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Nouvelles

Allocution devant des membres de clubs philanthropiques et des bénévoles de la vallée de l’Outaouais

Pembroke (Ontario), le mardi 23 avril 2013

 

Bonjour à tous, et merci pour votre accueil si chaleureux. Je suis très heureux d’être ici à Pembroke, à l’occasion de ma première visite en qualité de gouverneur général dans la magnifique vallée de l’Outaouais, qui est riche en histoire.

En effet, c’est sur l’île Morrison, quelque peu à l’est du lieu où nous sommes, que Samuel de Champlain — le premier gouverneur du Canada en responsabilités, mais non en titre — a rencontré un groupe de la Nation algonquine lors d’une « tabagie », comme on appelait ce genre de grande fête ou de grand rassemblement.

Cela se passait en 1613, il y a quatre cents ans très exactement!

Si souvent, notre histoire nous instruit et nous inspire. Je tiens à le dire, puisque c’est au cours de tels rassemblements que Champlain a pu conclure un bon nombre d’alliances importantes avec les Algonquins, alors qu’il explorait la région.

Comme l’explique David Hackett Fischer dans le livre intitulé Le rêve de Champlain, ces alliances mutuellement avantageuses donnaient un avant‑goût de ce qui deviendrait un phénomène récurrent dans la vallée de l’Outaouais.

Travailler ensemble.

Pour moi, il est donc tout à fait à propos de venir dans cette région pendant la Semaine de l’action bénévole, au cours de laquelle nous nous arrêtons pour exprimer notre gratitude à nos bénévoles, qui se donnent sans compter.

Je remercie du fond du cœur tous les bénévoles et membres de clubs philanthropiques ici présents, et quiconque apporte son soutien, où que ce soit au Canada.

Je peux voir qu’un grand esprit de partenariat et de collaboration anime cette région, tout comme vous tous qui êtes réunis ici.

Collectivement, vous incarnez la générosité et le dévouement envers autrui qui ont une si grande importance pour notre tissu social. Que vous soyez des étudiants, des professionnels, des bénévoles ou des membres de clubs philanthropiques, vous contribuez au bien commun.

L’énergie et l’optimisme qui émanent de vous me rappellent mon séjour en Angleterre, où j’ai eu la chance d’aller étudier le droit grâce à une bourse de la Fondation Rotary du Canada.

En tant que boursier, j’étais appelé à visiter les clubs Rotary de l'Angleterre pour parler du Canada, responsabilité fort agréable. J’avais l’habitude de terminer mes allocutions par une vieille chanson de Terre-Neuve-et-Labrador, dont le refrain va comme suit :

When I first came to this land
I was not a wealthy man
But the land was sweet and good
And I did what I could.

Ce pays était agréable et bon / Et j’ai fait ce que j’ai pu, dit la chanson. Ces vers pourraient très bien s’appliquer aux braves colons qui sont venus s’établir dans la vallée de l’Outaouais, et même à chacun de vous qui travaillez d’arrache‑pied pour faire de cette région un lieu où il fait bon vivre.

Lors de mon installation comme gouverneur général, j’ai intitulé mon discours « Une nation avertie et bienveillante : un appel au devoir », dans l’espoir de rehausser l’importance de se mettre au service des autres.

Si j’ai lancé cet appel au devoir, en dépit des défis que nous devons relever, c’est que je crois que nous sommes extrêmement choyés d’avoir eu en héritage ce pays qui est le nôtre. En outre, j’espère ainsi encourager toutes les Canadiennes et tous les Canadiens à donner aux autres en retour, d’une façon quelconque, selon leur désir et leurs moyens.

C’est notre devoir, car les besoins de nos collectivités sont bien réels, et ils s’accroissent.

Nous devons donner aux autres parce que le fossé qui se creuse entre les besoins et les moyens disponibles pour y répondre met en péril les plus vulnérables parmi nous.

Nous devons donner aussi parce que ce fossé menace l'une des valeurs les plus précieuses des Canadiens : l'égalité des chances.

En tant que gouverneur général, mais aussi en tant que père et grand‑père, je rêve d’une nation avertie et bienveillante qui comprenne que nous avons tous quelque chose à offrir, que ce soit du temps, un talent particulier, une aide financière ou tout simplement la générosité de l’esprit qui s’efforce de voir ce qu’il y a de mieux en chacun.

Je rêve d’un Canada qui reconnaît cette merveilleuse réciprocité du don, qui comprend que ce que nous donnons nous est souvent remis de façon merveilleuse et surprenante.

