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Nouvelles

Discours devant les étudiants et le corps professoral de l’Université de l’Industrie de Ho Chi Minh-Ville (Vietnam)

Hô-Chi-Minh-Ville (Vietnam), le vendredi 18 novembre 2011

 

Je vous remercie de m’accueillir si chaleureusement dans ce merveilleux établissement d’études supérieures. Je suis ravi d’être ici pour mieux connaître votre vision d’avenir.

J’aimerais tout d’abord féliciter les diplômés. J’ai été heureux d’apprendre que vous célébrerez la Journée nationale des enseignants, le 20 novembre. S’il y a une chose que vous retiendrez de mes propos d’aujourd’hui, j’espère que ce sera ceci : nous devons estimer nos professeurs, car ils se font un devoir de nous instruire, de nous inspirer et de nous inciter à nous dépasser. Les succès que nous connaissons au cours d’une vie sont  généralement attribuables à l’encouragement que nous avons reçu de certains enseignants et mentors.

Permettez-moi tout d’abord de parler un peu de la diplomatie. Depuis des décennies, le Canada et le Vietnam jouissent de relations étroites et amicales dans de nombreuses sphères. L’éducation postsecondaire est l’un des secteurs de collaboration importants, particulièrement, dans le cas de cette université, avec le partenariat de longue date que vous entretenez depuis longtemps avec le SIAST, le Saskatchewan Institute of Applied Science and Technology.

J’aimerais m’attarder un peu sur cette extraordinaire collaboration, véritable modèle pour l’échange d’étudiants et de professeurs entre nos deux pays. Des centaines de diplômés du programme d’administration des affaires du SIAST aident maintenant le Vietnam à développer son économie fondée sur le savoir, et un certain nombre d’étudiants sont allés parfaire leurs études au Canada.

Ce programme est un parfait exemple des résultats remarquables pouvant découler des études à l’étranger, lesquelles favorisent les contacts au-delà de nos propres frontières. C’est ce que j’aime appeler la diplomatie du savoir, et je félicite chaque étudiant, professeur et dirigeant administratif dont la détermination et le travail acharné sous-tendent cette réussite.

Je suis également enchanté de souligner le succès de plusieurs autres partenariats entre des écoles canadiennes et des établissements d’enseignement au Vietnam, et la promesse de bien d’autres à venir. Le mois dernier seulement,  70 pour cent des établissements d’enseignement canadiens ont participé à la 3e Semaine de l’éducation du Canada au Vietnam, et il y a un  nombre croissant d’étudiants vietnamiens qui choisissent d’étudier au Canada.

Nous sommes ravis d’accueillir chacun et chacune, car chose certaine, le futur de nos pays reposera sur notre engagement à l’égard de l’éducation et sur la force qui découle de notre diversité.

J’en profite pour féliciter tout spécialement les parents et tuteurs des étudiants maintenant diplômés de ce programme. Il est difficile pour moi de vous témoigner tout le respect et l’admiration que j’éprouve envers vous qui avez vu l’importance d’aider votre enfant à poursuivre ses études. Étant moi-même père de cinq filles qui m’ont tant appris sur la réalité de ce monde, j’ai pu voir de mes propres yeux l’impact positif que l’éducation a sur nos enfants et, par conséquent, sur nos collectivités.

Mes cinq filles ont toutes commencé à participer à des programmes d’échanges internationaux dès l’âge de 12 ans. Elles sont de fières Canadiennes, mais sont également des citoyennes du monde. Ces expériences les ont aidées à devenir plus tolérantes et plus respectueuses de la diversité et de la différence, et à acquérir une meilleure pensée critique.  

