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Nouvelles

Lancement du programme Des communautés de cœur et d’avenir de la fondation de Vancouver

Vancouver (Colombie-Britannique), le mardi 4 juin 2013

 

Je vous remercie, Gord, pour vos aimables mots.

Je vous remercie vivement pour votre accueil si chaleureux et si généreux. Je suis heureux d’être de retour à Vancouver, et plus heureux encore d’être parmi vous dans ce bel édifice.

Ce lieu témoigne du fait que les bibliothèques peuvent être plus que des endroits où s’empilent des livres. Ce sont des ressources qui aident les mères et les pères à communiquer à leurs enfants l’amour de la lecture et de l’apprentissage. Elles offrent aux néo‑Canadiens des refuges accueillants pour améliorer leur français et leur anglais. Elles offrent aux Canadiennes et aux Canadiens la possibilité d’élargir leurs horizons et d’enrichir leur vie.

Il n’est que juste de nous rassembler en ce lieu, puisqu’aucune autre organisation dans cette ville, dans cette province ne représente mieux les principes de l’apprentissage, de l’entraide et de la réalisation de soi et ne s’emploie plus activement à les concrétiser que la fondation de Vancouver. Votre fondation permet la rencontre d’esprits brillants et de personnes avides d’apprendre; c’est un véhicule par lequel des bénévoles et des philanthropes expriment leur intelligence et leur désir de soutenir leurs prochains; c’est une main tendue qui apporte réconfort, encouragements et nouvelles perspectives aux enfants et aux familles.

Il est tout aussi opportun de nous réunir en ce jour. En effet, il y a un peu plus de deux ans aujourd’hui, je prenais la parole ici‑même à Vancouver à l’occasion de la conférence annuelle des Fondations communautaires du Canada. J’avais saisi l’occasion pour poser aux membres de toutes les fondations du pays – et, par leur intermédiaire, à l’ensemble de la population canadienne – cette question à deux volets : à quoi ressemble une communauté éclairée et bienveillante, et quels gestes devons‑nous poser afin de créer davantage de telles communautés dans notre pays à temps pour le 150e anniversaire de la Confédération en 2017?

J’avais alors défini un pays éclairé et bienveillant, tout comme je le fais aujourd’hui, comme un pays dans lequel chaque citoyen pratique la philanthropie ou le bénévolat, s’emploie à favoriser l’épanouissement des enfants et des familles, et cherche constamment à atteindre de nouveaux sommets en matière d’apprentissage et d’innovation. Ces piliers d’une nation éclairée et bienveillante s’appliquent à de nombreuses communautés d’un bout à l’autre de notre pays. En favorisant la philanthropie et le bénévolat, nous appuyons le développement communautaire. En soutenant les enfants et les familles, nous assurons la continuité au sein des communautés. En renforçant l’éducation et l’innovation, nous créons, nous enrichissons et nous répandons le savoir communautaire.

Je suis enchanté de constater que des fondations communautaires de partout au Canada ont su relever le défi – avec brio, dois-je le préciser. Et ces fondations se sont lancé elles-mêmes un double défi : d’abord, faire en sorte que chaque communauté au pays soit servie par une fondation d’ici 2017; ensuite, constituer au sein de ses fondations un fonds pour des collectivités éclairées et bienveillantes qui donne aux citoyens la possibilité de réaliser des choses qui engendrent des communautés plus éclairées et plus bienveillantes.

Au cours des deux années qui se sont écoulées depuis le discours que j’ai prononcé à la conférence annuelle des Fondations communautaires du Canada, mon épouse, Sharon, et moi-même avons parcouru en tous sens notre vaste pays – d’est en ouest et du nord au sud. Nous avons visité des grandes villes, des villages et des localités reculées. Au cours de nos voyages, des Canadiennes et des Canadiens d’horizons divers nous ont permis de voir à l’œuvre des communautés de cœur et d’avenir. Cet esprit s’est manifesté tout particulièrement dans les activités organisées par des fondations communautaires dans les villes et les villages que nous avons visités.

De St. John’s à Ottawa, de London à Victoria, les membres des fondations communautaires locales étaient aux avant-postes des efforts visant à bâtir le pays éclairé et bienveillant que nous rêvons tous et nous efforçons tous de réaliser. Je suis extrêmement ravi de constater que, selon le dernier décompte, 30 fondations ont déjà constitué un fonds pour des collectivités éclairées et bienveillantes. Leur travail est aussi diversifié que les communautés qu’elles servent. Après tout, chacune d’elles doit surmonter des défis particuliers et faire appel à des ressources différentes.

Pourtant, Sharon et moi avons constaté que leurs efforts s’appuient sur une même vertu singulière. Chaque fonds pour une communauté éclairée et bienveillante vise ardemment, concrètement et intelligemment à faire en sorte que nos concitoyens aient tous l’occasion de développer leur plein potentiel et, ce faisant, de mener des vies productives et stimulantes qui enrichissent nos communautés et notre pays. Voilà ce qu’est une communauté éclairée et bienveillante au Canada et ce qu’elle doit continuer d’être.

