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ARCHIVÉE: Dialogue jeunesse - Toronto

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Dialogue jeunesse à l’occasion de l’Année internationale de la jeunesse

Toronto, le lundi 20 septembre 2010

Comment allez-vous?

Merci de nous accueillir si chaleureusement. Merci également à Kaleb, à Michelle et à Blueprint for Life pour vos prestations, qui m’ont tout simplement vivifiée. Jean-Daniel et moi sommes extrêmement heureux d’être ici aujourd’hui.

Permettez-moi d’abord de rendre hommage aux peuples autochtones qui habitent ce territoire depuis des millénaires.

Ils représentent nos racines les plus profondes dans ce pays. Ils constituent une pierre angulaire de notre identité, de notre patrimoine et de notre culture, ne l’oublions jamais.

C’est formidable d’être de retour à Toronto. Mon époux, Jean-Daniel Lafond, et moi sommes ravis de nous retrouver en votre compagnie. De retrouver autant de jeunes leaders venus représenter des organisations qui figurent parmi les plus dynamiques de la ville.

Nous sommes enchantés aussi de nous joindre à vous pour donner le coup d’envoi au Manifesto Festival of Community and Culture.

Che, j’ai encore le souvenir de ce jour où j’ai découvert Manifesto, lorsque j’ai pris la parole à la conférence Ignite Les Amériques sur les arts de la jeunesse dans l’hémisphère.

Tout comme aujourd’hui, j’étais émerveillée de voir que vous utilisiez l’art pour améliorer la vie des gens, pour tenter de venir à bout des problèmes sociaux et pour habiliter des communautés entières.

D’où ma joie à l’idée de collaborer avec vous à l’occasion de cette quatrième édition du festival.

D’autant plus qu’il n’y a pas meilleur endroit pour célébrer le pouvoir des arts communautaires que dans cette ville, l’une des plus multiculturelles de la planète.

Devant un tel foisonnement de saveurs, de couleurs, de modes de vie, de langues et de cultures, force est de dire que Toronto est véritablement un microcosme du monde.

En ces temps où se ravivent les tensions ethniques, religieuses et linguistiques un peu partout sur la planète, Toronto et le Canada tout entier deviennent une source d’inspiration pour les sociétés où les populations ont du mal à vivre ensemble.

Non pas que tout soit parfait ici, car nous savons très bien qu’il reste du chemin à faire.

Et nous savons que la vigilance est de rigueur si nous voulons faire échec aux préjugés, à la discrimination et à l’exclusion, et donner aux gens de cultures et de religions différentes la chance d’arriver à se comprendre.

Et je sais que c’est ce que vous faites au quotidien en ralliant des gens d’horizons différents autour des valeurs universelles que sont la compassion, la justice sociale et l’engagement envers la communauté.

Ce faisant, non seulement vous resserrez les liens sociaux, mais vous rappelez à l’humanité que la diversité peut être synonyme de force et d’unité.

Voilà justement le message fondamental que je voulais livrer par ma devise, « Briser les solitudes ».

Voilà aussi pourquoi j’ai choisi Toronto pour marquer le point final de ma tournée nationale qui souligne l’Année internationale de la jeunesse proclamée par les Nations Unies.

En cette Année internationale de la jeunesse qui vise à favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle, nous sommes tous invités à adhérer à une vision du monde voulant que les citoyens, quels que soient leur parcours ou leurs choix de vie, aient un rôle crucial à jouer dans la quête de solutions aux problèmes locaux, nationaux et internationaux.

Alors il s’agit d’une vision évocatrice d’espoir.

D’une vision évocatrice de transformation.

D’une vision évocatrice d’un monde de paix et d’harmonie.

L’Année internationale de la jeunesse nous incite à passer à l’action.

Et à voir grand.

À oser.

À mettre en commun nos ressources et nos idées.

Et à placer la jeunesse au cœur même de l’édification d’une société meilleure, plus dynamique et plus équitable.   

Voilà pourquoi j’ai voulu, pour ma dernière tournée de Dialogues jeunesse, célébrer l’Année internationale de la jeunesse avec des Canadiennes et Canadiens de tous âges et de tous horizons.

Il était important pour moi, en effet, de montrer la valeur des initiatives que vous menez, tout comme d’encourager ces femmes et ces hommes en position d’autorité à faire appel à vous, puisque vous faites partie de la solution.

Si je dis cela, c’est que je sais fort bien que les gens ont souvent tendance à écarter vos idées sous prétexte qu’elles relèvent de l’utopie ou de l’idéalisme. Parfois aussi, vous êtes perçus comme des agitateurs qui ont pour seule ambition de détériorer le tissu même de notre société.

Malheureusement, nous sous-estimons souvent l’effet néfaste que peut avoir pareille attitude.

