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Nouvelles

Déjeuner de travail sur l’innovation

Londres (Angleterre), le lundi 30 juillet 2012

 

Je vous remercie, Votre Excellence, pour ces présentations chaleureuses et pour votre hospitalité tout au long de l’après-midi.

Distingués invités, merci de vous joindre à M. Campbell et à moi ici à la maison historique Macdonald.

Quoi de plus approprié que de nous réunir à Londres dans un édifice nommé en l’honneur de Sir John A. Macdonald, le premier premier ministre du Canada et un fervent admirateur de la Grande-Bretagne.

Comme le mentionnait Richard Gwyn, l’un des biographes les plus perspicaces qui a écrit sur Macdonald, le premier ministre du Canada adorait la Grande-Bretagne — à la fois pour son histoire, sa littérature et ses régimes juridique et politique. Il croyait également fervemment aux valeurs que les Britanniques et les Canadiens avaient toujours partagées : la liberté individuelle, la représentation grâce à la démocratie parlementaire, ainsi que l’égalité et l’équité grâce à des lois justes et impartiales.

Toutefois, il vouait aussi un intérêt personnel à la Grande-Bretagne. Fasciné par l’agitation et l’animation des rues londoniennes, il se sentait vraiment chez lui dans cette ville, grâce à son atmosphère et à ses habitants. Peu d’endroits à l’extérieur du Canada lui procuraient la même impression.

Ce sentiment était certes renforcé par le fait qu’on prenait souvent MacDonald pour Benjamin Disraeli lorsqu’il se promenait dans les rues de Londres. La ressemblance physique entre les deux hommes était saisissante. Gwyn raconte l’histoire d’un ami de M. Disraeli, qui avait visité le légendaire premier ministre britannique sur son lit de mort. Plus tard, il avait aperçu Macdonald, qui attendait le train à la gare d’Euston. Désarçonné, il avait cru, pendant un court instant, que Disraeli s’était miraculeusement remis!

Je ne ressemble pas du tout à Macdonald ou à Disraeli, mais Londres est l’une de ces villes où je me sens remarquablement bien. Je connais beaucoup de Canadiens qui ressentent la même chose.

C’est ma deuxième visite à Londres cette année. Mon épouse, Sharon, et moi avons eu le privilège de représenter les Canadiens le mois dernier lors des célébrations officielles du jubilé de diamant de notre monarque, Sa Majesté la reine Elizabeth II.

Ma visite coïncide une fois de plus avec un événement international historique : les Jeux Olympiques. Durant les semaines à venir, les plus brillants athlètes du monde mettront à l’épreuve leurs habiletés, leur force et leur endurance dans l’arène sportive la plus réputée et intraitable de toutes.

Même si je passerai une bonne partie de mon séjour à Londres à encourager nos athlètes canadiens, le présent rassemblement est la preuve que les Jeux sont bien plus qu’une vitrine pour l’excellence sportive. Après tout, quelle autre occasion permet à des dizaines de milliers de personnes de plus de 200pays de partager des expériences, d’échanger des idées, ainsi que de former des amitiés, des alliances et des partenariats susceptibles de subsister au-delà des trois semaines passées dans une même ville?

C’est ainsi que Londres 2012 sera le théâtre de ce que j’appelle la diplomatie du savoir. C’est un concept simple, aux répercussions importantes, qui désigne notre capacité et notre volonté à travailler ensemble et à diffuser l’information que nous avons trouvée et raffinée — entre les disciplines et au-delà des frontières — afin de créer une société plus avertie et bienveillante pour tous.

À la lecture de cette définition — à l’idée surtout de transcender les disciplines et les frontières — on comprend que la diplomatie du savoir est un moyen idéal de stimuler l’innovation.

On utilise le mot innovation à toutes les sauces, au point où ce concept a perdu sa signification universelle.

Contrairement à ce qu’en pensent bien des gens, il s’agit ni de découvrir, ni d’inventer. L’innovation consiste à changer ce qui est déjà établi. Il s’agit d’approcher une idée ou un concept existant d’un point de vue différent, ou de combiner des éléments apparemment non complémentaires pour les améliorer ou les transformer complètement.

Les Canadiens croient sincèrement que la diplomatie du savoir mène à l’innovation puisque le Canada est — et a toujours été — un terrain fertile pour l’innovation.

