également connu une importante expansion. Selon Statistique Canada, les investissements chinois au Canada sont rapidement passés de 0,9 milliard de dollars en 2005 à 12 milliards de dollars en 2012. Il en est de même des investissements canadiens en Chine, qui ont atteint 4,2 milliards de dollars en 2012, par rapport à 1,8 milliard de dollars en 2005.

Aujourd’hui, plus de 400 entreprises canadiennes sont actives en Chine, que ce soit de grandes multinationales ou des petites et moyennes entreprises. Les occasions d’affaires ne manquent pas, et les entreprises canadiennes les saisissent dans tous les domaines, que ce soit les sciences de la vie, les industries automobile et aérospatiale, les transports, les services financiers, les technologies de l’information et des communications, et la technologie durable.

Évidemment, en tant que chefs de file du milieu des affaires, vous êtes bien au courant de ces tendances et de ces statistiques.

Vous êtes, en fait, le moteur de ces activités commerciales!

Cela nous rappelle une vérité fondamentale et surtout importante : qu’il s’agisse des affaires, de l’éducation, de la culture ou de l’innovation, les relations entre la Chine et le Canada reposent avant tout sur les gens.

Abordons maintenant un autre point majeur, celui de nos liens importants et de plus en plus nombreux dans le domaine de l’éducation.

Avec plus de 84 000 étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement canadiens, la Chine constitue le pays source le plus important d’étudiants étrangers. Pour ce qui est des étudiants canadiens en Chine, leur nombre s’élève à environ 3 400.

Il convient en outre de souligner qu’il est possible d’obtenir une éducation canadienne en Chine, sans avoir à quitter le pays. En effet, c’est le cas de plus de 20 000 Chinois qui, à l’heure actuelle, fréquentent des écoles secondaires situées un peu partout en Chine, offrant un programme de cours canadien. Il existe 70 de ces écoles, et de nouvelles ouvrent leurs portes chaque année.

Ensemble, nos deux pays se sont donné l’ambitieux objectif de 100 000 jeunes faisant des études dans l’un et l’autre pays d’ici 2017.

Ayant moi-même fait carrière comme professeur puis administrateur d’université, toujours avide d’apprendre, je suis ravi de constater un tel engagement à l’égard de la diplomatie du savoir entre le Canada et la Chine.

Nos étudiants, voire nos sociétés tout entières, ont tant à gagner des liens durables qu’ils forgent entre nos deux pays.

J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en voir les répercussions dans ma propre vie, étant le père de trois filles qui ont fait des études en Chine. Debbie a étudié à l’Université chinoise de Hong Kong, à l’Université de Zhejiang et à l’Université de Nanjing. Alexa a passé deux années en Chine, où elle a fait des études à l’Université des langues et de la culture de Beijing et à l’Université de Hangzhou. Quant à Jenifer, elle a passé huit mois à l’Université Fudan, à Shanghai, dans le cadre du volet international du programme de maîtrise en administration publique de l’Université Queen’s.

Elles ont toutes appris beaucoup et se sont fait de nombreux amis, et aujourd’hui, elles partagent avec leurs proches leur amour pour la langue et la culture chinoises.

J’ai maintes fois été témoin de ce que des gens peuvent accomplir de merveilleux, lorsqu’il y a entre eux une bonne combinaison de créativité, de communication et de coopération. En apprenant les uns des autres et en partageant les connaissances, nous renforçons nos collectivités et nos pays. Avec le mouvement bidirectionnel de la population étudiante entre la Chine et le Canada, nos relations se transforment.

Dans la sphère culturelle, j’ai déjà mentionné la tournée de l’Orchestre du Centre national des Arts et la nouvelle exposition sur Barkerville qui ont cours actuellement ici. Au Canada, nous sommes impatients de montrer une exposition de trésors chinois provenant du Musée du Palais, un autre exemple de la vigueur de nos liens culturels.

Une autre perspective intéressante est celle d’une tournée au Canada de l’Orchestre du Centre national des arts du spectacle de la Chine, qui est prévue pour l’an prochain. Je suis convaincu que les auditoires canadiens en seront tout aussi ravis que les Chinois l’ont été d’entendre l’Orchestre du Centre national des Arts du Canada.

Je tiens également à souligner nos progrès dans le domaine linguistique, un élément fondamental de la culture.

Comme le faisait observer Nelson Mandela : « Si vous vous adressez à une personne dans une langue qu’elle comprend, c’est son cerveau qui comprend. Si vous lui parlez dans sa propre langue, cela lui va droit au cœur. »

Au Canada, plus d’un million de Canadiens aujourd’hui parlent le mandarin, le cantonais et d’autres langues chinoises, selon le recensement de 2011. Cela témoigne de la profondeur de nos liens et constitue une recette qui mène à une plus grande compréhension.

Ce que je trouve également intéressant de ce dernier recensement, c’est que la méthodologie elle-même a évolué de manière à pouvoir refléter notre appréciation croissante des distinctions entre les langues chinoises parlées au Canada.

