Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Nouvelle & événements
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Nouvelles

ARCHIVÉE: Discours devant les membres du Canadian Club de Vancouver

Information archivée dans le Web

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette information dans tout autre format de rechange par contactez webmestre@gg.ca.

Vancouver, le mercredi 28 septembre 2011

 

Je suis ravi de pouvoir m’adresser à vous, les membres du Canadian Club de Vancouver, maintenant ainsi la longue tradition des gouverneurs généraux qui ont prononcé des discours à l’intention des Canadian Clubs.

Il est d’ailleurs tout à fait à propos que nous soyons réunis ici, au Centre Ismaili, un lieu représentatif de la diversité que j’ai observée et l’esprit d’inclusion que nous pouvons tous célébrer.

Je suis particulièrement heureux d’être ici pour marquer la fin de ma première année comme gouverneur général. Mon épouse, Sharon, et moi avons eu le bonheur de traverser le pays de long en large, d’en redécouvrir les beautés et de rencontrer des Canadiens.

On me demande souvent ce qui m’a le plus surpris au cours de mes voyages. Je peux vous affirmer aujourd’hui que j’ai été surpris de constater à quel point notre pays est merveilleux.

Sharon et moi avons toujours été fiers de notre pays, mais l’année qui vient de s’écouler m’a permis de sonder le cœur et l’âme du Canada : il s’agit de ses gens, dans l’ensemble de ses communautés.

J'ai parlé aux Canadiens pour connaître leurs vues sur les façons de créer un pays meilleurs en vue du 150e anniversaire de la Confédération en 2017. C'est dans cet esprit que j'aimerais vous parler aujourd'hui d'une composante fondamentale de notre société, que j'ai d'ailleurs choisie comme l'un des piliers de mon mondat comme gouverneur général : il s'agit du bénévolat et de la philanthrophie.

Il y a tant de recherches qui ont été menées pour comprendre pourquoi les Canadiens font du bénévolat et des dons. Nous savons que près de la moitié des Canadiens font du bénévolat; nous savons que beaucoup d’autres apportent leur aide à la communauté d’une manière non officielle; et nous savons que 84 pour cent de la population fait des dons en argent. 

J’ai vu de mes propres yeux la bienveillance de notre nation. Au cours de l’année, j’ai rencontré de nombreux bénévoles qui donnent généreusement de leur temps et de leurs ressources. Ce sont eux qui ont aidé à faire du secteur bénévole du Canada l’un des plus vigoureux au monde.

L’histoire d’Habitat pour l’humanité est un exemple de ce que j’ai observé au cours de l’année. Cet organisme à but non lucratif aide à bâtir des logements à coût abordable à travers le pays. À Iqaluit, au Nunavut, j’ai eu le privilège de rencontrer les familles qui ont bénéficié des premières maisons à coût abordable qui y ont été construites par Habitat. J’ai pu voir à quel point ces familles étaient reconnaissantes envers la communauté qui les a aidées.

D’un bout à l’autre du Canada, des bénévoles ont construit 2 000 maisons en 25 ans. C’est tout un exploit! En fait, Habitat pour l’humanité vise à accroître son taux de production en bâtissant 2 000 autres maisons dans les cinq prochaines années. Le manque de logements abordables au pays est flagrant. Il nous incombe donc, ainsi qu’au gouvernement et aux entreprises du secteur privé, de faire notre part. Nous avons à cœur de subvenir aux besoins fondamentaux de nos concitoyens. 

Certes, la tâche ne sera pas facile, mais j’ai eu l’honneur de travailler aux côtés de bénévoles lorsque je les ai aidés sur des chantiers de construction. Je sais avec quel dévouement les membres de cette organisation se donnent, et je n’ai aucun doute sur leur conviction d’atteindre leur but.

Or, comment pouvons-nous nous attaquer à des problèmes sociaux aussi gigantesques? Comment pouvons-nous continuer à bâtir un secteur bénévole vigoureux? Quelles leçons pouvons-nous tirer de diverses collectivités au Canada et même d’autres pays autour du monde?

Aujourd’hui, j’aimerais vous exposer les 10 enjeux auxquels nous sommes confrontés, aussi bien en tant que Canadiens bienveillants qu’en tant que société bienveillante, et auxquels nous devrons trouver des réponses si nous voulons améliorer le bénévolat et la philanthropie au Canada.

