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ARCHIVÉE: Discours d'installation

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Le Sénat, le vendredi 1er octobre, 2010

 

Je tiens à débuter en remerciant Sa Majesté la Reine, le premier ministre, ainsi que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens de m’offrir cette occasion de rendre service. Mon épouse et moi l’acceptons avec joie, alors que nous tournons notre regard vers le rôle du Canada à l’avenir. Nous l’acceptons également avec gratitude, puisque j’aurai l’occasion de représenter la Reine au Canada. Voilà à peine un mois, Sharon et moi avons rencontré Sa Majesté la Reine et Son Altesse Royale le duc d’Édimbourg à Balmoral, en Écosse. C’était une visite extraordinaire. Ils nous ont accueillis chaleureusement, comme des membres de leur famille.

J’aimerais aussi rendre hommage à mes prédécesseurs, dont plusieurs femmes remarquables comme la très honorable Jeanne Sauvé et la très honorable Adrienne Clarkson, qui ont suscité l’amour et le respect de toutes les Canadiennes et tous les Canadiens dans l’accomplissement de leurs tâches. Permettez-moi de souligner au nom de la population canadienne le travail remarquable de ma prédécesseure immédiate, la très honorable Michaëlle Jean.

Enfin, je tiens à saluer les femmes et les hommes des Forces canadiennes. Je suis honoré de devenir leur commandant en chef. Je tiens à souligner les efforts déployés sans relâche par celles et ceux qui se trouvent à Terre-Neuve-et-Labrador pour aider à la reconstruction des communautés touchées par l’ouragan. 

Alors que nous nous approchons rapidement du 150e anniversaire de notre nation, dans moins de sept ans, nous nous demandons à quoi ressemblera le Canada. Quels changements surviendront d’ici là?

Deux mots latins résument fort bien notre tâche : contemplare meliora, c’est‑à‑dire envisager un monde meilleur. Ces mots reflètent la devise de l’Ordre du Canada : « ils veulent une patrie meilleure ».

Pour nous aider à mieux visualiser le Canada de 2017, reculons dans le temps, reculons de quatre siècles à l’époque du premier gouverneur du pays que nous appelons maintenant le Canada, Samuel de Champlain. David Fischer, historien et lauréat d’un prix Pulitzer, a écrit un livre intitulé Champlain’s Dream dans lequel il soutient que Champlain a été mal compris. On l’imagine trop en grand explorateur et en conquérant, alors que Fischer en brosse plutôt le portrait d’un homme tourné vers la paix, la tolérance, l’inclusivité et l’innovation; un bâtisseur de sociétés durables. Voilà ce dont rêvait Champlain pour le Nouveau Monde. En 2010, le Canada peut être fier d’avoir acquis bon nombre de ces qualités, alors qu’il est devenu une nation éclairée et bienveillante.

Une nation où les Canadiennes et les Canadiens peuvent exploiter leurs talents au maximum.

Une nation où toutes les Canadiennes et tous les Canadiens peuvent réussir et contribuer à la société.

Mais pour que notre nation devienne véritablement aussi éclairée et bienveillante que nous le désirons, nous avons encore du pain sur la planche. Je crois qu’il est essentiel :

  • de soutenir les familles et les enfants;
  • d’accroître l’apprentissage et l’innovation; et
  • d’encourager la philanthropie et le bénévolat.

Comme bon nombre d’entre vous le savent, j’ai passé une grande partie de ma carrière dans le monde universitaire. En tant que professeur et administrateur, j’ai eu le privilège de passer beaucoup de temps avec les étudiantes et les étudiants, et j’ai souvent eu l’impression d’en apprendre de mes étudiants. Dans mon nouveau poste, j’aspire à rapprocher les générations.

Mon premier pilier sera de soutenir les familles et les enfants.

J’aimerais vous parler un peu de ma propre famille.

Tout d’abord, j’ai été le premier garçon à sortir avec Sharon, lorsqu’elle avait 13 ans, au cours de sa première année au Sault Ste. Marie Collegiate Institute. Quarante‑six ans de mariage plus tard, elle est toujours ma meilleure amie, ma source d’inspiration et le vent dans mes voiles.

