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Nouvelles

Discussion en groupe sur l’éducation internationale et la collaboration scientifique (Afrique du Sud)

Le Cap (Afrique du Sud), le lundi 20 mai 2013

 

Je suis enchanté d’être en Afrique du Sud en compagnie d’un si grand nombre de collègues. Je vous considère comme des collègues ayant moi‑même passé près de 45 ans dans le milieu universitaire à titre de professeur, de recteur et de président. Même si je joue maintenant un nouveau rôle, je serai toujours un enseignant dans l'âme.

Avant d'aller plus loin, j’aimerais remercier ceux et celles qui ont travaillé si fort pour organiser cette discussion. Je salue les efforts des hommes et des femmes membres de l’Université de Cape Town, et j’adresse des remerciements particuliers au personnel de l’université qui nous a si chaudement accueillis, moi et mes collègues canadiens.

Je suis très heureux d’être ici, dans cette école magnifique. Je partage les idées de John Masefield, poète officiel de la Grande‑Bretagne pendant de nombreuses années. Masefield a écrit : « Il est peu de choses terrestres plus belles qu'une université – le lieu où ceux qui haïssent l'ignorance peuvent s'efforcer de s'instruire, où ceux qui perçoivent la vérité peuvent s'efforcer de la faire comprendre aux autres. »

C’est cet esprit de recherche et de partage de vérité qui nous rassemble ici aujourd’hui. Nous sommes réunis pour discuter de la perspective d’une collaboration entre le Canada et l’Afrique du Sud au chapitre de l’enseignement supérieur et de la recherche appliquée et du développement dans les domaines de la physique et de la science spatiale.

Voilà la description officielle. En réalité, nous sommes ici pour l’avancement de ce que j’appelle la diplomatie du savoir. La diplomatie du savoir est simplement notre capacité et notre volonté de conjuguer les efforts dans diverses disciplines et entre divers pays afin de découvrir, de partager et d’affiner les connaissances.

Les étudiants en histoire savent que les plus grands progrès de la civilisation, bien souvent, n'ont pas trouvé leur origine dans une seule discipline, mais bien à l'intersection de diverses disciplines. Les gestes que nous posons en tant qu’enseignants devraient donc servir à promouvoir les échanges entre professeurs, chercheurs et étudiants qui proviennent de nombreux domaines.

La diplomatie du savoir requiert aussi une action qui fait abstraction des frontières. Bien qu’elle intervienne à plusieurs niveaux géographiques – local, régional et national – cette diplomatie est particulièrement puissante lorsque nous traversons les frontières nationales et que nous cultivons les interactions entre professeurs, chercheurs et étudiants et entre établissements d'enseignement de différents pays.

La brillante métaphore de la bougie allumée employée par Thomas Jefferson demeure, à mon sens, la meilleure façon d’illustrer ce concept de puissance. La bougie allumée symbolise non seulement la lumière, mais aussi la transmission du savoir acquis d'une personne ou d'un groupe à l’autre. Si vous allumez une bougie avec la flamme d’une autre, cette autre bougie n’en est pas moins lumineuse. Au contraire! Les flammes des deux bougies apportent un éclairage encore plus grand sur tout ce qui les entoure.

Cette discussion d’experts est une expression idéale de cette diplomatie du savoir. Les spécialistes canadiens et sud‑africains de plusieurs disciplines viennent partager leur expérience et leur vision des choses, et mettre au jour les meilleures façons pour les scientifiques et les étudiants de nos deux pays de créer des partenariats académiques et de recherche.

La mise au point et l’alimentation du Réseau d’un kilomètre carré sont un élément clé pour tester notre état de préparation et notre aptitude à pratiquer la diplomatie du savoir – en particulier pour ceux qui sont dans les universités.

Un autre bon exemple est cette collaboration entre l’Afrique du Sud et le Canada qui vise à établir et à soutenir l’Institut africain des sciences mathématiques (IASM) et l’initiative « À la recherche du prochain Einstein ». L’instigateur de ces projets est Neil Turok, un Sud‑Africain qui vit maintenant au Canada. Il a convaincu divers intervenants de contribuer à la mise en place de l’IASM à Cape Town en 2003, puis de l’initiative Einstein en 2008. Ces projets de collaboration visent à créer en Afrique une masse critique d’éminents cerveaux scientifiques et techniques. Le prochain Einstein pourrait bien venir d’Afrique! Et pourquoi pas?

Là où je veux en venir, c’est que dans le monde d’aujourd’hui, la recherche ne se fait plus uniquement à l’intérieur des grandes institutions et des grandes sociétés. Les interactions entre divers acteurs associés à une grande variété de connaissances et de cultures ont rehaussé la pertinence des résultats de ces recherches pour les utilisateurs.

Je crois pouvoir dire en toute confiance que les Canadiens font souvent d’excellents partenaires lorsqu’il s’agit de collaborer avec des gens de différentes disciplines et de divers pays. Plusieurs qualités militent en notre faveur.

Nous croyons profondément en la valeur intrinsèque du fait d'apprendre les uns des autres et de partager ce savoir à grande échelle. C’est par nécessité que nous avions très tôt acquis cette certitude; en effet, la survie même des premiers colons européens au Canada dépendait de leur détermination à apprendre des populations autochtones locales.

Nos expériences du début de la colonie ont façonné l’approche éventuelle des Canadiens envers l’apprentissage. La meilleure illustration de cette approche est notre système d'éducation. Au Canada, l'éducation a toujours été un important facteur d'avancement et d'égalité sur le plan économique et social.

