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ARCHIVÉE: Déjeuner annuel de la 16e remise des prix pour la philanthropie

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Toronto, le jeudi 2 décembre 2010

 

Je vous remercie de m’avoir invité à vous entretenir d’un sujet auquel j’accorde, comme tous les Canadiens, une grande importance.

Permettez-moi d’abord d’exprimer toute ma gratitude envers chacune et chacun des lauréats d’aujourd’hui et de féliciter l’Association of Fundraising Professionals à l’occasion de son 50e anniversaire. Je suis honoré de me joindre aux célébrations soulignant votre œuvre remarquable en tant que bénévoles, bienfaiteurs ou solliciteurs de fonds.

Vous avez tous répondu à l’appel du devoir.

J’aimerais également rappeler à quel point votre travail est difficile. Ayant participé tout au long de ma vie à des campagnes de financement pour diverses causes, je sais qu’il n’est jamais facile de demander aux gens de donner de leur temps, de leur argent et de leur énergie.

Depuis mon installation, j’invite les Canadiens à se joindre à moi pour imaginer ce que pourrait être notre pays. Nous cherchons à devenir une nation éclairée et bienveillante, où tous les Canadiens peuvent réussir, contribuer au mieux-être de la société et développer leur plein potentiel. Nous voulons que le Canada soit un pays qui accroît et met en application les connaissances de ses citoyens afin de pouvoir améliorer le sort de tous, tant au pays qu’à l’étranger.

Cette vision repose sur trois piliers que j’ai évoqués : soutenir les familles et les enfants; accroître l’apprentissage et l’innovation; et encourager la philanthropie et le bénévolat.

Je crois qu’un renouveau de l’esprit philanthropique et bénévole, l’esprit du don, est essentiel à la création du Canada que nous envisageons, un Canada plus éclairé et plus bienveillant.

Vous qui êtes des professionnels de l’organisation de campagnes de financement, savez à quel point les Canadiens sont généreux. Le secteur canadien des organismes à but non lucratif et des organisations bénévoles est le deuxième en importance au monde, par habitant, avec plus de 10 milliards de dollars par année en dons de bienfaisance. Environ la moitié de la population du Canada fait du bénévolat, et 85 pour cent de nous apportent une aide au sein de leurs communautés.

Les Canadiens sont à juste titre réputés pour leur générosité. Dans son livre intitulé Terry, Douglas Coupland se rappelle avoir vu le nom de milliers, et de milliers de Canadiens dans les archives de Terry Fox. Selon lui, « collectivement, ces noms témoignent d’un élément divin — notre nation, notre foyer et notre âme ».

Les exemples de générosité et de charité abondent d’un bout à l’autre du pays, mais les besoins ne cessent de s’accroître. Au cours des dernières décennies, le nombre d’organismes caritatifs au Canada a sensiblement augmenté. Les campagnes de financement sont de plus en plus complexes, les bienfaiteurs ont des attentes plus élevées, et les bénévoles sont de plus en plus en demande.

Comment pouvons-nous satisfaire tous ces besoins?

Il faudra à tout prix avancer de nouvelles idées et faire preuve d’imagination pour répandre l’esprit du don.

Nous savons, par exemple, que les Canadiens qui font du bénévolat dès leur jeune âge continuent généralement de le faire tout au long de leur vie. C’est pourquoi la province de l’Ontario oblige maintenant les élèves du secondaire à accomplir au moins 40 heures de volontariat avant la fin de leurs études.

L’évolution démographique au Canada nous offre également de nouvelles possibilités. Ainsi pouvons-nous mobiliser les retraités énergiques et talentueux ainsi que les néo-Canadiens, qui sont d’inestimables sources d’expérience professionnelle et internationale. Leur contribution est essentielle à la création du pays dont nous rêvons.

Et dans ce monde caractérisé par une citoyenneté active, les bénévoles et les bienfaiteurs d’aujourd’hui élargissent l’idée que nous nous faisons de l’altruisme. Est-il possible, alors, de réorienter notre esprit de manière à ce que la notion du don soit considérée à la fois comme un droit et une responsabilité, avec des avantages réciproques pour le donateur, le récipiendaire et la société en général?

Dans une démocratie, chacune et chacun a quelque chose à donner.

