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Nouvelles

Cérémonie du souvenir en l’honneur du 95e anniversaire de la Bataille de la Crête de Vimy

Vimy (France), le lundi 9 avril 2012

 

Aujourd’hui, j’ai le devoir solennel, en tant que gouverneur général du Canada, de m’adresser à tous les Canadiens et de parler en leur nom.

Nous sommes ici dans un lieu sacré — un lieu marqué par un conflit dévastateur, un lieu où trop de sang a coulé, un lieu d’une extrême  souffrance, mais également un creuset de courage, un symbole de l’ingéniosité, de la collaboration et de la détermination de soldats qui se sont dévoués pour la paix.

Nous sommes ici dans un lieu sacré — le lieu de sépulture de 3 600 hommes; une parcelle du Canada en terre lointaine, à quelque 4 000 kilomètres de notre côte la plus proche.

La bataille qui a été livrée ici sur cette pente longue et dont l’inclinaison paraît faible à première vue est, pour le Canada et les Canadiens, un souvenir indélébile. C’est un symbole toujours vivant de qui nous sommes. Ce fut un engagement militaire sans pareil dans notre histoire, puisque quelque chose de très profond s’est passé ici, dans ce lieu sacré, il y a 95 ans.

Après des mois de vaines tentative de leurs alliés pour s’emparer de la crête, au prix de 300 000 morts et blessés, les Canadiens à qui cette mission a alors été confiée, se sont rendu compte que la victoire ne reposerait pas uniquement sur le nombre de soldats. Il fallait changer de cap. Les hommes du Corps canadien se sont donc mis à l’œuvre.

Ils ont bâti des maquettes et planifié des scénarios stimulant le champ de bataille, qu’ils ont étudiés et pratiqués sans arrêt.

Afin de protéger les soldats d’infanterie qui allaient monter la pente, ils ont conçu un barrage roulant d’obus d’artillerie calibrés avec précision, et ils ont pratiqué l’exercice à fond. 

Grâce à leur expertise pratique des plus récentes méthodes scientifiques et grâce aux renseignements qu’ils ont durement acquis sur le champ de bataille, ils ont pu repérer, cibler et finalement détruire les emplacements  d’artillerie lourde et de mortiers  de l’ennemi.

Il y a un élément très important dans cette victoire. Le Canadien chargé de diriger les opérations de combat, le général  Arthur Currie, a eu une idée ingénieuse, mais très risquée. Il a montré le plan de bataille complet à tous les soldats sous son commandement, soit les quatre divisions du Corps canadien. Rien ne leur a été caché, ni les risques, ni les dangers, ni les plans, ni les attentes. Dans les semaines qui ont précédé le début de la bataille prévu pour le 9 avril 1917, chaque soldat canadien, du colonel au simple soldat, a été mis au courant du plan d’ensemble et invité à contribuer à l’amélioration de chaque détail du plan et de  chaque action.

La confiance que le général Currie a accordée à ses troupes en les traitant comme des collègues a fait plus que les motiver à se mobiliser pour servir une noble cause. Cette confiance témoignée envers les simples soldats du Corps canadien reflétait un respect et un souci du bien-être des combattants qui ne s’étaient jamais vus. Cette confiance découlait en outre de l’expérience profondément canadienne de l’égalité, de la collégialité, de l’esprit communautaire et de l’interdépendance, des qualités que nous avons développées pour survivre dans notre vaste pays d’une nature rigoureuse. En faisant appel à ce profond creuset d’ingéniosité et de bienveillance, une façon de faire que les colons européens ont surtout apprise des Autochtones de notre pays, le général Currie a su inspirer ses hommes, incroyablement tenaces, à faire preuve de ce que les Canadiens ont de meilleur à offrir.

Quatre-vingt-quinze ans plus tard, après la journée la plus sanglante de l’histoire militaire du Canada, qu’importe-t-il pour les Canadiens de  reconnaître et se rappeler? Nous reconnaissons, et ne devrions jamais oublier, que nous avons réussi en tant que Canadiens, après la bataille mortelle et terriblement destructrice de cette journée, le conflit le plus cruel de notre histoire nationale,  à comprendre et à approfondir une vérité noble et durable, c’est-à-dire que nous sommes une nation avertie et bienveillante. Nous avons aussi compris que pour prospérer, notre pays doit devenir toujours plus averti et bienveillant, et qu’en travaillant ensemble dans un esprit d’ingéniosité et de compassion, les Canadiens peuvent offrir le meilleur d’eux‑mêmes au reste du monde, le meilleur qui soit.