Cela n’est pas le fruit du hasard. Aucun pays n’a travaillé aussi fort que le Canada pour offrir une éducation de qualité qui soit largement et librement accessible. Ce faisant, nous avons permis à des générations de Canadiens de surmonter les obstacles qui existent partout – le racisme, la pauvreté, l'absence de mobilité sociale – et de réaliser ainsi leur plein potentiel individuel.

Nous encourageons les Néo‑Canadiens à conserver et à célébrer les aspects de leur héritage qui ne s’opposent pas aux valeurs véhiculées au fil des siècles et qui ont fait de notre pays une si belle réussite. Cette approche mesurée enrichit la culture canadienne en intégrant le meilleur de ce que les autres nous apportent.

Cette approche a également permis au Canada d’être une patrie non seulement pour deux langues officielles, mais aussi pour une foule d’autres langues. Si le fait d’apprendre une nouvelle langue ou de s’adapter aux changements qu’implique une société multiculturelle peut avoir occasionné certaines difficultés pour les Canadiens de ma génération, tel n’est pas le cas pour les Canadiens de la génération de mes enfants ou de mes petits‑enfants.

Nos jeunes vivent et adoptent cette réalité tous les jours dans leurs écoles. Les élèves canadiens sont l'incarnation même de la diplomatie du savoir.

Les Canadiens tendent aussi à être de bons partenaires pour ce qui est de travailler en collaboration avec des personnes de divers pays et diverses disciplines afin de promouvoir notre compréhension commune de l’espace. Cette qualité aussi nous a été acquise à force d’expérience.

Le vaste territoire et la faible densité de population de notre pays ont incité des générations d’ingénieurs, d’entrepreneurs et de chercheurs canadiens à se pencher sérieusement sur la difficulté à communiquer et à se déplacer sur de si grandes distances.

Sandford Fleming a eu l’idée de proposer l’adoption d’une heure normale afin de faciliter les communications de toutes sortes et de les rendre plus fiables.

Mike Lazaridis a créé l’appareil sans fil qu’est le BlackBerry qui, de génération en génération, relie des millions de personnes partout dans le monde.

Le concept de village global inventé par Marshall McLuhan a permis à tous les citoyens du monde de comprendre la condition et les conséquences de ce monde nouveau que nous avons construit grâce aux nouvelles technologies de l’information et des communications.

D’une discipline à l’autre, d’illustres Canadiens ont rendu possible – non seulement pour leurs concitoyens, mais aussi pour les populations du monde entier – la conquête de vastes étendues sur terre, en mer et dans l’univers.

Au gré de l’avancement des technologies, les ambitions des Canadiens ont progressé au‑delà de notre planète pour s’étendre jusque dans l’espace.

Les intrépides astronautes canadiens ont inspiré leurs compatriotes grâce à leur courage, leur audace et leurs efforts inlassables, partageant avec nous, ici sur Terre, leurs connaissances de la vie en orbite.

Plus près de nous, les astrophysiciens du Canada ont utilisé leur ingéniosité remarquable pour aider l’humanité à mieux comprendre le cosmos et la place que nous y occupons.

Pour toutes ces raisons, je n’ai aucun doute que les scientifiques canadiens sont de parfaits partenaires pour leurs homologues sud‑africains dans les secteurs de la physique et de l’exploration spatiale. Et ils le seront, parce qu’ils se doivent d’être d’excellents partenaires.

Qui plus est, nos établissements scolaires doivent former des alliances afin que nos enseignants, nos chercheurs et nos étudiants puissent travailler, étudier, échanger et apprendre collectivement – peu importe leurs disciplines respectives. Ce n'est qu'ainsi que nos pays libéreront le pouvoir véritable de la diplomatie du savoir.

Servons‑nous de cette discussion d’experts pour commencer à bâtir ces partenariats essentiels. Nos deux pays ont déjà jeté les bases d’une coopération; quatre universités canadiennes ont conclu des partenariats avec des écoles, des fondations et des campagnes de l’Afrique du Sud. D’ailleurs, un de nos partenaires sud‑africains est ce haut lieu d’apprentissage, de découvertes et d’innovation.

Or, nous n’avons fait qu’effleurer les possibilités d’échanges et de réalisations entre nos deux pays.

Pendant que nous travaillons à former de nouveaux partenariats, nous pourrions tous nous remémorer les paroles de Nelson Mandela lorsqu’il a dit, bien simplement, qu’un bon esprit et un bon cœur sont toujours une combinaison formidable. M. Mandela n’était pas un leader et un modèle seulement pour la population de l’Afrique du Sud. Il a aussi inspiré des Canadiens de tout âge en raison de sa résilience, de sa modestie et de son succès historique à aider les Sud‑Africains à panser les plaies de la nation et à comprendre et célébrer le fait que nous appartenons tous à la race humaine.

Comme M. Mandela, je crois au pouvoir formidable d’un esprit vif et d’un cœur généreux. Nous avons les deux au Canada. Vous avez les deux en Afrique du Sud. Ces qualités sont particulièrement présentes dans nos universités, s’exprimant et prospérant chez nos chercheurs, nos scientifiques et nos étudiants.

Tirons‑en le maximum. Unissons nos bons cœurs et nos esprits et découvrons de nouveaux horizons dans le domaine de l’espace. Mettons aussi en commun nos bons cœurs et esprits pour créer ce monde averti et bienveillant auquel nous rêvons tous ici sur Terre.

Merci.