Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Nouvelle & événements
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Nouvelles

ARCHIVÉE: Gala annuel de remise des prix de la Gairdner Foundation

Information archivée dans le Web

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette information dans tout autre format de rechange par contactez webmestre@gg.ca.

Toronto, le jeudi 28 octobre 2010

 

Bonsoir à vous tous! 

J’aimerais, si vous le permettez, souhaiter à mon tour la bienvenue à nos distingués invités : Son Excellence monsieur Delattre, ambassadeur de la France, et Son Excellence monsieur Cary, haut-commissaire de la Grande‑Bretagne. Nous sommes honorés que vous soyez parmi nous ce soir.

C’est toujours un plaisir pour moi de venir dans ce magnifique bâtiment. On me dit que le Musée royal de l’Ontario a été inauguré en 1914 par l’un de mes prédécesseurs, le duc de Connaught. Je suis heureux de constater que,  presque un siècle plus tard, les gouverneurs généraux y sont toujours aussi bien accueillis!

J’aimerais féliciter la fondation Gairdner, non seulement pour la tenue de ce gala, mais également pour une semaine entière vouée à la  célébration de la science à travers le pays. Depuis plus de 50 ans, vous avez souligné les réalisations des scientifiques les plus accomplis au monde dans le domaine biomédical. Au fil de ces années, les prix Gairdner sont devenus parmi les récompenses les plus prestigieuses, et les plus désirables, au monde. D’ailleurs, comme on l’a souvent fait remarquer, plusieurs des lauréats d’un prix Gairdner ont par la suite reçu le prix Nobel. Cela prouve, je suppose, que les Canadiens savent reconnaître le talent!  

J’aimerais tout particulièrement féliciter la fondation pour son programme de sensibilisation de la population aux sciences.

La qualité des hommes et des femmes auxquels ces prix ont été décernés par le passé témoigne admirablement des normes que vous avez établies et du soin avec lequel vous procédez au choix des candidats. Cette tradition se poursuit avec la sélection des scientifiques de premier rang que nous honorons ce soir. Mes félicitations à tous les récipiendaires.

Il y a quelques semaines, j’ai mentionné dans mon discours d’installation que je voulais promouvoir un Canada éclairé et bienveillant. Un pays où tous les Canadiens pourraient cultiver leurs talents; où tous les Canadiens pourraient réussir et apporter leur contribution.

Pour réaliser cette vision, j’ai défini trois piliers : le soutien aux familles et aux enfants; l’accroissement de l’apprentissage et de l’innovation; et l’incitation à la philanthropie et au bénévolat.

Ce soir, j’aimerais parler pendant quelques moments de l’un de ces piliers — l’apprentissage et l’innovation. Et je dirais franchement que cette soirée est l’occasion idéale. 

Après tout, l’intelligence et la bienveillance s’entrecroisent dans la recherche en santé, espace de rencontre entre le cœur et la tête. C’est là où les plus brillants cerveaux cherchent à exceller au service de l’humanité. Et c’est là où l’innovation débouche sur la découverte.

De la même manière, le Canada éclairé et bienveillant dont je rêve sera à la mesure du talent qu’il saura développer chez ses citoyens et de la façon dont leur savoir sera utilisé pour améliorer la condition humaine. Ce Canada dont je rêve fournira à chaque enfant la possibilité de développer au maximum ses facultés intellectuelles. Cela signifie qu’il faut accorder une attention particulière aux femmes, car une société qui n’engage que la moitié de sa population est une société qui ne réalise que la moitié de son potentiel. 

Ayant bâti une nation qui apprend, le Canada doit aussi promouvoir une nation bienveillante, une nation qui se tourne vers l’extérieur, au-delà de ses frontières, vers le reste du monde.

Tout cela commence par l’apprentissage. Parce que j’estime qu’en cette ère de mondialisation, le leadership se mesure à la force de nos idées et au rythme auquel nous innovons.

