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Nouvelles

Discours liminaire à la Fondation de recherche de São Paulo (FAPESP) – « Partenariat entre le Brésil et le Canada sur l’amélioration de l’écosystème de l’innovation »

São Paulo (Brésil), le jeudi 26 avril 2012

 

Je vous remercie pour votre chaleureux accueil. Je suis ravi d’être ici pour parler du grand potentiel de partenariat entre le Brésil et le Canada, entre votre vaste et dynamique pays de l’hémisphère sud et le nôtre, au nord.

Permettez-moi de citer le célèbre auteur et diplomate mexicain Carlos Fuentes, à qui j’ai parlé ce matin. Un jour, à propos de la frontière entre le l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, et à propos du potentiel qui unit nos cultures, nos histoires et nos sociétés, il a dit :

« C’est une frontière vivante qui peut être enrichie par l’information, mais surtout, par le savoir, la compréhension, et la poursuite, de part et d’autre, d’intérêts éclairés. »

C’est ce qui m’amène à visiter le Brésil cette semaine, de Brasilia à Rio de Janeiro et de Sao Paulo à Campinas. Aujourd’hui, je veux examiner avec vous comment poursuivre nos buts communs, que sont l’innovation et le partenariat entre le Brésil et le Canada. 

Je ne suis pas venu seul. Je serai accompagné tout au long de la semaine par un groupe formé de nombreux Canadiens de l’industrie et des milieux universitaire et gouvernemental, probablement le plus grand groupe de Canadiens jamais venus au Brésil pour promouvoir les échanges en matière d’innovation, de sciences et de technologie.   

Nous sommes ici parce que les possibilités sont merveilleuses, et je suis certain que vous conviendrez que la conjugaison de nos efforts à travers les frontières et les disciplines est, au 21e siècle, la meilleure façon de favoriser  l’apprentissage et l’innovation. J’ai toujours été animé par cette conviction durant ma carrière comme administrateur d’universités, et je le suis encore comme gouverneur général du Canada.

Le partage collectif du savoir nous enrichit. C’est une notion que je définis habituellement comme la diplomatie du savoir, c’est‑à‑dire cette  capacité de travailler ensemble et d’échanger nos connaissances au-delà des frontières et des disciplines. Lorsque les gens parviennent à combiner adéquatement la créativité, la communication et la coopération, des choses remarquables se produisent alors.

Le Canada et le Brésil ont tous deux de fières traditions d’apprentissage, d’innovation et de partenariat. La Fondation de soutien à la recherche de l’État de Sao Paulo (FAPESP) entretient depuis longtemps des liens avec ISTPCanada (International Science and Technology Partnerships Canada), ce qui a donné lieu à de nombreux et fructueux échanges entre nos deux pays.

D’ailleurs, l’entente qui est sur le point d’être signée entre la FAPESP et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada ouvrira également d’intéressantes possibilités de collaboration.  

L’aspect le plus remarquable des partenariats en science et en technologie, c’est qu’ils peuvent porter sur des domaines où le Canada et le Brésil se livrent habituellement concurrence, comme dans les secteurs de l’agriculture et du génie aérospatial, par exemple. En science et technologie, nos expertises respectives font de nos deux pays de parfaits collaborateurs, grâce à nos forces qui se complètent. 

C’est le genre de collaboration que je veux encourager entre les Brésiliens et les Canadiens. Des accords officiels et autres mécanismes, tel le forum sur l’innovation qui aura lieu demain, peuvent servir de véhicules pour faciliter notre coopération. Nous avons beaucoup à apprendre ensemble, et j’aimerais souligner pour un instant l’importance que le Canada accorde à l’apprentissage, un domaine qui fait de notre pays un excellent partenaire pour le Brésil. 

Les Canadiens considèrent l’apprentissage comme une valeur fondamentale. Notre système d’éducation publique, qui vise à fournir des chances égales pour tous tout en encourageant l’excellence, a été un facteur clé de l’édification de notre société avertie et bienveillante.

Dans un pays aussi vaste et diversifié que le Canada, l’apprentissage ne cesse jamais, et je sais qu’il en est de même au Brésil.

Une autre raison pour laquelle je suis si optimiste quant au rôle que le Canada peut jouer en tant que nation avertie dans le monde d’aujourd’hui, c’est la grande diversité de sa population.

Depuis longtemps, le Canada est un modèle de tolérance et de diversité, et aujourd’hui, nous continuons d’attirer en grand nombre d’immigrants du monde entier.

Nous avons en effet beaucoup en commun. L’une des plus grandes forces de la culture brésilienne a toujours été sa capacité de mélanger les influences européenne, africaine, asiatique et indigène pour produire des idées et des mouvements nouveaux et originaux. De la même manière, le Canada a la réputation d’être une société métissée, ce qui rappelle que ce pays a été à l’origine un projet collectif des peuples autochtone et européen.

Aujourd’hui, notre famille canadienne s’est élargie et compte maintenant des gens de partout au monde.

Cette capacité d’accepter, mais aussi d’accueillir à bras ouverts et de célébrer  la diversité, nous procure un avantage considérable dans le monde d’aujourd’hui. Cette diversité que nous avons fait nôtre nous permet non seulement de vivre ensemble en harmonie, mais nous fournit une source intarissable de renouveau et d’idées inédites.

Pour vous en donner un exemple, je vais vous parler d’une femme du nom de Cheryl Bartlett, qui est titulaire de la chaire de recherche du Canada en sciences de l’intégration.

