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Nouvelles

Bicentenaire de la déclaration de la guerre de 1812

Niagara-on-the-Lake, le samedi 16 juin 2012

 

Je vous remercie de votre accueil chaleureux. Je suis heureux d’être ici pour commémorer ce pan important de notre histoire.

La bataille des hauteurs de Queenston a été décrite à la fois comme une victoire et une tragédie pour les Britanniques, les Canadiens et les Premières Nations, qui ont combattu côte à côte contre les Américains. On pourrait dire la même chose de la guerre de 1812 dans son ensemble.

Une tragédie, parce que, souvenons-nous, la guerre signifie que nous ne sommes pas arrivés à nos fins de manière pacifique. La région du Niagara et d’autres parties du Canada se sont transformées en champs de bataille. Ni soldats ni civils n’ont échappé à la souffrance.

Cependant, la bataille des hauteurs de Queenston et la guerre de 1812 constituent aussi des victoires importantes pour le Canada; au bout du compte, elles auront servi notre relation avec les États-Unis.

Aujourd’hui, nous avons la chance de partager la plus longue frontière non défendue au monde et de régler nos conflits par la diplomatie, plutôt que la guerre. Il y a deux cents ans, la situation était tout autre.

À cette époque, ni les Britanniques, qui contrôlaient le Canada, ni les Américains, qui vivaient au Sud, ne pensaient pouvoir coexister en Amérique du Nord.

Heureusement, ils avaient tort. La guerre de 1812 s’est avérée une étape difficile mais cruciale à notre cohabitation sur ce continent.

En un sens, la guerre a permis aux Canadiens de vivre des expériences communes, de développer des liens; bref, de préparer le terrain pour la Confédération, un demi-siècle plus tard.

La guerre a aussi démontré que l’on arrive à faire plus en travaillant ensemble.

La bataille des hauteurs de Queenston témoigne bien du pouvoir de la collaboration. À l’aube du 13 octobre 1812, une force américaine a traversé la rivière Niagara pour attaquer les Britanniques dans le village de Queenston. Malgré le succès initial des Américains et la perte du major-général Isaac Brock, les défenseurs ont vite fait front pour repousser les envahisseurs.

Ces forces qui ont remporté la bataille des hauteurs de Queenston étaient formées de premiers Canadiens, de soldats britanniques, de guerriers autochtones, de volontaires des milices locales et d’esclaves affranchis.

D’autres batailles ont été livrées aux côtés de milices francophones venues combattre les forces américaines.

La diversité des troupes canadiennes qui se sont unies lors de la guerre de 1812 se voulait annonciatrice de notre société multiculturelle moderne.

On ne saurait exagérer l’importance de l’unité — et par extension, de la dissension — durant cette guerre. Comme l’a expliqué l’historien et récipiendaire du prix Pulitzer Alan Taylor, la guerre de 1812 présente quatre dimensions qui se recoupent, soit :

- la lutte entre les loyalistes et les Américains pour le contrôle du Haut‑Canada;

 -l’opposition entre les fédéralistes et les républicains à l’intérieur même des États‑Unis;

- la poursuite en sol canadien de la rébellion des républicains irlandais contre la Grande‑Bretagne; et

- la division des peuples autochtones selon leur allégeance.

Au cœur de cette guerre civile de l’Amérique du Nord, comme le dit Alan Taylor, réside un grand paradoxe duquel on peut tirer un enseignement précieux et intemporel.

Selon lui, ce sont nos similitudes, davantage que nos différences, qui ont causé la guerre.

Taylor écrit ce qui suit :

« La république et l’empire se disputaient l’allégeance des habitants de l’Amérique du Nord — les Autochtones, les colons et les immigrants. Les Américains et les Britanniques parlaient la même langue et faisaient davantage de commerce ensemble qu’avec toute autre nation, mais les chevauchements entre leurs migrations et leurs échanges commerciaux ont provoqué des frictions concurrentielles. » [traduction]

Comme nous le savons, l’incapacité à contenir cette concurrence de manière pacifique a entraîné une guerre coûteuse et préjudiciable que les Canadiens, réunis, ont su remporter grâce à la coopération.

À ce jour, nous continuons d’apprendre de la complexité de la guerre de 1812. En tant que gouverneur général et commandant en chef du Canada, j’encourage tous les Canadiens à s’informer sur ce chapitre de notre histoire et ses conséquences d’importance.

Je tiens aussi à remercier tous ceux qui ont participé, en cette année bicentenaire, à la commémoration de la bataille des hauteurs de Queenston et de la guerre de 1812. La compréhension de notre histoire est essentielle à l’édification d’un Canada plus averti et bienveillant.

Merci.