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ARCHIVÉE: Remise des Prix littéraires du Gouverneur général

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Rideau Hall, le jeudi 25 novembre 2010

 

Bonsoir.

Nous sommes très heureux, Sharon et moi, de vous accueillir à Rideau Hall. Nous sommes ici ce soir pour célébrer la littérature et ceux et celles qui ont aidé à façonner le paysage littéraire du Canada.

Mes petits-enfants me surnomment « grand-papa livre ». Comme vous vous en doutez, ce n’est pas sans raison, car ils me voient toujours avec un livre à la main. J’essaie de leur raconter des histoires qu’ils n’ont jamais entendues auparavant, mais, évidemment, il y en a que je me plais toujours à raconter de nouveau.

Je suis un promoteur de la littérature, mais je suis également un lecteur enthousiaste. Les livres nous ouvrent de magnifiques portes vers des lieux que dessine notre imagination. Ils nous font connaître des personnes, réelles ou imaginaires, et nous enseignent des leçons dont nous nous souvenons toute notre vie durant.

J’aimerais citer ces mots de Réjean Ducharme, que Barbara Bay avait traduits en anglais : « Un livre est un monde, un monde fait, un monde avec un commencement et une fin. Chaque page d'un livre est une ville. Chaque ligne est une rue. Chaque mot est une demeure. Mes yeux parcourent la rue, ouvrant chaque porte, pénétrant dans chaque demeure. »

Je ne perds pas une occasion de faire découvrir à mes petits-enfants les mondes qu’ils n’ont encore jamais vus. Et à travers eux, j’explore de vieux mondes d’un œil nouveau.

C’est pourquoi je suis si ravi d’être ici, avec  certains des plus grands auteurs de romans et d’ouvrages généraux, poètes, illustrateurs, traducteurs et dramaturges du Canada, pour souligner les œuvres parmi les plus remarquables de l’année.

Et quelle année ce fut pour la littérature canadienne — livres en anglais et en français, pièces de théâtre et poésie de tous genres, de tous types et pour tous les âges. Les créateurs eux‑mêmes sont aussi diversifiés que leur production, pourtant si fondamentalement canadienne.

J’aime beaucoup découvrir de nouveaux auteurs, d’autant plus lorsque ce sont des Canadiens, car je peux ainsi m’identifier davantage à la voix de l’écrivain. Je peux dire que cet auteur, tout comme moi, comme vous, comme toute la population canadienne, aide à définir l’identité de notre pays, ce qui devient possible à la condition de vouloir y prêter notre attention.

Dans mon discours d’installation, j’ai parlé d’une nation éclairée et bienveillante.

Robertson Davies a écrit ceci : « Une nation sans littérature n’est pas une nation. » Or, j’ajouterais qu’une nation qui ignore sa littérature et ses langues, qui n’enseigne pas aux enfants et ne les encourage pas suffisamment à lire et à écrire n’est pas une nation non plus, ou du moins, c’est une nation sans âme et sans inspiration.

L’alphabétisation, qui est à la base de tout apprentissage, est un élément fondamental de notre système éducatif et une partie importante de notre quotidien. Par la lecture, nous apprenons que l’anglais et le français ont évolué avec le temps, et nous apprenons nous-mêmes à écrire. Ce n’est qu’en lisant et en écrivant que nous pouvons réellement apprécier nos langues. En ouvrant un livre, en prônant la qualité de l’éducation, nous encourageons non seulement l’appétit pour les mots, mais nous suscitons un une passion pour la langue qui nous habite pendant toute la vie.

Dans sept ans, notre pays célébrera le 150e anniversaire de la Confédération. Cent cinquante ans de réalisations canadiennes; 150 ans de littérature canadienne. Il va donc de soi que l’une des plus anciennes institutions du Canada rende hommage à ceux et celles qui contribuent à l’essor de la littérature.

Lord Tweedsmuir, un ancien gouverneur général et un auteur prolifique, a dit : « Rappelons-nous que la grande littérature est une et indivisible. » Il a créé ces prix en 1936 avec l’idée que le Canada, une nation unie mais encore jeune à l’époque, pourrait ainsi commencer à forger sa propre identité et sa propre vision, distinctes de celles des autres pays du Commonwealth. Nous avons écouté, et nous avons créé.

Je lis en ce moment l’ouvrage biographique de Janet Adam Smith sur Lord Tweedsmuir, alias John Buchan, auteur du roman Thirty-Nine Steps (les 39 marches), qui est une excellente lecture. Mon épouse a justement installé son bureau dans une petite pièce, au bout du corridor, qu’utilisait Lord Tweedsmuir et où se trouvent tous les livres qu’il a écrits. C’est la meilleure pièce de cette vaste résidence.

C’est pour moi un plaisir de féliciter les lauréates et les lauréats des Prix littéraires du Gouverneur général de cette année. Ce soir, vous joignez les rangs d’une longue liste d’éminents Canadiens. Cela vous confère la responsabilité d’inspirer ceux qui ont le désir de raconter une histoire et l’espoir de la voir publiée. Ceux qui rêvent d’être un jour assis à votre place. Il est à souhaiter que leur écriture saura, comme la vôtre, influencer notre parcours en tant que nation.

Car rien n’exerce autant d’influence sur nous que nos histoires.

Les histoires nous soutiennent et nous lient les uns aux autres. Elles nous montrent le chemin à suivre et d’où nous venons. Ce sont les registres de notre imagination et de notre évolution  grammaticale. Elles nous divertissent, nous émeuvent et nous font réfléchir. Elles nous captivent avant même que nous sachions lire et elles nous habitent pour toujours. Les histoires, qu’elles prennent la forme d’un livre, d’une pièce de théâtre ou d’un poème, nous donnent les moyens de nous regarder dans la glace et de dire pourquoi ou, surtout, pourquoi pas.

En cette ère de nouvelles technologies et de nouvelles façons de partager les idées, il faut se demander non seulement comment nos histoires vont évoluer, mais aussi comment nous allons faire connaître notre identité canadienne au reste du monde. Grâce à vous, la réponse à cette question se précise de plus en plus dans notre esprit.

Je vous félicite et vous remercie de nous avoir donné des histoires, ces mondes dans lesquels nous plongeons, et de nous avoir permis d’entrevoir l’avenir de notre identité canadienne.

Merci.