Nous avons cinq filles : Deb, Ali, Sharon, Jen et Sam, qui travaillent toutes au service du public. Nous avons sept petits‑enfants, nos petits miracles, qui nous apportent une joie sans bornes.

Tout ce que j’ai appris d’important dans la vie, je l’ai appris de mes filles. Aujourd’hui, je suis leurs traces en me mettant au service du public à mon tour.

Permettez-moi d’ajouter que durant les deux décennies où nous avons résidé à Montréal, nous avons découvert et apprécié la culture et la langue d’expression française. Nous les considérons comme des trésors nationaux.

Nous avons hâte de rencontrer des familles canadiennes de tous les milieux et de toutes les origines. Nous voulons connaître leur histoire et ce que signifie le Canada pour elles. Nous voulons aussi connaître leur vision de ce que sera le Canada en 2017 et dans les années subséquentes.

Nous sommes impatients de rencontrer les familles canadiennes dont les filles et les fils ont servi sous les drapeaux, en Afghanistan. Nous partageons la douleur et la tristesse de celles dont les enfants ont fait le sacrifice ultime en servant leur pays. Nos vétérans ont répondu à l’appel aux drapeaux et ils font la fierté du pays. Mon épouse et moi avons l’intention de leur offrir un appui indéfectible.

Nous voulons également rencontrer les familles et les enfants autochtones pour apprendre à mieux les connaître. Nous avons encore beaucoup à apprendre des cultures des Premières nations, des Inuits et des Métis. Nous nous réjouissons d’avoir la possibilité de prendre part à ce volet essentiel de notre histoire collective.

Enfin, nous voulons rencontrer les familles qui ont choisi de s’établir au Canada et qui sont déterminées à édifier un avenir meilleur pour leurs enfants.

Nous savons que le Canada sera l’un des pays les plus diversifiés au monde d’ici 2017.

Je demeure convaincu que toutes ces familles, peu importe leur origine ou leur lieu de résidence, auront plus en commun que l’inverse. Chaque famille apporte une nouvelle couleur à la grande tapisserie canadienne et l’embellit de sa présence.

Mon deuxième pilier sera de renforcer l’apprentissage et l’innovation.

Nous voulons que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens aient le même accès aux études et à la possibilité de réaliser tout leur potentiel.

Ces possibilités doivent leur être offertes dans les deux langues officielles. Notre dualité linguistique est un atout précieux qui renforce notre nation. Je salue les communautés francophones et acadienne qui continuent d’innover et de trouver des moyens d’assurer l’essor du français partout au pays.

J’ai hâte de rencontrer les Canadiennes et les Canadiens dans leur collectivité, et d’apprendre d’eux.

Tous ceux qui comptent des réussites à leur actif ou qui ont exercé un rôle de chef de file peuvent nommer des dizaines de professeurs, de mentors ou d’entraîneurs; autant de personnes qui leur ont permis de devenir meilleurs. Dans mon cas, je peux en nommer des centaines. 

Durant mon mandat, nous trouverons un moyen de remercier tous les enseignants qui sont responsables de notre développement intellectuel. Si on ne retient qu’une seule idée de mon discours d’aujourd’hui, je souhaite que ce soit : « chérir nos enseignants ».

J’ai toujours eu une grande admiration pour les professeurs et les éducateurs de ce pays que j’aime.

Alors que nous envisageons le Canada de 2017, une question me vient à l’esprit : pouvons‑nous obtenir à la fois l’égalité des chances et l’excellence? Je crois qu’aucune autre nation au monde n’a déployé autant d’efforts que le Canada pour assurer l’égalité des chances à tous. Comment pouvons‑nous faire de même dans notre quête de l’excellence? Selon moi, la réponse passe par l’édification d’un système public d’éducation qui soit le plus inclusif au monde.

