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Nouvelles

Conférence de Fondations philanthropiques Canada

Toronto, le lundi 3 octobre 2011

 

C’est un véritable plaisir pour moi de m’adresser à vous à l’occasion de cette conférence, parce que nous partageons une même vision, celle d’un Canada fort, bâti avec l’aide de citoyens généreux.

Le Canada est un pays de donateurs. En 2007, 84 pour cent des Canadiens ont fait des dons en espèces. Cela représente des milliards de dollars qui sont versés chaque année à des causes valables telles que le soutien aux personnes défavorisées, le financement de la recherché, ou la construction de maisons de refuge, aussi bien au Canada qu’à l’étranger.

Notre esprit philanthropique ne se limite toutefois pas à cela. La philanthropie est en effet pour nous un mode de vie qui repose sur notre sens des responsabilités envers le pays. La philanthropie tient aussi bien de l’acte du don que de l’amour de l’humanité.

Peu importe ce que donnent les Canadiens, ils améliorent la vie des autres. Que ce soit en donnant selon leurs moyens ou par des gestes philanthropiques, en faisant du bénévolat ou en aidant des membres de la famille, des voisins, des amis ou même des inconnus, les Canadiens font constamment preuve de générosité au sein de leurs collectivités.

C’est justement ce que je veux inviter les gens à faire, c’est-à-dire à donner ce qu’ils peuvent à une cause qui leur tient à cœur. Et célébrons tous ceux apportent une contribution, sous quelque forme que ce soit, car ils comprennent vraiment l’esprit philanthropique de notre pays. Comme on le sait, il se passe des choses extraordinaires quand les gens unissent leurs efforts.

C’est la raison pour laquelle j’aimerais parler, aujourd’hui, de l’importance de la collaboration en ce qui a trait à la philanthropie et à la société même.

Notre histoire est truffée d’exemples à cet égard. Si l’on remonte à l’arrivée au Canada de Samuel de Champlain et de son équipage, ceux‑ci n’auraient pas survécu leur première année sans l’aide des Autochtones.

Au fil du temps, d’autres types de partenariats ont contribué à l’évolution de notre pays. Pensons à celui de Louis-Hippolyte LaFontaine, un francophone, et de Robert Baldwin, un anglophone, qui ont ainsi pu unir le Canada dans les années 1800. Il ne serait pas exagéré de dire que c’est grâce au partenariat que nous avons aujourd’hui un pays. À l’instar de LaFontaine et Baldwin qui ont fait œuvre de pionniers en collaborant malgré les barrières linguistiques et culturelles, nous pouvons accomplir des choses remarquables en travaillant ensemble.

Il n’est donc pas surprenant que la collaboration soit considérée comme un excellent outil pour aider les organisations à élargir leurs bases et à trouver des solutions aux problèmes sociaux de l’heure.

Qu’ils soient établis avec d’autres organismes à but non lucratif, avec des individus, des entreprises ou les ordres de gouvernement, au pays comme à l’extérieur, les partenariats donnent lieu à de nouvelles possibilités de don qui n’auraient pu exister autrement.

Les fondations philanthropiques et communautaires du Canada le savent bien.

Le Canada compte près de 10 000 fondations privées et publiques, chacune ayant ses propres buts. Ensemble, elles affectent plus de trois milliards de dollars par an à diverses causes.

Bon nombre d’organismes à but non lucratif comptent sur des fondations philanthropiques pour survivre. Il s’agit donc avant tout d’un partenariat mutuellement bénéfique.

L’organisme qui reçoit des fonds obtient non seulement une aide financière, mais également l’appui de la fondation, gage de légitimité et d’efficacité aux yeux du public.

Pour la fondation, cela peut servir à justifier son existence, en montrant qu’elle rend un service à la collectivité, en cernant les besoins et en s’assurant que l’organisme à but non lucratif est en mesure de les satisfaire.

De plus en plus, toutefois, nous devons vérifier si les fonds sont judicieusement dépensés. Nous devons veiller à ce que, une fois le financement de projets spécifiques assuré, l’organisme à but non lucratif soit financièrement capable de poursuivre son travail à long terme. Les donateurs doivent savoir que leur argent est versé pour une bonne cause, mais il importe également de savoir si l’organisme a une vision à long terme pour la collectivité et pour lui-même.

Nouer de nouveaux partenariats est une façon de renforcer une organisation.  

Je vais vous raconter une histoire qui illustre comment la collaboration peut aider à créer une organisation durable. 

En 1997, la collectivité de Carberry, au Manitoba, a reconnu qu’elle avait de pressants besoins. Des bénévoles ont alors contacté la société Midwest Foods Ltd. au sujet d’une parcelle de terrain de 40 acres sur lequel ils proposaient de cultiver des pommes de terre pour une campagne de financement. L’entreprise a accepté l’idée et fait don du terrain et de la semence. 