Comme vous pouvez le voir, apprendre est pour moi une passion, et je suis convaincu que l’éducation a le pouvoir universel de changer nos vies pour le mieux. D’ailleurs, avant de devenir gouverneur général, j’ai passé la plus grande partie de ma vie à l’école, comme étudiant, puis comme éducateur, et, jusqu’à tout récemment et pendant près de 27 ans, comme vice-chancelier d’université. Peu de gens aujourd’hui nieraient le fait qu’une nation dont la population est très éduquée est une société civique et prospère et que, dans le monde interconnecté du 21e siècle, où nos liens sociaux, économiques et environnementaux sont si importants, aucune véritable éducation ne s’acquiert en vase clos.

Une nation avertie sait tirer des leçons du passé, tout en envisageant l’avenir avec optimisme et en considérant le monde avec confiance et respect. La diplomatie du savoir se pratique à plusieurs niveaux, soit local, régional, national et international, et lorsque nous parvenons à combiner parfaitement la communication, l’expertise et la créativité, il se passe alors des choses remarquables.

Sachant cela, comment devrions-nous procéder?

Dans le monde actuel, les établissements d’enseignement avant-gardistes sont au premier plan de plusieurs frontières clés :

  1. Les universités doivent donner l’exemple en matière de collaboration à tous les niveaux. Notre but doit être de nous distinguer en développant nos forces et notre expertise locales et en les exploitant, tout en cherchant constamment à nouer de nouveaux partenariats et à découvrir de nouvelles possibilités plus éloignés et même à l’échelle internationale. Nous devons user de stratégie et travailler d’une manière collaborative pour planifier l’avenir à moyen et à long terme.

  2. Pour faire cela efficacement, les universités doivent comprendre la dynamique de l’économie du savoir du 21e siècle, et c’est là que votre programme de gestion des affaires prend toute sa valeur. La meilleure façon d’accroître les connaissances, c’est de les partager le plus largement possible, d’où la nécessité de développer des groupements créatifs. J’aime souvent illustrer cela à l’aide de l’image de la bougie allumée, un dessin qui figure l’écu des armoiries qui m’ont été concédées lorsque je suis devenu gouverneur général. Comme l’a si bien dit Thomas Jefferson, la flamme symbolise non seulement l’illumination, mais également la transmission du savoir d’une personne à une autre. En apprenant puis en partageant ce que nous savons, nous renforçons et éclairons collectivement nos communautés et notre pays.

  3. Enfin, les universités doivent prendre de nouveau au sérieux leur rôle, qui est de transmettre le savoir de la civilisation passée à celle du futur, afin que les traditions et les cultures qui constituent notre  contribution unique au monde soient comprises et respectées. Et au sein même du milieu universitaire, il ne faut jamais perdre de vue notre engagement en faveur de la démocratie, de la liberté des universitaires et de l’apprentissage proprement dit.

À ce point-ci, nous pouvons donc nous demander quel est le fil commun qui relie ces diverses frontières de l’apprentissage en un seul horizon. La réponse, selon moi, est la communication.

La révolution des communications mondiales offre de nouvelles possibilités de dialogue et rend le savoir plus accessible que jamais. N’oublions pas qu’il a fallu trois siècles pour que la presse à imprimer inventée en Europe de l’Ouest bénéficie à la majorité de la population de cette région, alors qu’il n’a fallu qu’une décennie, à partir de 1995, pour qu’Internet rejoigne la majorité de la population de la planète. Cela signifie qu’il n’est plus nécessaire de se trouver dans des centres financiers ou de grandes villes pour réussir. Par contre, cela souligne la nécessité de redoubler d’efforts pour rayonner et communiquer, aussi bien avec nos voisins et partenaires locaux qu’à l’échelle internationale.

Au Canada, l’expérience nous enseigne que les communications peuvent être un puissant outil pour unifier les gens de divers milieux vivant à de grandes distances les uns des autres. On observe le même effet aujourd’hui entre les frontières internationales.

Les communications sont le véhicule de notre diplomatie du savoir. Le 21e siècle appartient à ceux qui savent exploiter et améliorer notre capacité à communiquer.

C’est dans cet esprit que je souhaite que nous puissions continuer à œuvrer de concert pour bâtir le monde averti et bienveillant dont nous rêvons.

Merci.