Par exemple, encore récemment, soit lors du recensement de 1996, il n’y avait qu’une seule case pour la langue chinoise. En 2001, l’éventail a été élargi et comprenait le mandarin, le cantonais, le hakka et une quatrième catégorie générale pour toutes les autres langues chinoises. En 2006 ont été ajoutés le taïwanais, le chaochow, le fou-kian et le shanghaïen.

Je ne veux pas dire que tous les Canadiens et tous les Chinois devraient apprendre les langues et les dialectes des uns et des autres, aussi merveilleuse que soit cette idée. Mon but est plutôt de valoriser la curiosité et l’apprentissage dans notre relation.

Aujourd’hui, compte tenu de l’importance croissante que chacun de nos deux pays accorde à l’autre, nous devons élargir nos connaissances et sans cesse chercher à raffiner notre compréhension l’un de l’autre. Or, la culture est l’un des principaux moyens d’y parvenir.

Passons maintenant à l’innovation, un domaine où nous jouissons également d’un partenariat fructueux.

Signé en 2007, l’Accord de coopération scientifique et technologique entre le Canada et la Chine est l’une des pierres angulaires de notre relation. Comme dans le cadre de nos liens commerciaux, nos secteurs de collaboration comprennent la santé et les sciences de la vie; l’énergie et l’environnement; l’agriculture; l’aviation civile; et les technologies de l’information et des communications.

Si vous le permettez, j’aimerais m’attarder sur quelques possibilités spécifiques de coopération en matière d’innovation.

Il s’agit, notamment, des technologies durables. Les efforts de la Chine pour créer un modèle de croissance durable continueront de donner lieu à des possibilités dans le domaine du contrôle de la pollution atmosphérique et du soutien de l’efficacité énergétique, de la construction écologique, du captage, de l’utilisation et du stockage du carbone, et de la gestion des déchets.

À l’heure actuelle, divers niveaux de gouvernement en Chine tentent de trouver des solutions à des problèmes liés aux efforts pour améliorer la pureté de l’eau, la qualité de l’air, les transports publics et le captage du carbone. Le marché de la construction écologique connaît également une croissance rapide en Chine. Ce sont là des secteurs où le Canada possède une solide expérience. Nous avons en effet adopté le système de certification LEED pour les bâtiments « verts », et nous avons des installations de pointe pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone. Notre industrie de la prévention et du contrôle de la pollution atmosphérique est également réputée pour sa qualité et ses innovations.

Je pourrais citer bien d’autres exemples qui démontrent à quel point nous avons des possibilités nombreuses et sans cesse croissantes de collaboration dans d’autres domaines émergents des sciences, de la technologie et de l’innovation.

Sur ce point, je dois dire que j’attends avec impatience de connaître les résultats de la 5e réunion du Comité mixte Canada-Chine de coopération scientifique et technologique, qui se tiendra, si j’ai bien compris, ici à Beijing vers la fin du mois. Le Canada sera représenté à cette discussion par une délégation de haut niveau, ce qui permettra de solidifier nos relations bilatérales en vue d’accroître la prospérité de nos deux pays.

Je sais également que la présente assemblée s’est réunie hier pour discuter de l’innovation, et j’aimerais bien en apprendre davantage sur les conclusions auxquelles vous en êtes arrivés. Lors de la conférence que vous avez tenue mercredi sur les politiques, vous avez également abordé des sujets pertinents et importants sur lesquels des experts en la matière ont apporté leur éclairage.

Le Conseil commercial Canada-Chine est une plateforme pour l’échange de connaissances et d’expériences et un gage de réussite. Il compte, m’a-t-on dit, plus de 200 organisations membres, dont des multinationales, des petites et moyennes entreprises, des institutions universitaires, des organismes gouvernementaux, des organisations du domaine des arts et des organisations à but non lucratif.

Ce large éventail correspond tout à fait au thème que j’ai abordé aujourd’hui, c’est-à-dire l’importance d’avoir une vue d’ensemble et de collaborer sur une grande échelle dans le monde actuel, et plus particulièrement dans le cadre des relations entre le Canada et la Chine.

Je tiens à féliciter les membres de cette organisation pour avoir uni leurs efforts dans le but de renforcer les liens entre nos deux pays.

En terminant, j’aimerais rappeler les mots de ma prédécesseure, la très honorable Adrienne Clarkson, 26e gouverneur général du Canada, dont les ancêtres sont les peuples Toysan et Hakka du sud de la Chine et qui est née à Hong Kong.

Comme elle l’a dit si éloquemment à propos des liens entre le Canada et la Chine :

« Nos différences nationales sont plutôt évidentes, mais ce que nous avons en commun est plus intéressant et plus important. Un esprit de véritable amitié crée un contexte positif et chargé d'espoir; car comme le dit un proverbe chinois, “Si je garde un rameau de verdure dans mon cœur, l'oiseau qui chante va sûrement y venir.” » Quand nous cultivons l'optimisme, l'ouverture et la volonté d'apprendre les uns des autres, nous adoptons la perspective où pourront se réaliser tous les merveilleux échanges qui sont possibles entre nos citoyens. »

Dans cet esprit de partage, je vous souhaite le plus grand succès possible.

Merci.