Tous ceux qui ont eu un tant soit peu de succès dans la vie vous diront qu’ils n’y sont pas arrivés seuls, mais bien grâce à l’aide d’autres personnes, une aide parfois substantielle.

Je peux affirmer que c’est vrai dans mon cas. En effet, j’ai eu dans ma vie d’innombrables mentors, enseignants et personnes qui m’ont appuyé et m’ont aidé à cheminer.

Permettez-moi de vous raconter une histoire qui remonte à mes jeunes années, et qui m’a marqué à tout jamais.

Comme vous le savez peut‑être, je suis un fervent amateur de hockey, sport qui me passionne depuis mon enfance passée dans le Nord de l’Ontario, à Sault Ste. Marie. Un jour d'hiver, mes coéquipiers et moi-même venions d'apprendre qu'un recruteur des Maple Leafs de Toronto viendrait nous regarder jouer.

Les partisans des Sénateurs voudront bien m’excuser!

À l'époque, je n'avais jamais encore eu une seule pièce d'équipement de hockey qui soit neuve. Mais lorsque la rumeur a couru qu'un recruteur des Maple Leafs était en ville, le propriétaire d'un magasin local d'articles de sport, qui n'était pas particulièrement riche, est venu me dire : « J'ai quelque chose pour toi. »

C’était une paire de patins tout neufs.

Ce soir-là, j’ai compté trois buts, et même si je ne me suis jamais rendu jusqu’à la LNH, je pense à ce bon geste pratiquement chaque jour qui passe.

Au fil des ans, j’en suis venu à me dire que ces nouveaux patins m’ont sans aucun doute donné un regain d’énergie sur la glace, mais c’est la confiance que cet homme a témoignée en mes capacités qui m’a vraiment inspiré ce soir‑là.

J’avais l’avantage de la patinoire en quelque sorte.

Je me rappelle encore ce sentiment merveilleux d’avoir le soutien et l’encouragement des membres de ma collectivité. Un sentiment qui m’a donné depuis la conviction que toutes nos réalisations trouvent leurs racines « chez nous », que nous ayons l’appui de notre famille, de nos amis, de notre collectivité — dans la vallée de l’Outaouais ou ailleurs —, ou même de notre pays, le Canada.

L’été dernier, j’ai raconté cette histoire à certains de nos athlètes dans les premiers jours des Jeux Olympiques de Londres. Je suis heureux de vous dire que nos plus grands athlètes me l’ont confirmé : toute réussite commence chez soi, dans des collectivités comme la vôtre, ici au Canada.

Où le cœur aime, là est le foyer. C’est bien vrai, à plus d’un point de vue.

Voilà pourquoi votre travail à titre de bénévoles, vos clubs philanthropiques et les initiatives que vous menez sont essentiels, non seulement pour les gens de la vallée de l’Outaouais, mais aussi pour le pays tout entier. Certes, votre bonté et votre sollicitude ont une incidence aujourd’hui, mais qui sait quel en sera l’effet plus tard?

Dans des dizaines d’années, qui relatera la générosité et la bienveillance dont vous aurez fait preuve? Qui racontera que votre soutien a changé sa vie pour le mieux?

Il est certain que nous ne consacrons pas notre temps et notre énergie aux autres dans le seul but de laisser un souvenir de notre passage ni de recevoir des éloges. Cela n’empêche pas que nos actions traversent le temps. Elles survivent dans le cœur et la mémoire, visibles dans la qualité et le caractère plus affirmés des collectivités où nous vivons.

S’il n’est pas toujours aisé de mesurer l’incidence de vos actions, elle n’en est pas moins réelle.

De tant de façons, les bénévoles canadiens répondent à l’appel du devoir et redonnent à la collectivité ce qu’ils ont reçu. C’est ce que vous faites tous, et ce que font les nombreux bénévoles qui prêtent main‑forte dans cette région.

Voilà pourquoi je suis ravi de cette occasion qui m’est donnée de vous remercier en personne.

Lorsque je suis devenu gouverneur général, il y a quelques années, j’ai choisi pour devise l’expression latine CONTEMPLARE MELIORA, qui signifie simplement « Envisager un monde meilleur ».

Je sais pertinemment que chacun de vous aspire autant que moi à un monde meilleur. Nous avons de la chance de pouvoir vivre ici, mais vous savez fort bien tout le travail qui s’impose pour faire du Canada un pays plus juste et plus équitable.

Poursuivez votre travail, sans jamais vous décourager. Continuez à travailler ensemble et à innover pour que vos collectivités soient toujours plus averties et bienveillantes. Vos concitoyens de cette région, et du Canada tout entier, ont besoin de vous.

Au nom de la population canadienne, je vous remercie!