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ARCHIVÉE: BLOGUE : La fierté et le courage du peuple Ghanéen

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5 décembre 2006

par Son Excellence Michaëlle Jean

Au Ghana, on fête cette année 100 ans de présence canadienne. Les pères blancs d’Afrique sont arrivés à Navrongo en 1906. C’est à compter de 1957, alors que le Ghana acquiert son indépendance, que la coopération entre le Canada et ce pays d’Afrique de l’Ouest prend son élan. Depuis, des milliers de coopérants canadiens ont apporté un renfort précieux à la population du Ghana notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’ingénierie et de l’agriculture. Je suis allée à la rencontre de nos coopérants sur le terrain à Accra et au nord du pays dans la région de Tamale. J’ai discuté avec des étudiantes et des étudiants de nos universités qui trouvent au Ghana des occasions d’apprentissage et contribuent à de nombreux projets locaux de développement. L’Agence canadienne de développement international (ACDI) soutient entre autres dans la capitale un centre d’apprentissage (GRATIS) qui forme aux métiers techniques, à la fabrication de pièces mécaniques et de machines agricoles, à la fonderie, à l’atelier textile et à l’artisanat. Les étudiantes et les étudiants de GRATIS rêvent de démarrer leurs propres affaires, leur propre entreprise. Les jeunes filles en particulier élargissent leur champ de compétences à des secteurs non traditionnels et sont nombreuses dans les ateliers de mécanique.
 
À Tamale, de nombreuses organisations non gouvernementales canadiennes travaillent auprès de l’ACDI. La très dynamique et chaleureuse sœur Jacqueline fait équipe depuis plus de trente ans avec des femmes qu’elle tire du péril de la rue en les aidant à mettre sur pied des ateliers et des boutiques pour vendre leurs confections. L’accès à l’eau et la sécurité alimentaire sont aussi au cœur des travaux de coopération canadienne et ghanéenne dans le nord du pays. 
Je ne suis pas prête d’oublier les gens du village de Golinga où la fierté l’emporte sur la pauvreté et le courage, sur le dénuement. Ensemble, les femmes de Golinga ont constitué un compte conjoint et sont devenues depuis gestionnaires, à égalité avec les hommes, d’un élevage de chèvres dont bénéficient 85 familles. Quoiqu’illettrées, elles ne manquent pas d’éloquence lorsqu’elles partagent leurs réalisations et leurs projets ou lorsqu’elles parlent de leurs enfants, filles et garçons écoliers, des durs travaux quotidiens, de l’eau puisée à plusieurs kilomètres au loin, de la clinique de santé dont elles rêvent pour contrer le paludisme et d’autres maladies qui font des ravages. Lorsqu’elles chantent c’est pour exprimer les combats qu’elles mènent. Là encore, comme il est coutume en Afrique, c’est dans la danse et au son des tam-tams que l’on aime accueillir.
 
Les mots me manquent pour raconter ma visite au Château d’Elmina où des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants arrachés de leurs villages, dans tout l’Ouest africain, ont été détenus, suppliciés, avant d’être déportés comme esclaves, entassés pire que du bétail à fond de cale des sinistres navires négriers qui sillonnaient les mers en direction des colonies lointaines. Le Château d’Elmina est l’un des nombreux points de captivité qui se trouvaient sur tout l’ouest de la côte africaine.
 
Le gouvernement du Ghana a présenté des excuses publiques aux descendants d’esclaves africains en raison de la participation des Ashantis à la traite. Ils ont servi de rabatteurs pour les Européens. C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai répondu à cet aveu courageux et nécessaire. Je l’ai fait à l’aide de ces mots en présence du président Kufuor et de toute une assemblée au dîner d’État lors duquel j’ai été accueillie. (http://www.gg.ca/media/doc.asp?lang=f&DocID=4936)

Nous sommes maintenant en Afrique du Sud.