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Nouvelles

Congrès annuel de l’Association canadienne des professionnels en dons planifiés

Gatineau (Québec), le mercredi 17 avril 2013

 

Merci de votre amabilité. Je suis heureux d’être avec vous pour l’ouverture de cet important congrès.

Il est souvent utile de commencer avec une question toute simple, alors, permettez-moi de vous demander ceci : pourquoi sommes-nous ici aujourd’hui?

Bien entendu, nous ne sommes pas seulement ici pour appuyer la philanthropie en assurant l’essor des dons planifiés au Canada, même si c’est là le fondement de votre travail important.

Au bout du compte, nos motifs sont bien plus profonds.

Nous sommes ici pour fonder un Canada plus généreux, compatissant, créatif et durable.

Et nous sommes ici pour contribuer à la création d’une société plus juste et équitable qui permet à chacun de ses membres de réaliser son plein potentiel, selon ses rêves et ses aspirations.

Voilà pourquoi vous avez choisi de vous investir dans le domaine des dons planifiés. Et voilà pourquoi j’ai fait de la culture de la philanthropie au Canada l’une des priorités de mon mandat.

Chacun de vous joue un rôle important afin d’encourager la philanthropie, et je tiens à vous remercier de votre contribution.

J’aimerais aussi témoigner mon appréciation aux conseillers professionnels ici présents, qui travaillent dans les domaines du droit, de la comptabilité, des assurances et de la planification financière. L’une des grandes forces de votre organisation consiste à réunir les secteurs caritatif et privé, et vous jouez un rôle unique en aidant les Canadiens à atteindre leurs objectifs philanthropiques.

Je vous poserai maintenant une autre question : pourquoi est-il important de favoriser la culture du don au Canada?

La réponse est évidente : parce que nous pouvons le faire, parce que nous devrions le faire, et parce que nous souhaitons vivre dans un pays généreux.

En tant que gouverneur général, père et grand-père, je rêve d’un Canada averti et bienveillant qui reconnaît la capacité à donner de tous ses citoyens — qu’il s’agisse de temps, de talents, de dons ou de cette générosité d’esprit qui permet d’entrevoir le bien chez les autres.

Je peux dire, par expérience, que vous obtiendrez le meilleur des autres si c’est ce que vous attendez d’eux.

J’aimerais vous raconter une histoire.

Lorsque j’étais doyen de la Faculté de droit de l’Université Western Ontario, je me faisais un point d’honneur de parler à chaque diplômé, individuellement, et de les encourager à effectuer 10 pour cent de leur travail à titre bénévole.

Lorsque je rencontrais ces diplômés dans les années suivantes, plusieurs d’entre eux me disaient :

« Monsieur le Doyen, je n’ai pas été en mesure de donner 10 pour cent de mon temps, mais les deux ou trois pour cent des cas que j’ai pris à titre bénévole ont été les plus importants. »

J’aime beaucoup cette histoire, qui en dit long sur la nature humaine et sur notre expérience du don. En donnant, nous faisons la différence dans la vie des autres, mais nous retirons aussi quelque chose.

Peu importe que mes anciens étudiants n’aient pas pu donner 10 pour cent de leur temps. L’important, c’est qu’un don a été fait.

Ce qui compte tout autant, c’est qu’un don a été reçu. Et, il est probable que cet élan de générosité initial en a encouragé un autre.

Ce vertueux cercle du don me rappelle l’un des aspects des « économies traditionnelles » du don du Nord-Ouest du Pacifique, telles que définies par les anthropologues. La générosité occupait une place centrale dans ces sociétés et supposait trois obligations connexes : l’obligation de donner, d’accepter et de pratiquer le contre-don.

Bien entendu, de nos jours, rien ne nous oblige à donner, à accepter et à pratiquer le contre-don, mais je crois que le cycle de la générosité perdure dans notre société, même s’il n’est pas codifié. Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire qu’une personne qui profite d’un geste de bonté ou de générosité sera inspirée à rendre la pareille. C’est dans notre nature humaine d’agir ainsi.

Dans le fond, les gens veulent donner. Ils veulent faire partie d’un mouvement qui va au-delà de leur propre personne. Ils veulent laisser un héritage aux prochaines générations. Je crois que c’est là une des raisons clés pour élargir le cercle du don au Canada. 

Pourtant, il faut souvent un travail considérable pour amener les gens à donner, comme votre travail vous l’a si bien appris.

J’aimerais en profiter pour féliciter Ruth MacKenzie pour sa nomination au poste de directrice exécutive de l’Association. En réalité, je me réjouis aussi pour vous tous, puisque tout indique que Ruth apportera une contribution remarquable à vos efforts — comme elle l’a fait pour Bénévoles Canada et pour le groupe consultatif de Rideau Hall sur le bénévolat et la philanthropie.

En tant que professionnels en dons planifiés, vous contribuez à établir un juste équilibre entre les intérêts des personnes qui souhaitent donner ainsi que les buts et les objectifs des organisations caritatives canadiennes.

Vous cherchez à élargir le cercle du don partout au Canada en éduquant et en conseillant les autres sur les besoins et les possibilités en matière de don, ainsi qu’en servant de mentor.

Comme toujours, vous demeurez sensibles aux valeurs et aux besoins des donateurs autant qu’à ceux des bénéficiaires, faisant preuve d’innovation et répondant aux besoins changeants ainsi qu’aux demandes croissantes d’un Canada moderne.

