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Nouvelles

Table ronde sur le rôle des écoles de droit dans la réforme judiciaire au Mexique



Table ronde sur le rôle des écoles de droit dans la réforme judiciaire au Mexique

Querétaro (Mexique), le vendredi 30 novembre 2012

Je vous remercie pour votre chaleureux accueil. Je tiens aussi à vous féliciter pour votre projet de réforme judiciaire.

Je suis ravi d’avoir été invité à inaugurer cet important projet de réforme judiciaire au Mexique, ce pays qui est l’un des véritables amis du Canada dans les Amériques.

Je suis avocat de profession et, avant de devenir gouverneur général, j’ai été pendant la plus grande partie de ma carrière un étudiant, un professeur et un doyen de faculté de droit. Tout au long de ma vie, j’ai développé un profond respect pour la primauté du droit et ce qu’elle représente, c’est-à-dire un système judiciaire axé sur la recherche constante de la justice.

Comme vous le savez, la loi sans la quête de justice ne veut rien dire.

En effet, c’est la règle du droit, assortie à la recherche constante de la justice, qui nous rend libres. Elle nous permet de réaliser notre plein potentiel en tant qu’êtres humains et en tant que sociétés.

Pour paraphraser le célèbre écrivain russe et exilé Alexandre Soljenitsyne, la justice est la « conscience » de l’humanité.

Je suis membre du barreau de la province de l’Ontario. Alors, si vous le permettez, je vais vous citer une partie du serment que prêtent les nouveaux membres :

« Je protégerai et défendrai les droits et les intérêts des personnes qui m’embauchent… »; « Je ne négligerai les intérêts de personne… »; « Je ne détournerai pas la loi pour favoriser ou défavoriser qui que ce soit… »; et — ce qui s’applique directement à votre travail — « Je chercherai à améliorer l’administration de la justice. »

Si je fondais une nouvelle école de droit aujourd’hui, je mettrais l’accent sur les mots « loi », « droit » et « justice ». Nous devons nous poser les questions suivantes : « Est-ce que le droit est juste? » et « Est-ce que cette loi est juste? »

C’est exactement le but de la réforme judiciaire initiée au Mexique. En tant que dirigeants dans l’étude et l’enseignement du droit, vous avez tous un rôle essentiel à jouer afin que la primauté du droit, dans son évolution, continue de servir la justice.

Ayant été professeur et administrateur d’universités, j’ai été à même de voir comment l’enseignement du droit peut renforcer la loi. Grâce à une étroite collaboration avec des avocats professionnels, des juges et des agents de la Couronne, les élèves en droit et les facultés de droit peuvent améliorer le système judiciaire et contribuer au développement de la prochaine génération de juristes.

Les Canadiens sont, eux aussi, désireux d’appuyer votre important travail. D’ailleurs, ma fille, qui est avocate au Service des poursuites pénales du Canada, est revenue du Mexique tout récemment.

Depuis 2010, elle a formé des procureurs dans cinq États du Mexique (Yucatán, Chiapas, Tabasco, Campeche et Quintana Roo) sur les éléments fondamentaux des poursuites, y compris la prise de décisions, la transparence, la responsabilisation et l’indépendance, la préparation des témoins et des procès, ainsi que les aptitudes à la plaidoirie.

Plus récemment, elle a passé une semaine avec un groupe de procureurs du Yucatán à développer des lignes directrices conjointes à l’intention des cinq états. Ces lignes directrices types seront communiquées aux autres bureaux des poursuites dans le but d’en faire des outils publics qui favoriseront la transparence et qui aideront les avocats dans leur prise de décisions.

Depuis 2004, ma fille a travaillé au Chili, en Colombie et au Mexique à la formation de procureurs, de défenseurs publics, de juges et d’agents de police, dans le cadre de la réforme judiciaire entreprise dans ces pays.

En diffusant, dans un contexte pertinent, les pratiques exemplaires du système judiciaire criminel canadien que nous avons acquises au fil de décennies de témoignages oraux, elle espère contribuer aux efforts mondiaux déployés pour créer un système judiciaire criminel plus responsable et transparent, qui génère la confiance du public à l’égard de l’administration de la justice.

Son travail est un exemple excellent de la diplomatie du savoir, c’est-à-dire de notre désir et notre capacité à travailler ensemble — entre les disciplines et au-delà des frontières — pour acquérir, partager et raffiner des connaissances afin d’améliorer la condition humaine.

Le partage des connaissances nous enrichit, tout comme la quête de justice nous libère afin que nous puissions réaliser notre plein potentiel. Alors, continuons d’unir nos efforts pour que se concrétise le monde plus juste et plus équitable dont nous rêvons.

À tous et à toutes, je souhaite le meilleur des succès dans votre importante entreprise.

Merci.