Vous tous le comprenez. Les premiers colons de ce pays comprenaient très bien, eux aussi, l’importance de leur dépendance l’un envers l’autre. Le premier gouverneur du Canada, Samuel de Champlain, a dit que sa colonie de Port Royal n’aurait jamais survécu son premier hiver, en 1605, n’eut été de l’aide généreuse des Premières Nations locales.

Plus tard, les habitants de notre jeune pays, alors essentiellement rural, s’entraidaient pour bâtir des granges et des communautés, dans l’espoir d’une vie meilleure pour leurs enfants.

De leurs efforts communs est né le système d’éducation public canadien, qui est le fondement de notre société éclairée et bienveillante.

Notre cause est une cause commune. Comme l’a déjà fait observer l’historien Harold Innis, « La plupart des gens qui sont à l’avant‑garde ont le regard axé de tous côtés. » Chacun de nous a le droit, et l’obligation, de donner et d’aider selon ses moyens.

Il y a une vingtaine d’années, mère Teresa est venue à Montréal. L’une de nos voisines, émue par le travail de cette religieuse auprès des pauvres de Calcutta, lui a demandé ce qu’elle pourrait faire pour l’aider. Mère Teresa a répondu, « Vous n’avez qu’à regarder autour de vous. Dans votre quartier, il y a une famille qui a besoin de vos soins et de votre amour. »

Peu de temps après, j’ai lu un article critiquant l’œuvre de Mère Teresa. Dans son refuge à Calcutta, elle offrait son secours à quelque 200 personnes, dans une ville qui compte des millions de personnes vivant dans la pauvreté la plus absolue. Cet article décrivait son travail comme n’étant qu’une goutte d’eau dans l’océan. Quelques semaines plus tard, j’ai compris en quoi cette critique me paraissait  mal avisée, étant fondée sur un principe de physique, plutôt que de chimie.

Je m’explique. À l’époque, mes filles, âgées de 2 à 9 ans, critiquaient ma façon de les divertir lors de leurs fêtes d’anniversaire. Elles me disaient : « Pourquoi ne donnes-tu pas un spectacle de magie comme le fait M. MacFarlane plutôt que de raconter des histoires de fantômes auxquelles personne ne croit? »

En ce temps-là, Andy MacFarlane était le recteur de la faculté de journalisme à l’Université Western et moi, le recteur de la faculté de droit. Étant assez compétitif de nature,  j’ai décidé d’assister à la fête d’anniversaire suivante qui avait lieu chez les MacFarlane, où Andy s’était déguisé en magicien avec une longue cape et de grosses manches bouffantes. Il a commencé à faire un tour de magie au cours duquel il allait transformer l’eau en vin. Prenant un verre d’eau, l’a soulevé dans les airs et a prononcé le mot magique « Abracadabra! ». Il a ensuite dissimulé le verre sous ses manches et a exécuté une pirouette de 360 degrés, tout en ajoutant quelques gouttes de teinture rouge dans le verre, sans que personne ne s’en aperçoive. Une fois le verre sorti de sous ses manches, l’eau était devenue d’une belle couleur rose.

C’est à ce moment que j’ai pris conscience de la façon dont mère Teresa changeait la culture de Calcutta, et même celle du monde. C’est la transformation de l’eau, et non ce qui y avait été ajouté, qui améliorait la vie de tant de familles.

C’est le même but que poursuivent, partout au Canada, des bénévoles et des philanthropes, transformant leurs communautés grâce à leur bonté de cœur et leur générosité.

L’écrivaine et activiste June Callwood a dit : « Traiter autrui avec beaucoup d’égards, voilà ce qui va sauver le monde. »     

Nous sommes réunis ici pour honorer votre compassion et votre générosité. Au nom de tous les Canadiens, je vous remercie, lauréats et lauréates, pour vos remarquables efforts, et je remercie également la succursale de Toronto de l’Association of Fundraising Professionals pour son leadership exemplaire.  

J’aimerais également profiter de l’occasion pour demander votre aide et vos idées pour renouveler l’esprit du don au Canada. En 2017, le Canada célébrera son 150e anniversaire, et la contribution des professionnels de campagnes de financement sera essentielle à l’édification d’une nation plus éclairée et plus bienveillante.

Permettez-moi de terminer avec cette citation de George Bernard Shaw :

« Certaines personnes voient les choses et se demandent “pourquoi?
Nous rêvons de choses qui n’existent pas encore et nous demandons “pourquoi pas?” »

Je vous remercie.