Le premier enjeu consiste à définir les besoins de la communauté. Il s’agit non seulement de cerner les besoins de la communauté, mais également ceux des individus qui en font partie. Ont-ils besoin de logements abordables? De nourriture? De vêtements chauds? D’espaces de garderie plus nombreux? D’un plus grand nombre d’occasions d’emploi? D’éducation?

Organisez-vous et rassemblez-vous, comme cela s’est toujours fait, dans une grande salle, ou même en ligne, pour faire un relevé des besoins. Car ce n’est qu’une fois que le besoin est défini que nous pouvons trouver une solution et fournir à nos bénévoles et philanthropes un but concret à atteindre.

Le deuxième enjeu consiste à trouver une nouvelle définition du bénévolat.

Il ne fait aucun doute que les bénévoles ont toujours eu à cœur de résoudre les problèmes sociaux. De plus en plus, toutefois, nous sommes partagés entre notre désir d’aider autrui et le besoin de gagner notre vie. D’où la nécessité de trouver une nouvelle définition du bénévolat qui va au-delà de l’altruisme.

Cela me rappelle un récent passage à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, où j’ai eu l’occasion de visiter les services communautaires Stella Burry et le Hungry Heart Café. À Stella Burry, on offre non seulement des programmes d’aide aux gens dans le besoin, mais on exploite également des commerces, dont le Hungry Heart Café, qui donnent à ces personnes l’occasion de travailler dans un milieu où elles bénéficient d’un soutien.

C’est une façon de répondre à un besoin social, tout en faisant des profits générés par l’entreprise, des profits qui servent à financier les programmes. Bref, un merveilleux système cyclique. Ce type d’entreprenariat social est au cœur  de ce qui pourrait être une nouvelle définition du bénévolat.

Mon troisième point est relié à cette notion d’une nouvelle définition, mais vaut la peine d’être mentionné à part : il s’agit de l’innovation sociale.

Dans ce contexte, l’innovation sociale vise à concevoir de nouvelles idées pour améliorer notre façon de faire du bénévolat et des dons. Il s’agit de voir les choses sous un nouvel angle et d’imaginer ce qui pourrait être. De nous remettre en question et de remettre nos institutions en question afin de découvrir comment faire mieux. 

Il n’y a aucun doute que notre société évolue. Par exemple, si on s’arrête au profil démographique seulement, nous constatons que la population vieillit, avec tous les enjeux que cela représente. Comment nos collectivités vont-elles faire face à ce changement? Comment pouvons-nous nous préparer pour l’avenir? Comment le bénévolat changera-t-il avec de plus en plus de familles qui tentent de s’occuper de parents âgés?

Nous devons penser d’une manière innovatrice.

L’une de mes citations préférées est celle-ci de George Bernard Shaw : « Certains regardent les choses comme elles sont et demandent ‘Pourquoi?’. Nous rêvons de choses comme elles devraient être, et demandons ‘Pourquoi pas?’ ».

J’ai remarqué cela, lors d’une visite à La Pocatière, au Québec, une ville qui s’est transformée pour devenir un centre innovateur de recherche et d’apprentissage, ce qui a permis d’améliorer les perspectives d’avenir de tous ses résidants et d’accroître leur prospérité. 

Cette collectivité a donc vu le changement comme une occasion de progresser; elle est devenue florissante, fière de sa réussite et prête à faire face aux enjeux de la mondialisation qui se posent à nous aujourd’hui.

A mesure que je vous expose mes points, vous verrez qu’il y a tant de façons d’innover socialement. Je vous invite donc à examiner le secteur à but non lucratif pour voir comment vous pouvez vous attaquer aux problèmes sociaux d’une manière nouvelle et innovatrice, à la manière d’une nation avertie et bienveillante.

Une façon d’innover serait d’attirer un plus grand nombre de jeunes bénévoles et de les retenir. Savez‑vous que 78 pour cent du travail bénévole dans ce pays est accompli par une petite minorité de Canadiens, essentiellement des personnes plus âgées qui œuvrent pour le même organisme depuis longtemps? Ce qui m’amène au quatrième point de mon approche : combler le fossé des générations.

Les jeunes veulent faire leur part, ce que prouvent d’ailleurs les statistiques qui démontraient, il y a quelques années, que 58 pour cent des jeunes de 15 à 24 ans au pays étaient des participants actifs à la vie communautaire, alors que ce chiffre était de 36 pour cent seulement pour les personnes de 65 ans et plus.

