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Nouvelles

Remise des Prix d’histoire du Gouverneur général

Rideau Hall, le lundi 12 décembre 2011

 

Bonjour et bienvenue à Rideau Hall.

Je suis ravi de célébrer aujourd’hui les hommes et les femmes de tous âges qui font de l’histoire du Canada un tableau vivant.

À l’occasion de la remise de ce prix l’an dernier, j’ai mentionné dans mon discours que, «En tant que pédagogue, je demandais toujours à mes élèves d’appréhender les événements dans une perspective historique. Le passé peut aider à interpréter le présent; c’est ce qui nous aide à comprendre les événements. »

Comme vous le savez, nous avons ajouté de nouveaux Prix du Gouverneur général pour l’excellence en enseignement de l’histoire qui seront remis pour la première fois cette année, durant la cérémonie. Pourquoi et comment avons-nous créé ces nouvelles catégories?

C’est en fait le fruit d’une collaboration. Depuis des années, la Société d’histoire nationale du Canada, qui administre ce prix et le Prix Pierre Berton, travaille en partenariat avec des organismes tels que l’Association des musées canadiens, la Société historique du Canada, l’Institut Historica-Dominion et la Société de concours Begbie d’histoire du Canada à mieux faire connaître l’histoire du de notre pays.

Si nous pouvons désormais souligner les grandes réalisations touchant la diffusion de l’histoire auprès des Canadiens dans les domaines de la recherche universitaire, des musées, des programmes communautaires, de l’enseignement en classe et de l’histoire populaire, c’est grâce à cette heureuse collaboration. 

Les organismes que j’ai mentionnés ont appuyé l’importante tâche de compréhension de notre riche histoire, ayant célébré depuis des années ceux et celles qui en ont été les promoteurs.

Les récipiendaires d’aujourd’hui n’ont pas opté pour la facilité, car enseigner l’histoire du Canada n’est pas une tâche de tout repos. Comment peut-on rendre l’histoire pertinente?

L’une des solutions est de faire preuve d’une pensée novatrice.

Nous oublions trop souvent la somme d’efforts qui sont déployés pour éviter que notre histoire ne se perde et à quel point l’innovation joue un grand rôle dans la façon d’enseigner cette matière.

Dans ce contexte, toutefois, l’innovation ne consiste pas uniquement à utiliser de nouvelles technologies, bien que cela en soit un des  aspects, mais également à adopter une nouvelle manière d’enseigner l’histoire ou parfois à reprendre une méthode qui avait été oubliée.

À l’aide de diverses techniques, tels les jeux de rôle, les exposés multimédias et interactifs ou le film, les récipiendaires ont prouvé que l’histoire peut être enseignée de manière à attirer et à retenir l’attention des Canadiens.

L’histoire n’est-elle pas, après tout, la somme de nombreuses histoires : celle des Autochtones au Canada et de leur mode de vie depuis des générations; celle de la collaboration de LaFontaine et Baldwin pour bâtir une nation; celle de notre sacrifice sur la crête de Vimy et de la naissance d’une force militaire canadienne; celles de Michaëlle Jean et d’Adrienne Clarkson, toutes deux arrivées dans ce pays en bas âge,  habitées par de grands rêves et devenues plus tard d’extraordinaires gouverneures générales du Canada. Sans compter les histoires de chaque Canadien, né dans ce pays ou l’ayant choisi comme terre d’adoption.

Dans son ouvrage intitulé A Short History of Canada, Desmond Morton, récipiendaire du Prix Pierre Berton de l’année dernière, a écrit ceci : « Une nation, disait le philosophe français Ernest Renan, est un peuple qui a accompli de grandes choses dans le passé. Ce qui lie une nation ensemble, ce n’est ni la langue ni la culture, mais plutôt une expérience commune.”

Si des millions d’histoires nous différencient, ce sont par contre nos expériences communes qui nous unissent. Issus de divers milieux et de tous les pays du monde, nous formons la société multiculturelle canadienne d’aujourd’hui. Nous parlons des langues différentes et suivons nos traditions respectives et pourtant, notre pays se caractérise par son inclusion; nous recherchons le consensus et l’harmonie.

Évidemment, dans un contexte de multiculturalisme,  les  interprétations de l’histoire sont nombreuses. Il y a, par contre, l’avantage que chaque récit vient ajouter une autre dimension à l’ensemble. Nous tentons tous de trouver un terrain d’entente, et chacun des récipiendaires d’aujourd’hui a fait sa part à cet égard et ce, non seulement en enseignant l’histoire, mais aussi en aidant les gens à redécouvrir sous un nouvel angle les événements qu’ils connaissent déjà. Ils les aident ainsi à découvrir leur identité ainsi que le lieu où ils se trouvent et la place qu’ils y occupent.

Il est difficile d’intéresser les gens à l’histoire passée, lorsque tant de regards sont dirigés vers l’avenir. Mais ceux qui ont étudié l’histoire, qui connaissent nos histoires, comprennent que nous bâtissons mieux en tirant des leçons du passé.

Dans son livre From Then to Now: A Short History of the World, l’historien Christopher Moore, un des lauréats du Prix littéraire du Gouverneur général de cette année, a écrit ceci : « Mon pays, le Canada, est un enfant de l’histoire du monde... »

Nous sommes en effet une jeune nation. Néanmoins, nous retraçons nos origines en Europe, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et en Afrique, bref, aux quatre coins du globe.

Tous les lauréats des Prix du Gouverneur général pour l’excellence en enseignement de l’histoire, qu’ils soient chercheurs ou étudiants, font désormais partie de la grande tradition d’étude de l’histoire, une tradition transmise de génération en génération.

Nous sommes une nation d’histoire, une nation de nombreuses histoires. Continuons de partager et de sauvegarder nos récits et de tenter de comprendre, afin que nos actions d’aujourd’hui puissent nous éclairer à l’avenir.

Merci.