Comment s’assurer que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens ont accès à des études, afin qu’ils puissent réaliser leur plein potentiel? Comment concilier l’accès universel aux études et l’atteinte de résultats exceptionnels? Comment continuerons‑nous à innover afin de concurrencer les meilleurs au monde? Au fond, l’innovation, c’est tout simplement de proposer une idée qui permet de mieux faire les choses. Elle englobe à la fois l’innovation technique et sociale. Nous voulons atteindre l’excellence dans nos établissements d’enseignement et de recherche tout comme les athlètes canadiens qui ont remporté le nombre inégalé de 14 médailles d’or aux Jeux d’hiver de 2010. Nous devons multiplier les innovations comme celle qui a fait du nom « BlackBerry » une expression courante. Nous devons imiter nos athlètes olympiques et paralympiques en visant l’excellence dans tout ce que nous faisons.

Nous voulons former une nation éclairée et bienveillante, une société innovatrice qui utilise tous les talents et toutes les connaissances de ses citoyennes et citoyens pour améliorer la condition humaine.

En visant des objectifs communs, nous nous encouragerons les uns les autres, et nous atteindrons les plus hauts sommets.

Mon troisième pilier sera d’encourager la philanthropie et le bénévolat.

Les Canadiennes et les Canadiens ont une longue expérience de solidarité et d’entraide. On constate facilement l’importance de la solidarité dans nos collectivités rurales ainsi que dans les villes grandes et petites, comme dans celles où j’ai grandi : Sudbury et Sault Ste. Marie.

Je vois des exemples de solidarité dans la région où j’habite : par exemple, lorsque les mennonites se réunissent pour une corvée, comme la construction d’une grange, où chacun offre ses aptitudes et son énergie pour donner un coup de main à un voisin.

Je pense aussi à Rick Hansen qui, en mars dernier, a célébré le 25e anniversaire du début de sa tournée mondiale et qui continue d’inspirer toutes les Canadiennes et tous les Canadiens.

Voilà environ deux semaines, des millions de Canadiennes et de Canadiens de partout au pays se sont rassemblés pour célébrer l’esprit et les réalisations de Terry Fox. Le 30e anniversaire de sa course illustre à quel point les Canadiennes et les Canadiens ont adopté sa cause. Dans son introduction du livre Terry, Douglas Coupland se rappelle avoir vu le nom de milliers, et de milliers de Canadiens dans les archives de Terry Fox. Selon lui, « collectivement, ces noms témoignent d’un élément divin – notre nation, notre foyer et notre âme ».

Les exemples de générosité et de charité abondent d’un bout à l’autre du pays.

Nous avons fondé nos familles en promettant de créer une vie meilleure pour nos enfants. Nous développons nos talents individuels avec énergie, nous collaborons pour en tirer le maximum, nous améliorons la santé et la prospérité de nos familles et de nos communautés de partout au pays et nous nous soucions de nos voisins.

Nous continuerons à susciter et à encourager l’importance d’édifier une nation éclairée et bienveillante, une idée chère aux Canadiennes et aux Canadiens de tous les âges et de toutes les origines.

Le 150e anniversaire de la Confédération en 2017 renforcera le sentiment de fierté et d’engagement des Canadiennes et des Canadiens.

Le service à la patrie nous a modelés, le service à la famille et à la collectivité nous épaule, et cette tradition de service nous mènera vers l’avenir.

J’ai hâte de rencontrer et de servir les Canadiennes et les Canadiens dans leur collectivité. Je suis vraiment honoré d’accepter cette mission qui me tient à cœur.

Dans son discours inaugural, mon prédécesseur, général le très honorable Georges P. Vanier a conclu sur ces paroles : « Dans notre marche en avant, jouissant du bonheur matériel, n’oublions pas les valeurs spirituelles dans la trame de notre vie. Pour que le Canada atteigne la grandeur qui lui revient, chacun de nous doit dire : “Je ne demande qu’à servir”. »

Au Canada où nous travaillons ensemble, en mettant de côté nos différences et en tendant la main à celles et à ceux qui ont besoin de nous, nous avons créé une société qui fait l’envie du monde.

Selon moi, mon rôle consiste à rassembler les gens de tous les âges et de toutes les origines pour édifier une nation éclairée et bienveillante, une nation qui sera une source d’inspiration non seulement pour les Canadiennes et les Canadiens, mais pour le monde entier.

J’aimerais terminer en citant George Bernard Shaw :

« Certaines personnes voient les choses et se demandent “pourquoi?”
Nous rêvons de choses qui n’existent pas encore et nous demandons “pourquoi pas?” »