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Nouvelles

Carolyn A. Milne Leadership Forum

Hamilton, le mercredi 18 avril 2012


Merci de m’avoir invité à m’adresser à vous aujourd’hui, en particulier en cette Semaine nationale de l’action bénévole.

Depuis le début de mon mandat, j’ai exploré les façons dont nous pouvons, comme Canadiens, travailler ensemble pour bâtir une nation toujours plus avertie et bienveillante. Je suis touché de voir qu’un grand nombre de personnes ont épousé cette cause.

En fait, des fondations communautaires d’un bout à l’autre du pays, dont celle-ci, ont examiné les moyens dont nous pouvons appliquer cela, et bâtir, à l’échelle locale, des collectivités averties et bienveillantes.

Comment nous y prendre pour y arriver?

La première étape, c’est de cerner les forces et les faiblesses de nos collectivités, ce qui nous amènera à cerner les besoins de la communauté.

Dans l’ensemble, les collectivités canadiennes sont des collectivités fortes. Le tout premier rapport sur l’état du bonheur dans le monde (World Happiness Report) vient d’être publié et le Canada se classe au cinquième rang, selon de nombreux indicateurs, dont notre capital social, c’est‑à‑dire les relations entre les communautés et au sein des communautés.

Les recherches menées au Canada corroborent ces résultats.

L'Indice canadien du mieux-être, tel qu'il est mesuré à l'Université de Waterloo, vise à améliorer les conditions de vie des Canadiens en cernant les principaux facteurs qui influent sur notre qualité de vie.

L’un des indicateurs est la vitalité d’une communauté. Parmi nos forces, mentionnons entre autres que le taux de criminalité est en baisse et que le bénévolat dans la collectivité est en hausse.

Mais il y a aussi des difficultés. Nous essayons toujours de nous attaquer aux problèmes de la pauvreté et de l’inégalité. Le mois dernier, à Rideau Hall, mon épouse, Sharon, a rencontré des représentants des communautés autochtones pour discuter des questions liées à la santé et au bien‑être qui touchent leurs enfants et leurs familles. Il y a encore beaucoup de travail à faire.

Si l’on envisage l’évolution des besoins de la communauté – de n’importe quelle communauté – il y a plusieurs secteurs dont il nous faut tenir compte.

Par exemple, sur le plan démographique, nous sommes une population vieillissante, avec tous les défis que cela comporte. Face à cette réalité, que peut-on faire pour nous assurer que l’on s’occupera bien de la génération plus âgée? Que pouvons-nous faire pour préparer la jeune génération à ce changement?

Sur le plan économique, certains ont une situation enviable alors que d’autres ont du mal à trouver une bonne situation financière. Selon l’OCDE, l’écart des revenus augmente sans cesse et cet écart a maintenant atteint un niveau record. Que pouvons-nous faire pour contrer le péril de la pauvreté et de l’inégalité?

Pendant ce temps, certains organismes à but non lucratif sont à la recherche de nouvelles sources de financement en raison de la stagnation des dons et de la hausse de la concurrence dans ce domaine. Comment le versement de dons évoluera‑t‑il? Comment les organismes à but non lucratif évolueront‑ils?

Considérant les défis auxquels nous sommes confrontés et conscients de la nature de nos besoins, nous devons poser la question : qu’est‑ce qui peut être fait?

Le premier pas, c’est de collaborer de façon à rendre nos communautés plus fortes tous ensemble. Mais ce n’est pas une tâche facile. C’est une tâche qui exige un grand effort de la part de tous.

D’après une étude faite en 2010 par le Conseil canadien de développement social concernant la vitalité des communautés, plus de la moitié des Canadiens qui ont participé au sondage avaient le sentiment qu’on n’est jamais assez prudent dans nos relations avec les gens. Ce sentiment était en hausse depuis 2005.

Cette question de confiance et de compassion dans la collectivité est essentielle, car elle est un indicateur de la manière dont nous collaborons. Sans la confiance, nous ne pouvons pas travailler ensemble. Et ce qui est encore plus important, c’est que sans la confiance, le bénévolat et la philanthropie, le don et la compassion ne peuvent pas se développer.

En tant que gouverneur général, je me dois d’encourager le développement de la confiance, ce que je fais en racontant certaines histoires. Permettez-moi de vous en raconter l’une d’elles.

Hier, j’ai eu l’honneur de décerner, pour la première fois depuis le début de mon mandat, les Prix pour l’entraide.

L’une des récipiendaires était Élaine McGee. Élaine a établi la fondation Marchant à tes côtés, qui vise à briser le cycle de la pauvreté. Elle a donné aux jeunes, notamment les jeunes mères célibataires, ainsi qu’à d’autres, la chance de reprendre leurs études, afin d’aider leurs familles à reprendre espoir dans l’avenir. Élaine a aussi fondé un réseau de mécènes et de bénévoles, tous engagés dans cette cause.