Car de la stigmatisation naît la frustration, qui entraîne l’aliénation et, au bout du compte, le sentiment d’exclusion.

Et lorsque ces émotions demeurent latentes, qu’elles suscitent la désillusion, les criminels ont beau jeu. Ils n’ont plus qu’à tendre leurs pièges dangereux, sinon mortels.

Voici ce que m’ont confié en toute franchise d’anciens membres de gangs : « Excellence, je me suis associé à un gang parce que j’avais perdu toute foi en la société. »

« Malgré tout l’argent que j’avais, la peur ne me quittait jamais. »

Mais par bonheur, ils ont pu bénéficier de programmes d’arts qui les ont aidés à se prendre en main avant qu’il ne soit trop tard.

Combien d’autres, par contre, se retrouvent coincés dans l’horrible engrenage de l’auto-destruction? 

Oui, la société a bel et bien le devoir d’éviter que les jeunes ne glissent entre les mailles du filet.

La morale n’est pas seule en jeu ici.

Sans conteste, il est dans l’intérêt national d’aider les jeunes.

Car le prix de l’indifférence face à ce que vous vivez est exorbitant, sur le plan social autant qu’économique.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, à titre de gouverneure générale, j’ai fait de la jeunesse une priorité.

C’est aussi pourquoi, tout au long de mon mandat, j’ai encouragé les décideurs et les philanthropes de tous les milieux à tendre la main aux jeunes, à leur accorder leur appui et à les mettre à contribution.

Nous devons cesser de vous tenir à l’écart au motif que vous êtes les leaders de demain.

Car vous êtes déjà des leaders.

Vous avez une conception bien à vous du monde et d’inestimables idées à transmettre. Il est temps plus que jamais d’entendre vos points de vue.

J’ai la profonde conviction qu’en habilitant les jeunes, on habilite une communauté, une ville, voire un pays dans son entier.

Pourquoi direz-vous?

Parce que je vous ai vus à l’œuvre au fil de mon mandat, que ce soit dans des galeries graffiti, des communautés autochtones, des centres parascolaires, des clubs de garçons et de filles, des studios d’enregistrement, des organismes d’aide aux jeunes sans abri, des écoles secondaires ou des universités, et même dans une prison.

J’ai ainsi pu constater que, malgré de modestes ressources, vous êtes nombreux qui réussissez à sensibiliser les gens à d’importants enjeux, à proposer des solutions constructives et même à sauver des vies et à transformer des collectivités.

Il n’en demeure pas moins que vous n’êtes pas invités à la table de décision, comme vous me l’avez fait remarquer. De fait, partout où je suis passée, le message était on ne peut plus clair : « Les jeunes du Canada veulent vraiment être de la partie! »

Je vous ai écoutés et j’ai essayé de vous aider par ces Dialogues jeunesse.

Et je suis venue ici aujourd’hui, à l’occasion de ce dernier forum, pour vous encourager à persévérer. Car les gens écoutent, et les décideurs sont prêts à agir en votre faveur.

Lorsque j’ai lancé officiellement l’Année internationale de la jeunesse dans la région de la capitale nationale, deux cents jeunes ont invité les institutions publiques et les dirigeants politiques à être plus audacieux, qu’il s’agisse de tirer parti de la diversité ethnoraciale, d’appuyer les jeunes LGBTQ, de rendre la ville plus écologique, de promouvoir les arts ou le bilinguisme, de protéger nos libertés civiles et politiques ou encore de lutter contre l’itinérance et la pauvreté. 

Et voilà que la Commission de la capitale nationale — l’organisme fédéral responsable de la région — s’est engagée, oui, à tenir compte des recommandations des jeunes, mais aussi à les inclure dans le plan pour la capitale du Canada. Elle s’est engagée aussi à trouver des moyens concrets de faire participer les jeunes à ses processus décisionnels.

De son côté, la Ville d’Ottawa a promis de faire participer les jeunes à la formulation de ses nouvelles politiques culturelles. 

Après Ottawa, je suis allée ensuite à St. John’s, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Les deux cents jeunes qui étaient réunis à l’Université Memorial ont alors dit souhaiter que l’éducation postsecondaire soit plus abordable au Canada, qu’un plus grand nombre de débouchés soient offerts aux jeunes francophones et aux jeunes des milieux ruraux, que les personnes handicapées bénéficient d’un soutien accru et qu’on multiplie les programmes axés sur l’itinérance et la pauvreté, tout comme les programmes concernant la santé en matière de sexualité.

J’étais profondément touchée que le premier ministre Danny Williams accepte mon invitation au forum, où il s’est d’ailleurs engagé à convoquer un autre dialogue jeunesse afin de trouver des solutions aux problèmes soulevés lors de cette rencontre dont j’étais l’hôte.