À force de travail, les bénévoles ont réussi à recueillir 40 000 $ cette année-là. C’est ainsi que la Fondation communautaire de Carberry et des environs est née d’un champs de patates! Jusqu’à maintenant, elle a versé plus de 497 000 $ en dons à Carberry et à la municipalité rurale de North and South Cypress et ce, grâce au dévouement de bénévoles et de philanthropes.

Ce sont vraiment les individus qui font la plus grande différence. Au Canada, de

82 à 85 pour cent des dons proviennent d’individus et de fondations familiales. Le reste provient d’entreprises et de diverses autres fondations subventionnaires.

De 1999 à 2000, par exemple, la Fondation Carberry a mené une campagne intitulée « le club des fondateurs », pour des dons individuels de plus de 1 000 $. Les dons ont été faits par des aînés ayant vécu toute leur vie dans les plaines de Carberry ainsi que par de jeunes couples, des entreprises, ainsi qu’une colonie huttérienne. Un don a même été fait en hommage à un ancien préfet. Une fois terminée, cette campagne a rapporté 80 000 $.

C’est une belle histoire de réussite, mais notre pays doit s’efforcer d’accroître la philanthropie, car en réalité, 62 pour cent des dons sont faits par 10 pour cent des donateurs, et ce taux n’augmente pas. Nous pouvons faire mieux pour répondre aux besoins grandissants. 

Il y a quelques années, aux États-Unis, Warrant Buffet, Bill Gates et David Rockefeller Jr ont lancé une initiative appelée « Great Givers » (les grands donateurs), le but étant d’obtenir des gens les plus riches la promesse de faire don de la moitié de leurs avoirs à une cause qui leur tient à cœur et ce, de leur vivant.

J’aimerais envisager l’adoption d’un tel concept et voir comment nous pourrions l’appliquer au Canada, avec les modifications appropriées. Dans une récente étude de la firme  Deloitte Center for Financial Services, il est prédit que le nombre de millionnaires au Canada atteindra les 32 pour cent d’ici 2020, avec des avoirs pouvant totaliser plus de six trillions de dollars. Que cette prévision se réalise ou non, il est certain qu’il y a au Canada de nombreux individus qui ont les moyens d’apporter une contribution financière majeure pour répondre à nos besoins sociaux.

Oui, nous sommes une nation soucieuse de servir autrui, mais il y a des défis que nous devrons surmonter pour accroître le taux de participation de donateurs, aussi bien du secteur privé que des individus. 

Le partenariat est le principal moyen d’attirer un plus grand nombre de donateurs et de fournir le plus grand nombre de services afin d’atténuer les effets négatifs des suppressions de services dans le secteur social. 

Alors comment pouvons-nous encourager tous les types de collaboration?

Je ne saurais trop insister sur l’importance de rassemblements tels que celui-ci, où des représentants de diverses organisations à travers le Canada se réunissent non seulement pour discuter des grandes questions qui les intéressent, mais également pour faire de nouvelles rencontres et découvrir de nouvelles possibilités de partenariat.

Lorsque j’étais président de l’Université de Waterloo, j’ai envisagé diverses options susceptibles d’augmenter le potentiel de cette institution, et j’étais ouvert à de nouvelles idées en vue d’aider la collectivité. Depuis que je suis gouverneur général, j’ai été à même de voir comment l’idée d’une personne et les efforts de collaboration d’une organisation ont permis de revitaliser une collectivité — dans des endroits comme l’île Fogo, à Terre-Neuve-et-Labrador, ou La Pocatière, au Québec, par exemple.

Je vous invite maintenant à explorer vos propres possibilités de collaboration.

Examiner de nouvelles idées, soyez innovateurs dans votre façon de penser, et vous trouverez sûrement des solutions aux problèmes sociaux de l’heure. N’oubliez pas, toutefois, que la philanthropie, tout comme le bénévolat, tient davantage du marathon que de la course de vitesse. Il ne s’agit pas tant de recueillir le plus gros montant d’argent que d’utiliser les fonds d’une manière plus judicieuse et efficace. La plupart du temps, les problèmes sociaux ne se règlent pas rapidement; c’est un processus qui requiert de la patience et, surtout, un plan d’action.

Maintenant que vous voici rassemblés pour planifier et examiner l’avenir de la philanthropie et du don au Canada, je vous encourage à imaginer le pays idéal, où le bénévolat et la philanthropie peuvent évoluer. En 2017, notre pays célébrera le 150e anniversaire de la  Confédération. Comment pourrions-nous utiliser cet événement historique pour nous fixer des buts de manière à pouvoir créer un pays toujours plus averti et bienveillant?

Les Canadiens doivent participer activement à la vie de leur collectivité pour en assurer la viabilité et aider les personnes dans le besoin. La philanthropie et le bénévolat peuvent nous aider à édifier un Canada fort.

J’espère que vous profiterez de cette conférence pour écouter ce que vous avez à dire les uns les autres et trouver de nouvelles façons d’unir vos efforts pour le bien de tous ceux qui comptent sur la bonté d’autrui.

Merci.