C’est de cette façon qu’Élaine instille la confiance. Et ce, non seulement au sein de son réseau, mais aussi chez les familles qui reçoivent de l’aide. Lorsque les gens sont exposés à la confiance dont témoigne un groupe tel que Marchant à tes côtés, ils sont plus susceptibles de développer eux‑mêmes une confiance dans la bienveillance des autres et d’offrir de leur temps pour aider une autre personne dans le besoin.

J’ai souvent recours à l’image de la bougie allumée, une image qu’utilisait Jefferson, lorsque j’évoque l’importance de partager nos connaissances et nos expériences. Dans mes armoiries, j'ai d'ailleurs inclus cette image, flanquée de quelques livres, pour représenter l'apprentissage.

La bougie est non seulement un symbole d’illumination, mais également de transmission du savoir d’une personne à une autre.

Le partage des connaissances éclaire collectivement nos sociétés et notre monde. Lorsque vous allumez votre bougie à partir de la mienne, mon éclairage ne diminue pas pour autant. Au contraire, il devient plus vif.

La confiance engendre la confiance. L’histoire d’Élaine illustre cette réalité, tout comme le font les bénévoles qui œuvrent auprès de la Hamilton Community Foundation. Et maintenant, je vous encourage vivement à transmettre vos propres histoires de dons. Partagez votre lumière avec les autres et aidez‑les à comprendre que pour bâtir une collectivité meilleure, une collectivité avertie et bienveillante, il leur faut avoir confiance dans leurs voisins et en eux‑mêmes, et aussi collaborer avec les autres afin que nous puissions tous en bénéficier.

Échanger nos histoires est important, collaborer est important, mais il est aussi important de réfléchir de façon novatrice.

L’an dernier, j’ai rencontré des représentants de Pathways to Education Canada à Toronto. Pathways veille à ce que tous les jeunes, quelle que soit leur situation socioéconomique, aient une chance égale de réussir à l’école.

L’organisme a réalisé d’importants progrès vers l’atteinte de ces objectifs. Ainsi, avec la collaboration du système scolaire et en partenariat avec des bénévoles dévoués, Pathways contribue à abaisser le taux de décrochage, qui est passé de 56 p. 100 à 12 p. 100. Une autre réussite à son palmarès est le fait que 80 p. 100 des participants à ce programme poursuivent des études postsecondaires.

S’appuyant sur la réussite obtenue à Regent Park, Pathways a décidé, en 2007, de répéter l’expérience dans cinq autres collectivités en Ontario et au Québec.

Ses bénévoles et son personnel ont bâti une organisation à partir de la base, transformant un quartier difficile en un endroit qui offre aux enfants la possibilité d’un avenir meilleur.

Cette transformation est le fait d’un petit nombre de personnes déterminées qui ont perçu un problème dans la collectivité et qui ont réfléchi à des moyens de surmonter les obstacles. C’est là l’innovation sociale à son meilleur – de nouvelles idées pour une nouvelle époque.

Et ce sont de nouvelles idées dont nous aurons besoin pour redéfinir le bénévolat et la philanthropie pour le XXIe siècle.

Hamilton sait comment être un chef de file. Elle sait comment être novatrice. L’Histoire l’a démontré.

Il y a près de 60 ans, la toute première fondation communautaire en Ontario y a pris racine. Ce n’est pas un hasard. Les citoyens d’Hamilton ont compris que ce modèle mis en place ailleurs au Canada pouvait parfaitement fonctionner ici pour bâtir une ville meilleure et plus viable.

Hamilton abrite des gens bienveillants et généreux qui comprennent l’importance de renforcer la collectivité pour notre mieux‑être aujourd’hui et pour l’avenir de nos enfants.

Vous avez transformé votre ville pour le mieux. Vous pouvez attirer des gens compatissants parce que vous faites vous-mêmes preuve de compassion dans tout ce vous faites. Les idées novatrices qui seront cruciales dans les années à venir proviendront d’organismes communautaires comme le vôtre.

En fait, c’est précisément ce que toutes les fondations communautaires ont fait au cours de leur histoire. Leurs membres incarnent l’idéal d’une collectivité avertie et bienveillante. Vous savez ce qui doit être fait, vous savez comment être novateurs et vous avez atteint les résultats désirés grâce à l’altruisme, aux idées créatrices et à l’effort, purement et simplement.

La Semaine nationale de l’action bénévole est l’occasion idéale de nous demander où nous voulons que notre pays soit et à quoi nous voulons qu’il ressemble dans cinq ans, alors que nous célébrerons le 150e anniversaire du Canada. Comment exercerons-nous le bénévolat? Comment ferons‑nous des dons? Et comment la Hamilton Community Foundation continuera‑t‑elle de bâtir les collectivités averties et bienveillantes de demain?

Permettons-nous d’échanger nos connaissances, de communiquer, de collaborer, d’innover et de bâtir un pays meilleur à l’aide de gens comme vous.

Merci.