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Nouvelles

Doctorat honorifique de l’Université de Calgary

Calgary, le mardi 13 novembre 2012

 

Merci de me décerner ce grade honorifique de votre distinguée institution, reconnue pour son caractère innovateur, son esprit collaboratif et sa vision. Je suis profondément touché par cet honneur.

Un grade honorifique? C’est un peu injuste, non? Vous tous qui avez travaillé d’arrache-pied et fait des sacrifices pendant trois, quatre ou cinq ans pour obtenir votre diplôme. Et voici que David Johnston obtient le sien en une fraction de seconde.

Mais il s’agit d’un grade honorifique, et c’est moi qui en suis honoré. Je suis honoré de devenir ainsi un ami des établissements d’enseignement les plus avant‑gardistes et innovateurs du pays. C’est de votre université que sont issus certains premiers ministres et des astronautes.

Votre université est en outre le foyer de découvertes étonnantes; c’est ici qu’ont émergé des technologies révolutionnaires telles que la neuropuce.

Lorsque nous avons appris, le mois dernier, la découverte des premiers fossiles de dinosaures ailés dans l’hémisphère occidental, je n’ai pas été surpris d’entendre que c’était un paléontologue de l’Université de Calgary qui dirigeait l’équipe de ce projet.

Je suis également honoré d’être ici, dans l’Ouest, dans cette province dynamique et d’une beauté stupéfiante. Je suis honoré d’être associé encore plus profondément à un corps professoral et à une population étudiante qui prouvent, jour après jour, que de solides travaux de recherche apportent des bénéfices concrets aux Canadiens.

Je dois avouer également que je suis vraiment heureux d’être parmi vous, mes Consœurs et Confrères de la promotion de 2012. Puisque je suis moi-même un peu fossilisé, rien ne me revigore autant que de passer du temps en compagnie de jeunes femmes et de jeunes hommes intelligents, talentueux et ambitieux qui sont prêts à embrasser le futur avec tout ce qu’il offre et, finalement, à façonner l’avenir pour le mieux. Je vous remercie donc de me faire participer à un moment si marquant de votre vie.

Northrop Frye — l’un des plus éminents professeurs et érudits de notre pays — a souligné que de recevoir son diplôme d’un établissement d’enseignement supérieur est l’un des quatre moments charnières de la vie d’une personne — les trois autres étant la naissance, le mariage et la mort.

Il avait tout à fait raison. La naissance, bien sûr, est le début de notre parcours de vie. L’obtention d’un diplôme universitaire et le mariage sont des événements cruciaux qui donnent un nouvel élan à notre vie et qui nous entraînent dans des directions merveilleuses et stimulantes, et parfois surprenantes. Croyez‑moi; je l’ai vécu.

Comme j’ai déjà atteint trois des moments critiques que décrit le professeur Frye et que je ne suis pas particulièrement pressé d’atteindre le quatrième, je crois être assez bien placé pour vous donner quelques petits conseils, chers Consoeurs et Confrères diplômés.

Ne craignez rien, car même si j’ai toujours exercé la profession d’enseignant, je ne vais pas donner une conférence. Vous en avez d’ailleurs probablement déjà entendu suffisamment ces derniers temps.

Non. La meilleure façon d’enseigner et d’apprendre a toujours été au moyen d’une histoire. Alors permettez-moi de vous en raconter une.

Un professeur de philosophie se présente un jour devant ses étudiants avec divers objets : un gros bocal en verre, quelques roches, une boîte de petits cailloux, une boîte de sable et une cannette de Coke diète bien froide.

Il soulève alors le bocal vide et commence à le remplir avec les roches. Il demande ensuite à ses étudiants s’ils trouvent que le bocal est plein. Ils lui répondent que oui.

Il prend ensuite la boîte de petits cailloux qu’il verse dans le bocal. Il agite un peu le bocal et, bien sûr, les cailloux glissent dans les interstices entre les pierres. Puis il demande à nouveau aux étudiants si le bocal est plein. Comme ils n’étaient pas bêtes, les étudiants ont souri, commençant à comprendre ce qu’allait être l’étape suivante.

