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Nouvelles

Ouverture de l’Assemblée de l’Union interparlementaire et des réunions connexes

Québec, le dimanche 21 octobre 2012

 

Merci de votre cordiale bienvenue. Je suis ravi d’avoir l’occasion de m’adresser à un auditoire aussi influent.

Permettez-moi d’abord d’accueillir, au nom de tous les Canadiens, ceux qui sont venus de loin pour participer à cette rencontre, ici, à Québec.

En tant que gouverneur général, j’ai l’honneur de représenter Sa Majesté la Reine au Canada. Et, comme vous le savez peut-être, l’une de mes plus importantes responsabilités est d’assurer le déroulement efficace et démocratique de notre Parlement et de veiller à ce que le Canada ait toujours en place un premier ministre et un gouvernement en qui le Parlement a confiance.

C’est une responsabilité que je prends très au sérieux. Au Canada, comme dans vos pays respectifs, le Parlement constitue la plus haute expression de nos idéaux démocratiques.

Cela est vrai à tous les égards : le Parlement est le lieu où la démocratie prend forme, dans le travail acharné du gouvernement et de sa loyale opposition; mais il est aussi le symbole ultime de nos valeurs comme l’égalité, l’équité et la justice.

Voilà pourquoi ce rassemblement est si important. L’Union interparlementaire est en quelque sorte le Parlement de tous les Parlements. En tant que tribune pour le dialogue et la coopération, elle demeure une source d’inspiration et d’instruction.

Comme votre cofondateur Frédéric Passy l’a dit, nous ne devons jamais cesser d’aspirer à un monde meilleur.

« Le monde est fait d’utopies réalisées. L’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain. »

Mais personne n’a dit que la démocratie parlementaire serait chose facile.

Au Canada, par exemple, le système actuel de gouvernement représentatif est le fruit d’une lutte acharnée.

Il doit sa réussite au respect et à l’esprit d’inclusivité qui nourrissent les grandes démocraties.

À l’instar de l’Union interparlementaire, qui est née d’une rencontre entre des parlementaires français et anglais en 1888, la démocratie parlementaire au Canada découle d’un partenariat formé entre un Canadien français et un Canadien anglais dans les années 1840.

Je parle de Louis-Hippolyte LaFontaine et de Robert Baldwin.

Il m’est impossible, dans un seul discours, de rendre justice à LaFontaine et à Baldwin pour leur lutte sans répit au nom de la démocratie. Mais, comme John Ralston Saul l’écrivait dans la biographie des deux hommes, LaFontaine et Baldwin ont donné au Canada les meilleures assises possibles en officialisant un système de gouvernement axé sur l’équité et l’inclusivité.

Lord Elgin, qui était gouverneur général à l’époque, considérait lui aussi que la démocratie venait à point nommé, même si beaucoup y résistaient, préférant le statu quo.

D’ailleurs, le premier parlement du Canada, établi à Montréal, a été complètement détruit, incendié par des émeutiers le 25 avril 1849 alors que les députés étaient en session. Cinq jours plus tard, lorsque lord Elgin est allé rencontrer LaFontaine et Baldwin pour réaffirmer la suprématie du parlement, son carrosse a été assailli par des opposants.

Aujourd’hui, certaines des pierres qui ont servi à fracasser les vitres de la voiture de lord Elgin sont conservées dans les archives, à Ottawa. Quel rappel éloquent du fort prix trop souvent payé pour défendre la démocratie!

Encore aujourd’hui, ailleurs dans le monde, de nouvelles démocraties luttent pour survivre, tandis que d’autres s’efforcent de s’adapter et d’évoluer.

Comme en fait foi le programme de votre conférence, nous vivons à une époque excitante et stimulante pour les parlementaires. Malgré les changements rapides et radicaux auxquels nous sommes confrontés, le principe fondamental de la démocratie parlementaire demeure aussi actuel et vital que jamais.

Ce principe est ancré dans le mot « parlement » lui-même, qui vient du mot « parler ».

Le parlement, c’est là où nous réglons nos problèmes, par la parole plutôt que la force. C’est pourquoi votre succès est essentiel à la création du monde plus averti et bienveillant dont nous rêvons.

Alors que vous travaillerez à renforcer nos institutions démocratiques, posez-vous les questions que s’est posées Joseph Howe, une autre figure de proue de la démocratie canadienne.

En 1835, Howe a remporté une affaire historique dans la lutte pour la liberté de presse au Canada. Il a été acquitté des accusations pour diffamation déposées contre lui par des membres du puissant Pacte de famille de Halifax. Dans son journal, The Novascotian, Howe avait accusé la classe dirigeante de s’enrichir aux dépens du peuple. Il a été acquitté des chefs de trahison et de diffamation qui pesaient contre lui après avoir prouvé ses affirmations dans un vibrant témoignage de cinq heures livré, je tiens à la mentionner, dans l’édifice législatif de la Nouvelle-Écosse.

On qualifiait Howe de traître pour avoir exposé la vérité, mais, heureusement pour nous, il a plaidé avec succès en faveur de la justice et de la réforme, déclarant à la cour :

« Les seules questions que je me pose, c’est de savoir si c’est bien, si c’est juste et si c’est pour le bien public. »

Sur ce, je déclare ouverte la 127e Assemblée de l’Union interparlementaire et des réunions connexes. Je vous souhaite une rencontre des plus enrichissantes et productives.

Merci.