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Nouvelles

Discours d’ouverture au Forum des médias numériques Canada 3.0 du Réseau canadien des médias numériques

Brasilia (Brésil), le mardi 24 avril 2012

 

Je suis ravi de me joindre à vous depuis le  Brésil pour vous souhaiter « virtuellement » la bienvenue à la conférence Canada 3.0.

Il y a quatre ans, j’ai eu le privilège d’aider au lancement de la première conférence Canada 3.0. Je tiens à vous féliciter de vous être réunis de nouveau pour générer et partager des idées sur notre avenir numérique.  

Le fait même de vous parler à partir du Brésil reflète une réalité dont nous sommes tous conscients : nous vivons dans une ère de transformation en grande partie attribuable à la révolution des communications qu’a suscitée  l’avènement d’Internet.

Alors que me voici au Brésil pour souligner l’importance de l’apprentissage et de l’innovation à travers les frontières, vous êtes réunis à Stratford, en Ontario, pour pratiquer une sorte de diplomatie « numérique » du savoir. Même si des milliers de kilomètres nous séparent, nous sommes tous convaincus que le numérique offre d’énormes possibilités à l’humanité.   

Pour mettre cette révolution en contexte, je la compare souvent à celle qui a suivi l’arrivée d’une autre technologie nouvelle, celle de la presse à imprimer au 16e siècle.

La presse à imprimer a été le fruit des efforts de Johannes Gutenberg, Martin Luther et Frédéric, électeur de Saxe, qui en ont été respectivement l’inventeur, le créateur de « contenu » et le législateur. Ces trois hommes ont été des innovateurs, ayant chacun contribué d’une manière cruciale au succès de cette nouvelle technologie, laquelle a transformé la société et donné naissance à une tradition d’apprentissage qui a aidé l’Europe occidentale à se sortir du Moyen‑Âge.

Aujourd’hui, c’est Internet qui transforme notre quotidien et ce, à une vitesse vertigineuse. Alors que la presse à imprimer a mis des centaines d’années avant que la majorité de la population mondiale puisse en bénéficier, il n’aura fallu au Web que plusieurs décennies.

Loin d’être élitiste, cette nouvelle technologie est très démocratique. Le numérique offre en effet un nouveau levier aux nations et aux individus pour les aider à se rejoindre.

Ce qui m’amène à poser la question suivante : « Que faire à partir de maintenant? »   

C’est justement pour y répondre que vous vous êtes réunis. Les quatre principaux thèmes de cette conférence, soit la connectivité, la productivité, le contenu et le capital, vous aideront sans aucun doute à orienter vos efforts.

En tant que gouverneur général, j’aimerais également vous encourager à avoir une vue d’ensemble, même lorsque vous devez vous attarder sur les détails essentiels des médias numériques. Je vous invite donc à vous poser cette question : quel rôle ont les communications numériques dans l’édification d’un Canada plus averti et plus bienveillant et du monde plus juste et équitable auxquels nous aspirons?

Le lieu même où se déroule votre conférence est en soi un élément de réponse, puisque ce n’est pas par hasard que ce campus de l’Université de Waterloo est situé à Stratford, l’une des plus importantes collectivités artistiques du Canada. En effet, en créant ce campus, on a voulu fusionner les arts et les sciences sous un même toit, l’idée étant que le numérique ne se limite plus aux chiffres et comprend maintenant l’image, le mouvement et le multimédia.

Bref, les médias numériques offrent une plateforme sans pareil pour la créativité et d’infinies possibilités.

De Leonardo Da Vinci à Steve Jobs en passant par Alexander Graham Bell, tous les grands innovateurs ont compris qu’il n’y a pas vraiment de démarcation entre les sciences et les arts et lettres, et que ces deux domaines accroissent notre compréhension du monde et enrichissent notre vécu. Ensemble, les arts et les sciences peuvent nous aider à voir le tout.

Dans la poursuite de votre objectif ambitieux qui est d’offrir à tous les Canadiens la possibilité de tout faire en ligne d’ici 2017, l’année même de la célébration du 150e anniversaire de notre confédération si unique, je vous invite à envisager de quelles façons les médias numériques pourraient nous aider à édifier un monde plus averti et plus bienveillant.

J’en profite pour souhaiter tout particulièrement la bienvenue à chacun des participants étrangers qui sont présents à la conférence Canada 3.0, notamment aux membres de l’importante délégation du Brésil venus ici aux termes de l’entente bilatérale sur la coopération en science, technologie et innovation.

J’ai appris que la prochaine conférence 3.0 aura lieu à Paraibia, vers la fin de cette année. Je sais que les Brésiliens fondent de grands espoirs dans les communications numériques, et je suis convaincu que le Brésil et le Canada ont de merveilleuses possibilités de collaboration dans ce domaine.

Au départ, nos deux pays ont beaucoup en commun avec la richesse et la diversité de leurs cultures, de leurs histoires et de leurs ressources. À nous deux, nous occupons de vastes territoires en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, et nous sommes promis à un bel avenir en cette époque où le savoir, plutôt que le PNB ou la puissance militaire, devient de plus en plus la nouvelle devise mondiale.

Il n’en tient qu’à nous de définir l’ampleur de notre engagement face au numérique. N’oublions pas que nous pouvons accomplir davantage en unissant nos efforts.

Si le passé est garant de l’avenir, le Canada devrait continuer de jouer un rôle de premier plan dans le secteur du numérique. En raison sans doute de leur vaste territoire géographique et de la merveilleuse diversité de la population, les Canadiens sont depuis longtemps des innovateurs dans le domaine des communications, tant du point de vue théorique que pratique.

Arthur Kroker, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la technologie, la culture et la théorie, a souligné la nécessité de changer complètement notre façon de penser la technologie, dans la même mesure que Copernic a révolutionné le mode de pensée du Moyen‑Âge.

Changer notre façon de penser, c’est s’engager à voir le tout, à trouver des façons d’utiliser la technologie pour nous aider à édifier des sociétés plus averties, plus bienveillantes et plus démocratiques.

Je suis convaincu que, grâce à la créativité et à la collaboration, les médias numériques pourront nous aider à élargir les choix des citoyens, tout comme tant de nos progrès en communications ont, par le passé, ouvert à l’humanité de nouveaux horizons.   

Je vous souhaite une conférence des plus intéressantes et des plus productives.

Merci.