Dans ce nouveau monde sans frontières, le savoir est la pierre angulaire sur laquelle nous édifions une société, et l’innovation est l’outil qui nous permet de l’améliorer. Essentiellement, l’innovation consiste à concevoir une idée permettant de faire les choses mieux qu’auparavant. Elle consiste à voir les choses sous un autre angle, à imaginer ce qui n’a encore jamais été vu ou réalisé.

C’est pourquoi un pays éclairé et bienveillant saura appuyer les sciences et la recherche scientifique. Un solide fondement en sciences deviendra la pierre angulaire d’une population instruite et s’inscrira dans notre définition de ce qu’est la littératie au 21e siècle.  

Un pays éclairé et bienveillant reconnaît en outre l’importance de la collaboration, qu’elle soit interdisciplinaire ou inter-frontalière. Nous ne vivons plus dans un monde linéaire, où le savoir est généré isolément et maintenu en silos.

Aujourd’hui, il est impératif de privilégier la pollinisation croisée, où une discipline contribue aux travaux dans une autre discipline. Prenons un exemple évident : il aurait été impossible d’en arriver au stade où nous en sommes en génomique, sans les progrès en informatique qui ont permis de sauvegarder et de traiter d’énormes quantités de données.

Tout comme nous devons entrecroiser les spécialités, nous devons également travailler en faisant abstraction des frontières nationales. D’ailleurs, l’un des aspects les plus importants des prix Gairdner est leur caractère international. 

Il y a 400 cents ans, René Descartes déclarait que « La pluralité des voix n'est pas une preuve, pour les vérités malaisées à découvrir, tant il est bien plus vraisemblable qu’un home seul les ait rencontrées que tout un peuple. » Descartes avait raison en affirmant que chaque découverte est, dans un certain sens, une biographie, bien que dans le domaine de la science médicale, il y a plus de chances que les vérités soient découvertes par des hommes et des femmes qui travaillent au sein de communautés qui transcendent les nations.

Il est donc tout à fait approprié que ces prix servent à célébrer l’excellence, où qu’elle soit.

L’histoire nous rappelle à quel point il est important pour un pays d’établir des partenariats, de développer des réseaux d’excellence visant à améliorer le sort de sa population et la vie en général.

Aujourd’hui, nous continuons à rechercher l’excellence. Nous sommes encore animés par cette impulsion humaine la plus ancienne, la soif  de connaître.  

C’est ce désir qui nous pousse à révéler ce qui est caché, à remettre en question ce qu’on a toujours pris pour acquis et à se poser des questions telles que « et si… ? » ou « si on essayait ceci? » ou « pourquoi pas cela? ». C’est ce qui a amené les lauréats de ce soir à ouvrir leur ordinateur portatif à une heure du matin ou à retourner en toute vitesse à leur laboratoire lorsqu’une idée nouvelle a surgi dans leur cerveau.

C’est ce qui a inspiré le Dr William Catterall à découvrir comment les signaux électriques sont générés dans notre corps, et le Dr Gregg Semenza à ouvrir le domaine de la biologie de l’oxygène à l’analyse moléculaire.

C’est ce qui a poussé le Dr Pierre Chambon à explorer la façon dont les gènes s’expriment, et le Dr William Kaelin à chercher de nouvelles thérapies contre le cancer en étudiant les fonctions des protéines.

C’est ce qui a encouragé le Dr Peter Ratcliffe à poursuivre son travail de pionnier sur les voies de signalisation liées à la détection du manque d’oxygène par les cellules; et le Dr Nicholas White à utiliser des méthodes modernes, alliées à une sagesse ancienne, pour combattre la malaria. 

Et c’est ce qui a incité le Dr Calvin Stiller à innover, que ce soit dans le laboratoire, en affaires ou en recherche médicale.

Ce soir, nous célébrons votre labeur et vous remercions pour l’exemple que vous nous donnez, l’exemple de ce que doit être une société éclairée et bienveillante au 21e siècle.  

Félicitations à vous tous.