Bien qu’il demeure difficile d’attirer des jeunes dans le secteur bénévole, le plus grand défi est de les y retenir. Les jeunes Canadiens sont généralement plus enclins à indiquer qu’ils ont abandonné le bénévolat parce qu’on n’avait cessé de demander leurs services ou parce qu’ils ne savaient pas comment s’impliquer davantage. Ils sont également plus portés à déclarer que leur expérience comme bénévole a été insatisfaisante.

Nous devons reconnaître la valeur ajoutée que représente l’inclusion des jeunes au secteur bénévole. Selon moi, il faut offrir aux jeunes Canadiens qui font du bénévolat non seulement une série de tâches, mais des perspectives intéressantes. En leur faisant assumer un certain niveau de responsabilité et la chance de découvrir ce qui les intéresse, nous accroissons leur importance au sein de l’organisation, ce qui les encourage à y rester.

Nous devons en outre les renseigner adéquatement sur l’organisation au sein de laquelle ils œuvrent comme bénévoles pour les inciter à continuer leur travail, s’ils le désirent.

Il va sans dire que nous devons prêcher par l’exemple. Notre tâche, en tant que parents, est d’élever nos enfants pour en faire des citoyens responsables, notamment, de leur faire comprendre l’importance du bénévolat et la valeur que cela ajoute à la communauté.

Le cinquième point que je veux mentionner  est la nécessité de faire en sorte que les bénévoles soient des partenaires communautaires actifs. Les besoins des bénévoles d’aujourd’hui évoluent, ce dont il faut tenir compte dans notre nouvelle définition du bénévolat. À l’instar des jeunes Canadiens, les bénévoles veulent en général sentir qu’ils apportent une contribution valable à leur communauté, en développant un bagage de compétences qu’ils n’auraient pu acquérir autrement.

Mais pour inciter les bénévoles et les bienfaiteurs à s’engager, il faut aller plus loin.

Les organisations doivent trouver des moyens innovateurs d’attirer de nouveaux bienfaiteurs.

Nous devrions, par exemple, envisager la possibilité de faire du bénévolat en équipe. Ainsi, une famille de bénévoles affectée à une tâche particulière peut répondre à un besoin, tout en satisfaisant un désir de passer du temps ensemble en cette époque où notre attention est dispersée dans tant de différentes directions.

Ou encore, pourquoi ne pas songer à des possibilités de mentorat, où un Canadien plus âgé pourrait transmettre ses connaissances et ses compétences à un plus jeune, qui poursuivrait ensuite le travail de bénévolat dont bénéficie la communauté.

Il y a tant de façons pour une organisation de soutenir l’intérêt des Canadiens et de rendre le bénévolat plus stimulant.

Les néo-Canadiens sont une tranche de la population que nous pouvons intéresser davantage à la philanthropie de la diaspora, qui est le sixième point de la démarche que je propose. J’entends par cela qu’un néo-Canadien, une fois installé dans ce pays et bien intégré, apporte sa contribution non seulement à son pays d’adoption, mais également à son pays natal.

Nombreux sont les nouveaux arrivants qui ont déjà l’habitude du don. S’ils choisissent notre pays comme terre d’adoption, c’est parce qu’ils y ont vu la possibilité d’une vie meilleure, pour eux et leurs familles; nous devons donc faire de notre mieux pour les accueillir et faciliter leur transition.

J’ai eu l’honneur d’assister à la cérémonie de prestation du serment de nouveaux Canadiens à l’occasion de la fête du Canada. J’ai pu voir la fierté sur leurs visages au moment où ils sont officiellement devenus des citoyens canadiens. Ces gens sont tout aussi désireux de contribuer au bien-être de ce pays que ceux dont les familles sont ici depuis des générations. Cette cérémonie a été très inspirante.

En appuyant les néo-Canadiens et en les encourageant à réussir, nous aidons notre pays à accroître l’action bénévole et philanthropique.

Cela m’amène à vous exposer mon septième point, soit le professionnalisme et le recrutement. Les organisations à but non lucratif ne peuvent fonctionner aujourd’hui comme elles le faisaient il y a des dizaines d’années. En 2007, les Canadiens ont fait des dons d’une valeur de 10 milliards de dollars; ces dons ont été versés à une multitude d’organisations à travers le monde, y compris à d’importants organismes à but non lucratif au Canada qui emploient des milliers de personnes à travers le pays. Pour optimiser pleinement les occasions, ces organisations doivent être exploitées d’une manière efficace. À cette fin, il est essentiel qu’elles puissent compter sur les compétences de professionnels qui sont souvent  recrutés à l’extérieur du secteur bénévole.