Il en est probablement ainsi parce que nous pratiquons la diplomatie du savoir depuis des générations. Les Autochtones au Canada ont d’abord travaillé par-delà les frontières et les disciplines, concrètement, avec les premiers colons français et anglais. Les nouveaux venus se sont adaptés rapidement et de plein gré et ont accepté les pratiques autochtones en matière d’alimentation, de logement et de transport.

Samuel de Champlain, le premier gouverneur de la Nouvelle-France, avait certes ce concept à cœur. Il avait pleinement conscience des différences entre les gens qui l’accompagnaient sur les berges, dans la vallée du Saint-Laurent. Il savait que pour créer et soutenir une communauté prospère sur cette terre à la fois riche et intimidante, il lui fallait des hommes de tous les horizons — des agriculteurs, des pêcheurs, des entrepreneurs et une variété d’hommes de métier.

Depuis, des générations de Canadiens ont tenu compte de ces enseignements précoces. Notre pays est trop grand, notre population trop dispersée et notre climat trop rude pour qu’une personne – aussi forte et ingénieuse soit-elle – ait pu arriver à survivre seule. Les premiers habitants ont pratiqué la diplomatie du savoir afin de partager, de tester et de raffiner leurs approches, non pas seulement pour prospérer, mais pour survivre.

Notre capacité à surmonter cette combinaison d’immensité, de faible densité et d’inclémence se reflète dans les innovations que certaines de nos industries ont mises au point. Les technologies des communications regorgent d’exemples éloquents.

Les Canadiens n’ont pas inventé le transport ferroviaire — la toute première forme de technologie des communications vers la fin du 19e siècle. Cependant, nous avons développé l’arpentage et l’ingénierie afin de construire des chemins de fer sur des terrains apparemment impraticables.

Les Canadiens n’ont pas découvert le concept du temps, mais, en le normalisant, nous avons accru son utilité dans le domaine des transports et des communications.

Les Canadiens n’ont pas effectué le premier vol humain. Par contre, nous avons bâti un avion à prix raisonnable utilisé par des compagnies aériennes partout dans le monde.

Les Canadiens n’ont pas créé la technologie sans fil. Toutefois, nous avons conçu un appareil portable grâce auquel la communication vocale et de données sans fil est devenue accessible à des centaines de millions de personnes dans le monde.

Les Canadiens n’ont pas dit leur dernier mot en ce qui concerne l’influence des technologies des communications – en réalité, personne ne l’a dit! Cependant, les théoriciens canadiens, pionniers dans l’étude des effets des médias, ont expliqué que les forces invisibles et inexorables des technologies des communications influent davantage sur notre relation avec le monde que ne le font la guerre, la religion et la politique.

Vous avez tous des exemples à partager. Les Canadiens ont sans doute commis des erreurs dans la promotion de l’innovation, mais nous avons appris de celles-ci.

Même si les gouvernements n’ont pas toutes les réponses, ils ont un rôle à jouer dans la promotion et le soutien de l’innovation. Ils s’acquittent de ce rôle en s’assurant que tous les citoyens ont accès à des écoles de qualité, en créant des organisations solides qui encouragent les gens à travailler ensemble et à partager, et en favorisant un climat économique national qui récompense les auteurs de méthodes, pratiques et produits innovateurs.

Nous comprenons la valeur pratique de l’innovation : elle peut favoriser la mise sur pied de nouvelles entreprises, voire de nouvelles industries, créer des emplois et accroître le salaire annuel et le niveau de vie de nos citoyens.

C’est pourquoi les entreprises canadiennes sont de plus en plus enclines à financer la recherche et le développement dans nos universités. Mais nous savons qu’il faut faire plus.

C’est pourquoi les entreprises canadiennes investissent dans du nouveau matériel et du nouvel équipement, ainsi que dans les technologies de l’information et des communications plus évoluées. Mais nous savons qu’il faut faire plus.

C’est pourquoi les représentants des universités, des collèges et des organismes de recherche canadiens font davantage appel à leurs homologues étrangers qu’auparavant. Mais nous savons qu’il faut faire plus.

