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ARCHIVÉE: Allocution devant les étudiants du Collège du Yukon

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Whitehorse, le jeudi 10 février 2011

 

Mon épouse Sharon et moi sommes très heureux d’être parmi vous ici, à Whitehorse, alors que nous entamons notre première visite officielle au Yukon.

Permettez-moi tout d’abord de remercier Linda Harvey, qui a interprété cette belle chanson de bienvenue.

Depuis mon installation comme gouverneur général en octobre dernier, nous avions hâte de nous rendre au-delà du 60e parallèle pour vous parler et pour nous familiariser avec votre mode de vie, dans cette superbe et historique région du pays.

Il est particulièrement intéressant, en ce moment, de visiter le Collège du Yukon. Je sais qu’il y a quelques années, lorsque ce campus a quitté les rives de la rivière Yukon pour s’installer ici, l’aînée Angela Sydney l’avait surnommé Ayamdigut, un mot tlingit qui signifie, je crois, « elle s’est levée et est partie ». C’est en même temps une merveilleuse façon de décrire l’énergie et le dynamisme des étudiants et du corps professoral du Collège du Yukon, et des gens du Nord en général.

Les gens du Nord sont vraiment en mouvement ces temps-ci, ce qui ne passe pas inaperçu aux yeux du monde entier.

Un excellent exemple à cet égard est le Centre d’excellence pour la recherche ici, au Collègue du Yukon, qui a réalisé de grands progrès dans le développement d’une économie du savoir pour le bien des Yukonnais. Nous venons d’apprendre qu’une délégation du Centre est en Europe du Nord, à l’heure actuelle, pour nouer des partenariats dans les domaines du changement climatique et de la technologie énergétique, et je tiens à vous féliciter pour votre succès.

Les régions subarctiques du monde entier se tournent vers le Yukon pour des solutions intelligentes au problème du changement climatique. Le Centre d’innovation en climat froid du Collège du Yukon aide les nordistes à s’adapter au changement climatique.

Les paysages, les habitants et les cultures du Nord ont longtemps suscité notre intérêt et notre imaginaire collectifs. Par le passé, cela a souvent signifié que l’histoire du Nord a été façonnée par des gens de l’extérieur.

Mais depuis un certain temps, le Nord du Canada se réinvente. Outre votre leadership en recherche et innovation sur le changement climatique, vous ouvrez de nouvelles voies dans les secteurs de l’éducation et la formation, des langues indigènes, et des études circumpolaires.

Ces développements sont vraiment stimulants, mais l’ingéniosité des gens du Nord ne date pas d’hier. Au fil des générations, les Yukonnais ont adopté de nouvelles méthodes et technologies appropriées à leur mode de vie.

Prenons l’exemple du commerce des fourrures au 19e siècle, lorsque les Premières Nations du Yukon ont échangé des peaux pour des articles européens. L’histoire nous dit que les commerçants des Premières Nations n’acceptaient que les articles qui étaient utiles pour leurs sociétés. En assortissant les nouvelles techniques ainsi acquises et leur savoir traditionnel, les Autochtones ont pu bénéficier de la traite des fourrures.

Cela me rappelle le corbeau, emblème aviaire du Yukon, que l’on retrouve dans beaucoup de récits des Premières Nations. Cet oiseau très intelligent et astucieux est réputé pour sa capacité de saisir les bonnes occasions.

Je me suis donné pour but, durant mon mandat comme gouverneur général, d’aider à faire du Canada un pays véritablement averti et bienveillant. J’entends par cela un pays où tous les Canadiens pourront réussir, apporter leur contribution et développer pleinement leurs talents. Nous voulons un pays qui accroît et applique les connaissances de ses citoyens afin de pouvoir améliorer la qualité de vie de tous — tant au pays qu’à l’étranger.

Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire, selon moi, de mettre l’accent sur les trois piliers suivants :

- appuyer les familles et les enfants;
- encourager la philanthropie et le bénévolat;
- accroître l’apprentissage et l’innovation.

Aujourd’hui, j’aimerais vous faire part de mes idées sur l’apprentissage et l’innovation.

Je ne connais pas d’autre pays qui ait déployé autant d’efforts que le Canada pour assurer l’égalité des chances. Les Canadiens peuvent et doivent être fiers de leurs systèmes d’éducation publics, grâce auxquels les élèves canadiens ont un accès universel aux études primaires et secondaires. Ici, au Yukon, les élèves ont accès à des professeurs de langues indigènes, grâce essentiellement aux efforts du Centre des langues autochtones du Yukon.

Cela dit, il reste encore beaucoup à faire. Par exemple, que peut-on faire pour encourager l’apprentissage et l’innovation  afin de réaliser notre vision d’un Canada plus averti et plus bienveillant? Comment poursuivre notre quête d’excellence tout en favorisant l’égalité des chances pour tous les Canadiens?

J’estime que nous devons continuer d’innover autant du point de vue social que technologique pour offrir aux gens l’éducation, les compétences et la formation dont ils ont besoin pour s’épanouir et prospérer dans notre monde planétaire, et que nous devons le faire avec originalité.

Alors, comment allons-nous nous y prendre?