Le recrutement de ces professionnels aux multiples talents est obligatoire pour toute entreprise.

Or, les organisations à but non lucratif s’interrogent parfois sur la rentabilité de recruter des professionnels. La contribution de ces derniers a pourtant une valeur. Il nous faut donc attirer les meilleurs d’entre eux pour assurer le succès du secteur bénévole. Nous avons besoin de leurs idées, de leur ingéniosité et de leurs compétences. Encore une fois, une nation avertie et bienveillante. 

Nous devons par ailleurs définir ce que nous entendons par le professionnalisme au sein du secteur du bénévolat et de la philanthropie. Une organisation doit rendre des comptes à ses bienfaiteurs, à ses bénévoles et à tous ceux qu’elle aide. Elle doit accepter d’évaluer son rendement et de déterminer si ses ressources sont affectées judicieusement, aussi bien dans l’intérêt du bien collectif qu’aux frais administratifs.

La présence de professionnels permet également d’établir un lien de confiance entre les bienfaiteurs, les bénévoles et l’organisation même. Voyons le cas des Pays-Bas, par exemple, qui est le seul pays dont le secteur bénévole est plus vigoureux que le nôtre et où existe un bureau central de campagnes de financement, essentiellement chargé de contrôler les professionnels du secteur et de faire leur promotion à travers le pays. Quelles leçons peut  en tirer le Canada pour renforcer le professionnalisme au sein du secteur bénévole?

L’une des façons de bâtir un secteur bénévole vigoureux est de recourir à la collaboration, qui est mon huitième point. Lors de visites que j’ai effectuées à l’Île-du-Prince-Édouard et à Calgary, j’ai assisté à des rassemblements de chefs de file du secteur à but non lucratif, dont certains y participaient pour la première fois. J’ai pu observer les synergies que suscitent ces regroupements, avec des échanges d’information et des promesses de partenariats uniques.

Les partenariats traditionnels dans le secteur bénévole sont une forme de collaboration, mais pour réussir dans le monde d’aujourd’hui, nous devons en imaginer d’autres.

Il y a quelques années aux États-Unis, Warrant Buffet, Bill Gates et David Rockefeller Jr ont lancé une initiative appelée « Great Givers » (les grands donateurs). Le but est d’inviter les très riches à promettre de faire don d'au moins la moitié de leurs avoirs à des causes valables tout au long de leur vie, chacun étant libre d’appuyer les causes qui lui tiennent le plus à cœur.

J’aimerais que nous examinions ce concept pour voir comment il pourrait être appliqué au Canada, avec des modifications si nécessaire. Depuis très longtemps, la philanthropie joue un rôle majeur au Canada, en répondant à des besoins sociaux : pensons à nos universités qui ont souvent été établies grâce au don du terrain sur lequel elles ont été construites.

Il me vient un exemple à l’esprit. J’ai récemment eu le plaisir d’inaugurer le Centre Stephen Hawking du Perimeter Institute, à Waterloo, en Ontario. Cet institut de calibre international, voué à la physique théorique, a été conçu et mis en marche par Research in Motion, l’entreprise de Mike Lazaridis. Grâce à la générosité et à la vision de Mike, cet institut a pu voir le jour et continuer de croître.

Malgré l’intérêt que nous portons, en tant que nation, à servir autrui et le zèle que nous y mettons, nous avons des défis à surmonter pour accroître le taux de participation des bienfaiteurs, aussi bien chez les entreprises que chez les individus. 

Il est essentiel d’optimiser les dons au moyen de partenariats si nous voulons accroître les possibilités de dons et de bénévolat, ce qui devient de plus en plus important en raison des pressions exercées de nos jours sur le secteur des services sociaux. La question que nous devons donc nous poser est : quels types de partenariats voulons-nous?

Les partenariats entre le tiers secteur, le secteur privé et le secteur public et au sein de chacun d’eux s’avèrent les plus profitables pour les donneurs comme pour les récipiendaires et pour la société en général.

Il ne faudrait pas oublier un autre élément sur lequel repose notre croissance, soit l’éducation, qui est le neuvième point.

Dans ce contexte, l’éducation comporte deux facettes.

La première est l’éducation fournie par l’organisation même. Chaque organisation doit pouvoir justifier son existence, son but et pourquoi elle mérite vos dons en temps, en talent ou en argent. D’une façon plus générale, nous devons éduquer les gens sur le pourquoi du don.