Vous savez tous combien l’innovation et l’amélioration continue sont importantes dans votre travail. Le monde de la philanthropie au Canada a besoin de nouvelles idées et approches pour se développer. Il est tout à l’honneur de votre organisation d’avoir inclus l’innovation et la planification du changement dans ses principes directeurs.

J’aimerais vous parler d’une façon en particulier d’utiliser l’innovation pour renforcer votre capacité à servir les donateurs et les clients.

Récemment, j’ai lu la lettre annuelle que Bill Gates a envoyée aux bienfaiteurs de la fondation que lui et son épouse, Melinda, ont créée. Cette fondation vise à améliorer la qualité de vie des gens qui en ont le plus besoin, peu importe où ils habitent. Vu la portée exceptionnellement large de son mandat, la fondation doit faire preuve d’innovation continue et, comme l’indique Bill Gates dans la lettre de cette année, la mesure est l’un des éléments clés de son succès.

Il écrit ce qui suit :

« J’ai été ébahi de constater, à maintes reprises, combien la mesure est essentielle à l’amélioration de la condition humaine. […] Une avancée — qu’il s’agisse d’un nouveau vaccin ou d’une semence améliorée — n’aura aucun impact si elle ne rejoint pas son public cible. » [Traduction]

Comme le disait M. Gates dans sa conclusion, pour déterminer l’efficacité de nos idées et de nos innovations, il faut les mesurer soigneusement, puis en évaluer les résultats.

Dans la sphère philanthropique, et à la lumière de tous nos efforts pour bâtir un Canada plus averti et bienveillant, nous devons toujours nous demander : quelles sont les preuves?

Tout cela semble simple, en principe, mais on néglige trop souvent l’importance d’une saine évaluation et d’une saine mesure. De plus, certaines choses ne sont pas faciles à mesurer.

Toutefois, j’estime qu’une meilleure mesure améliorerait la planification des dons et la philanthropie dans son ensemble au Canada, à deux égards : (1) en améliorant l’efficacité des dons et des legs; et (2) en assurant les donateurs que leurs dons seront utilisés à bon escient.

Une meilleure mesure contribuera à une efficacité accrue pour les bénéficiaires et à une confiance plus grande pour les donateurs — ces deux résultats allant de pair.

Les personnes qui ont déjà sollicité des dons savent qu’il est nécessaire de rassurer un donateur potentiel sur l’utilité de son don et sur l’incidence réelle et positive qu’il aura dans la vie des gens.

Par l’entremise de votre travail, vous avez la chance de rehausser la culture du don au Canada en aidant les organisations caritatives à accroître leur efficacité, tout en faisant connaître leurs succès aux donateurs éventuels. Vous pouvez nous aider à prendre soin des autres d’une manière encore plus efficace. 

Ce n’est là qu’un seul exemple de la façon dont nous pouvons utiliser l’innovation pour élargir le cercle du don. De nouvelles approches sont aussi mises au point dans les secteurs des finances sociales, de la mobilisation des donateurs, ainsi que des communications et de l’échange d’information, pour ne nommer que ceux-là.

Les mots clés ici sont innovation et collaboration. Nous pouvons — nous devons — travailler ensemble à la mise en valeur de la philanthropie au pays.

Au cours des 16 derniers mois, j’ai organisé, dans l’ensemble du pays, des rencontres sur l’état de la philanthropie au Canada. Je suis encouragé par le nombre d’idées et de propositions stimulantes qui sont en cours.

Vous serez peut-être heureux de savoir que l’un des thèmes récurrents des neuf rencontres organisées au pays portait sur l’importance d’encadrer la prochaine génération de philanthropes. Nous savons que les jeunes désirent aider et créer un monde plus juste et équitable, alors comment pouvons-nous les encourager à donner? Comment pouvons-nous inciter les nouveaux donateurs à donner libre cours à leur générosité? 

Plusieurs suggestions ont été formulées en lien avec cet enjeu important, mais j’aimerais aussi connaître vos idées.

En plus des rencontres sur la philanthropie, nous avons tenu des tables rondes portant sur le professionnalisme et le secteur bénévole, sur la collaboration entre les établissements d’enseignement postsecondaire et les communautés, et sur la participation des jeunes. Nous en sommes à préparer une quatrième table ronde, qui examinerait le mécénat d’entreprise.

J’aimerais brièvement parler du Prix du Gouverneur général pour l’entraide, que j’ai remis à plus de 300 récipiendaires depuis qu’il a été relancé en avril 2012. Au cours de la prochaine année, nous espérons accroître le nombre de récipiendaires. Heureusement, les Canadiens méritants ne manquent pas!

Comme vous le savez, nous pouvons placer la barre plus haute en ce qui concerne la philanthropie au Canada, mais nous aurons besoin de la détermination, de la créativité et des efforts acharnés de nombreuses personnes. Cependant, je suis sûr que nous serons à la hauteur.

Dans une société démocratique, tout le monde a quelque chose à donner. Je tiens donc à remercier chacun d’entre vous pour votre contribution. Votre travail fait toute une différence, à la fois pour les bénéficiaires, les organisations caritatives et les donateurs.

Par votre travail important, vous avez la chance de laisser aux Canadiens un héritage dont ils profiteront pendant longtemps.

Vous pouvez nous aider à créer la nation plus avertie et bienveillante dont nous rêvons tous.

Je vous souhaite le plus grand des succès.