Premièrement, il nous faut innover socialement, c’est-à-dire dans notre manière d’investir dans la vie des gens, dans leurs écoles et dans leurs milieux de travail.

Nous devons chérir nos enseignants, puisqu’ils se donnent la peine de nous inspirer, de nous encourager et de repousser nos limites. Bon nombre d’entre vous ont appris des leçons et des histoires d’une valeur inestimable au contact des aînés de vos communautés, et quiconque a le moindrement réussi dans la vie peut attribuer son succès aux enseignants et aux mentors qui l’ont aidé à un moment ou à un autre.

Il importe également de nous assurer que les membres des Premières Nations aient le même accès que tous les Canadiens à une éducation et une formation de qualité. À cet égard, le Collège du Yukon est un chef de file, avec ses 13 campus qui offrent des cours en classe ainsi qu’à distance, soit par vidéoconférence ou en ligne.

Je tiens en outre à féliciter votre département des Initiatives des Premières Nations qui aide à mieux faire apprécier et comprendre la culture, l’histoire et le savoir traditionnel autochtones auprès des non‑Autochtones. Le Canada averti et bienveillant que nous cherchons à devenir reconnaît que, malgré tout ce que nous avons en commun, nous avons également beaucoup à apprendre les uns des autres.

Nous devons également trouver de meilleures façons d’intégrer au marché du travail les nouveaux immigrants qui sont hautement qualifiés et très instruits et ce, au Yukon comme dans le reste du Canada.

Demain, nous visiterons Old Crow, qui fut le premier lieu d’habitation humaine au Canada. Je sais que l’apprentissage et l’éducation sont des priorités chez les gens d’Old Crow, ce hameau qui est le plus septentrional du Yukon.

Il y a sans doute, dans le fait de vivre dans le Nord, quelque chose qui se prête à l’acquisition continue du savoir. Pierre Berton, ce grand Yukonnais, a écrit ceci :

« On dit qu’après cinq ans dans le Nord, chaque homme est un expert; après dix ans, il est un novice. » Ce que voulait dire M. Berton, c’est que la vie au Yukon nous rend modeste, car il y a toujours plus à apprendre.

En effet, l’apprentissage ne se termine jamais dans un lieu tel que celui-ci. Et dans un monde planétaire, les horizons sont illimités, autant pour les Yukonnais que pour tous les Canadiens. Je suis convaincu que, plus que jamais, le savoir est la pierre d’assise d’une société, et l’innovation est l’outil qui permet de l’améliorer.

Or, tout commence par l’apprentissage. C’est par l’apprentissage que les gens acquièrent la fierté qui habilite leurs familles, leurs collectivités et leur pays. Je l’ai constaté tout au long de ma vie, en tant qu’étudiant  et pédagogue, et je sais que vous êtes nombreux ici à vouloir faire profiter vos propres communautés de votre éducation et de vos compétences.

Sur l’écu de mes nouvelles armoiries figure une bougie allumée. Cette bougie symbolise non seulement un esprit éclairé, mais également la transmission des connaissances d’une personne à l’autre. Le partage du savoir éclaire et enrichit nos collectivités et notre pays.

L’empressement avec lequel vous avez appris mérite d’être souligné, et je vous félicite  pour le dévouement dont vous avez fait preuve envers vos communautés. Je sais qu’avec les récents développements dans le Nord canadien, la région est qualifiée de « nouveau Nord » par certains, mais votre esprit d’entraide n’est pas une nouveauté.

Ayant bâti une nation qui apprend, le Canada doit également promouvoir une nation compatissante, une nation ouverte sur le monde. Le partenariat et les liens que le Collège du Yukon a noués avec des écoles et des instituts ailleurs au Canada et à l’étranger favorisent l’émergence de nouvelles générations de nordistes ouverts sur le monde.

Je sais qu’un certain nombre d’étudiants viennent de l’Université Meiji au Japon, et j’aimerais en profiter pour vous accueillir chaleureusement, au nom de tous les Canadiens.

À mesure que vous développez votre culture d’apprentissage permanent et d’innovation, imaginez ce que le Yukon deviendra dans les années à venir. Imaginez l’exemple que vous donnerez au reste du Canada.

Le Yukon se définira comme un territoire averti, où les gens auront les outils dont ils ont besoin pour développer de nouvelles idées et des solutions innovatrices en classe, dans les laboratoires et en milieu de travail. Le Yukon se définira également comme un endroit bienveillant, puisque vous accordez une très grande priorité à l’importance d’aider les gens qui vivent des situations difficiles, grâce à l’éducation permanente, au développement des compétences et à la formation.

C’est ainsi que vous continuerez d’encourager tous les Canadiens à penser et à rêver grand, comme les Yukonnais l’ont toujours fait.

En terminant, je suis heureux de vous dire que notre aventure se poursuivra au-delà de cette merveilleuse visite. Je viens d’apprendre que le Collège du Yukon participera désormais au programme de la médaille académique du gouverneur général. Cela signifie que, le printemps prochain, l’un ou l’une de vous recevra la Médaille académique du Gouverneur général pour votre réussite scolaire. Toutes mes félicitations.

Merci.