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Nouvelles

Rencontre de la Couronne et des Premières Nations

Ottawa, le mardi 24 janvier 2012

 

Je vous remercie pour votre chaleureux accueil. Je suis heureux d’être parmi vous aujourd’hui.

Cette rencontre a lieu sur le territoire traditionnel de la nation algonquine qui couvre les provinces de l’Ontario et du Québec. 

Aînée Commanda, je vous remercie de nous accueillir sur le territoire algonquin.

Je suis très heureux de souligner la présence des chefs des communautés algonquines de cette région en la personne de Kirby Whiteduck, chef des Algonquins de Pikwakanagan  en Ontario, et Gilbert Whiteduck, chef des Kitigan Zibi Anishinabeg au Québec.

C’est pour moi un honneur de vous avoir tous deux parmi nous.

Je tiens également à exprimer toute ma gratitude pour la ceinture wampum. Je suis honoré d’accepter, au nom de tous les Canadiens, ce cadeau sacré offert sous le signe de l’amitié et de la diplomatie.

Dans le même esprit, je vous offre avec le plus grand plaisir un symbole de notre solide amitié, une œuvre de John David Kelly, qui dépeint la coopération des soldats autochtones et non autochtones à la bataille de Queenston Heights, en octobre 1812.

Je tiens tout d’abord à vous féliciter pour le leadership dont vous avez fait preuve en vous réunissant pour participer à cette importante rencontre.

De nous voir tous ici ensemble est pour moi une source d’inspiration et d’espoir.

J’espère que ce rassemblement sera le fondement de liens renouvelés et raffermis entre la Couronne et les Premières Nations. En revenant aux principes premiers, nous pourrons travailler en toute confiance — ensemble — à la création d’un avenir meilleur pour nos familles, nos collectivités et notre pays.

C’est mon vœu le plus cher, et je sais que c’est aussi le vœu de tous. Pour commencer, il serait bon de nous rappeler tout ce que nous avons en commun ainsi que les valeurs que nous partageons.      

Depuis que je suis gouverneur général, j’invite les Canadiens à imaginer des façons d’édifier un Canada toujours plus averti et plus bienveillant. Comprendre et respecter notre passé comme source de renouveau en est une.

Depuis toujours, des promesses et des partenariats communs nous lient ensemble, comme l’indique la Proclamation royale de 1763. Ce document visait à réaliser un équilibre en permettant aux Autochtones et aux non‑Autochtones de coexister et de travailler ensemble dans le territoire que nous appelons aujourd’hui le Canada. La Proclamation royale date de plus de 100 ans avant la Confédération et constitue le fondement de notre relation contemporaine.

Cette proclamation s’appuyait sur le respect mutuel.

Mais retournons encore plus loin en arrière, soit à l’époque de Samuel de Champlain, et revivons la scène de l’assemblée des Premières Nations tenue en 1603, alors appelée la Grande Tabagie.

Comme l’a écrit l’historien David Fischer, cette assemblée, au cours de laquelle les Européens et les Premières nations ont saisi l’occasion d’établir de bonnes relations pour leur bénéfice mutuel, a marqué le début d’une importante alliance.

« La dignité et le respect avaient marqué [ les ]  échanges [ entre chefs européens et autochtones ]. Ils avaient ainsi créé une atmosphère de confiance qui était essentielle aux relations entre Européens et [ Premières Nations ]…Plus tard, ils veillèrent aussi à nourrir cette confiance. Quand la confiance régnait, tout devenait possible. »

Cela demeure vrai. Lorsque la confiance règne, tout devient possible.

À la veille de la Proclamation royale de 1763, sir William Johnson, qui a été le premier surintendant des affaires indiennes au 18e siècle et pour qui la coexistence équitable des communautés autochtones et non autochtones était d’une grande importance, a convoqué un grand conseil à Niagara, auquel ont assisté quelque 2 500 membres des Premières Nations.

Lors de cette rencontre, sir William a étendu la « Chaîne de l’alliance », qui est le fondement des rapports entre la Couronne et ses alliés des Premières Nations, à toutes les Premières Nations. Sir William invitait ainsi les Premières Nations et les Européens à vivre ensemble dans une relation pacifique et mutuellement bénéfique.

Le rassemblement d’aujourd’hui est l’incarnation moderne de cet important conseil. Il nous offre l’occasion de continuer à ranimer la confiance que les erreurs du passé ont érodée. 

Il ne fait aucun doute que de nombreux individus et de nombreuses communautés des Premières Nations réussissent très bien au Canada et dans le monde, aujourd’hui. Cependant, il reste encore du chemin à parcourir sur la voie de la réconciliation et du rétablissement. Ensemble, nous devons unir nos efforts pour bâtir la confiance et ce, de manière concrète et pragmatique, dans le secteur de l’éducation, entre autres.

Notre avenir repose sur notre capacité de partager avec les autres, d’apprendre les uns des autres et de créer les conditions permettant aux Autochtones comme aux non-Autochtones de prospérer dans l’égalité, selon les espoirs et les rêves de chacun.

Dans un pays aussi vaste et diversifié que le Canada, l’apprentissage ne cesse jamais. Il ne doit jamais cesser, car notre plus grand potentiel réside dans ce qu’il nous reste encore à apprendre.

Alors que s’ouvre cette rencontre, réfléchissons à la promesse de ce pays que nous partageons; raffermissons la Chaîne d’alliance qui nous unit; et promettons-nous de renouveler nos rêves ensemble.

Je déclare maintenant ouverte cette rencontre de la Couronne et des Premières Nations.

Merci.