Tout au long de sa carrière, Mme Bartlett a travaillé en étroite collaboration avec des sages de la communauté autochtone Mi’kmaq pour intégrer le mode d’apprentissage traditionnel des Mi’kmaq à l’enseignement des sciences au niveau postsecondaire. Cette collaboration a permis d’établir un programme fondé sur l’approche à « double perspective » (two-eyed seeing), selon laquelle on profite, d’une part, de ce que la science moderne a de mieux à offrir et, d’autre part, de la richesse des idées traditionnelles. Les applications et les résultats peuvent être étonnants.

L’avenir repose sur ce genre de dialogue et de collaboration. Il y a quelques jours, j’ai prononcé le discours d’ouverture à la conférence Canada 3.0, à laquelle assistait une délégation brésilienne de l’État de Paraiba, qui sera par ailleurs l’hôte de la prochaine édition de cette conférence qui aura lieu vers la fin de l’année. Ce qui est remarquable de cette conférence, qui s’inscrit dans le plan d’action Canada-Brésil en matière de science et de technologie qu’ont signé nos deux pays, c’est qu’elle se déroule à Stratford, en Ontario, l’une des villes canadiennes les plus importantes dans le domaine artistique, réputée pour ses merveilleuse productions des pièces de Shakespeare.

Ce choix délibéré était fondé sur l’idée que les arts et les sciences se complètent, une idée qui s’apparente à la notion de « double perspective » que je viens de mentionner. De Leonardo Da Vinci à Steve Jobs, en passant par Alexander Graham Bell et Alberto Santos-Dumont, les grands innovateurs savent qu’il n’y a pas vraiment de frontières entre les disciplines et que tous les savoirs sont liés les uns aux autres.

Si nos plus grands défis se situent au croisement de problèmes complexes, nos progrès les plus remarquables résultent aussi du croisement de différentes disciplines. Qui sait ce qu’une meilleure compréhension de la physique quantique peut nous enseigner sur la génétique, ou ce qu’une meilleure compréhension de l’écologie peut nous enseigner sur les réseaux mondiaux complexes? Les découvertes dans un domaine peuvent ne pas jeter la lumière sur un autre ou, au contraire, peuvent nous en apprendre beaucoup.

Tout comme les intersections entre les disciplines peuvent susciter de nouvelles idées, les intersections entre nations et peuples peuvent ouvrir la voie à de nouvelles possibilités très prometteuses.

Le terme « écosystème de l’innovation » est de plus en plus utilisé de nos jours comme métaphore de la collaboration et de la découverte. Cette approche tient de la nature dynamique, non statique, de l’innovation. Comme vous le savez, la découverte de nouveaux horizons ne se fait pas de façon linéaire. En effet, l’innovation se fait parfois en dents de scie, avec de faux départs, des impasses et des échecs.

Mais les nouvelles découvertes sont toujours le résultat du remue-ménage d’idées et de points de vue, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. C’est la raison pour laquelle je suis si enthousiaste face aux possibilités d’accroître le partenariat entre le Brésil et le Canada. Le fait que nos deux pays soient à la fois semblables et différents nous ouvre de nouveaux horizons à explorer ensemble.

Notre défi, en tant que partenaires, est d’identifier et de partager des besoins et des buts précis et d’assurer une communication constante entre nous. Je constate avec plaisir que le nombre de sphères où une telle collaboration est possible ne cessent de s’accroître. 

Science sans frontières en est un bon exemple. Ce programme permettra au Canada d’accueillir plus de 12 000 boursiers brésiliens qui viendront poursuivre leurs études dans notre pays. apporteront beaucoup à nos pays dans les années à venir.

Nous observons déjà une augmentation du nombre et de la variété des partenariats entre Brésiliens et Canadiens.

Nos histoires de réussite se multiplient et se diversifient de plus en plus, En sciences de la vie, des chercheurs du Brésil et du Canada  tentent ensemble de trouver un traitement pour la maladie d’Alzheimer et pour le cancer et collaborent au séquençage de l’ADN du zébu, la race de bovins la plus commune au Brésil. Je suis également heureux de voir l’ampleur que prend notre collaboration en matière de technologie verte, grâce à laquelle les autobus de Sao Paulo sont alimentés par piles à combustible, et le secteur du pétrole et du gaz au Brésil bénéficie d’une technologie radar plus moderne  pour les déversements de pétrole.

Au cours des dernières années, le Brésil et le Canada ont franchi des jalons importants qui permettent d’accélérer les échanges et la collaboration entre nos milieux de recherche respectifs. Nous avons d’abord signé l’Accord de coopération scientifique et technologique en 2008, puis avons établi en 2011 un Comité conjoint pour la coopération en sciences formé de quatre groupes axés sur quatre secteurs prioritaires. Et j’ai déjà mentionné les conférences Canada 3.0 et Brésil 3.0.

Dans ce contexte varié se façonne un écosystème de l’innovation tout à fait unique. J’envisage donc avec bonheur l’approfondissement de notre relation dans les années à venir.

Comme je le répète souvent, la chose la plus pratique au monde, c’est une bonne théorie générale sans cesse mise à l’épreuve et peaufinée par rapport à la réalité.

Je souhaite ainsi que notre théorie soit que le Canada et le Brésil bénéficient de plus en plus de leur partenariat en apprentissage et en innovation au cours du 21e siècle. Mettons cette notion à l’épreuve, en œuvrant ensemble dans la confiance et le respect et animés par la curiosité et la coopération.

Merci.