Notre prochaine destination était Saskatoon, en Saskatchewan. De l’avis des deux cents jeunes qui étaient présents, il serait important d’assurer le respect des droits des Autochtones, de majorer le financement des programmes de prévention de la criminalité par les arts, d’améliorer les services de prise en charge des jeunes, de promouvoir les potagers communautaires pour favoriser une alimentation plus nutritive et de trouver des moyens de lutter plus efficacement contre la pauvreté et l’itinérance.

Là également, le maire de la ville, M. Donald Atchison, s’est engagé à prendre des mesures pour mieux renseigner les jeunes et à faire appel à eux dans le cadre de la prestation des services et de l’exécution des programmes.

Lors de notre arrêt à Winnipeg, j’ai retrouvé avec émotion le quartier de North Point Douglas, où j’avais présidé le forum des arts urbains en 2007. Lors de cette rencontre, plus de deux cents jeunes avaient imploré les décideurs invités d’appuyer la lutte contre la criminalité, la violence, les problèmes de stupéfiants, les gangs de rue et le manque de sécurité d’emploi.

Devant leur cri du cœur, les résidents du quartier, tout comme des ministres de la province, le maire, le service de police et les  chefs de file du monde des affaires, se sont mobilisés. En huit mois à peine, ils sont parvenus à réduire le taux de criminalité de 70 pour 100 et à faire fermer 32 fumeries de crack.

Vous pouvez imaginer mon émoi devant les témoignages des résidents, lors de mon passage le mois dernier. Quelle joie d’apprendre que le centre Graffiti Gallery, organisme dynamique d’art urbain, comptait mettre sur pied une association de quartiers en vue de régler les problèmes des jeunes sur le territoire de Winnipeg.

Enfin, je ne voudrais surtout pas passer sous silence cette rencontre très émouvante dans l’arrondissement de Montréal-Nord, ces deux heures consacrées aux préoccupations des jeunes de la région de Montréal.

En présence d’un ministre provincial, de conseillers municipaux, de représentants de la police et de leaders communautaires, les jeunes se sont élevés contre le profilage ethnique, ont invité les médias à projeter une image plus favorable des jeunes et ont exhorté toutes les instances gouvernementales à financer plus généreusement les programmes d’arts qui s’adressent aux jeunes défavorisés.

Il était encourageant d’entendre le maire de l’arrondissement, M. Gilles Deguire, inviter les participants à se joindre à lui lors d’un autre Dialogue jeunesse pour trouver, avec des représentants municipaux, des solutions concrètes aux problèmes soulevés par les jeunes.

Cela dit, l’impact des Dialogues jeunesse est tel qu’une multitude d’organisations, de communautés, d’universités et de municipalités, mais aussi des gouvernements provinciaux, ont vivement insisté pour que je continue à travailler avec eux afin d’aider les jeunes à se prendre en charge.  

De là est née l’idée de la Fondation Michaëlle Jean, que mon époux et moi avons créée dans le but d’appuyer les initiatives jeunesse et de faire le pont entre vous et les groupes et organismes du pays qui partagent vos vues.  

En bout de ligne, nous contribuerons à doter le Canada d’un véritable manifeste populaire du changement, qui insufflera une nouvelle énergie, et pourrait même apporter un vent de transformation.

Le but est de mettre l’art au service de la société. D’édifier une belle ville, une belle nation, par des alliances entre municipalités.

Mais pourquoi ne pas aller plus loin, au-delà de nos frontières.

Je crois fermement que l’art et la culture, de même que les idéaux comme la solidarité et la fraternité, portent en eux la promesse d’un monde meilleur. 

Cependant, afin d’en tirer le plein potentiel, il nous faut puiser dans nos forces et nous ouvrir à la magie qui s’opère lorsque nous unissons nos efforts pour arriver à un même but, noble et universel.  

Oui, il est bel et bien possible de changer le monde pour le mieux.

D’ailleurs, le rêve d’un monde meilleur a inspiré toutes les révolutions et tous les tournants décisifs de l’histoire. Chaque fois que l’ordre établi a été remis en question, chaque fois que des voix se sont élevées à la défense de la justice et de la liberté, chaque fois que des gens se sont donné la main pour le bien de tous.

En fin de compte, c’est l’humanisation de l’humanité.

Et les jeunes ont toujours été et demeureront à l’avant-plan de ce mouvement mondial en faveur du changement. 

C’est pour cette raison que je suis impatiente de vous entendre, vous les jeunes de Toronto.

Je veux connaître les défis que vous devez relever et les possibilités qui vous sont offertes.

Je veux savoir ce que vous faites face à ces questions.

Je souhaite également que vous m’expliquiez comment nous pouvons continuer à travailler ensemble, à Toronto ou ailleurs au Canada.

Maintenant, chers amis, la parole est à vous!

Merci!