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ARCHIVÉE: Allocution prononcée à l’Université de la Saskatchewan

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Saskatoon, le mardi 13 septembre 2011

 

En 1979, j’ai été nommé vice-chancelier et recteur de l’Université McGill; je dois dire que j’étais un très jeune et naïf recteur.

On m’a alors demandé de prononcer un bref, chaleureux et inspirant discours de remerciement. Je me suis donc dit, voilà ce que je dois faire : me lever pour parler, parler pour être entendu, puis m’asseoir pour être apprécié.

Dès le premier mois, l’Université a dû faire face à un train de réductions budgétaires draconiennes. Or, Hydro-Québec offrait à ce moment-là de généreuses subventions d’équipement pour remplacer des appareils manuels par des appareils utilisant l’électricité, une ressource qui était très économique à l’époque. Nous avons donc sauté sur cette occasion en or et remplacé, entre autres, les distributeurs d’essuie-mains dans toutes les salles de toilettes par des sèche-mains électriques.

Fier de cette brillante décision digne du meilleur leadership, je suis allé inspecter ces appareils. Le premier que j’allais voir était installé dans les toilettes pour hommes de l’édifice de la faculté de génie. Je vois donc ce superbe appareil, tout neuf et d’un blanc éclatant. Cependant, je remarque qu’il y a déjà un graffiti au-dessus du bouton d’activation. Voici ce qui était inscrit : « Appuyez sur ce bouton pour un bref, chaleureux et inspirant message de votre recteur. »

Permettez-moi d’abord de vous dire à quel point je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui sur ce superbe campus en bordure de la rivière Saskatchewan Sud.

J’attends depuis longtemps de faire cette visite, et je suis particulièrement ravi d’être ici, en ce début d’année universitaire. Ayant passé la plus grande partie de ma vie dans le milieu universitaire, je connais très bien ce moment excitant, plein de promesses et de possibilités.

Jusqu’au 30 septembre dernier, je n’avais jamais eu un  véritable emploi. Après avoir fait mon entrée à l’université à l’âge de 18 ans, j’ai trouvé ce milieu tellement agréable et attirant que je ne l’ai jamais quitté avant l’âge de 69 ans. En fait, je suis encore en congé sans solde (renouvelable) du cabinet d’avocats qui me l’avait accordé pour que je puisse être professeur de droit.

Cela dit, tout ce qui importe dans la vie, je l’ai appris de mes cinq enfants, cinq filles qui œuvrent toutes dans la fonction publique. Alors, quand j’ai eu l’honneur de me voir offrir le poste que j’occupe maintenant, j’ai coupé le cordon ombilical qui me rattachait à l’université et j’ai suivi mes enfants dans le vrai monde.

À la même période, l’an dernier, je me préparais à assumer mon rôle actuel, et vous seriez surpris d’apprendre qu’il y a de nombreux points communs entre être un étudiant, un professeur ou président d’université, ou le gouverneur général. Dans chacun de ces rôles, en effet, nous ne cessons jamais d’apprendre.

C’est ainsi que cela doit être, d’ailleurs. Lorsque nous sommes à notre meilleur, que nous sommes le plus énergique et le plus conscient, tout devient apprentissage. Au cours de cette année, je me suis entretenu avec des Canadiens de tous les milieux sur l’importance de l’apprentissage et de l’innovation dans notre société. En 2017, nous célébrerons le 150e anniversaire de la Confédération. J’estime que cette date importante nous en offre une occasion tout aussi intéressante.

Une occasion d’imaginer un Canada toujours plus averti et bienveillant. Pour cela, nous avons besoin des gens de la Saskatchewan. 

Comme l’écrivait l’auteur Noah Richler dans ses voyages littéraires à travers la Saskatchewan, ce paysage de prairie a tant de fois suscité les visions les plus grandioses.

Souvent, ces visions ont changé le Canada pour le mieux. Par exemple, notre système public et universel de soins de santé a été façonné et introduit en Saskatchewan, avant d’être adopté dans d’autres provinces, puis dans l’ensemble du Canada. Ce concept visant à offrir  des soins de santé de base à tous les citoyens est maintenant considéré comme un élément clé du contrat social qui lie notre pays ensemble. Un système qui fait l’envie du reste du monde, à bien des égards.

Évidemment, rien n’est parfait et nous luttons pour améliorer les choses, mais notre succès est remarquable. Rappelons-nous de la situation avant cette grande réalisation.

En Saskatchewan, les gens savent que le succès n’est pas dû au hasard. Tout comme dans le cas de notre confédération, notre contrat social et nos institutions sont l’aboutissement d’années de réflexion sur la nature de la société canadienne.

Il en est ainsi également des extraordinaires réalisations de l’Université de la Saskatchewan, qui sont le fruit d’études approfondies et de grands efforts de votre part et de la part de vos prédécesseurs. Des réalisations dans des domaines importants tels que l’agriculture, l’énergie et les ressources, les sciences de la santé, la sécurité de l’eau, les études autochtones et la physique des particules.

Ce que nous démontrent ces accomplissements, c’est que vous comprenez le lien crucial entre l’apprentissage, l’éducation, l’innovation et notre bien-être collectif.

J’estime depuis longtemps que l’apprentissage est d’une importance vitale pour notre société. Le cimier des armoiries qui m’ont été concédées lorsque je suis devenu gouverneur général comporte l’image d’une bougie allumée. La flamme symbolise non seulement l’illumination, mais également la transmission des connaissances d’une personne à une autre. En apprenant et en partageant ce que nous savons, nous renforçons et éclairons nos collectivités et notre pays.

L’apprentissage, c’est encore plus que cela. C’est la clé qui mène à l’innovation, c’est‑à‑dire à la conception d’idées nouvelles permettant d’améliorer notre façon de faire les choses. Dans notre monde en constante évolution, où les frontières de la connaissance ont aboli les frontières terrestres et maritimes, c’est la capacité d’innover, tant du point de vue social que technologique, qui déterminera notre qualité de vie.

Ken Dryden en parle dans son merveilleux livre intitulé Becoming Canada, lorsqu’il écrit ceci :

« Quand nous pensons au Canada, nous pensons au monde entier. Et l’avenir du monde repose clairement sur l’apprentissage et sur la bonne entente. »

Si je fais appel à votre sens du devoir pour bâtir un Canada toujours plus averti et bienveillant, un monde plus juste, c’est que je compte sur votre aide. Pour ne citer que le régime universel de soins de santé ou les découvertes sur les particules subatomiques du synchrotron, la Saskatchewan est connue pour son leadership et son ingéniosité à travers le Canada et le monde. Quant à ceux parmi vous qui venez d’arriver dans cette université, cette province ou ce pays, sachez que vos idées et votre énergie sont non seulement appréciées, mais essentielles.

Je vois dans la splendide architecture gothique de ce campus un symbole de l’esprit des lieux. L’utilisation de matériaux locaux, le respect de la tradition et le désir de restaurer d’une manière innovatrice ainsi que le remarquable travail de maçonnerie sont pour nous tous une source d’inspiration.

Comme le ciel des prairies, ces tours et cette communauté nous incitent à porter notre regard vers le haut et à imaginer tous les possibles.

Pour m’inspirer de l’illustre auteur britannique, George Bernard Shaw, « Certains regardent les choses comme elles sont et demandent ‘Pourquoi?’. Nous rêvons de choses comme elles devraient être, et demandons ‘Pourquoi pas?’ ».

Merci.