Le professeur soulève ensuite la boîte de sable et en verse le contenu dans le bocal. Évidemment, le sable a rempli le moindre espace qui restait dans le bocal.

Il explique alors que sa démonstration est un exemple de ce qu’est la vie. Les roches sont les choses importantes — la famille, le conjoint, la santé, les enfants et, oui, même l'éducation — tout ce qui est tellement important que si vous le perdiez, ce serait une catastrophe. Les petits cailloux représentent d’autres choses qui sont importantes, mais pas autant que les roches. Il s’agit, par exemple, de la maison, la voiture ou un emploi. Le sable, dit-il, c'est ce qui reste, les petites choses de la vie.

Si l’on met d’abord le sable dans le bocal, il n’y a plus de place pour les petits cailloux ni pour les roches. Il en est de même dans la vie, dit le professeur. Si vous consacrez tout votre temps et toute votre énergie aux petites choses qui n’en valent pas la peine, vous n’aurez jamais de place dans votre vie pour les choses qui vous importent le plus.

Alors, prêtez attention aux choses qui sont essentielles à votre bonheur, dit le professeur. Il restera toujours du temps pour les petites choses. Faites d’abord de la place aux roches, à ce qui est véritablement important. Fixez-vous des priorités. Le reste, ce n’est que du sable.

Comme il restait un objet sur le bureau du professeur, un des étudiants demande au professeur pourquoi il a apporté la canette de Coke diète. À son tour, le professeur a souri en répondant : « N’oubliez jamais de partager une boisson froide avec un ami. »

C’est une histoire simple, mais la leçon qu’on en retire est complexe. Ceci dit, c’est une leçon qu’il vaut la peine de se souvenir et à laquelle il est bon de réfléchir régulièrement.

Le parcours que vous entreprendrez est rempli de promesses. Vous possédez une multitude de connaissances, de compétences et d’expériences acquises ici, dans cette prestigieuse institution de haut savoir.

Tout comme moi, vous avez le privilège de vivre dans un pays qui apprécie la paix, la liberté, la démocratie, la justice et l’équité, et l’égalité des chances pour tous. Ces valeurs canadiennes que nous chérissons, et que nous tenons souvent pour acquises, vous seront toujours utiles dans la vie.

Or, ce que vous avez appris ici, à l’Université de Calgary, ainsi que ces valeurs canadiennes durables constituent une voie à double sens. C’est-à-dire que, d’une part, vous avez reçu quelque chose de précieux et que, d’autre part, vous devez donner en retour.

Je vous pose donc la question suivante en vous invitant à y réfléchir : Comment allez‑vous mettre à profit vos connaissances, vos compétences et vos expériences et les valeurs fondamentales sur lesquelles elles reposent pour créer un pays plus averti et plus bienveillant, pour créer un Canada où vivent les cerveaux les plus brillants et les cœurs les plus compatissants?

Vous vous dites probablement : « Pourquoi me demande-t-il ça? Je suis jeune. Et pourquoi maintenant? Je commence à peine ma vie professionnelle. »

Alors je vous réponds ceci : Oui, il est vrai que vous êtes jeunes, mais il y a en vous ce mélange d’énergie, d’ambition et d’idées dont notre pays a besoin. Oui, vous n’en êtes qu’à vos débuts, mais votre pays a besoin que vous commenciez à utiliser vos talents dès aujourd’hui. Sous peu, vous prendrez un engagement à cet effet.

Pour ma part, je me suis engagé, en tant que gouverneur général du Canada, à rassembler les Canadiens de tous âges et de toutes les régions pour édifier un Canada constitué des cerveaux les plus brillants et des cœurs les plus compatissants, un Canada soucieux d’accroître la philanthropie et le bénévolat, de fortifier nos enfants et nos familles, et de favoriser l’apprentissage et l’innovation.

Je vous prie donc, mes chers Consœurs et Confrères de la promotion de 2012, de vous joindre à moi pour réaliser cette honorable mission, en trouvant la meilleure façon pour vous de faire de notre pays un lieu plus averti et plus bienveillant pour tous les Canadiens. Considérez cela comme l’une des roches que vous devez placer dans votre bocal.

Merci.