Faire du bénévolat, ce n’est pas simplement travailler dans une soupe populaire, et donner ne signifie pas uniquement faire un don en argent; dans les deux cas, la générosité offre à d’autres la possibilité d’une vie meilleure, la possibilité de faire une différence dans sa communauté.

En éduquant le public, les organisations peuvent non seulement promouvoir leur propre cause, mais également rendre notre secteur bénévole plus vigoureux.

L’autre aspect de l’éducation est l’exemple que l’on donne. Comme je l’ai déjà dit, c’est à la maison que tout commence, lorsque nous enseignons à nos enfants, en joignant la parole à l’action, l’importance d’être généreux. Dans certaines provinces, cette éducation se poursuit à l’école, où l’on exige des heures de bénévolat pour l’obtention du diplôme d’études secondaires. Peu importe comment, l’éducation devrait permettre d’établir un solide bassin de bienfaiteurs, ce qui est essentiel à notre société.

Le dernier point que je veux souligner est l’importance d’honorer tous les bénévoles canadiens. Quand je dis honorer, je ne parle pas uniquement de l’octroi de récompenses, ce que font de nombreux organismes et ordres de gouvernement. Ce que je veux dire, c’est que nous devrions souligner le travail dévoué qu’accomplissent tous les Canadiens qui participent activement à la vie de leur communauté, y compris ceux qui se donnent pour les autres, souvent de manières que l’on ne perçoit pas comme du « bénévolat ». Selon l’indice du don dans le monde, 68 pour cent des Canadiens appuient leur communauté en aidant un inconnu.

Aider un ami qui déménage; tondre la pelouse d’un voisin; contacter régulièrement une personne âgée de la famille pour s’assurer que tout va bien; ou même payer le café d’un inconnu qui est derrière vous quand vous passez une commande à l’auto. Voilà des gestes qui nous montrent comment être une nation bienveillante. On peut donc imaginer combien de bonnes œuvres  passent inaperçues.

Un de mes prédécesseurs, le très honorable Roméo LeBlanc, a créé le Prix du Gouverneur général pour l’entraide, il y a 15 ans, pour rendre hommage aux Canadiens du pays qui contribuent d’une façon majeure au bien-être de la collectivité. Il savait toute l’importance de souligner le travail des héros méconnus qui appuient nos collectivités. J’estime qu’il est de mon devoir, en tant que gouverneur général, de reconnaître toutes ces personnes qui ont fait de notre pays un lieu où il fait bon vivre. Je suis impatient de mettre pleinement à profit le Prix pour l’entraide durant mon mandat. 

Il y aurait tant à dire sur tous les points que j’ai soulevés, ce que je compte bien faire tout au long des visites que j’effectuerai à travers le pays dans la prochaine année. Aujourd’hui, je vous invite à réfléchir à ce que j’ai dit et à trouver des façons d’apporter votre contribution à l’avenir du Canada.

J’ai mentionné des collectivités que Sharon et moi avons eu le plaisir de visiter au cours de l’année. Malgré les nombreux enjeux auxquels notre pays fait face, aussi bien du point de vue économique que social, j’ai vu ces collectivités faire preuve d’innovation pour améliorer la vie de leurs résidants. En renforçant le secteur bénévole, nous renforçons le Canada.

Il y a un an, dans mon discours d’installation, j’ai exposé ma vision du Canada, celle d’un pays averti et bienveillant. J’ai vu à quel point nous sommes un peuple averti et bienveillant, et Sharon et moi n’avons jamais été aussi fiers d’être Canadiens.

Maintenant, je vous mets au défi, alors que nous nous apprêtons à entamer une nouvelle année, à célébrer des événements marquants en 2012, et à souligner notre cent cinquantenaire en 2017, de voir comment nous pourrions devenir plus bienveillants, comment y parvenir avec intelligence et comment créer un Canada meilleur.

En terminant, j’aimerais citer les paroles d’un autre de mes prédécesseurs, lord Byng, qui a dit un jour : « Soyez aussi grands et faites preuve d’une intelligence et d’une âme aussi remarquables que le pays dans lequel vous vivez. »

Les Canadiens ont accompli de grandes choses par le passé. Aujourd’hui, nous accomplissons encore beaucoup. Prouvons au reste du monde que nous sommes capables de faire encore beaucoup plus à l’avenir.

Merci.