Sharon et moi avons appris que les communautés les plus vivantes, tout comme les pays les plus prospères, sont celles dont les institutions publiques reposent sur les talents et les contributions de tous les citoyens, quels que soient leur revenu, leur classe sociale ou toute autre distinction artificielle. Au Canada, nous avons réussi, comme peu l’ont fait, à créer et à renforcer des institutions publiques qui sont inclusives. Notre pays a prospéré, parce que nos institutions encouragent le grand public à participer à des activités qui leur permettent de faire leurs propres choix et de mettre à profit leurs talents et leurs compétences.

Cette inclusivité déterminante n’est pas le fruit du hasard. Il a fallu – et il faut encore – la vision claire, la détermination et le travail assidu dont vous faites preuve constamment et à maints égards à la fondation de Vancouver. Aider ses concitoyens à vivre leur vie et à réaliser leur plein potentiel est le travail le plus noble qui soit. C’est aussi un travail difficile dans lequel il est difficile d’exceller. Vous y parvenez en inspirant les gens et en les aidant à développer pleinement leur potentiel humain. Je vous en félicite et je vous en remercie.

Vous y parvenez de bien des façons, mais trois retiennent particulièrement mon attention.

Vous nouez des liens et échangez avec les citoyens au niveau le plus fondamental qui soit par le biais de votre programme de petites subventions de quartier (Neighbourhood Small Grants).

Vous soutenez les jeunes itinérants et itinérantes qui n’ont plus droit à l’aide directe du gouvernement par l’entremise de votre initiative pour les jeunes sans-abri.

Et vous vous employez à aider Vancouver à atteindre son objectif de devenir la ville la plus verte du monde d’ici 2020.

Je vous félicite, vous-mêmes et votre fondation, de vous fixer des buts aussi ambitieux et aussi louables, et d’agir avec intelligence et compassion pour les atteindre. Dans la pratique, ces initiatives s’inscrivent tout naturellement dans la mission globale de votre fondation – travailler à bâtir un héritage dans les communautés de la Colombie-Britannique.

Quel meilleur héritage communautaire que de mobiliser les citoyens en vue de bâtir des quartiers plus vivants, plus diversifiés et plus inclusifs dans votre ville à partir de la base?

Quel meilleur héritage sur le plan humain que d’aider nos voisins les plus vulnérables, les sans-abri, à vivre une vie plus sûre et, éventuellement, à quitter la rue pour de bon?

Quel meilleur héritage pour les générations futures que de faire de Vancouver la ville la plus écologique et la plus innovatrice du monde d’ici 2020? Pourquoi Vancouver ne deviendrait-elle pas et ne resterait-elle pas la ville la plus verte de la planète? Imaginez l’amélioration de la qualité de vie – une ville plus propre, plus sûre et moins bruyante – lorsque vous aurez atteint votre but. Imaginez le modèle que vous mettrez en place pour les communautés du reste du pays et du monde entier. Imaginez le merveilleux legs que vous laisserez aux générations futures.

Le programme difficile, mais gratifiant que vous vous êtes fixé vous tiendra occupé. C’est pourquoi d’ici ma prochaine visite dans deux ans, je vous invite simplement et avec le plus grand respect à mettre les bouchées doubles. Prenez appui sur vos 70 années de réussites. Trouvez des façons d’être plus éclairés et plus bienveillants dans vos efforts et vos résultats.

Trouvez des façons d’inciter les gens à donner de leur temps et de leurs talents – par leurs connaissances, leurs compétences et leur engagement personnel – et à partager leurs trésors.

Trouvez des façons d’inspirer les groupes les plus divers — particulièrement les néo‑Canadiens — à communiquer leur sagesse concernant le don de soi de façon à enrichir la vie de tous les citoyens de la ville.

Trouvez des façons d’initier plus d’enfants au bénévolat et à la philanthropie en leur faisant prendre conscience de la place privilégiée qu’occupent ces missions dans notre pays.

Alors que vous accomplissez votre noble travail, je vous inviter à vous remémorer de temps à autre les paroles de Lord Byng, l’un des gouverneurs généraux qui m’ont précédé. Il a dit : « Soyez aussi grand – et ayez l’esprit et l’âme aussi vastes – que le pays que vous habitez ».

Cette courte phrase exprime une vérité qui s’applique à vous, à votre travail et aux ambitions que vous avez pour votre organisation et les personnes qu’elle sert. Nos rêves pour l’avenir de notre pays doivent être à la mesure de son vaste territoire.

Heureusement, le Canada a toujours été peuplé d’hommes et de femmes remplis d’espoirs et de rêves dignes de leur grand pays.

Notre rêve commun aujourd’hui est de bâtir un pays éclairé et bienveillant. Nous devons avoir l’esprit et l’âme aussi vastes que le pays que nous chérissons et que le rêve que nous partageons. Je suis convaincu que nous avons l’intelligence et la compassion, la finesse d’esprit et la noblesse de cœur nécessaires pour réaliser ce rêve et faire du Canada le pays éclairé et bienveillant qu’il peut être, qu’il doit être et qu’il sera.

Avant de terminer, j’aimerais vous citer deux lignes de mon poème favori de George Bernard Shaw : « Certains regardent les choses comme elles sont et demandent ‘Pourquoi?’. Nous rêvons de choses comme elles devraient être, et demandons ‘Pourquoi pas?’ ».

Merci.