C’est pourquoi les gouvernements et les entreprises du Canada établissent des liens commerciaux avec des régions et des pays partout dans le monde — non seulement pour pénétrer les nouveaux marchés lucratifs, mais aussi pour former des regroupements coopératifs. Mais nous savons qu’il faut faire plus.

C’est pourquoi le Canada a créé un organisme central — la Fondation canadienne pour l’innovation — pour former la prochaine génération de chercheurs, pour soutenir les entreprises du secteur privé qui souhaitent concevoir des produits et des pratiques innovatrices, et pour aider nos universités et nos hôpitaux à attirer et à retenir les meilleurs chercheurs. Mais nous savons qu’il faut faire plus.

Et c’est pourquoi le Canada prend des mesures, à toutes les étapes de la chaîne de l’innovation, afin d’accélérer le transfert du savoir depuis les établissements de recherche et les institutions gouvernementales jusqu’au marché du travail. Mais nous savons qu’il faut faire plus.

C’est parce que nous savons qu’il faut faire plus pour stimuler l’innovation que nous sommes tous ici, à Londres. Mon désir de vous parler aujourd’hui découle d’un besoin pressant. Je crois que nous avons atteint un tournant crucial dans nos efforts vers la réalisation du plein potentiel de l’innovation.

Dans chacun de nos pays, nous parlons d’innovation depuis longtemps.

Nous reconnaissons tous l’importance de l’innovation dans la mise sur pied de nouvelles entreprises et industries, la création d’emplois, la production de recettes et la hausse du niveau de vie de nos citoyens.

Nous avons tous examiné ou préparé des études, des rapports et des énoncés de position qui soulignent l’importance et la valeur de l’innovation.

Nous avons tous sensibilisé nos citoyens à l’importance pour nos pays et leurs principaux acteurs — soit les entrepreneurs, les scientifiques, les chercheurs et les fonctionnaires — de se montrer plus innovateurs.

Nous avons tous instauré des institutions, des programmes et des processus pour aider nos écoles, nos entreprises et nos établissements de recherche à devenir plus innovateurs.

Le temps est maintenant venu pour nous tous de poser des gestes encore plus significatifs.

e vous lance un défi. Puisque l’innovation n’est pas réservée aux laboratoires de science et de technologie, nous devrions cerner des secteurs critiques, mais non conventionnels, au sein desquels les progrès innovateurs pourraient contribuer à l’édification d’une nation plus avertie et bienveillante.

Pensons au bénévolat. Quelles mesures innovatrices pourrions-nous prendre pour encourager plus de gens à faire du bénévolat et à consacrer leur temps et leur talent à des causes importantes et précieuses?

Pensons à l’apprentissage. L’une des principales façons de créer un monde plus averti et bienveillant consiste à multiplier les possibilités et les ressources d’apprentissage offertes aux hommes, aux femmes et aux enfants. Quels moyens innovateurs permettraient de révéler ces possibilités et d’offrir de telles ressources?

Les sociétés apprennent, en suivant quatre étapes : l’accumulation de données, la compilation d’information, le développement des connaissances et l’atteinte de la sagesse. Comment pouvons-nous accélérer ce processus et partager notre sagesse de manière à générer des résultats tangibles pour tous les citoyens du monde?

Pensons maintenant aux familles, les assises d’un monde plus averti et bienveillant. Comment pouvons-nous travailler entre les disciplines et au-delà des frontières pour créer, tester, préciser et partager les progrès innovateurs qui appuient et solidifient les familles?

Le Canada et les Canadiens souhaitent répondre à ces questions et agir de manière concrète. Nous voulons être vos partenaires commerciaux, vos collègues de recherche et vos alliés en matière de développement. Plusieurs chefs d’entreprise, représentants d’université, experts-chercheurs et fonctionnaires canadiens sont ici pour vous rencontrer. Je vous encourage à leur parler. Échangez vos cartes professionnelles. Partagez vos expériences. Discutez de vos idées. Posez les bases de relations qui pourraient mener à de solides partenariats.

S’il est vrai que les meilleurs athlètes au monde sont à Londres, on peut en dire autant des meilleurs cerveaux — les vôtres! Mettons-les au travail! Mettons la diplomatie du savoir au travail. Allons au-delà des disciplines et des frontières pour découvrir, partager, tester et préciser des moyens de stimuler une innovation réelle et de créer un monde plus averti et bienveillant pour tous.